mercredi 7 juillet 2010
FRANCE/AFRIQUE: D'UNE DIPLOMATIE "ARTIFICIEUSE"/Entretien avec Jean-Christophe Rufin, ex-ambassadeur de la France au Sénégal

Interview de Jean-Christophe Rufin ambassadeur sortant de France:Vidéo Entretien du 30 juin 2010/50minutes: Jean Christophe Rufin ambassadeur sortant de France au Sénégal dit tout sans langue de bois comme à son habitude. Ses relations avec la famille Wade (Karim et son père) la politique sénégalaise, le système électoral, l'opposition, la politique africaine de l'Élysée, etc... M. l'ambassadeur donne sa vision éclairée avec une franchise et une honnêteté qui lui ont valu d'être combattu par Karim Wade et son père qui ont finit par obtenir de Claude Guéant son remplacement
Préambule:
Il faut toujours se méfier des pièces rapportées et du type de cadeaux qu'on leurs offre(voir la photo ci-dessous). Très souvent, lorsqu’elles quittent la famille, elles perdent tout devoir de réserve. C’est ce qui vient de se passer avec Jean-Christophe Rufin, écrivain et ambassadeur sortant de la France au Sénégal, dont les fonctions ont pris fin le 30 juin 2010.
En publiant une tribune signée d'Hubert Védrine et Alain Juppé ainsi qu'une longue interview de l'écrivain et ancien ambassadeur du Sénégal, récemment débarqué, Jean-François Rufin (à lire des extraits ci-dessous), le journal Le Monde s'est fait le porte-voix de la crise que traverse le Ministère des affaires étrangères. Un contexte budgétaire difficile et un ministre écarté des processus de décision, le quai d'Orsay traverse une zone de turbulences.
Lire l'article du Monde:"Cessez d'affaiblir le Quai d'Orsay !":http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/07/06/cessez-d-affaiblir-le-quai-d-orsay_1383828_3232.html

Photo du mercredi 11 novembre 2009. Pierre Nora a remis l'épée d'académicien à Jean Christophe Rufin, membre du prix Méditerranée, lors d'une cérémonie au Quai d'Orsay offerte par Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères. Une photo qui appartient désormais au passé...
La charge de Rufin contre un Quai d'Orsay
«complètement marginalisé et sinistré»

Photo du mercredi 11 novembre 2009. Pierre Nora a remis l'épée d'académicien à Jean Christophe Rufin, membre du prix Méditerranée, lors d'une cérémonie au Quai d'Orsay offerte par Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères. Une photo qui appartient désormais au passé...
On les disait amis, ils semblent désormais sérieusement brouillés. L'écrivain Jean-Christophe Rufin, ex-ambassadeur de la France au Sénégal, se livre à une charge sévère contre Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères. Décrivant dans un entretien au «Monde» un Quai d'Orsay «complètement marginalisé et sinistré», des diplomates dans le «désarroi le plus total», Rufin regrette que le co-fondateur de Médecins sans frontières se laisse dicter sa politique africaine par Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, et des «réseaux de lobbying».
Le fond de l'affaire n'est pas nouveau. L'impuissance de l'ancien french doctor aux Affaires étrangères a déjà été décrite, notamment par Libération. Kouchner lui-même a reconnu qu'il devait s'accommoder d'influences parfois contraires. Mais Jean-Christophe Rufin, nommé à Dakar en 2007 par Nicolas Sarkozy, et débarqué fin juin sur insistance du président Abdoulaye Wade, détaille par le menu cette diplomatie si paradoxale: «D'un côté, il y a un Quai d'Orsay qui sert de vitrine à la fois "people" et morale, et, de l'autre, une realpolitik faite par derrière et par d'autres.»

Photo:Jean-Christophe Rufin, Élu à l’Académie française, le 19 juin 2008, au fauteuil de Henri Troyat (28e fauteuil).
«Kouchner devrait «savoir partir»
Invité de RTL ce matin, l'auteur de «Katiba» a évoqué «une politique africaine indiscutablement en crise». Selon lui, «le Quai d'Orsay ne pèse plus rien dans les affaires africaines». Celles-ci sont gérées par Claude Guéant. «Très influent», l'ancien préfet «agit d'autant plus librement qu'il n'en répond ni devant l'Assemblée ni devant le gouvernement». «Il dépend du seul président de la République, dont j'ignore s'il est complètement informé des initiatives de son collaborateur», s'inquiète Rufin.
L'ancien président d'Action contre la faim s'en prend aussi aux «intermédiaires officieux qui ont été remis en selle depuis trois ans». «Les réseaux se sont reconstitués», explique-t-il à RTL, «on a quelque chose de très opaque». «Absolument pas représentatifs de l'intérêt général», ces lobbyistes «sont payés» pour faire valoir leur point de vue. Construits «à l'inverse des réseaux Foccart», ces «visiteurs du soir» font inévitablement penser à l'avocat Robert Bourgi, conseiller de plusieurs chefs d'Etat africains.
Et Rufin, qui craint que la France ne perde une «chance historique» de rompre avec la Françafrique - engagement de Nicolas Sarkozy en 2007 -, d'enfoncer le clou: «Obligé d'avaliser beaucoup de décisions (...) à contrecœur», Kouchner devrait «savoir partir».
(REUTERS/Johannes Eisele)
«On n'est jamais trahi que par les siens»
Le ministre a d'abord répondu par l'ironie aux critiques de l'ancien ambassadeur, jugeant que ce dernier «boudait» et qu'il avait su «s'alimenter à la bonne source» pour écrire son dernier livre. Puis, interrogé à l'Assemblée nationale ce mardi, il s'est fait plus offensif: «J'espère - on n'est jamais trahi que par les siens - que cet homme ne s'étouffera pas de haine.»
«Nous sommes fiers de la politique qui a été menée, aussi bien pour la Guinée qui vient de voter pour la première fois depuis 59 ans, pour le Rwanda (avec lequel la France a repris depuis six mois des relations diplomatiques)», a rétorqué le ministre. «Nous sommes fiers de ce que nous avons fait après les coups d'Etat en Mauritanie, au Niger, ou à Madagascar», a-t-il ajouté.
Mais les temps sont décidément compliqués pour Bernard Kouchner, puisque deux de ses prédécesseurs, Hubert Védrine et Alain Juppé, viennent de publier dans «Le Monde» une tribune dénonçant «l'affaiblissement sans précédent (des) réseaux diplomatiques et culturels de la France».
A lire également:
Sarkozy et Kouchner sont-ils à la hauteur?
Par Jean-Michel Demetz, Vincent Hugeux, Dominique Lagarde, Eric Mandonnet, Marcelo Wesfreid , publié le 09/07/2008
A quoi sert donc aujourd'hui Bernard Kouchner On peut se poser la question, répond l'ancien ministre des Affaires étrangères Roland Dumas, dont il fut naguère le secrétaire d'Etat. [...] Le sherpa de Nicolas Sarkozy, Jean-Daniel Levitte, discutte avec le ministre des Affaires étrangères, le 7 juin dernier, à Beyrouth. [...] A mon époque, j'avais plus d'autonomie. Je me souviens d'avoir eu des discussions avec Mitterrand où j'avais le dernier mot. [...]
Les touristes devenus otages devront payer leurs frais de libération |StreetGeneration
streetgeneration.fr
Bernard Kouchner, le ministre des affaires étrangères a proposé un projet de loi pour faire rembourser par les touristes qui seraient devenus des otages les frais engagés par la France pour leur libération. Cette article 13 prévoit que «l’Etat peut exiger le remboursement de tout ou partie des dépen...

Jean-Christophe Rufin : "Le Quai d'Orsay ne pèse plus rien dans les affaires africaines"
L'écrivain Jean-Christophe Rufin, que Nicolas Sarkozy avait nommé ambassadeur de France à Dakar (Sénégal) en août 2007, a quitté ses fonctions le 30 juin après que le président Abdoulaye Wade a demandé à la France son départ, et l'a obtenu. Quittant la diplomatie, il a retrouvé sa liberté de parole et s'exprime sur la politique africaine de la France.
ENTRETIEN (Extrait):
Qui dirige aujourd'hui la politique africaine de la France ?
Ces dernières années, un mode de gouvernance particulier s'est construit : les affaires africaines les plus sensibles sont tranchées par Claude Guéant, qui est un préfet et n'a pas une connaissance particulière de l'Afrique. Dans ce domaine qu'il s'est réservé, le secrétaire général de la présidence agit d'autant plus librement qu'il n'en répond ni devant l'Assemblée ni devant le gouvernement. Il dépend du seul président de la République, dont j'ignore s'il est complètement informé des initiatives de son collaborateur.
Que s'est-il passé depuis trois ans ?
Il s'est passé que Bernard Kouchner n'a pas souhaité ou pas pu s'imposer dans ce domaine et, plus généralement, en politique étrangère. Etant donné son parcours que nous admirons tous, il est difficile de comprendre comment il peut avaliser des décisions prises par d'autres sur des bases qui ne sont pas les siennes.
D'un côté, il y a un Quai d'Orsay qui sert de vitrine à la fois "people" et morale, et, de l'autre, une realpolitik faite par-derrière et par d'autres. M. Kouchner a réorganisé le ministère des affaires étrangères à la manière d'une organisation non gouvernementale (ONG). Le Quai d'Orsay est aujourd'hui un ministère sinistré, les diplomates sont dans le désarroi le plus total, car ils ne se sentent pas défendus.
Vous mettez en cause l'influence auprès de l'Elysée de "réseaux occultes" sur la politique de la France en direction de l'Afrique. De quoi s'agit-il ?
Ces réseaux sont construits à l'inverse des réseaux Foccart qui existaient du temps du général de Gaulle et étaient censés servir les intérêts de la France. Aujourd'hui, il s'agit de réseaux de lobbying qui cherchent à faire valoir les intérêts de tel ou tel régime africain auprès des autorités françaises. Le pire est qu'ils parviennent à faire croire en haut lieu que leurs analyses sont plus désintéressées que celles fournies par les ambassadeurs, alors qu'ils sont stipendiés et ne font qu'exprimer l'opinion de leurs clients.
Lire l'intégralité de l'entretien avec Jean-Christophe Rufin dans l'édition Abonnés du site et disponible dans les kiosques ce mardi à partir de 14 heures.
Biographie de Jean-Christophe Rufin
Photo: Jean-Christophe Rufin
Chronique d'un homme libre:
Bio Académie française (2009):
Études aux lycées Janson-de-Sailly et Claude-Bernard à Paris, Faculté de médecine Pitié-Salpêtrière.
Docteur honoris causa de l’université Laval (Québec) et de l’Université catholique de Louvain (Belgique).
Docteur en médecine (spécialité en neurologie et psychiatrie), Diplômé de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris.
Interne (1975-1981), chef de clinique et assistant des hôpitaux de Paris (1981-1983) puis attaché (1983-1985) des hôpitaux de Paris, chargé de mission auprès de Claude Malhuret (secrétaire d’État aux Droits de l’homme) (1986-1988), attaché culturel et de coopération près l’ambassade de France au Brésil (1989-1990), vice-président de Médecins sans frontières (MSF) (1991-1993), conseiller auprès de François Léotard (ministre d’État, ministre de la Défense) (1993-1995), praticien hospitalier à l’hôpital Saint Antoine à Paris (1995-1998) ; administrateur de la Croix-Rouge française (1994-1996), de l’Institut Pasteur, du groupe France Télévisions et de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) (depuis 2005) ; directeur de recherche (1996-1999) à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) ; directeur médical puis président (2002-2007) d’Action internationale contre la faim (AICF) devenue (1999) Action contre la faim (A.C.F.) ; ambassadeur, haut représentant de la République au Sénégal depuis 2007.
Élu à l’Académie française, le 19 juin 2008, au fauteuil de Henri Troyat (28e fauteuil).
Dernière publication de l'écrivain...

Aujourd'hui ex-ambassadeur du Sénégal et de la Gambie, Jean-Christophe Rufin continue d'écrire. Dans son "Katiba", il explore les motivations qui président à un attentat et "tisse la toile d'un thriller au goût de soufre".
La revue de presse: Le Monde & Libération
Un ambassadeur de France en exercice peut-il publier un roman sur un sujet aussi sensible que le terrorisme islamiste ? Oui, apparemment. Il faut dire que Jean-Christophe Rufin n'est pas du sérail : ce médecin, qui a exercé entre autres la psychiatrie à l'hôpital Saint-Antoine, à Paris, est devenu écrivain, a obtenu le prix Goncourt en 2001 pour Rouge Brésil (Gallimard), avant d'entrer à l'Académie française. Jean-Christophe Rufin nous fait pénétrer dans le cerveau de ces fondamentalistes qui sont toujours entre deux prières, le kalachnikov à portée de la main. Les dialogues sonnent juste. A Paris, nous assistons, entre autres, à "l'essayage" d'une ceinture d'explosifs sur un futur martyr. On découvre aussi le fonctionnement d'une agence de renseignement privée qui a son siège en Belgique et travaille pour le compte de mystérieux commanditaires aux Etats-Unis..
.Après la fin du roman, l’auteur s’adresse à ses lecteurs. Il rappelle que ce livre est un «ouvrage de pure fiction», ce qui effectivement ne tombe pas sous le sens, et parle des personnes et des rencontres qui ont inspiré son histoire. Et là, tout à coup, arrive une émotion qui n’est pas dans le roman, en particulier quand il parle de son ami Michel Noureddine K. «Cet homme entre deux mondes, c’est Jasmine».
Lire plus sur :
AFRIQUE/ROMAN:KATIBA de Jean-Christophe Rufin (..), avant d'entrer à l'Académie française. Jean-Christophe Rufin nous fait pénétrer dans le cerveau de ces fondamentalistes qui sont toujours ..., Jean-Christophe Rufin a dirigé plusieurs grandes organisations humanitaires.Rufin a 58 ans et il a eu 50 vies. ...
mardi 4 mai 2010
RELIGION:"Répondre à l'appel de Dieu..." par le Père Christian Lancrey-Javal

"C'est une vie difficile et exigeante. Et elle a de quoi dissuader," atteste le Père Christian Lancrey-Javal
Directeur associé d'un cabinet de conseil, littéraire de formation, Christian Lancrey Javal décide à 35 ans de "répondre à l'appel de Dieu". Il est aujourd'hui le curé de la paroisse Saint-Louis d'Antin, à Paris, après avoir été prêtre à la paroisse Notre-Dame de Grâce de Passy, dans le XVIeme arrondissement . Un engagement mûrement réfléchi et qui confie-t-il, remplit enfin totalement sa vie.Je vous propose cet entretien publié le 20 septembre 2004 pour connaître mieux celui qui nous livre chaque dimanche une homélie oecuménique, moderne et consciente, sur la vie d'aujourd'hui et les préoccupations de chacuns et chacunes, catholiques ou non. (les homélies sont en lignes à la catégorie "RELIGION" de notre site ou directement sur http://www.saintlouisantin.fr)
ENTRETIEN:Christian Lancrey Javal, ex-patron devenu prêtre

Heureux mais en manque
"A l'époque, je ne pouvais pas rêver mieux professionnellement et matériellement. J'avais été chef de cabinet du président de la Croix Rouge, puis secrétaire général d'un organisme de formation, filiale du groupe Thomson, et enfin fondateur avec des amis d'un cabinet de conseil en communication qui marchait très bien. J'avais tout ce que je voulais et pourtant, je sentais qu'il me manquait quelque chose. Par petits recoupements, par confirmations successives, à travers des rencontres, la prêtrise m'est apparue progressivement comme une évidence. Cela n'a donc pas été une révélation soudaine, ni un coup de foudre. J'ai compris que si je répondais à l'appel de Dieu je trouverais de quoi remplir totalement ma vie. J'atteindrais la plénitude. Je vivrais une relation à la Vérité."
Un coup de tête ?
"L'Eglise prend le temps de vérifier que votre engagement n'a pas été pris à la légère. On rencontre le service des vocations, on discute avec des prêtres habilités à accueillir et à évaluer que vous êtes bien "équilibré", que vos motivations sont fortes et justifiées. Et ce n'est que lorsque l'appel que l'on estime avoir de la part de Dieu est confirmé par l'Eglise que l'on entre au séminaire. Cela peut sembler assez long, mais cela me convenait car je devais moi-même mettre de l'ordre dans mes affaires professionnelles et personnelles avant de tout quitter.
"La surprise de l'entourage."
Mes amis, ma famille, mes relations professionnelles ont été surpris, intéressés et bienveillants. Personne n'a réagi négativement ou émis des critiques. Certains se sont même montrés envieux : j'avais trouvé quelque chose qu'eux-mêmes n'avaient pas su découvrir..."
Passer de patron à élève, c'est dur
"Mes années au séminaire ont été difficiles, surtout au début. Reprendre des études à 35 ans après avoir travaillé pendant douze ans, se retrouver dans la position de l'élève alors que l'on a été patron, ce n'est pas évident. Mais c'est aussi une grande chance car on a le temps de lire, de prier. On se penche sur des matières passionnantes : la théologie bien sûr, mais aussi les sciences humaines, la philosophie. On a une vie fraternelle, très humaine, en petit comité, avec des "fiancés" qui viennent d'horizons différents. Dans mon cas, j'ai côtoyé aussi bien un avocat qu'un prestidigitateur, un électronicien qu'un polytechnicien. Et contrairement aux idées reçues, très peu de littéraires, plutôt des sup de Co ou des ingénieurs."

50% décrochent.
"Ce n'est pas parce qu'on entre au séminaire que l'on en sort prêtre. En moyenne, la moitié arrête ou se réoriente. Certains partent dans des monastères, d'autres se rendent compte que ce n'est finalement pas leur voie ou on leur fait comprendre. Moi-même, j'ai eu envie d'abandonner. Tous les anciens et tous les prêtres m'ont toujours dit que c'était bon signe. Si on ne se pose pas un certain nombre de questions régulièrement, si on affronte pas la difficulté, c'est qu'on rêve..."
Et le célibat ?
"Je ne le vis pas comme une mesure règlementaire, mais comme une donnée de la tradition catholique romaine, un symbole de l'attente de quelque chose de plus grand. Le célibat est incompréhensible pour les gens qui ne croient pas en la vie éternelle. Si on pense que la vie se limite à quelques décennies et qu'il n'y a rien après, je comprends que l'on danse sur le volcan. Mais la vie c'est bien plus que ça."

Prêtre à Paris.
"J'ai été ordonné prêtre en juin 2003. L'ordination est un très grand moment et j'en garde un bon souvenir. Depuis, j'ai été nommé en paroisse à Notre-Dame de Grâce de Passy rue de l'Annonciation, dans le XVIeme. Ce qui me convient bien car je suis d'origine parisienne, mais lorsqu'on se met au service de Dieu et de l'Eglise, on se rend disponible. J'aurais pu être envoyer n'importe où. Ici, c'est une grosse paroisse de par le nombre d'habitants (40 000) avec un taux de pratiquants plus élevé qu'ailleurs. Elle accueille environ 5000 paroissiens chaque week-end. Les plus gros établissements catholiques sont implantés sur cette paroisse."

Un intermédiaire.
"J'ai un rôle d'intermédiaire. Je suis chargé de parler de Dieu aux hommes que je rencontre. Et à l'inverse, je parle des hommes à Dieu grâce à la prière. Pour pouvoir prier pour les gens, il faut d'abord que je les écoute. Je rencontre donc beaucoup de monde, j'interviens dans des groupes, des réunions. Je suis l'actualité du monde, lis les journaux, regarde la télé.. J'ai aussi un rôle d'enseignement., car "il est bon d'enseigner si l'on sait ce que l'on dit". Mon objectif c'est que mes actes soient en conformité avec ce que je crois. C'est ce qu'on appelle la sainteté..."
Propos recueillis par Corinne Dillenseger, publié le 20 septembre 2004
TEMOIGNAGE:

" Un souvenir de prêtre"
Mes souvenirs les plus forts sont évidemment liés à la Semaine Sainte, à la fête de Pâques. Nous confessons toute la semaine : à Saint-Louis d’Antin, c’est comme dans un sanctuaire, on ne fait que ça, du matin au soir. Magnifique et épuisant. Un fleuve de péchés dans l’Océan de la Miséricorde.
Le samedi soir, à quelques heures de la veillée pascale, l’afflux de pénitents diminue enfin, et on commence à respirer, à reprendre souffle, comme un temps de répit, avant la célébration de la nuit.
Et là, il y a deux ans, vers sept ou huit heures du soir, un jeune couple, tout mignon, m’a arrêté dans le couloir, demandant à me voir : ils m’annonçaient leur mariage. Je les connaissais de vue, des habitués du dimanche soir.
Nous sommes entrés dans la pièce la plus proche, qui était déjà préparée pour le chocolat chaud d’après la veillée, et on a pris trois chaises dans un coin, comme on sait si bien le faire dans l’Eglise, et cet inconfort n’avait aucune importance. Deux tout mignons.
A ce moment-là de la journée et de la semaine, après des jours de confession, à quelques heures de la célébration de Pâques, avec les baptêmes qui allaient avoir lieu, cette annonce de mariage, cet amour humain à consacrer par le Seigneur venait dire toute la vie de l’Eglise et du prêtre. Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants !
Père Christian Lancrey Javal
AGENDA 2010:
Collège des Bernardins |

Voir le site internet du Collège des Bernardins
Jeudi Théologie : "Être père et chef de famille"

Jeudi 6 mai 2010, de 12h45 à 13h30. Par le père Christian Lancrey-Javal. Informations et réservations |
mardi 2 mars 2010
ENTRETIEN:INGRID BETANCOURT "PARLER D'AMOUR AU BORD DU GOUFFRE"
Íngrid Betancourt à Pise (Italie), en 2008.
"Adulée par les uns, mais aussi plus récemment, sévèrement rejetée par les autres, le parcours d'Ingrid Bétancourt n’en reste pas moins exceptionnel; car vivre plus de six ans en captivité dans la jungle laisse des traces."
par Vincent Portier
Ingrid Betancourt de passage au Québec le 23 Septembre 2009 soit, un peu plus d'un an après sa libération le 02 Juillet 2008 a répondu aux questions de la journaliste de Radio Canada, Céline Galipeau pour tenter de faire le point avec elle sur son passé, son présent et son futur. Cette entrevue journalistique servira de base à une analyse à paraître sur la résilience pour tenter de comprendre comment peut s'opérer un transfert positif et la reprise d'une vie "active" face à un questionnement lié à une déroute intime. Ou comment passé de la jungle Colombienne à la jungle médiatique et réussir à défendre sa vérité et ses choix qui semblent souvent en contradiction avec la perception et les attentes des uns et des autres.
Préambule:
Céline Galipeau:
Céline Galipeau est une journaliste québécoise qui est devenue, en janvier 2009, la première femme chef d'antenne de la Télévision de Radio-Canada.Sa carrière journalistique commence en 1985 dans la presse privée. Elle anime des bulletins et écrit des articles, mais choisit ensuite de couvrir directement l'information sur le terrain.Après avoir couvert l'actualité canadienne à Toronto, elle devient correspondante à Londres pendant la Guerre du Golfe. Elle fait des reportages sur la guerre civile algérienne, la guerre de Tchétchénie et la guerre du Kosovo pendant les années 1990.Elle a réalisé de nombreux reportages sur la condition féminine, en particulier ceux portant sur la Conférence des femmes de Pékin en 1995 qui lui ont mérité le prix Amnesty International.Envoyée spéciale en Afghanistan, elle a dû porter le voile pour se renseigner sur la condition féminine dans le pays.De retour au Canada, Céline Galipeau anime l'émission Le Téléjournal en alternance avec Bernard Derome. En janvier 2009, elle a succédé à Bernard Derome comme présentatrice à plein temps du Téléjournal
L'ENTRETIEN:

Céline Galipeau-Ingrid Bétancourt
Bref rappel des faits:
Adulée par les uns, mais aussi plus récemment, sévèrement rejetée par les autres, le parcours d'Ingrid Bétancourt n’en reste pas moins exceptionnel; car vivre plus de six ans en captivité dans la jungle laisse des traces.
I.B- Le trafic de la drogue, c’est par la guérilla; le trafic de la drogue, c’est fait par les militaires.
C.G. En mai 2001, la jeune sénatrice Ingrid Bétancourt se lance dans la course à la présidence de son pays, la Colombie. Elle a un programme ambitieux : faire la guerre aux trafiquants de drogue. Elle se bat pour bannir la culture de la coca, dont les groupes armés comme les Farc, les forces armées révolutionnaires de la Colombie. Au début des années 90, les rebelles exercent un contrôle total sur d’importantes régions du pays.
I.B- Ici, en Colombie, mais n’importe où, quand quelqu’un veut tuer quelqu’un d’autre, je veux dire, il y a 10,000 occasions de tuer quelqu’un.
C.G. En février 2002, alors qu’elle est dans une zone contrôlée par la guérilla, Ingrid Bétancourt est enlevée à un barrage routier des Farc. Ce n'est qu'après plus de six ans de détention dans la jungle Colombienne, le 2 juillet 2008, qu’Ingrid Bétancourt est libérée avec 15 autres otages, lors d’une opération spectaculaire organisée par le Gouvernement Colombien.
C.G.- Vous étiez peut-être une otage à part des autres.
I.B.- Je pense qu’il y avait de ça. Mais on souffrait parce que j’avais une expédition qui
sentait mauvais peut-être. Je crois que ça rentrait en ligne de compte. Mais oui, ce qui est
vrai, c’est que la cohabitation était terriblement dure.
C.G.- Madame Bétancourt, merci de passer un moment avec nous ce soir.
I.B.- Je vous remercie, c’est un grand plaisir, c’est un grand honneur.
C.G. Madame Bétancourt, ça fait six ans que vous avez retrouvé votre liberté, comment
se passe votre retour à la vie normale?
I.B.- On s’adapte très facilement au bonheur. J’ai l’immense change d’avoir mes enfants
autour de moi, d’avoir maman, d’avoir ma soeur. Évidemment, il y a des choses qui sont
là.
C.G.- Qui restent; par exemple…
I.B.- Le vol de l’hélicoptère, pour moi c’est traumatisant; chaque fois que j’écoute un
hélicoptère, chaque fois j’ai la chair de poule. Il faut comprendre que pour nous dans la
jungle, les hélicoptères c’est l’armée, qu’il fallait faire tout très vite, les sacs à dos, partir
en courant. Et puis c’était le risque de mourir, car chaque fois qu’il y avait confrontation;
alors savait qu’on y paissait. Donc c’était des moments de grande angoisse.
C.G.- Si on se replonge un peu plus d’une année en arrière, je comprends que ça peut être difficile à revivre, quel est le souvenir qui vous marque le plus?
I.B.- Quel est le souvenir qui me marque le plus de mes années de captivité, il y en a
tellement, il y en a tellement. Pour vous dire, je suis en train d’écrire un livre que je
pensais pouvoir écrire en six mois… ça fait presqu’un an et je continue à écrire. Des
souvenirs il y en a tellement, il y en a de très beaux, de très tendres, et il y en a de très
mauvais et il y en a d’autres qu’on ne veut même pas se rappeler.
C.G.- Est-ce que vous aviez constamment la peur de souffrir, de mourir?
I.B.- La peur de souffrir, non; car la peur de souffrir était inhérente à mon état. Il n’y
avait pas un jour sans souffrance. Peur de mourir, non, car à un certain degré, je trouvais
que la mort pouvait être un soulagement. J’ai beaucoup désiré la mort comme un
soulagement. Ce n’était pas une fuite, c’était seulement l’envie d’avoir un répit dans cette
souffrance quotidienne. Mais j’ai eu peur d’autre chose, j’ai eu peur pour mes
compagnons très très fort.
C.G.- Il y a très peu de gens qui savent ce qu’est la jungle; et qui savent ce qu’être otage.
C.G.- Si vous aviez à expliquer un peu au quotidien; qu’est-ce que ce serait?
I.B.- C’est impossible à expliquer. Il faudrait pouvoir se transporter dans un autre
univers, sur une autre planète. C’est une planète dans laquelle on n’a rien, rien. On
dépend de quelqu’un d’autre pour tout; il faut demander la permission pour tout. On est
humiliée, on est maltraitée, on a faim, on est attaqué par toutes les bestioles; c’est un
enfer vivant. Le pire, la pire des souffrances est infligée par la méchanceté humaine. Il
n’y a rien de pire que la méchanceté humaine.
L.G.- Vos gardiens?
I.B.- Oui, les gardiens.
C.G.- Dans toutes les zones de conflits, on utilise souvent le viol comme arme de guerre;
qu’est-ce que ça représentait, le fait d’être femme dans un milieu aussi hostile que celui
de la guérilla des FARC?
I.B.- C’était très, très, très dur. La détention, c’est très dur pour les hommes, mais je
pense que pour les femmes c’est encore plus dur. Parce qu’être seule, femme au milieu
d’hommes, c’est dur. Pour beaucoup de raisons, parce qu’être femme, parce qu’être
femme au milieu des hommes c’est…dur. Parce qu’en plus, c’est une société très
machiste, qui véritablement, méprise la femme. Peut-être qu’ils en ont peur; peut-être
qu’ils ont peur d’être contrôlés par les femmes. La femme qui veut les contrôler, qui veut
les épier, la femme sorcière qui dit des choses (geste – folle).
C.G.- Est-ce qu’on s’en est pris à votre intégrité physique?
I.B.- Il y a des choses, il y a des choses secrètes qui n’ont plus d’intérêt.
C.G.- Des choses qui restent dans la jungle?
I.B.- Des choses qui restent dans la jungle, oui.
C.G.- Et comment on gère le quotidien avec les autres otages quand on se retrouve dans
un contexte comme celui-là?
I.B.- C’était très dur. Un autre de mes compagnon avait été maintenu otage pendant deux
ans tout seul. Le commandant qui avait sa charge, avaient interdit que les gardes lui parle.
Quand je l’ai rencontré, il avait vécu deux ans devant les arbres à parler avec les arbres.
Quand on s’est rencontré tous les deux (…) pendant deux jours il a parlé avec un arbre;
et j’écoutais, j’écoutais, j’écoutais. Il était tellement heureux d’avoir rencontré quelqu’un.
Puis après on nous a mis dans un groupe avec d’autres otages dans une prison, … des fils
barbelés, des conditions d’insalubrité, enfin des conditions très très dures. Et il me disait,
tu sais, j’aurais préféré la solitude que ça. C’est qu’entre otages, il y a beaucoup de
cruauté aussi. Justement, il y a certains de vos compagnons de détention qui vous
reprochent un certain manque de solidarité, comme on n’en a pas beaucoup entendu parlé
ici, on vous reprochait par exemple de ne pas partager des nouvelles que vous entendiez à
la radio, certains livres, de ne pas organiser le système de douches, de ne pas partager les
horaires de douches… Comment vous expliquez… par les difficultés de vivre dans ces
conditions là?
I.B.- Je crois qu’il y a d’abord une question de caractère; il y a des gens qui vous aiment,
il y a des gens qui ne vous aiment pas. On ne peut pas faire autrement. Souvent, ce n’est
pas directement contre vous; c’est ce que vous représentez; et que j’ai eu des relations
difficiles avec certains et j’ai eu des relations extraordinaires avec d’autres.
C.G.- Vous ne niez pas que ces choses aient pu se passer?
I.B.- Je crois que sont sorties, dans le moment et sous la pression de beaucoup de choses,
et je suis si contente d’avoir assez de silence et de respect. Je crois que sont sorties dans
le moment et sous la pression de beaucoup de choses. Je crois que s’il y a quelque chose
pour moi qui est essentiel, c’est l’amour que j’ai pour tous. C’est la seule chose que je
veux récupérer de tout ça. Et puis je suis très (..) aussi. Il est certain qu’il y en a certain
qui ont fait des critiques qui étaient dures; mais il y en a beaucoup d’autres avec qui je
suis en contact tous les jours et qui me soutiennent beaucoup.
C.G.- Qu’est-ce qui vous a tenue pendant toutes ces années là, s’il n’y avait qu’une
chose, qu’est-ce que ce serait?
I.B.- Fondamentalement, je crois que ce serait la présence de Dieu. Dieu comme une
sécurité. De me dire, bon, si Dieu est là, et je crois qu’il est là, ce que je vis n’est pas le
fruit de la mauvaise chance, où du chaos universel, non, il y a une raison. Si je suis là,
c’est parce que j’ai besoin d’être là. Pourquoi? Je ne sais pas. Mais il faut que je
découvre, il faut que j’apprenne. Toutes ces années de captivités ont été pour moi une
réflexion sur la raison de mon partage de ce vécu. Et ça a donné un sens à ce que je
vivais. J’ai pu accepter de vivre en me disant : « un jour, je sortirai » meilleur être
humain, je serai meilleure mère, meilleure amie, meilleure… mieux.
C.G.- « Je reviendrai ici »?
I.B.- Bien sûr que non. Parce que c’est une quête (signe vers le haut) constance. On est…
C.G.- Et ce chapelet? Est-ce que vous l’avez fait dans la jungle?
I.B.- Oui. C’est… je l’ai fait une année après ma capture. J’en avais un autre que j’ai
fait… c’était un bout de plastic; j’avais fait des noeuds, et puis je l’avais perdu dans le
(…), donc je m’étais dis, il faut que je m’en fasse un. Donc je ne savais pas combien de
stations il y avait. Je crois que c’est dix; car je me rappelais papa entrain de prier (se
gratte le front comme pour chercher). C’est donc… je me suis dis c’est peut-être dix,
c’est peut-être quinze; alors je fais quinze. Et puis, quand j’ai été réuni dans les prisons
avec d’autres, il y avait une femme très gentille, qui était très catholique, plus que moi, Et
elle m’a appris, c’est elle qui m’a appris qu’il n’y en avait que dix; alors j’ai mis cette
petite chose là, pour m’arrêter là, parce que tous ceux là, ils sont de trop.
C.G.- Avec le recul, est-ce que ça en valait la peine? Toute la tourmente dans laquelle
vous avez plongé vos proches? Est-ce que…?
I.B.- Bien sûr que non, ça ne vaut pas la peine. Si on a le choix, je veux dire, on ne prend
jamais le choix du plus difficile et de l’horreur, c’est pas possible. Je ne sais pas si on
peut.
C.G.- Est-ce que vous n’auriez pas fait preuve de témérité en allant dans cette zone
contrôlée par les FARCS, alors qu’on vous avait dit que c’était dangereux?
I.B.- C’est une critique qu’on m’a beaucoup faite. On m’a dit partout que c’était
dangereux. Moi, je me suis baladée dans tout le pays en sachant que je traversais toutes
les zones des paramilitaires. J’ai lutté pour avoir des escortes. Et finalement quand je les
ai eues et que je suis allée voir des gens importants pour moi parce que c’était mes amis
qui étaient dans la ville qui avait servi, qui avait accueilli les FARC pour le processus de
paix. Et une fois le processus de paix rompu; ils avaient peur de se faire attaquer par les
paramilitaires, de se faire attaquer par tout le monde, d’avoir (…), d’avoir une vengeance
de ce processus de paix qui avait beaucoup d’ennemis à ce moment là. Et donc ils
m’appellent et je viens, Et voilà, je pense que j’étais entrain de faire ce que je devais
faire. Est-ce que je le referais aujourd’hui, la réponse elle est très simple : si j’avais les
mêmes conditions, je ne savais pas ce qui m’attendait. Mon père était agonisant. Je ne
voulais être qu’avec lui; je n’avais pas envie de faire ce que je faisais. Bon. Mais j’avais
pris l’engagement d’une campagne présidentielle, J’avais des gens qui travaillaient avec
moi, qui avaient mis leur coeur, qui avaient mis leur temps, qui voulaient que j’y aille. Je
ne pouvais pas renoncer. Je ne pouvais pas me débiner. Vous comprenez… ?
C.G.- La politique… le rêve de devenir Présidente de Colombie…?
I.B.- Bon, parlons de rêve… J’ai un rêve, beaucoup plus ambitieux et beaucoup plus
intime aussi qui est celui de changer le monde. Je n’aime pas le moment que nous vivons.
Je n’aime pas beaucoup de choses que je vois et qui m’irrite (…). Mais j’ai aussi compris,
de ma jungle, qu’il faut se changer soi-même. On ne peut pas exiger que le monde soit en
paix, si on n’arrive pas à vivre tranquillement avec ceux qui nous entourent. C’est, enfin,
à tous les niveaux.
C.G.- Comment vous allez vous y prendre concrètement?
I.B.- Les journalistes (…) j’aime bien, concrètement. J’ai fais une fondation, parce que je
veux faire du concret. C’est une fondation pour la liberté dans toutes les dimensions.
C’est une fondation qui a plusieurs programmes en cours (…). Lorsque j’étais dans la
jungle, M. venait d’un petit village qui s’appelait C. C’était des jeunes; et je pense qu’ils
auraient pu avoir une autre route, une autre vie s’ils avaient pu avoir une autre
opportunité. J’ai un programme dans Calamar (?) pour construire une antenne de la
Fondation, qui va permettre aux jeunes de la localité, de trouver autre chose, digne, qui
ne soit pas la guerre.
C.G.- Donc vous allez retourner en Colombie?
I.B.- Je ne peux pas retourner en Colombie, parce que nous avons de grands problèmes
de sécurité. Et je pense que je ne puis plus courir le risque du malheur de mes enfants et
de ma famille; mais j’ai des gens en Colombie, qui sont là, qui sont dans la région, qui
m’aident. Et j’ai des gens partout dans le monde qui m’aident aussi. Alors chacun fait
selon ce qu’il doit s’occuper. Ceux qui sont en place organisent; et nous qui sommes
dehors, notre fonction est de créer, de faire des antennes, d’apporter les fonds…
financiers, de les chercher, de trouver les fonds pour les produits qui peuvent être
fabriqués là-bas, de façon à leur donner une entrée qui leur permette de vivre dignement.
Et de se retirer du négoce de la drogue et de tout ce que ça amène avec. Et donc, chacun à
son niveau; une chaîne de bonne volonté.
C.G.- Donc ce sera votre action dorénavant?
I.B.- Ah oui! En ce moment, si vous voulez, je suis très prise par mon livre que je finis.
C.G.- Qui va sortir au début de l’année prochaine?
I.B.- Oui.
C.G. Et il y a un film aussi. Vous êtes impliquée dans un scénario de film. Oui. Une fois
que le livre sera fait, ce sera mon deuxième grand projet, et la Fondation.
C.G.- Et qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter en terminant, madame Bétancourt?
I.B.- Plein de bonheur.








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