lundi 28 juin 2010
AFGHANISTAN 2010: RETOUR SUR UN BOURBIER,LE DESSOUS DES CARTES/R.A.B, OPIUM, TALIBANISME, OTAGES ...

Photo:Ruines du Palais du Roi Amanullah à Kaboul
par Vincent Portier
Le 11 Septembre 2009 marque le souvenir des quatre attentats-suicides perpétrés le même jour aux États-Unis par des membres du réseau djihadiste islamiste Al-Qaida.Aujourd'hui, plus de 8 ans après, il n'est un secret pour personne que les rapports des différentes administrations Américaines avec les Moudjahidin puis les Talibans sont en grande partie responsables de l'état actuel de la situation pour les Afghans suite à la volonté de Washington dans les années 80 de reprendre la direction de la région aux Russes.
Voici donc, un entretien très interessant avec un ancien collaborateur de la CIA,Marc Sageman, mais avant un retour sur la Balkanisation de l'Afghanistan et le dessous des cartes.
Le bourbier afghan :
Chronique d'une Balkanisation annoncée:(1979-1989):
L’URSS, en envahissant l’Afghanistan, loin de vouloir atteindre les « mers chaudes » comme on le redoutait à l’époque, semble, en réalité, plutôt vouloir simplement sauver les techniciens et coopérants soviétiques confrontés à une importante et sanglante vague de contestations.
L’Afghanistan est encore au début du siècle un pays isolé en raison du « Grand Jeu » que se livrent les deux puissances impériales, russe et britannique. Il n’y a eu que très peu de contacts avec le Moyen-Orient et l’Afghanistan, malgré une tentative de modernisation par le roi Amanullah étouffée par les mollahs en 1929, a un mode de fonctionnement quasi-autarcique jusqu’au milieu des années 1950.
C’est effectivement de conserve que Britanniques et Russes ont contribué à établir un royaume-tampon en Afghanistan, dont l’instabilité aurait été préjudiciable à l’équilibre entre les deux empires. L’Afghanistan est donc neutralisé et isolé.
Dans les années 50-60, l’Afghanistan attise les convoitises des deux nouvelles puissances. De grands chantiers sont menés pacifiquement (l’immense aéroport de Kandahar, par exemple) jusqu’à ce que les États-Unis cèdent leur place, préoccupés par la montée en puissance de l’Iran. Les Soviétiques, à partir de la fin des années 60, dépêchent alors sur place de nombreux cadres et forment une armée moderne. Cette modernisation cristallise cependant l’hostilité des religieux.
En 1973, le roi est balayé au profit d’un président soutenu par un parti communiste (le Parti démocratique du peuple afghan) dont les rivalités internes poussent à des réformes de plus en plus radicales. La forte opposition des partis ultra religieux et des mollahs atteint son paroxysme lorsque en 1978 et 1979 diverses insurrections et lynchages de cadres soviétiques obligent l’URSS à intervenir militairement.
Photo: Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, journalistes pour France Télévision,otages en Afghanistan depuis 180 jours...
Comment en est-on arrivé à cette situation-là ?
Du R.A.B* pour les Talibans ou l'instrumentalisation de la résistance...
(*R.A.B:Russie, Afghanistan,Britanniques)
Le front de résistance à l’URSS en Afghanistan n’est pas uni. De tous temps, les tribus se sont fortement opposées et livrées à des luttes sanglantes. La plus importante –et la plus connue– de ces rivalités tribales traditionnelles est celle entre Pachtouns et Tadjiks, de part et d’autre de la frontière pakisto-afghane.
Une importante aide financière est déclenchée par les États-Unis (qui fournissent le matériel militaire léger aux chefs de guerres religieux réfugiés au Pakistan) mais aussi par l’Arabie Saoudite et les riches pays du Golfe. De plus, de tout le monde arabe affluent des combattants du djihad, les moudjahidin, pour rallier la résistance contre l’URSS.
La guerre d’Afghanistan bascule vraiment en 1986, lorsque les États-Unis fournissent les missiles Stinger (via l’Arabie Saoudite qui les revendaient par des réseaux pakistanais) contre les hélicoptères soviétiques, pour aboutir, finalement, au retrait soviétique de l’Afghanistan en 1989.
Mais, pendant les 10 ans d’occupation soviétique, les trafics d’armes alimentés par le jeu de tous les puissants, de drogue (l’Afghanistan fournit 80% de l’héroïne mondiale) ont rôdé les circuits de la guérilla et de la résistance de ces moudjahidin devenue Talibans au plus haut point.
Carte: Le corridor du Wakhan, entre le Pakistan et le Tadjikistan, relie l'Afghanistan à la Chine /Lien: http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/508610
Le Dessous des Cartes:
Le Front Uni Islamique et National pour le Salut de l'Afghanistan, plus connu sous le nom d'Alliance du Nord, tient début septembre 2001 5% du territoire afghan principalement dans le nord-est du pays et les environs de Herat dans l'ouest du pays. Officiellement dirigé par l'ancien président Burhanuddin Rabbani, il constitue la principale organisation anti-taliban mais regroupe en fait des alliés assez disparates :
- Jamiat-e-Islami : mouvement tadjik commandé par Mohammed Fahim Khan, successeur du général Massoud. Cependant, ce mouvement comprend des forces qui échappent largement à sa direction. Les principales de ces forces autonomes sont celles d'Ismail Khan dans l'ouest du pays et plus encore celles du Pachtoune Gulbuddin Hekmatyar.
- Junbish-e-Milli-yi Islami : mouvement ouzbek dirigé par le général Dostom.
- Hizb-e-Wahdat : mouvement hazara, une ethnie chiite, commandé par Karim Khalili et Mohaqiq.
Jusqu'aux attentats du 11 septembre, ces mouvements étaient soutenus par l'Iran, la Russie et le Tadjikistan. Ils peuvent alors aligner environ 15 000 hommes appartenant en propre à l'Alliance du Nordref mais ils bénéficieront de nombreux changments de camps qui augmenteront leurs effectifs.
Vidéo Documentaire: 11 Septembre 2001, La Vérité qui dérange (1/6)/ Regardez l'Intégralité via la catégorie SIDH Films & Documentaires dans la colonne de gauche) ou http://www.dailymotion.com/relevance/search/11+septembre+2001+la+verit%C3%A9+qui+derange
Marc Sageman, ex-agent de la CIA
"La guerre en Afghanistan est une guerre politique qui ne reflète pas la réalité."
" Elle n'a pas de sens puisqu'Al-Qaida n'y est plus. L'élimination d'Al-Qaida en Afghanistan a été réussie depuis sept ans."
"Ce qui reste d'Al-Qaida est au Pakistan."
LE MONDE | 08.09.09 | 11h38
ous enquêtez depuis des années sur "Les Complots d'Al-Qaida en Occident", le titre de votre prochain livre. Quelles sont vos premières conclusions sur la présence et les attaques djihadistes en Europe et Amérique du Nord ?
Depuis la création d'Al-Qaida en 1989, il y a eu soixante complots en Occident, émanant de quarante-six groupes différents. Je n'ai retenu que les complots ayant atteint un certain degré de maturité, perpétrés par Al-Qaida, des groupes affiliés à Al-Qaida ou agissant au nom d'Al-Qaida.
On s'aperçoit qu'il y a eu dix complots en 1995, ensuite, ça diminue, puis ça remonte vers 2001, puis il y a un autre sommet avec dix complots en 2004, puis ça rediminue avec huit complots en 2005, six en 2006, six en 2007, trois en 2008.
La première vague, en 1995, est l'attaque de la France par le Groupe islamique armé (GIA) algérien. La seconde vague, en 2004, intervient en réaction à la guerre en Irak. Depuis 2004, la probabilité qu'Al-Qaida frappe en Occident a fortement diminué.
Il faut toutefois noter une nouveauté, ces dernières années : la recrudescence des initiatives solitaires. Dans mon étude, je n'ai pas pris en compte les "fous solitaires", ceux qui n'ont jamais eu de contact avec d'autres personnes de la mouvance djihadiste. Mais c'est un phénomène à prendre en compte.
Sur soixante complots planifiés, combien d'attentats ont été perpétrés avec succès ?
Quatorze, dont neuf par le GIA, deux par Al-Qaida (le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et le 7 juillet 2005 à Londres) et trois inspirés par Al-Qaida (le World Trade Center en 1993, les attentats du 11 mars 2004 à Madrid et l'assassinat de Theo Van Gogh à Amsterdam en 2004).
Et dix bombes n'ont pas explosé.
On remarque que les djihadistes entraînés à l'étranger ont eu 20 % de succès, contre seulement 9 % pour les autres. L'entraînement à l'étranger multiplie donc les probabilités de succès.
L'entraînement des djihadistes opérant en Occident a eu lieu dans seulement deux pays : l'Algérie et le Pakistan.
Combien y a-t-il eu d'attaques-suicides ?
Il y a eu neuf attentats-suicides. Mais, même dans d'autres cas, les djihadistes sont prêts à mourir (Roubaix, Madrid, Glasgow, etc.). Ils n'hésitent pas à se suicider plutôt que d'être arrêtés.
Photo:Adam Gadahn, le porte-parole Americain converti d'Al Qaida/Lien:Ces Européens djihadistes: http://actualiteduterrorisme.20minutes-blogs.fr/archive/2009/01/23/ces-europeens-djihadistes.html
Combien de djihadistes ont-ils agi en Occident en vingt ans ?
Environ 400. Davantage de gens ont été arrêtés, mais je ne comptabilise que les "vrais" terroristes, pas tous les jeunes voyous qui les aident. Les "vrais" terroristes sont 400 au plus, sur une population musulmane de 20 millions de personnes en Occident et de 700 millions au total, sur vingt ans. Quel est le risque ?
Bien sûr, il y a des variations. En Europe, le risque est plus fort en France et en Grande-Bretagne, à cause des politiques d'immigration, ou pour des raisons communautaires. Cela dépend souvent de comment la "seconde génération" d'immigrés est traitée dans les pays d'accueil... Aux Etats-Unis en 2001, les dix-neuf djihadistes n'étaient pas américains. Ils étaient des infiltrés. En France en 1995, les djihadistes ont eu le soutien de voyous de Lille et de Lyon.
Sur les djihadistes opérant en Occident, combien sont nés et ont grandi en Occident, et combien sont des infiltrés ?
La grande majorité d'entre eux ont grandi en Occident. Les seuls infiltrés sont les hommes du GIA algérien et les djihadistes du 11-Septembre.
Quel est le profil de ces djihadistes ?
Cela a évolué. Dans les années 1990, on avait affaire à des gens biens éduqués, comme les types de Hambourg qui ont fait le 11-Septembre. Des gens venus du Moyen-Orient pour étudier en Occident.
Après la guerre d'Irak, on a eu davantage affaire à des petits voyous, très jeunes, comme en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas. La France fut une exception, avec des voyous dès les années 1990.
Quel est l'âge moyen des djihadistes ?
Il est passé de 26 ans dans les années 1990 à 20, 21 ans maintenant.
L'Irak fut donc un tournant ?

Photo: La silhouette des Twin Sisters, après 2001, symbolisée par deux phares dans la nuit Américaine./Lien:http://www.rue89.com/desintox-11-septembre-2001/2009/02/04/le-vrai-et-tous-les-faux-complots-du-11-septembre
Le 11-Septembre et l'Irak sont un tournant. Leur retentissement fait que l'on est passé de l'université à la rue. Le djihad est devenu plus populaire.
Vous pointez beaucoup d'idées fausses sur la menace terroriste...
Il y a énormément d'idées fausses. Le terrorisme émerge d'une contre-culture de la protestation. Il vient du droit de protester qui existe en Occident, avec une proportion minime de contestataires qui plongent dans la violence.
Ce qu'il faut éviter est d'arrêter trop de gens, comme le faisait la France dans les années 1990. Il faut que ce soit ciblé. Trop de gens sont devenus des terroristes en prison, après avoir été accusés par erreur.
Les forces de l'ordre sont plus sophistiquées aujourd'hui et frappent peu à l'aveugle. Elles n'arrêtent plus les crâneurs, ou moins qu'avant. Car le danger, ce n'est pas ceux qui crânent, mais ceux qui mettent des bombes.
En minimisant le rôle des "infiltrés", vous affirmez donc que la crainte de "cellules dormantes" djihadistes en Occident est un fantasme ?
Absolument. On n'a pas vu de cellule dormante. Il n'existe pas un seul cas. Une "cellule dormante" est constituée de gens entraînés, qui vont "dormir" quelque temps avant d'être réanimés. Or, en Occident, les gens entraînés arrivent avec une cible en tête, et frappent. Sur 20 groupes entraînés à l'étranger, 18 ont perpétré leurs attentats dans les six mois après leur retour en Occident. Ils reviennent très motivés, et ils attaquent.

Photo: Ousama Ben Laden et ses Lieutenants/Lien:
L'idée qu'Al-Qaida est patiente, c'est de la bêtise. Les djihadistes sont pressés d'agir.
Quelle conclusion tirez-vous sur le pouvoir du leadership d'Al-Qaida ?
Ils sont incapables d'agir hors du Waziristan, dans les zones tribales autonomes du Pakistan. Ils se cachent. Ils sont à la merci de jeunes Occidentaux qui viennent au Waziristan, qui veulent s'entraîner et revenir en Occident commettre des attentats. Al-Qaida n'a pas de recruteurs et attend des volontaires. De plus, beaucoup de chefs d'Al-Qaida ont été tués depuis un an au Pakistan dans la campagne de bombardements par les drones américains. Cette campagne a eu pas mal de succès. Elle s'oriente maintenant vers les talibans car il ne reste plus beaucoup de cibles d'Al-Qaida.
Restent Oussama Ben Laden et Ayman Al-Zawahiri, qui se cachent au point qu'ils mettent dorénavant des semaines à diffuser leurs messages.
Quand les Etats-Unis sont-ils devenus une cible et pourquoi ?
Dès le début. Le premier attentat a eu lieu au World Trade Center à New York en février 1993. Ce n'était pas encore Al-Qaida, mais déjà des djihadistes.
Eux pensent que l'Occident est en guerre contre l'islam et que les Etats-Unis sont le symbole de l'Occident.
Ils ont pris la menace au sérieux seulement après le 11-Septembre.
La guerre de fin 2001 en Afghanistan a contribué à lutter contre Al-Qaida. Ce fut une réussite, mais on n'a pas pourchassé les djihadistes au Pakistan.
D'où viennent les erreurs stratégiques commises par Washington ?
Au moment du 11-Septembre, la CIA dominait, mais (le secrétaire à la défense) Donald Rumsfeld a pris les commandes. Quand l'armée a pris le relais de la CIA, il y a eu la faille.
Rumsfeld voulait les lauriers et a empêché la CIA, qui pilotait les opérations via les moudjahidins, de travailler. Lui voulait des troupes américaines en Afghanistan. Ce déploiement a pris du temps. Les djihadistes ont pu s'échapper.
Puis l'armée s'est préparée pour l'Irak...

Photo:Forces américaines et britanniques, province d'Helmand, 2007./ Lien: http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/508610
Que pensez-vous de la stratégie américaine actuelle en Afghanistan ?
Je suis en désaccord. La guerre en Afghanistan est une guerre politique qui ne reflète pas la réalité. La guerre en Afghanistan n'a pas de sens puisqu'Al-Qaida n'y est plus. L'élimination d'Al-Qaida en Afghanistan a été réussie depuis sept ans. Ce qui reste d'Al-Qaida est au Pakistan.
Comment conduire cette lutte au Pakistan ?
Puisqu'Islamabad ne veut pas de troupes étrangères, les Etats-Unis mènent la campagne au Pakistan avec les drones. Mais la guerre contre Al-Qaida ne se gagne pas avec des moyens militaires. Il faudrait des agents de renseignements et le soutien de la population du Waziristan. Il faut en faire des alliés plutôt que des ennemis.
Le président américain affirme vouloir recentrer l'effort militaire de son pays sur la guerre contre Al-Qaida. Que pensez-vous de sa stratégie ?
On sent beaucoup d'hésitation. Si l'administration Obama veut sécuriser les Etats-Unis, il ne faut pas faire la guerre en Afghanistan. Les insurgés afghans et pakistanais ne voyagent pas. L'Afghanistan n'est pas le danger.
Même si les talibans reviennent au pouvoir ?
Si les talibans reviennent au pouvoir, on pourra toujours les menacer de les bombarder s'ils se lient de nouveau avec Al-Qaida. Les talibans ne sont pas des idiots. Le danger n'est pas les Afghans. S'ils posent des bombes chez eux, on s'en fout. Le danger, ce sont les gens qui viennent poser des bombes en Occident.
Propos recueillis par Rémy Ourdan
Article paru dans l'édition du 09.09.09
Une autre forme de "Jihad":
Jihad islamique égyptien
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Photo: Djihadiste en Egypte |
NDRL: Cette article et les liens sont une source Wikipédia à prendre donc avec réflexion et objectivité
Le Jihad islamique égyptien (Arabe: الجهاد الإسلامي المصري ) (JIE), Anciennement appelé simplement Islamique Jihad ( الجهاد الإسلامي et Armée de libération pour les lieux saints), Initialement dénommé «Al-Jihad," et puis "le groupe du Djihad", ou "Organisation du Jihad»,est un Égyptienne Islamistes groupe actif depuis la fin des années 1970. Il est sous embargo dans le monde entier par le Nations Unies comme une filiale de Al-Qaïda. Il est également interdit par plusieurs gouvernements individuels, y compris celle de la Fédération de Russie. Depuis 1991, elle a été dirigée par Ayman al-Zawahiri.
Objectif initial première à l'Organisation était de renverser le gouvernement égyptien et le remplacer par un Etat islamique. Plus tard, il a élargi ses objectifs pour inclure l'attaquant États-Unis et Israël intérêts en Egypte qu'à l'étranger.
JIE a subi des revers en raison des nombreuses arrestations de coopératives dans le monde entier, plus récemment dans Liban et Yémen.En Juin 2001, Al-Qaïda et le Jihad islamique égyptien, qui avaient été associés les uns aux autres pendant de nombreuses années, ont fusionné en «al-Qaida-Jihad».
Liens Guerre d'Afghanistan:
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
- La guerre d'Afghanistan (1979-1989), opposa les moudjahiddins, soutenus par les États-Unis et des pays à majorité musulmane, au pouvoir laïc, soutenu par l'Union des républiques socialistes soviétiques, de décembre 1979 à février 1989.
- Après le retrait de l'Armée rouge, la guerre civile entre diverses factions n'a jamais cessé, aboutissant à la prise du pouvoir par les Talibans.
- La guerre d'Afghanistan (2001) menée par la coalition occidentale et l'Alliance du Nord contre les Talibans, en octobre et novembre 2001, en représailles aux attentats du 11 septembre 2001.
voir Tous les articles sur le jihad:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Qaida
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jihad_islamique
Voir également sur le 11 septembre 2001 le Lien:http://www.rue89.com/desintox-11-septembre-2001/2009/02/04/le-vrai-et-tous-les-faux-complots-du-11-septembre
Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, otages en Afghanistan depuis 180 jours...
mardi 1 juin 2010
GAZA/POLITIQUE AUTISTE: ISRAEL FERME LA PORTE...
Vidéo Entretien: La réputation d’Israël est "ternie" par Elie Barnavi
envoyé par Europe1fr. - L'info video en direct.
Pour Elie Barnavi, diplomate et historien israélien, en Israël, "la force remplace la politique", "Gachi politique, diplomatique et humanitaire de première grandeur..."
Un mot sur Elie Barnavi:
Après des études d'histoire et de sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem, à l'Université de Tel Aviv et à la Sorbonne, Elie Barnavi est nommé professeur d'histoire de l'Occident moderne à l'Université de Tel Aviv, où il dirige le Centre d'études internationales. Il a aussi été directeur d'études à l'Institut de défense nationale et membre du mouvement La Paix Maintenant. Ambassadeur d'Israël en France de 2000 à 2002, il reprend ensuite son enseignement d'histoire à l'Université de Tel Aviv. Il dirige le comité scientifique du Musée de l'Europe à Bruxelles. Il a notamment publié 'Une Histoire modern d'Israël", une 'Histoire universelle des Juifs", 'Lettre ouverte aux juifs de France', et des ouvrages sur le XVIe siècle français.
GAZA,entre ciel et terre...

Voir: CINEMA/DOCUMENTAIRE: AISHEEN (CHRONIQUES DE GAZA) par Nicolas Wadimoff
l'ONU réclame une enquête
Publié le 31 Mai 2010 à 12h34 Mis à jour le 01 Juin 2010 à 08h07
Après d'âpres négociations, l'ONU a adopté une résolution mardi sur l'attaque de la flottille.
Israël est sur la sellette. Depuis lundi matin, et l’attaque meurtrière de la flottille humanitaire par l'armée de l'Etat hébreu, les condamnations parviennent des quatre coins de la planète. A l'ONU, une réunion d'urgence a été convoquée lundi soir pour plancher sur une déclaration collective. Et après de très longues heures de discussion, l'instance est parvenue à adopter mardi matin une résolution sur le sujet.
Le Conseil de sécurité réclame donc à l'Etat hébreu une enquête "rapide, impartiale, crédible et transparente" sur l'intervention militaire, ainsi que la libération immédiate des navires et des civils détenus. par ailleurs, l'ONU a condamné l'abordage meurtrier de la flottille. Les Etats-Unis, réticents jusqu'au bout et derniers soutiens d'Israël, ont donc fini par céder.
Quelques heures plus tôt, les Etats-Unis avaient dit déplorer les "pertes en vie humaines". Tout en attendant de connaître les circonstances exactes de la "tragédie", selon un communiqué de la Maison-Blanche diffusé lundi. Plus tranché, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est quant à lui dit "choqué" et a réclamé une enquête.
Des réticences côté américain
Une majorité d'Etats membres seraient favorables à une déclaration qui exigerait au moins la levée du blocus de Gaza imposé par Israël. Les Etats arabes, eux, voudraient aller plus loin, exigeant une condamnation officielle et une enquête internationale sur les circonstances de l'assaut. Face à eux, les Etats-Unis semblent réticents à critiquer leur allié historique, Israël, et refusait une déclaration comportant une condamnation explicite.
Selon des diplomates, un désaccord entre la Turquie, rédactrice du projet de texte, et les Etats-Unis, traditionnels protecteurs d'Israël à l'ONU, empêchait l'adoption de cette déclaration qui vise à appeler au lancement d'une enquête sur les circonstances de l'assaut.
Quelques heures plus tôt, les Etats-Unis avaient dit déplorer les "pertes en vie humaines". Tout en attendant de connaître les circonstances exactes de la "tragédie", selon un communiqué de la Maison-Blanche diffusé lundi.

L'Union européenne condamne

Parlant d'une seule voix lundi soir, l'Union européenne a dit "condamner" l'usage de la violence. Auparavant, la France, Chypre, l'Egypte, la Jordanie, l'Autriche, la Grèce, l'Irlande, la Suède, la Norvège, le Danemark, la Belgique, l'Autriche et l'Espagne avaient tour à tour annoncé qu'ils convoquaient les ambassadeurs d'Israël présents dans leur pays pour avoir des explications. Certains étaient inquiets pour leurs ressortissants ayant pris part à l'expédition. "Nous devons tout faire pour éviter que cette situation difficile ne donne lieu à une escalade", a prévenu la chancelière allemande, Angela Merkel.
Finalement, seule l’Italie a pris ses distances. La présence de la flottille au large de Gaza "est une pure provocation avec un objectif politique précis", a commenté le sous-secrétaire d'Etat italien aux affaires étrangères, Alfredo Mantica.
La colère des pays arabes
L'Otan va également se réunir en urgence, à la demande de la Turquie. Ce pays, d’où le convoi est parti, avait exhorté dès dimanche soir Israël à laisser passer le convoi humanitaire. Lundi, la Turquie a dénoncé un "incident déplorable [qui] peut entraîner des conséquences irréparables sur nos relations bilatérales." Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, n'a pas hésité à dénoncer un acte de "terrorisme d'Etat".
C’est dans les pays autour du Proche-Orient que les réactions ont été les plus vives. "Ce qu'Israël a commis à bord de la 'flottille de la liberté', c'est un massacre", a estimé Mahmoud Abbas, le président palestinien, qui a décrété trois jours de deuil national.
Surtout, à Gaza, le Hamas, qui contrôle ce territoire, a appelé "tous les Arabes et les musulmans à se soulever devant les ambassades sionistes dans le monde entier", a déclaré un de ses porte-parole, Sami Abou Zouhri. Dans une région-poudrière, qui ne demande qu’à s’enflammer, Israël pourrait donc bien avoir fait une étincelle aux conséquences dramatiques.
CHRONIQUES DE GAZA:

Le temps qui reste...
Ce n'est pas le désespoir à proprement parler qui prédomine. C'est autre chose, parfois la vacuité, régulièrement l'envie d'un héroïsme guerrier, de la colère, de l'ennuie ; et du rire. Dans ce pays condamné à l'attente de jours meilleurs, une drôle d'oisiveté prend forme. Oisiveté presque artistique quand des jeunes récupèrent les ossements d'une baleine échouée et les rassemblent sur le sol. L'inutile devient le plus sérieux puisque ce qui était sérieux est devenu absurde. Comme quand les enfants, à l'école, rejouent, en s'étranglant de rire, le désespoir d'habitants bombardés pleurant leurs proches. Certaines images sont drôles parce qu'elles sont atterrantes.
Gaza gagne à être connue sur grand écran plus qu'à travers la petite lucarne. D'un voyage de 14 jours dans la bande de Gaza, Nicolas Wadimoff revient avec des visions surprenantes, inhabituelles, un regard apolitique rafraîchissant, curieux et aussi avide de beautés.
Lucie PEDROLA pour www.lepost.fr
Aisheen (chroniques de Gaza) - Bande annonce Vost FR
envoyé par _Caprice_. - Les dernières bandes annonces en ligne.
dimanche 30 mai 2010
GEOPOLITIQUE: LA REGION DES GRANDS LACS/LA PREMIERE GUERRE MONDIALE AFRICAINE

Site Officiel:www.cirgl.org
Reportage vidéo: Depuis 1994, la province du Nord Kivu en République Démocratique du Congo a connu une instabilité constante. Si les raisons de cette instabilité ont pu varier, ce sont à chaque fois les populations civiles qui en ont pâti.
Voir également:CONFLITS DANS LE MONDE: 6.8 MILLIONS DE DEPLACES EN PLUS...
Plus de 2,1 millions de personnes déplacées sur fond de détérioration des conditions humanitaires
La région des Grands Lacs a hérité du titre peu enviable de théâtre de la “première guerre mondiale africaine” quand, à la suite de la chute de la dictature de Mobutu, le vaste territoire du Zaïre (rebaptisé depuis République démocratique du Congo), riche en ressources minières, a suscité toutes les convoitises. Mais la crise qui se poursuit dans la région est en réalité une série de conflits interdépendants, impliquant virtuellement tous les pays de la région.
En 2009, les combats entre les milices et les forces armées congolaises soutenues par l’ONU, de même que les attaques et la violence contre les civils, ont entraîné le déplacement de près d’un million de personnes dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). C’est ainsi que fin 2009, au total plus de 2,1 millions de personnes avaient été déplacées au Nord et au Sud-Kivu de même que dans la province Orientale. Nombre de personnes déplacées n’ont pas bénéficié de l’assistance des agences internationales dont l’accès à la région a été entravé par l’insécurité. Des dizaines de milliers de personnes déplacées ont cherché refuge dans des camps et des zones d’installation spontanées, la capacité d’accueil des populations résidentes ayant diminué.
Lire le Dossier:DOSSIER AFRIQUE: LES MAINS SALES OU LA RAISON D'ETAT...
Depuis le milieu des années 90, des millions de Congolais ont fui leur maison pour échapper aux combats entre les groupes rebelles et le gouvernement dans le cadre d’un conflit complexe ayant aussi impliqué des États voisins. Le International Rescue Committee a estimé en janvier 2008 que le conflit avait coûté la vie à quelque 5,4 millions de personnes
Les déplacements ont atteint leur plus haut niveau en 2003, les Nations Unies estimant alors que quelque 3,4 millions de personnes étaient déplacées, la plupart dans l’est de la RDC.
Début 2010, le meurtre et le viol de civils se poursuivaient dans des proportions effroyables dans l’est de la RDC, et la protection des personnes déplacées et autres populations civiles dans la région restait une préoccupation urgente. Au regard de l’exploitation illégale des vastes ressources naturelles de la RDC par des membres de l’armée et des milices, des opérations militaires contre des groupes rebelles, et des attaques d’une extrême violence perpétrées contre les populations civiles, de même qu’en l’absence d’une armée disciplinée et intégrée, les perspectives d’amélioration de la situation restaient sombres.
Lire la suite sur: http://www.internal-displacement.org/8025708F004CE90B/(httpEnvelopes)/41FBDE758BF3C6DBC12576D40036CF0E?OpenDocument&count=10000
TEMOIGNAGE: Dungu : "Nous avons beaucoup souffert"

Crise humanitaire suite aux attaques des rebelles de la LRA dans les Uele en Province Orientale, RDC.
Comme Suzanne, Rustic et Naco qui ont toutes été obligées de quitter leur village à cause des attaques meurtrieres de LRA pour se réfugier à Dungu, ou Papa Peleke qui a été enlevé avec quatre de ses petits-fils à Dungu, tous ont souffert de cette crise humanitaire qui sevit en Province Orientale depuis décembre 2007. A la date du 31 décembre 2009, les attaques de la LRA avaient déjà fait 1496 morts, 2471 enlevées dont 699 enfants, et 340 000 déplacés dans les districts de Haut et Bas Uele et en Ituri.
Le témoignage de Dungu sur:
http://www.rdc-humanitaire.net/?Dungu-Nous-avons-beaucoup-souffert
Plan d'Action Humanitaire 2010 : République Démocratique du Congo
Source: United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA)
Date: 30 Nov 2009
PREFACE
Le Plan d'action humanitaire (PAH) est le fruit d'une réflexion participative et structurée de l'ensemble des acteurs de la communauté humanitaire qui ont souhaité mettre en place une stratégie commune et fixer des objectifs spécifiques propres à la situation de chaque secteur d'activité et de chaque province de la République démocratique du Congo (RDC).
Lire sur : http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/MUMA-7Y82P3?OpenDocument
Le Pacte des Grands Lacs
Trois dirigeants signent le pacte du sommet des Grands Lacs. De gauche à droite : Bernard Makuza, Premier Ministre du Rwanda ; Joseph Kabila, Président de la RDC, et Pierre Nkurunziza, Président du Burundi
Dans une région qui sort de la guerre, la coopération reste un défi
Par Michael Fleshman
Les efforts de consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs d’Afrique centrale, ravagée par la guerre, ont progressé fin 2006 avec l’adoption du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement de la région des Grands Lacs. Cet accord exhaustif a été signé le 15 décembre à Nairobi (Kenya) par les chefs d’Etat de 11 pays et finalisé après l’élection présidentielle organisée avec succès en République démocratique du Congo (RDC).
La région a sombré dans un conflit armé généralisé à la suite du génocide rwandais de 1994 et du renversement en 1997 de la dictature de Mobutu Sese Seko en RDC, qui était alors le Zaïre. Lorsqu’en 2003, un gouvernement provisoire a pris le pouvoir en RDC dans le cadre d’un accord de paix appuyé par l’ONU, huit pays africains et une vingtaine de groupes rebelles indépendants étaient impliqués dans les combats. Parmi les protagonistes figuraient les forces armées rwandaises et ougandaises qui cherchaient à renverser le gouvernement de la RDC, des troupes angolaises, zimbabwéennes et namibiennes combattant aux côtés de l’armée du Gouvernement congolais, des troupes du Burundi luttant au Congo contre les forces rebelles de leur pays et des milices rwandaises antigouvernementales réfugiées dans l’Est du Congo, ainsi que des milices ethniques locales.
Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs
Trois dirigeants signent le pacte du sommet des Grands Lacs. De gauche à droite : Bernard Makuza, Premier Ministre du Rwanda ; Joseph Kabila, Président de la RDC, et Pierre Nkurunziza, Président du Burundi
Afin de répondre à certains des défis spécifiques auxquels doivent faire face les pays de la région des Grands Lacs africains, l’Union Africaine et les Nations Unies ont lancé le processus de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs. Cet événément, qui reconnaît l’inter-connectivité des questions liées aux différentes populations, mais aussi aux problèmes sécuritaires et économiques de la région, et la nécessité d’y apporter des solutions régionales, aboutit à la signatures par 11 Etats du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs (Pacte des Grands Lacs).
11 Etats de la Conférence Internationale surla Région
des Grands Lacs
Angola , Burundi, Central African Republic, Democratic Republic of Congo, Republic of Congo, Kenya, Rwanda, Sudan, Tanzania, Uganda, Zambia
Le Pacte est entré en vigueur en juin 2008 et a été ratifié par les 11 Etats membres. Deux de ses dix protocoles traitent de la protection des déplacés internes : le Protocole sur la protection et l’assistance à apporter aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et le Protocole sur les droits de propriété des personnes de retour. Un troisième, le Protocole sur la prévention et la répression de la violence sexuelle contre les femmes et les enfants est également important pour les déplacés internes, vu le taux élevé de violence sexuelle en situations de conflit et post-conflit.
Le Pacte est le premier instrument multilatéral au monde engageant les Etats membres à adopter et à mettre en œuvre les Principes directeurs sur le déplacement interne des Nations Unies. En plus de définir des mesures permettant de mieux protéger les déplacés internes suite à toutes les causes envisageables et dans toutes les phases de déplacement, le Pacte apporte des réponses tenant compte de l’expérience spécifique de la région des Grands Lacs, telles que des mesures visant à protéger les populations pastorales, les communautés d’accueil et les familles ayant des membres de différentes ethnies en leur sein. De plus, il renforce la base légale permettant aux déplacés internes de demander le respect de leurs droits, y compris les droits d’accéder à l’information, d’être consulté au sujet des décisions affectant leur vie, et d’y participer, et le droit à l’aide humanitaire.
Documents officiels et autres références
Les documents disponibles sur ce site ne représentent qu’une partie des nombreux protocoles produits par la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs. Pour plus d’information sur les protocoles, projets et programmes d’action, veuillez visiter le site de la Conférence.
Déclaration de Dar-Es-Salaam sur la Paix, la Sécurité, la Democratie et le Developpement dans la Région des Grands Lacs
Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs
Protocole sur la protection et l’assistance à apporter aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays
Protocole sur les droits de propriété des personnes de retour
Protocole sur la prévention et la répression de la violence sexuelle contre les femmes et les enfants
Guide pour la société civile
A la suite de l’entrée en vigueur en Juin 2008 du Pacte des Grands Lacs, IDMC et l’Initiative Internationale en faveur des Droits des Réfugiés (IRRI) ont publié le guide sur la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et les droits des personnes déplacées, afin orienter l’action des organisations œuvrant pour la protection des personnes déplacées dans la région.
Le Pacte des Grands Lacs et les Droits des Personnes Déplacées: un Guide pour la Société Civile
Communiqué de presse: La publication d’un nouveau guide vise à assister des millions de personnes déplacées dans la Région des Grands Lacs en Afrique (19 Septembre 2008)
Convention de l'Union Africaine sur la protection et l'assistance aux déplacés internes en Afrique
Les Etats membres de l’Union Africaine ont adopté en octobre 2009 la Convention de l'Union Africaine sur la protection et l'assistance aux déplacés internes en Afrique, connue sous le nom de Convention de Kampala. Cela veut dire que les 11 Etats membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs peuvent renforcer la protection des personnes déplacées internes en ratifiant la Convention. Pour plus de renseignements, voir …
source: www.internal-displacement.org
jeudi 27 mai 2010
DOSSIER AFRIQUE: LES MAINS SALES OU LA RAISON D'ETAT...
L’Oncle Sam, fort affaibli par la crise irakienne, semblait s'apprêter à laisser le Grand Coq régler la question des Grands lacs. Couverture «le Soft» n°789 daté 19 mai 2004.
REPORTAGE VIDEO: SUD SOUDAN, OUGANDA, RWANDA,RDC CONGO,30 ANS DE GUERRE...
Préambule:
Si Paul Kagamé avait dit «on nous a promis la guerre, nous n’avons pas le choix, nous ne pouvons que répondre».Joseph Kabila aurait certainement répondu «on nous a imposé la guerre, nous n’avons pas le choix, nous ne pouvons que répondre».
En Afrique,un proverbe dit: "Quand les éléphants se battent c'est toujours l'herbe qui est écrasée..."
Aujourd'hui toute la question est de savoir quand le combat va s'arrêter pour laisser le peuple vivre en paix. Le chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter deux chemins à la fois ...(autre proverbe)
Peut être un élément de réponse en bas de page pour fin 2010 avec:
Un Sommet Museveni Kagame-Kabila-à la Maison Blanche?:"Le président George W. Bush a "aidé" à mettre fin aux guerres interétatiques entre le Rwanda, le Congo et l'Ouganda en organisant des réunions individuelles et trilatérales avec ces dirigeants. Maintenant, M. Obama a besoin de galvaniser les efforts américains pour mettre fin à la violence des milices rwandaises et des groupes rebelles ougandais opérant encore au Congo " Jendayi Frazer,ancienne secrétaire d’État chargée des Affaires africaines au sein de l’administration Bush,septembre 2009, Wall Street Journal.
DOSSIER AFRIQUE:1993-2010,17 ans de coups d'Etats dans la région des grands lacs...

Photo:B.Obama & H.Clinton
par le Docteur Helmut Strizek:
Le Docteur Strizek est revenu sur la question des frontières pour souligner le fait que Mme Clinton n'a pas visité le Rwanda lors de son périple africain. Mme Clinton avait au contraire insisté avant d`être prête à rencontrer Joseph Kabila à Goma que Kagame rencontre Joseph Kabila à Goma. Cela a été un signal fort : c’était une façon de lui dire que les frontières du Congo sont intangibles. Elle a même rédigé un article dans lequel elle reconnaît que les guerres au Congo ont fait plus de 5.000.000 de victimes. Strizek a pourtant émis de doutes pour savoir s'il s'agit déjà d'un changement définitif de la politique américaine en faveur le la paix dans la Région des Grands Lacs africains. On ne connaît pas encore l'analyse que fait le Pentagone des intérêts militaires dans la Région. Mais il n'est pas exclu qu'ils arrivent à la conclusion que la dictature de Kagame cause plus de problèmes que d'avantages sécuritaires.
Un mot sur le Docteur Helmut Strizek et "la Balkanisation" du Congo:
Le Dr. Helmut Strizek est consultant auprès du Gouvernement Allemand et témoins-expert au TPIRC. Cet expert allemand de la sous-région des Grands Lacs « a été exclu » du débat public sur les questions qu’il maîtrise à propos du génocide Rwandais, après avoir dit clairement que Museveni et Kagame bénéficient jusqu’à ce jour du soutien des Américains dans leur lutte contre « le terrorisme soudanais » et qu'il n’arrivait pas à comprendre que son pays, l’Allemagne, malgré un passé de génocide, puisse apporter son soutien à Paul Kagame dans ses aventures au cœur de l’Afrique.
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Photo:BilI Clinton & Paul Kagamé
Le choix de Museveni et de Kagame à partir d'octobre 1993 par l'administration Clinton fut dicté par le souci de s’attaquer au terrorisme à partir du Soudan après le coup d’Etat d’Omar El-Béchir en 1989.
Initialement, après la fin de la guerre froide au cours de laquelle Mobutu a joué un rôle important en faveur des intérêts occidentaux l'administration de Bush père en conformité avec Mitterrand voulaient se débarrasser des alliées désormais gênants. Le ministre des affaires étrangères américain James Baker a rendu visite à Mobutu le 24 mars 1990 à Kinshasa pour le remercier confidentiellement des services rendus mais qui ne seraient plus nécessaires. Il fallait comme alliés des régimes plus démocratiques. Mobutu a compris et démissionné comme Président du parti d'état un mois plus tard. Mitterrand préférait une action plus spectaculaire avec son discours lors du Sommet Franco-africain à la Baule en juin 1990. La pression de démocratiser a produit des conférences nationales et tables rondes dans beaucoup de pays. Puisque les exilés Tutsi en Ouganda n'avaient pas de chance de gagner des élections ils ont entrepris une invasion à partir de l'Ouganda le 1er octobre 1990. Au début les américains n'ont pas soutenu la victoire complète du FPR. Ils ont longtemps opté pour un partage de pourvoir et de décharger Museveni des ces exilés devenus encombrants. Mais après la débâcle de Mogadiscio le 3 octobre 1993, Clinton a décidé de retirer tous les soldats Américains de l'Afrique considérée sans importance économique et politique. Cette décision a provoqué une réaction de la part des milieux politiques et militaires Américains que avaient en vue les intérêts sécuritaires que le Soudan représente dans la stratégie américaines en Proche orient.

Photo: Museveni & GW.Bush
Les USA avaient donc besoin des gens capables de se battre contre Omar El-Béchir, le cas échéant. Museveni accepte le marché et sollicite que ses alliés Américains l’aident à se décharger des problèmes liés à la présence des Tutsi Rwandais en Ouganda et de « le libérer » des exigences démocratiques dans son propre pays (et au Congo). Pourquoi ?
Pour les USA, l'Ouganda représentait un rempart contre le Soudan et il fallait accepter ses conditions. Concernant le Rwanda, il fallait laisser tomber les Accords d'Arusha et permettre au FPR de prendre le pouvoir à Kigali même au prix de l'assassinat du Président Habyarimana (s'il n'était pas prêt à démissionner) et établir un régime pro-américain qui ferait la liaison entre l'Ouganda et la province Orientale pour approvisionner les rebelles du Soudan du sud, ce que Mobutu a toujours permis. Mobutu aussi fut "libéré" de la pression démocratique exercée par Tshisekedi. Tout d'un coup Mobutu apparaît de nouveau sur la scène internationale parce qu'il était prêt à recevoir les réfugiés Hutu prévisibles pendant la conquête du pouvoir par le FPR. Mais quand on a appris la gravité de sa maladie en 1996 il fallait le remplacer et éviter l'arrivée au pouvoir du nationaliste Tshisekedi peu susceptible de jouer le jeu anti-Khartoum. Museveni dénichera Laurent-Désiré Kabila et en fera son allié (avec Kagame) pour poursuivre les Hutu réfugiés au Congo et les exterminer. Cette extermination des Hutu (et autres réfugiés Tutsi) fut justifié par la "menace génocidaire" que les réfugiés Hutu représentaient pour la dictature de Kagame qui fut justifié par la thèse de l’arrêt du génocide initié par les Hutu. La guerre du Congo était donc présentée au monde comme une mesure pour enlever cette menace et consolider la dictature (dite anti-génocidaire) de Kagame.
L’avancée de Kagame sur le sol congolais répondait aussi à un vieux rêve : s’aliéner les deux Kivus, terres toujours enviées par ses aïeux. La guerre de l’AFDL aurait pu prendre fin après la chute de deux Kivus si les Américains n'avaient pas voulu mettre en place Laurent-Désiré Kabila à Kinshasa. Ses alliés l’aideront à assouvir son ambition jusqu’au jour où il décidera de se débarrasser d’eux. Face au refus de ses alliés FPR de retourner chez eux, une guerre éclatera (le 02/08/1998) et les Américains viendront à leur secours pour éviter le pire.
Photo du président Joseph Kabila, avec au second plan son ancien chef de la Maison militaire, le général Damas Kabulo, accusé de tentative d'empoisonnement sur sa personne. La programmation de l’élimination du Président congolais remonte à la veille des négociations de Sun City. Le scénario ressemble fort au plan rwandais de l’élimination du Président Juvénal Habyarimana du Rwanda...
Après la mort de Laurent-Désiré Kabila, Kagame obtiendra de ses alliés Américains et Européens - l’intervention de l’Eufor au Congo est à situer dans ce contexte - que le Congo soit dirigé pour « un jeune Rwandais inoffensif » en la personne de « Joseph Kabila ». Ceci permettrait au Rwanda de faire main basse sur les richesses du Congo et d’être sûr que le danger pour la lutte contre son pouvoir dictatorial ne viendrait pas de la RD Congo.
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Photo : P.Kagamé & G.W.Bush
L'administration Bush junior était prête à accepter ce "marché passé" mais refusait d'honorer la promesse de Madeleine Albright de céder les Kivu au Rwanda. Lors de la visite de Kagame et de Joseph Kabila à Washington fin janvier 2001 le nouveau ministre des affaires étrangères américain Colin Powell leur a signifié que les frontières du Congo ne devaient souffrir d’aucune modification. Quand Kagame et Nkunda voulaient mettre en cause cette détermination vers la fin de l'administration Bush, la ministre des Affaire étrangères Condoleezza Rice leur a donné une leçon. En décembre 2008, ils ont dû arrêter l'avancée de leurs soldats juste avant de prendre Goma. Mme Rice a seulement fait savoir qu'elle avait téléphoné à Kagame!
Texte tiré de l’hypothèse du Docteur Strizek,sur le choix de Museveni et Kagame par les USA. Résumé de sa conférence tenue à Mönchengladbach (lu et corrigé par lui-même) le 16/01/2010
2010: Vers un Sommet Museveni Kagame-Kabila-à la Maison Blanche ?

Photo:Obama,Kabila,Kagamé
L'ex-haut diplomate Jendayi Fraser, a exhorté le président Obama de tenir un sommet trilatéral avec le Rwanda, l'Ouganda et la RD Congo en 2010.
Parmi ce que l'ex-secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines propose, elle demande «quatre étapes simples ... pour traduire la rhétorique de l'amour dans les politiques», sur cette région en proie aux conflits et exorte le Président Obama a tenir un sommet à la Maison Blanche avec les dirigeants des trois pays pour mettre fin à la guerre au Congo.
Les rebelles rwandais des FDLR sont accusés de saccager l'Est de la RDC ainsi que l'Ouganda rebelles de la LRA dans le nord-est. Les deux pays ont été autorisés a rechercher leurs rebelles, mais les opérations se sont terminée avec des résultats mitigés.
Les relations entre les trois gouvernements demeurent fragiles, malgrès l'amélioration après plus de 10 ans de guerre qui a laissé des millions de réfugiés et de morts. Rwanda et l'Ouganda ont déjà échangé des ambassadeurs avec la RDC, mais les différents restent profonds et l' inflexibilité des uns et des autres laisse à penser que le conflit dans l'Est de la RDC ne va pas se terminer bientôt.
"Le président George W. Bush a aidé à mettre fin aux guerres interétatiques entre le Rwanda, le Congo et l'Ouganda en organisant des réunions individuelles et trilatérales avec ces dirigeants. Maintenant, M. Obama a besoin de galvaniser les efforts américains pour mettre fin à la violence des milices rwandaises et des groupes rebelles ougandais opérant encore au Congo ".
«Le ministère de la Défense en particulier, doit donner une formation réellement disciplinée aux soldats congolais pour être capable de protéger les citoyens congolais et défendre le territoire."
Jendayi Fraser affirme «qu'Il s'agit de promouvoir les intérêts fondamentaux de l'Amérique: promouvoir la croissance économique et le développement, la lutte contre le terrorisme, et promouvoir le bien-régie pour un monde stable".
Elle souhaite également que le gouvernement des États-Unis place l'Erythrée sur la liste des Etats soutenant le terrorisme en raison de son soutien présumé au groupe militant somalien Al Shabaab. Elle est également opposé à l'extension des préférences commerciales prévues dans l'African Growth and Opportunity Act (AGOA) à tous les pays en développement. Elle appelle également à une halte au transfert du siège de l'AFRICOM controversée de l'Allemagne vers le Libéria.
«Ces quatre étapes, plus que toute messages d'amour, serons le signe d'un engagement réel que les intérêts mutuels des Etats-Unis et l'Afrique restent solide sous l'administration Obama, at-elle fait remarquer.
Source: ARI / RNA
A suivre...
CONFLITS DANS LE MONDE: 6.8 MILLIONS DE DEPLACES EN PLUS...
Vidéo reportage : une Typologie des conflits dans le monde
En 2009, neuf déplacements sur dix ont été enregistrés dans huit pays: le Pakistan, la République démocratique du Congo (RDC), le Soudan, la Somalie, les Philippines, la Colombie, le Sri Lanka et l'Ethiopie.
6,8 millions de déplacés en 2009
Des Pakistanais fuient l'offensive contre les talibans dans la zone tribale du Pakistan © AFP PHOTO/ AAMIR QURESHI
En 2009, les conflits ont déplacé 6,8 millions de personnes dans le monde, selon un rapport de l’organisation Internal Displacement Monitoring Centre (centre de surveillance des déplacements internes). Ces personnes déplacés ne sont pas des réfugiés car ils restent dans leur pays, mais ont dû fuir leur maison en raison de conflit. « Le groupe le plus important de déplacés se trouve au Pakistan où 3 millions de personnes ont fui leur maison à cause de l’offensive contre les Talibans. La plupart de ces départs sont cependant temporaires et la plupart d’entre eux ont pu rentrer chez eux. En République Démocratique du Congo se sont un million de personnes qui ont été déplacées en 2009. Un demi million au Soudan et 400 0000 en Somalie et en Colombie », lit-on dans l’IRIN du 18 mai. D’après le rapport, ces personnes sont plus pauvres et vulnérables que les réfugiés et ne parviennent pas toujours à s’éloigner suffisamment de la zone de conflit.
Photo Abdul Majeed/Réfugier Waziristan,Nord Ouest du Pakistan
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Le nombre de personnes déplacées ne cesse de progresser ces dernières années, 2009 en comptant quelque 6,8 millions de plus que l'année précédente, souligne un rapport publié lundi par l'Observatoire des situations de déplacements internes (IDMC). Au total, 27,1 millions de personnes dans le monde ont été contraintes de quitter leur foyer pour trouver refuge dans une autre région de leur pays en raison de conflit, violences et de la pauvreté, selon document de l'organisation basée à Genève.
"Ce chiffre impressionnant est le plus élevé depuis le milieu des années 1990", relève-t-il. En 2008, le nombre de nouveaux déplacés était de 4,6 millions de personnes tandis qu'il atteignait 3,7 millions de personnes l'année précédente. En 2009, neuf déplacements sur dix ont été enregistrés dans huit pays: le Pakistan, la République démocratique du Congo (RDC), le Soudan, la Somalie, les Philippines, la Colombie, le Sri Lanka et l'Ethiopie.
En RDC, près d'un million de personnes ont ainsi été nouvellement déplacées en 2009, souligne encore l'IDMC. Globalement, ces nouveaux déplacements ont été principalement causés par "des conflits existants depuis des années ou des décennies", ajoute-t-il précisant que de nombreuses personnes ont été contraintes de se déplacer à plusieurs reprises. En revanche, au Pakistan, la situation a été fulgurante, quelque 3 millions de personnes ayant fui leur domicile en quelques semaines seulement suite à l'offensive de l'armée pakistanaise contre les talibans.
Seule note positive, le rapport relève que 2009 a vu un plus grand nombre de retour, soit 5 millions contre 2,6 millions en 2008.
http://www.internal-displacement.org/greatlakes
lundi 24 mai 2010
AFRIQUE: LE SAHARA OCCIDENTAL par Hervé Cheuzeville & RAPPORT ADHOC 2009
Vidéo :ONU 2008 & Conseil des Droits de l'Homme 2009/ La question du Sahara Occidental/ Intervention Algérie,Maroc,Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié des Peuples,ISMUN,ONG Fondation France Liberté...
UN CONFLIT INTERMINABLE ET OUBLIE: LE SAHARA OCCIDENTAL
par Hervé Cheuzeville:
L’Espagne n’a jamais été très présente, en Afrique, contrairement à son voisin portugais. En Afrique subsaharienne, sa seule possession était la Guinée Équatoriale, colonie constituée d’une petite île dans le golfe de Guinée et d’un morceau de territoire continental coincé entre le Gabon et le Cameroun.
Après être longtemps demeuré un pays déshérité et oublié de tous, la Guinée Équatoriale est devenue, ces dernières années, un nouvel eldorado pour les grandes compagnies pétrolières, depuis la découverte d’immenses réserves d’ « excrément du diable », pour reprendre ici l’heureuse expression de Béchir ben Yahmed. Ailleurs en Afrique, l’Espagne s’était contentée d’imposer sa domination sur le nord du Maroc, aux côtés de la France qui contrôlait le reste du pays. Des reliquats de cette présence espagnole sur la rive sud de la Méditerranée existent encore : les enclaves de Ceuta et de Melilla sont toujours des villes espagnoles, au grand dam du royaume chérifien. Depuis des siècles, l’Espagne possède également l’archipel des Canaries, province espagnole.
Cependant, l’Espagne avait un autre territoire, sur le continent africain : le Rio del Oro, aujourd’hui connu sous le nom de Sahara Occidental. Ce vaste territoire grand comme la moitié de la France (266 000 km2), était passé sous le contrôle de Madrid en 1884. Il constitue depuis 35 années un épineux contentieux international, dans lequel tous les voisins se sont trouvés impliqués. Aujourd’hui encore, il est la principale pomme de discorde entre les deux frères ennemis du Maghreb, le Maroc et l’Algérie, et il demeure le plus ancien conflit d’Afrique. Pour le comprendre, il convient de faire un petit retour en arrière.
Dans les années 60, époque des « mouvements de libération » en Afrique comme ailleurs, le Front POLISARIO (acronyme espagnol signifiant « Front Pour la Libération de la Saghiat el Hamra et du Rio del Oro »), vit le jour, créé avec l’appui bienveillant de l’Algérie nouvellement indépendante. Il revendiquait l’indépendance de ce territoire espagnol.
Depuis l’indépendance du Maroc en 1956, Rabat l’a toujours revendiqué. Mohamed V, puis son fils et successeur Hassan II, rêvait de reconstituer l’ancien empire marocain précolonial et, à ce titre, contestait l’existence de la Mauritanie, devenue indépendante en 1960. Selon Rabat, ce pays, tout comme le Sahara Occidental, faisait partie du royaume chérifien historique. Quant à l’Espagne, encore sous la dictature franquiste, elle semblait se satisfaire du statut quo, qu’elle aurait souhaité voir se perpétuer. On ne songea pas à demander leur avis aux 70 000 habitants (selon le dernier recensement espagnol) de ce territoire désertique mais riche en phosphates.
L’année 1975 fut une année tournant. La Cour de Justice Internationale, saisie par Rabat, reconnut les liens historiques entre les populations du Sahara Occidental et du Maroc. C’est la longue agonie du vieux dictateur espagnol, en octobre et novembre 1975, qui fit monter les enchères entre les différents protagonistes. Le 6 novembre, le roi Hassan II, après avoir chauffé à blanc le sentiment national de ses sujets vis-à-vis de l’ « Alsace-Lorraine » marocaine, lança sa « marche verte » vers la frontière du Sahara Occidental. Des dizaines de milliers de Marocains brandissant leur drapeau et le portrait de leur souverain parvinrent à franchir la frontière internationale et à pénétrer dans le territoire.
Pour calmer le jeu, le gouvernement espagnol proposa l’ouverture de négociations. Le 14 novembre suivant, après la mort de Franco, des accords furent signés à Madrid entre l’Espagne, le Maroc et… la Mauritanie. Ces accords prévoyaient un rapide retrait de l’administration et de l’armée espagnole et un partage du Sahara Occidental entre le Maroc et la Mauritanie : les deux tiers nord deviendraient marocains tandis que la Mauritanie annexerait le tiers sud, qui comprenait le port de Dakhla. Le président mauritanien, Mokhtar Ould Daddah, vit en cet arrangement l’occasion, non seulement d’agrandir son territoire à peu de frais (croyait-il) mais aussi de mettre fin aux revendications marocaines sur son propre pays. Cet accord devait pourtant lui coûter très cher et il finit par lui faire perdre le pouvoir.
Le Front Polisario engagea aussitôt la lutte armée contre les nouveaux occupants. Il attendit le retrait du dernier soldat espagnol pour proclamer à Bir Lahlou, le 27 février 1976, la République Arabe Saharaouie Démocratique. Le nouvel État fut reconnu par l’Algérie et par un nombre croissant de pays africains et du camp « socialiste ». L’année 1976 fut marquée par de très violents combats entre l’armée marocaine et le Front Polisario, en particulier lors de la sanglante bataille d’Amgala.
Pendant ce temps, la tension entre le Maroc et l’Algérie allait croissant, les deux pays massant des troupes des deux côtés de leur frontière commune, qui fut fermée. On était au bord de la guerre. Le Front Polisario décida de concentrer ses attaques contre le maillon faible, c’est-à-dire contre la Mauritanie. Il parvint même à lancer une audacieuse attaque sur Nouakchott, la capitale. Les exportations de phosphate du pays déclinèrent, du fait des attaques répétées contre le chemin de fer qui reliait les mines au port de Nouadhibou. Parallèlement, le pays dut augmenter considérablement le budget de son armée, qui, jusqu’en 1975, était de taille réduite et sous équipée. La Mauritanie, pays fragile, fut rapidement déstabilisée et ruinée économiquement. Les militaires montèrent en puissance et finirent par renverser le président Ould Daddah en 1978. Ils ne se sont jamais vraiment éloignés du pouvoir depuis lors, malgré plusieurs révolutions de palais. Le nouveau régime décida de renoncer au Sahara Occidental et il s’en retira en 1979, après avoir négocié avec le Front Polisario.
La nature ayant horreur du vide, le Maroc s’empressa d’envahir l’ancienne zone mauritanienne et la totalité de l’ancienne colonie espagnole devint marocaine. Une guerre faite d’attaques sanglantes contre les positions marocaines continua durant de longues années. Les forces saharaouies étaient très mobiles et elles avaient pour elles une excellente connaissance du terrain. De plus, lorsqu’elles étaient poursuivies, elles pouvaient facilement se mettre à l’abri en territoire algérien, où elles disposaient de bases arrières. Dans les années 80, le gouvernement marocain se mit à édifier une série de murs défensifs qui lui permirent de garder le contrôle du Sahara « utile », là où se trouvaient les villes et les mines de phosphate. Depuis, le royaume chérifien exerce un contrôle effectif sur environ 80% du territoire, tandis que le Polisario impose son autorité sur les 20% restants ainsi que sur les camps de réfugiés, situés autour de la ville de Tindouf, dans le Sahara algérien.
En 1985, la majorité des États membres de l’Organisation de l’Unité Africaine décida d’admettre la République Arabe Saharaouie Démocratique en son sein. En réaction, le Maroc claqua la porte de l’organisation continentale, dont il était pourtant l’un des membres fondateurs. Il ne l’a toujours pas réintégrée.
Depuis 1991, un cessez-le-feu est entré en vigueur. L’ONU a envoyé des casques bleus dans le cadre d’une opération baptisée « MINURSO ». Les différentes médiations effectuées par des envoyés spéciaux du Secrétaire Général des Nations Unies ont toutes échoué, chacun des deux camps restant campé sur ses positions : le Polisario s’en tient à un référendum d’autodétermination et à l’indépendance, tandis que le Maroc se déclare prêt à octroyer à « sa » province saharienne un statut d’autonomie interne.
Le référendum semble bien difficile à organiser. Qui pourrait y participer ? Les 70 000 habitants recensés par les Espagnols ainsi que leurs descendants ? Le Polisario conteste ce chiffre et exige que tous les réfugiés des camps de la région de Tindouf puissent voter. Mais le Maroc affirme que nombre de ces réfugiés sont en fait des Sahariens originaires de Mauritanie, du Mali ou d’Algérie, et il souhaiterait aussi que les habitants actuels du Sahara Occidental puissent participer à un tel référendum, ce qui inclurait ceux venus du Maroc depuis 1975 ainsi que leurs descendants. Il convient de se souvenir que le territoire disputé est en grande partie désertique et que sa population est essentiellement nomade et qu’elle a toujours fait fi des frontières, qui ne semblent exister que sur les cartes. Dans un tel contexte, déterminer de manière impartiale que tel habitant en est authentiquement originaire et que tel autre est Marocain ou Mauritanien ou Malien ou Algérien semble être un défi quasi insurmontable.
La position de l’ONU semble avoir quelque peu évolué au fil des ans. Peter van Walsun, l’envoyé spécial du Secrétaire Général a ainsi déclaré qu’un « Sahara Occidental indépendant ne semblait pas être un objectif atteignable ». Cette déclaration a provoqué l’ire du Polisario, qui a accusé les Nations-Unies d’épouser la position marocaine.
Du côté du mouvement rebelle, cependant, on note une certaine fatigue, depuis quelque temps. Après 35 années de lutte, plusieurs dirigeants historiques du mouvement ont fait défection et ont rejoint le Maroc, où ils ont été bien accueillis par l’actuel souverain, Mohamed VI. Des centaines de Saharaouis ont aussi quitté les camps de Tindouf pour rentrer au pays, en zone contrôlée par le royaume chérifien. Le mouvement indépendantiste a également été l’objet d’attaques quant à son respect des droits de l’Homme. On a cité le cas de prisonniers de guerre marocains, détenus en toute illégalité en territoire algérien depuis plus de trente ans. La répression de toute vue dissidente au sein du Polisario a également été évoquée. Le Front semble ne pas avoir su évoluer avec son temps en demeurant un mouvement monolithique, à l’instar des mouvements de libération d’obédience marxiste léniniste des années 60.
La fin de la rivalité Est-Ouest aurait dû permettre un règlement rapide de cette question héritée de la guerre froide. L’Algérie indépendante a bénéficié de la part du lion au Sahara. Le pouvoir colonial l’avait en effet avantagé aux dépends de la Tunisie et du Maroc qui n’étaient que des « protectorats ». Le Maroc – et la Tunisie - ont certainement raison d’estimer qu’ils ont été spoliés d’une grande partie de leurs territoires sahariens lors du découpage colonial. Cependant, on ne refait pas l’histoire et, au nom de l’ « intangibilité » des frontières héritées du colonialisme, il conviendrait de trouver un moyen de consulter la population du Sahara Occidental sur son destin et de permettre aux véritables réfugiés Saharaouis de quitter les camps d’Algérie et de rentrer chez eux. Il y a urgence : il semble que « al Qaïda » soit en train de tirer parti de la confusion régnant dans ces confins désertiques pour s’y installer et tenter de déstabiliser tous les États de la région.
Quand on constate la difficulté – et le temps – mis à résoudre une question somme toute relativement simple, comment s'étonner que le conflit israëlo-palestinien soit aussi inextricable? Le Maroc et l’Algérie ne font-ils pas tous deux partie du Maghreb ? Leur peuples et leur dirigeants ne sont-ils pas tous musulmans, tout comme les Saharaouis ? Au Sahara Occidental comme en Israël-Palestine, deux revendications « légitimes » et inconciliables s’affrontent. Dans les deux cas, des populations civiles ont dû abandonner leurs terres ancestrales pour aller s’entasser dans des camps. Malheureusement, le sort des réfugiés saharaouis ne semblent guère attirer l’attention des « bien pensants » de France et d’ailleurs, contrairement à ceux de Palestine.
© Hervé Cheuzeville (16.05.10)
Un mot sur l'auteur:
Hervé Cheuzeville oeuvre dans l’humanitaire depuis plus de trente ans et depuis 1989, vit en Afrique, et plus particulièrement au Soudan, au Malawi, en République Démocratique du Congo et en Ouganda. Durant ces nombreuses missions humanitaires, Hervé Cheuzeville a rédigé des chroniques sur son vécu qui ont fait l’objet d’édition.
En 2003, son premier livre "KADAGO, enfants des guerres d'Afriques Centrale", publiée aux éditions l'Harmattan, relate son expérience avec les enfants victime de la guerre, tels que les enfants soldats. En 2006, son second livre paru chez Persée Edition, "Chroniques africaines de guerres et d'espérance", est une série de chroniques rédigée sur le terrain entre 2003 et 2006.
Actuellement, Hervé Cheuzeville prépare son troisième livre, intitulé "Nouvelles chroniques d'un ailleurs pas si lointain", où il sera question, en grande partie, du Malawi, mais également du Prix Nobel de la Paix remis cette année à Barack Obama, ou encore de la désinformation dont est victime la Corse, comme l'Afrique.
Rapport 2009 des parlementaires européens sur le Sahara occidental

Vidéo:Le dessous des cartes.
Rapport sur le Sahara occidental rédigé par Une délégation de parlementaires européens suite à des visites dans la région et rendu public par le journal espagnol EL PAÏS:
Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental
Rapport de M. Ioannis Kasoulides, Président de la Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental, co-signé par M. Carlos Iturgaiz, Président de la Délégation pour les Relations avec les Pays du Maghreb, pour la partie concernant la mission conjointe des deux Délégations à Rabat et à Laâyoune

Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental
Rapport
de M. Ioannis Kasoulides, Président de la Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental,
co-signé par M. Carlos Iturgaiz, Président de la Délégation pour les Relations avec les Pays du Maghreb, pour la partie concernant la mission conjointe des deux Délégations à Rabat et à Laâyoune Maroc
version modifiée discutée le 17 mars par la délégation PE-Maghreb
1. Le mandat de la Délégation
Suite à la répression des manifestations à Laâyoune de mai 2005, la Délégation adhoc pour le Sahara occidental a été mise en place et mandatée par la Conférence des Présidents d'enquêter sur la situation des droits de l'homme dans la région, mandat réitéré par la Conférence des Présidents le 23 octobre 2008.
La Délégation ad-hoc a effectué un premier voyage à Tindouf du 15 au 18 septembre 2006. Son projet de voyage à Rabat et à Laâyoune, en revanche, s'est réalisé seulement les 26 et 27 janvier 2009. Une visite du Président Pöttering au en mai 2008 a finalement permis de surmonter le différend autour de la composition de la Délégation qui avait bloqué la mission auparavant. Il a ainsi été convenu d'une mission conjointe composée de deux membres de la Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental et de trois membres de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb.
Conformément à son mandat, la Délégation s'abstient de tout jugement concernant la question du statut politique du Sahara occidental. L'objectif de sa mission étant purement humanitaire, elle considère que les droits de l'homme de la population sahraouie méritent un respect sans entraves, et ce indépendamment de la persistance du problème politique. Par le biais d'un dialogue constructif avec les autorités elle entend ainsi aider au mieux la population sahraouie et à améliorer le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la région.

2. Statut du Sahara occidental
Le Sahara occidental est inscrit depuis 1963 sur la liste onusienne des territoires non autonomes qui restent à décoloniser. Conformément au droit international, le statut de territoire non autonome ne cesse que par l'exercice du droit à l'autodétermination. La situation des droits de l'homme des Sahraouis est intrinsèquement liée à l'impossibilité, jusqu'à ce jour, de résoudre cette question de l'exercice de l'autodétermination du peuple du Sahara occidental.
Depuis la création de la Délégation ad hoc en 2005, la question du Sahara occidental s'est vu insuffler une certaine dynamique. Le 11 avril 2007, le Maroc a soumis au Conseil de Sécurité des Nations-unies une proposition d'autonomie sous souveraineté marocaine. Le 10 avril 2007, le Front Polisario, avait transmis sa proposition précisant qu'une autonomie ne pourrait être acceptée que par voie référendaire et proposant de négocier des garanties politiques, économiques et sécuritaires pour populations marocaines résidant au Sahara occidental au cas où le référendum d'autodétermination déboucherait sur l'indépendance. Dans sa résolution 1754 du 30 avril 2007, le Conseil de Sécurité prend acte des propositions du Maroc et du Front Polisario qui ont constitué la base de quatre rounds de négociations à Manhasset (USA) sous l’égide de l’ONU et en présence de représentants mauritaniens et algériens. Dans ses résolutions 1783 du 31 octobre 2007 et 1813 du 30 avril 2008, il encourage les parties à poursuivre résolument leurs négociations.

3. Visite à Tindouf
Une composante de la délégation ad hoc pour le Sahara occidental s'est rendue à Alger ainsi qu'à Tindouf à la mi-septembre 2006, ce qui lui a permis de visiter, sur le sol Algérien, les camps sous contrôle du Front Polisario, lequel s’est montré d'une extrême disponibilité: des rencontres ont en effet eu lieu avec le Président de la RASD, M. Abdelaziz, M. Abdelkader Taleb Omar, Premier Ministre, M. Salek Baba Hasna, Ministre de la Coopération, le Président du Croissant-Rouge Sahraoui, M. Bulubeini Yahia et les diverses composantes de la vie associative et de la société civile, très présente dans les camps (notamment les associations Equité et Justice ainsi qu' Afapredesa). En revanche, les autorités algériennes n'ont pas donné suite aux demandes de réunions avec la Délégation lors de son séjour à Alger; cette journée a toutefois été mise à profit par l'organisation d'un échange de vues approfondi avec les principaux acteurs de la communauté internationale impliqués d'un point de vue humanitaire dans le conflit sahraoui (Haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations-unies, Programme Alimentaire Mondial et les services opérationnels relevant d'ECHO).
L'assistance internationale a en effet débuté, envers les quatre camps de Tindouf, en 1976, à l'arrivée des premiers réfugiés. Ce n'est que relativement récemment, depuis 2005, que le HCR a étendu ses activités à la protection des réfugiés et est devenu, graduellement, également impliqué dans le développement de mesures propres à rétablir la confiance entre les parties, telles que préconisées par les Nations-unies.
C'est ainsi que le HCR se charge de la promotion des contacts entre les familles sahraouies séparées entre les territoires sous administration marocaine et les camps de Tindouf: des lignes téléphoniques directes ont donc été établies, quoique en quantité insuffisante. Les années récentes ont également vu l'organisation de séminaires sur des sujets non controversés (environnement, folklore…).
Vidéo & Diaporama:Sahara Occidental














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