SITE INTERNET POUR LES DROITS DE L'HOMME

S.I.D.H,tous les domaines qui touchent l'Homme:Culture-Esprit-Foi-Politique-Justice-Environnement-Recherche..."Mettons en commun ce que nous avons de meilleur et enrichissons-nous de nos mutuelles differences Paul Valéry

jeudi 1 septembre 2011

PORTRAIT HOMMAGE: DANS L'OEIL DE CLAUDE LEVIS-STRAUSS-CHRONIQUE D'UNE ACCULTURATION.

Vidéo: Texte récité/ Claude Lévi-Strauss nous exhorte à l'ecouter sur le prétendu humanisme moderne...

 

« Tout progrès culturel est fonction d’une coalition entre les cultures(...) Nous ne concevons pas que des principes, qui furent féconds pour assurer notre propre épanouissement, ne soient pas vénérés par les autres, au point de les inciter à renoncer à leurs principes propres, tant devrait être grande, croyons-nous, leur reconnaissance envers nous de les avoir imaginés en premier." Claude Lévi-Strauss, Race et Histoire (1952),Tristes Tropiques/Le Retour (1955)*/

 

 

 

L’Ecrivain préféré....

                Le Lévi-Strauss de Tristes tropiques...

 

« De la musique encore et toujours ...! »Verlaine, Art poétique

 

par Adolphe Maillot http://www.fabula.org/lht/4/Maillot.html 

 

L’écrivain préféré ? À cet intitulé, on s’attend à voir associer le nom d’un romancier ou d’un poète. Mais est-ce que celui d’un ethnologue pourrait figurer sur la liste ? Si cet ethnologue s’appelle Lévi-Strauss, et que dans ses écrits il nous fait entendre de la musique, j’ai envie de répondre : oui – ce qui implique nécessairement un questionnement des frontières de la littérature et de l’ethnologie. On peut aussi se demander pourquoi lui plutôt qu’un autre.

Qu’est-ce qui fait qu’il apparaît soudain comme un ami ? D’un destin à l’autre, le lecteur s’identifie naturellement à l’auteur. Le mot « vocation » vient aussitôt à l’esprit. Mais si, loin de toute nécessité, tout n’était que hasard…

 

 

 

 

Dream Time: Un clip sur l'exposition en diptyque "DreamTime - Temps du rêve, grottes, art contemporain & transhistoire", présentée simultanément dans la grotte du Mas-d'Azil en terre d'Ariège et aux Abattoirs à Toulouse/ 2010./ Musique de Michael Nyman, La Leçon de Piano

 

Un chant familier

 

 

      L’ethnographie, support empirique de l’ethnologie, est au carrefour de l’art et de la science. Tout en rendant compte de vérités objectives, elle exige un véritable travail d’écriture par lequel un auteur peut éventuellement exprimer sa singularité.

Néanmoins ce souci du bien-écrire ne garantit en rien son rattachement à la littérature. Comme l’écrivit Vincent Debaene : « Les logiques de qualification d’un texte comme scientifique ou comme littéraire sont tout simplement hétérogènes puisque, dans un cas, on évalue une pertinence et, dans l’autre, on désigne une appartenance1. »

De ce point de vue, science et littérature ne sont pas à mettre sur le même plan. Néanmoins l’intrusion du « je » dans les textes de sciences sociales2, souvent présentée comme une « révolution épistémologique3 », est venue semer le trouble dans la division des genres. L’inflation du je « méthodologique » a rendu caduc le positivisme des pères fondateurs, pour qui le langage devait se cantonner à sa fonction instrumentale : transmettre des informations. Aujourd’hui le « divorce de nature entre l’objectivité du savant et la subjectivité de l’écrivain » n’est plus d’actualité : il est possible de « faire d’un sarcasme la condition de la vérité4 ».

Plus personne n’est dupe de « la ruse de l’ethnographie, ce faire semblant qu’il n’y a pas d’ego5 ». Faire passer des interprétations pour des descriptions, des jugements pour des théories, une neutralité de ton pour une garantie d’objectivité : ces astuces ne marchent plus.

Malgré tous les apparats d’objectivité, une étude ethnographique sera toujours « le tableau de quelque chose vu par quelqu’un6 ».

 

 

  Vidéo Entretien: L'Héritage photographique de Lévi-Strauss

    La présence de ce « quelqu’un », aussi doué soit-il pour peindre la réalité, suffit-elle à faire basculer un texte du côté de la littérature ? Assurément non. La singularité seule ne suffit pas. Elle doit s’étoffer d’une dimension esthétique. L’usage de la langue doit être suffisamment stylé pour que l’on puisse parler de « littérarité ». Autrement dit, de ce quelqu’un doit jaillir une voix, reconnaissable entre toutes. Plus précisément un chant.

C’est ce fameux « grain de la voix7 » dont parle Barthes, lorsque celle-ci est au croisement de la langue et de la musique. Ce chant, dans le cas de Lévi-Strauss, semble être à la fois un « phéno-chant » et un « géno-chant », pour reprendre l’opposition théorique de Barthes qui transpose celle de Kristeva entre phéno-texte et géno-texte. Le phéno-chant couvre « tout ce qui, dans l’exécution, est au service de la communication, de la représentation, de l’expression : ce dont on parle ordinairement, ce qui forme le tissu des valeurs culturelles » : c’est ici l’examen lucide d’un parcours intellectuel atypique, une confession critique.

À l’inverse, le géno-chant renvoie à « cette pointe (ou ce fond) de la production où la mélodie travaille vraiment la langue », autrement dit à la « diction » de Genette avant Genette8 : c’est le lyrisme auquel il succombe par endroits, lorsqu’il s’abandonne à la musique des mots indépendamment du discours initial. On retrouverait donc ces deux types de chants dans Tristes tropiques, et il serait intéressant d’en étudier les proportions. Mais, pour le moment, ne nous embarrassons ni du « phéno » ni du « géno », boulets terminologiques qui risquent de faire couler le propos présent. Retenons juste l’idée de chant tout court.

 

 

   Vidéo Entretien: Le Lévi-Strauss du XXIe siècle

Le glissement métaphorique de la peinture à la musique se justifie tout d’abord par les aspects formels de Tristes tropiques, qui le rapprocheraient de la symphonie : « Le livre, écrit Pierre Campion, adopte visiblement une composition musicale : les deux premières parties, dans un désordre savant, constituent le prélude de cette nouvelle Symphonie du Nouveau Monde. Composant les thèmes du départ, des débuts dans la vie, de l’exclusion et des effets du pouvoir, ce prélude conduit au morceau du coucher de soleil-opéra9. »

Ce glissement s’appuie ensuite sur la distinction faite par Frédéric Keck entre deux modes opératoires de la fiction au sein de l’œuvre de Lévi-Strauss : une « fiction picturale » qui tend vers le « tableau taxinomique », et une « fiction musicale » où le cognitif se mêle au sensitif10. Une telle distinction est tout à fait pertinente, mais l’auteur fait rentrer, semble-t-il, plusieurs ouvrages dans sa catégorie « fiction musicale ».

Pour ma part, je n’y ferais figurer que son récit autobiographique. Car, en définitive, Lévi-Strauss n’aura vraiment fait entendre son « grain » – écrit avec son corps – que du 12 octobre 1954 au 5 mars 1955, la période d’écriture de Tristes tropiques.

 

   

 

C’est le seul ouvrage qui me vienne à l’esprit quand j’entends ou vois le nom de Lévi-Strauss. Comme Gracq l’a très bien remarqué, « il arrive couramment qu’on transfère à un nom, sans y réfléchir, l’attachement qu’on a en réalité pour un seul ouvrage11 ». Pour d’autres ethnologues, ce sera plutôt Les Structures élémentaires de la parenté ou Anthropologie structurale.

Mais peut-on, pour ces deux derniers livres, parler d’« écrivain » ? Il n’y a vraisemblablement que dans Tristes tropiques que Lévi-Strauss sort de la peau de l’« écrivant12 », que l’on sent la présence de quelqu’un, dont la voix résonne comme la musique d’un être familier.

À mes yeux, ce récit autobiographique prend toute la lumière. Et tout le reste n’est que littérature grise. Il peut arriver que mon œil, balayant furtivement une rangée de la bibliothèque, s’arrête un instant sur La Potière jalouse, titre qui laisse rêveur. Mais si un feu malencontreux venait à se déclarer, cet opus ne serait pas sur la liste des premiers à sauver.

Ni les autres, puisque c’est toute la production théorique en tant qu’œuvre qui fait peur. Trop magistrale. Alignés au garde-à-vous comme des soldats sur la rangée principale de la bibliothèque, les volumes semblent vouloir faire plier la réalité à leur « structure ». C’est pourquoi Tristes tropiques n’est pas rangé à côté d’eux. Il est classé plus haut, dans la lignée des grands romans.

 

 

Vidéo: Les débuts de Tristes Tropiques..."L'aventure n'a pas de place dans l'aventure d'Ethnogaphe..." Lévi-Strauss/ 1955/ Terre Humaine

 

Appartenir à la littérature

Dans quelle mesure Tristes tropiques relève-t-il de la « littérature » ? La question a été posée dès sa sortie en 1955 par le jury du prix Goncourt qui voulait l’honorer de ses lauriers. On peut mieux comprendre la réponse donnée au travers de la distinction faite par Gérard Genette entre deux régimes littéraires complémentaires : le régime « constitutif » et le régime « conditionnel »13. Le jury n’assuma pas sa préférence sous prétexte que l’œuvre n’était pas une « fiction ».

S’il avait opté pour le point de vue de la « diction » et le critère « rhématique »14 – s’il avait écouté la musique –, sa décision aurait été tout autre. Dans sa délimitation du littéraire, il se cantonnait au régime constitutif, conception fermée s’appuyant sur des conventions bien établies. Respectant à la lettre les dernières volontés d’Edmond de Goncourt, dont le prestige devait retomber uniquement sur « un ouvrage d’imagination en prose », il se rabattit sur un vrai roman : Les Racines du Ciel de Romain Gary15.

Le libre-arbitre du jury étant circonscrit par des clauses juridiques, c’est du côté des critiques littéraires, des journalistes, des écrivains et des universitaires, que le débat aura lieu. Se situant dans le régime conditionnel, où l’appartenance d’une œuvre à la littérature est plus aléatoire, c’est la puissance de leurs arguments et l’état du marché littéraire qui décideront du destin du livre16.

À sa sortie, la dimension hybride de Tristes tropiques fera couler beaucoup d’encre, de Raymond Aron à Claude Roy en passant par Madeleine Chapsal. Seul Barthes restera froid à cet engouement esthétique, davantage sensible à la production théorique de l’auteur. Dans la presse grand-public, nombreux furent les articles qui s’évertuèrent à faire rentrer Tristes tropiques dans la littérature.

Analysant « l’idée de littérature dans les années 1950 », Vincent Debaene et Jean-Louis Jeannelle17 ont fait ressortir les deux principaux arguments qui étaient à l’époque avancés par les admirateurs du livre.

Le premier portait sur le « style », et faisait de Lévi-Strauss un descendant de Chateaubriand.

Le second relevait de ce que les auteurs appellent « le dialogue des phares » : dans Tristes tropiques Lévi-Strauss converse d’égal à égal avec les plus grands noms de la littérature (Montesquieu, Montaigne, Rousseau). Autre référence lumineuse que l’on retrouve chez la plupart des commentateurs : Proust. En effet, si Tristes tropiques est bien un récit de voyage, c’est moins l’ethnologue en personne que sa mémoire que l’on voit crapahuter.

Ainsi, les filiations ne manquent-elles pas pour rattacher Lévi-Strauss à la littérature. Derrière cette démarche, il y a nécessairement une certaine idée de la littérature. Pour ne pas dire une idéologie, voire une mythologie. Celle-ci est encore plus accentuée dans les écrits des critiques d’avant-garde comme Bataille ou Blanchot. Pour Bataille, Tristes tropiques est l’exemple parfait montrant que le salut des sciences humaines est dans la littérature. Il ne retient que « l’ouverture poétique », et passe complètement à côté de son structuralisme latent. Blanchot, lui, l’ancre profondément dans la métaphysique : l’ethnologue, comme l’écrivain, est « l’homme au point zéro ». Alors que, comme le notent Vincent Debaene et Jean-Louis Jeannelle, Lévi-Strauss à la fin de son aventure littéraire dénie à l’art et à la métaphysique (ainsi qu’à la psychologie) leur pouvoir de consolation.

Cette neuvième et dernière partie intitulée « Le retour » pourrait être rebaptisée : « Triste ethnologue » ou « Le non-retour ». L’homme, le savant et sa discipline semblent être arrivés au bout de la nuit d’un voyage à la fois intime et historique, éreintés d’avoir fait le tour de la condition humaine – en un mot : entropologisés18.

« Plutôt qu’anthropologie, il faudrait écrire “entropologie” le nom d’une discipline vouée à étudier dans ses manifestations les plus hautes ce processus de désintégration. » (Lévi-Strauss, Tristes tropiques [1955], Paris, Presses Pocket, coll. « Terre Humaine/Poche », 1984, p. 496).

Ce néologisme est construit à partir du substantif « entropie », phénomène physique que Lévi-Strauss considère comme inhérente à la dynamique de toute civilisation.

Et l’on pourrait presque faire dire à l’ethnologue ces vers du poète :

 

Je ris de l’Art, je ris de l’Homme aussi, des chants,
Des vers, des temples grecs et des tours en spirales
Qu’étirent dans le ciel vide les cathédrales,
Et je vois du même œil les bons et les méchants 19.

Verlaine, Poèmes Saturniens. 

Ce cynisme ferait ainsi écho à son fameux « Je hais les voyages et les explorateurs », phrase d’accroche qui ouvre le bal du récit de manière insolite. Et si l’on va plus avant dans ce rapprochement, ne pourrions-nous pas comparer la mélancolie qui transpire dans les dernières pages de Tristes tropiques avec la « langueur verlainienne » en tant qu’elle incarne « le lieu d’un changement, d’une sorte de conversion intérieure, le passage du moi personnel à un moi impersonnel où ne subsiste plus rien de la sensibilité ancienne20 » ?

Que décrivent, en effet, les dernières phrases du livre si ce n’est le louvoiement du moi de l’ethnologue qui, non content de se haïr, cherche à faire son trou « entre un nous et un rien21 » ? Au final, il fait le choix du nous, mais sans grande conviction.

Lévi-Strauss affirme dans un premier temps qu’il « assume sans réserve [sa] condition d’homme22 ». Cela passera pour lui par une objectivation rigoureuse de l’expérience sensible, travail colossal que l’on retrouvera dans La Pensée sauvage ou Mythologiques.

Mais au moment même où il dit adieu à la littérature23, le voilà qui se laisse emporter par une insoutenable légèreté lyrique. Il se lance dans une phrase interminable qui semble vouloir essouffler le lecteur, comme pour lui faire ressentir le caractère éprouvant du voyage philosophique accompli. Phrase-fleuve rythmée de tirets et de points-virgules qui s’achève sur une note tragi-comique.

À « la contemplation d’un minéral plus beau que toutes nos œuvres » et au « parfum, plus savant que nos livres, respiré au creux d’un lis », succède curieusement « le clin d’œil alourdi de patience, de sérénité et de pardon réciproque, qu’une entente involontaire permet parfois d’échanger avec un chat24 ». Faut-il rire ou pleurer ? Applaudir ou désespérer ? Serait-il exagéré de parler de « langueur lévistraussienne » ? De lui faire dire malgré lui – pastiche de la troisième « ariette oubliée25 » :

 

L’hypothèse pourrait se défendre. Mais les postures philosophiques du poète et de l’ethnologue sont bien éloignées : le premier veut se fondre dans la poésie des éléments, quand le second n’aspire qu’à saisir l’« essence » des choses (et des mots). Pour ce dernier, l’intelligible prime sur l’émotion.

Survival

Vidéo Campagne Survival International/ Message d'hier et d'aujourd'hui pour ne pas oublier demain ...

 

Si l’ethnologue n’est pas à l’abri du sublime, l’événement esthétique n’aura été qu’un accident. Il convient donc de ne pas trop extrapoler sur un éventuel « air de famille » entre Verlaine et Lévi-Strauss. Toutefois cette parenthèse aura permis de souligner l’idée suivante : entre le regret du je ancien et le pari du nous nouveau, le moi de Lévi-Strauss aura été bien ballotté. Il est vrai que l’ethnologue a tranché, et plus jamais après Tristes tropiques, l’anthropologue ne s’égarera dans la « littérature » ni ne jouera à l’« écrivain ».

Mais l’on se plaît à imaginer que quelque part au fond d’un de ses tiroirs, se cache un vieux manuscrit qui, épuré de tout « système » ou « structure », est pure littérature. Ce serait par exemple l’épisode raté du « coucher de soleil », qu’il aurait travaillé et retravaillé pour en faire quelque chose de « vaguement conradien26 » et serait l’« apothéose » de son talent littéraire. Ou bien une nouvelle « nouvelle version de Cinna27 ». Ou enfin, fin du fin, la partition d’un opéra aux accents wagnériens. Ce serait une belle ironie.

Ce détour par Verlaine est révélateur de l’inclination de cet article : le désir d’a/encrer Tristes tropiques toujours plus profondément dans la littérature (et consacrer un ethnologue comme « écrivain préféré »). Et pour ce faire, ce détour me conduit à examiner la langue, la littérarité du texte.

Je néglige ainsi un point essentiel souligné par Antoine Compagnon : « La littérarité, comme toute définition de la littérature, engage en fait une préférence extra-littéraire28. »

Ma vision du livre en tant qu’œuvre littéraire est forcément influencée par l’évolution du marché littéraire français, en particulier par la notoriété de la collection « Terre Humaine » des éditions Plon.

Chaque ouvrage publié dans cette collection est naturellement considéré par le public comme « littéraire », quelle que soit sa valeur esthétique. Cette dimension littéraire fait le bonheur du lecteur amateur. Mais elle est loin de faire l’unanimité chez les spécialistes, qui ne manquent pas d’égratigner tous les scientifiques dérivant vers des horizons artistiques29. Charles Dantzig a d’ailleurs noté non sans humour – citations à l’appui –, à quel point l’adjectif « littéraire » ou le substantif « littérature » sont malmenés par les universitaires et les artistes : « Je me demande s’il existe d’autre activité humaine aussi injuriée que la littérature30 ? » Est-ce une injure de dire que Lévi-Strauss c’est « Mallarmé en Amérique du Sud31 » ? Si tel est le cas, quel graphomane n’aimerait pas être injurié de la sorte ?

Toujours est-il que ce n’est pas sans mauvaise conscience que Lévi-Strauss écrivit son récit autobiographique. Commande de Jean Malaurie qui voulait lancer l’aventure de sa collection, Tristes tropiques fut rédigé en six mois, comme un péché qu’il fallait commettre le plus vite possible, pour revenir au plus tôt à la raison scientifique. Quel autre chef d’œuvre aurait-il pu écrire s’il avait prolongé son aventure littéraire ?

Qu’il n’y ait eu qu’un seul écart dans le parcours rectiligne de Lévi-Strauss donne à son récit autobiographique cette aura des œuvres miraculées. Le doit-on au « hasard », à la « chance » ou à la « destinée », pour reprendre les termes de Thibaudet32 ? Que représente Tristes tropiques dans la « ligne de vie » de Lévi-Strauss ? Un moment de faiblesse ? Ou, au contraire, l’œuvre qui paradoxalement fait le lien entre toutes ses séquences biographiques ?

 

« Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la jungle » ?

 

 

      

 

 

Photo: Livre Race et Histoire/ Lévi-Strauss/UNESCO/1952

 

L’espace de la chance

D’une ligne de vie à l’autre, le livre croise mon chemin d’étudiant incertain. Comment devient-on ethnologue ? Par hasard et/ou par nécessité. Le hasard d’une rencontre, d’une université, d’une procédure administrative ; la nécessité d’un environnement, d’une époque, d’un tempérament. À la jonction des deux logiques, un coup de cœur pour un livre. Or il arrive souvent qu’on lise un livre pour de mauvaises raisons. Et, forcément, on le lit mal.

Lu bien avant de commencer un cursus d’ethnologie – pour le plaisir –, Tristes tropiques m’apparaissait avant tout comme un récit de voyage et d’aventure (et non pas comme un « livre sur le voyage » comme le précise la quatrième de couverture). Relu pour la réalisation d’un exercice de recherche – pour le plaisir et l’instruction33 –, ce fut l’occasion de mettre des mots sur un texte adoré, plus précisément de montrer en quoi l’ethnologue peut parfois être aussi un écrivain, un artiste.

Re-relu au cours des années de « terrain » – pour l’autorité –, je pensais que c’était le modèle d’enquête ethnographique par excellence.

À cette période charnière de l’apprentissage intellectuel, le Lévi-Strauss de Tristes tropiques représentait pour moi ce qu’il y a de plus beau dans l’ethnologie. Leiris aurait pu lui voler la vedette avec L’Âge d’homme, mais cette « auto-ethnographie34 » était trop éloignée de l’ethnologie académique. Face à ces deux chefs d’œuvres, Les Argonautes du Pacifique occidental de Malinowski ne faisait pas tellement le poids35.

Pourtant, dans la pratique, je donnais raison à ce dernier, en cherchant à connaître le point de vue des « indigènes » et en optant pour l’« observation participante36 ». J’aimais le style du premier, mais l’épistémologie du second avait le dernier mot. La frontière entre esthétique et vérité n’était pas clairement délimitée. L’objectif premier était bel et bien scientifique. Cependant il était frustrant de se résigner à une fonction instrumentale du langage – de devenir un « bureaucrate de l’évasion37 ».

Même s’il est vrai que « l’ethnologue n’est pas en principe un auteur qu’on écoute pour lui-même38 », je n’arrivais pas à faire taire ma subjectivité, laquelle venait régulièrement parasiter l’inventaire des faits plus ou moins objectifs. Je voulais relever le défi d’« écrire un texte qui puisse être en même temps un sentiment intime et un compte rendu distancié39 ». Pour masquer la présence de l’ego et feindre une mise à distance de la littérarité, l’idéal aurait été sans doute une écriture « blanche ». Mais c’est une écriture chatoyante – à l’image des reflets de la réalité – qui s’est imposée.

Cette écriture me semblait pleinement ethnographique dans la mesure où « elle ne fix[ait] pas la vision dans un savoir » mais « introdui[sai]t le trouble dans ce qui [était] regardé40 ». En faisant le choix d’une certaine polyphonie contre un méta-langage quelque peu tyrannique, je pensais rendre service au réel. Je ne réalisais pas que la manière d’écrire n’allait en rien influer sur le caractère scientifique du travail final. « Les choix stylistiques, écrit Jean-Pierre Olivier de Sardan, sont en fait largement “neutres” du point de vue de la qualité scientifique : c’est une des grandes différences entre l’œuvre littéraire, où contenu et forme sont indissociables, et le texte sociologique, qui admet un tel découplage41. »

Vidéo: Texte pour une coalition des cultures / Race et Histoire / UNESCO/ 1952

 

Je mesure aujourd’hui toute la fragilité de ma posture stylistique, de ce refus de renoncer au plaisir des mots, d’avoir été trop complaisant vis-à-vis des fantasmes littéraires, alors que j’exécutais un travail relevant des sciences sociales. Si l’on en croit Vincent Debaene, malgré toute la force de conviction de Barthes la fusion entre littérature et science serait un vœu pieux : « Réconcilier un mode de discours qui se reconnaît d’abord à sa transitivité et à son dédain du style avec un autre, défini par son intransitivité et son exigence formelle, n’est pas seulement un non-sens historique, c’est une impossibilité logique42. »

Quelques années plus tôt, Jean-Claude Passeron avait déjà bien fustigé le sociologue qui, jaloux du romancier dont les écrits trouvaient plus facilement un lectorat, se laissait séduire par les muses de la littérature. Mais le combat est inégal, car selon lui, « on a souvent vu faire de la bonne littérature avec de la mauvaise sociologie, parfois même avec de la bonne, jamais de la bonne sociologie avec de la littérature, bonne ou mauvaise43 ».

Faut-il parler de Tristes tropiques en termes de bonne littérature ou de mauvaise sociologie ? En ce qui me concerne, j’avais associé indifféremment l’adjectif « bonne » aux deux substantifs. Dans mes trois lectures du livre, étalées sur une période de dix ans environ, la première était celle d’un amateur (comme pour un roman d’été), la seconde répondait à un objectif scolaire (rédiger un mémoire), et la troisième s’inscrivait dans une perspective « professionnelle » (s’inspirer d’un modèle).

En reprenant les réflexions de Thibaudet dans son article « Le liseur de romans », on pourrait reformuler ce constat de la manière suivante.

Ma première lecture était celle d’un « lecteur de romans » qui, sans aucune conscience littéraire, « lit n’importe quoi, au hasard, sans être guidé par aucun des éléments, intérieurs ou extérieurs, qui tiennent et circulent dans ce mot : le goût44 ». Je voulais du dépaysement, de l’aventure, des sensations ; je lui demandais – honte à moi – « une distraction, un rafraîchissement, un repos de la vie courante45 ».

La seconde lecture était celle d’un « liseur de romans », c’est-à-dire un lecteur qui croit à « un ordre où la littérature existe, non comme un divertissement accidentel, mais comme une fin essentielle46 ».

Enfin la troisième lecture se serait rapprochée de celle d’un « viveur de romans », fondée sur la suggestion vraie et dont l’archétype extrême – caricaturale – serait Don Quichotte vis-à-vis des romans de chevalerie. La vie vécue par Lévi-Strauss était une vie idéale, et il fallait essayer de suivre ses pas à mon propre niveau. Peu importait le résultat, seule comptait la démarche.

Ces trois attentes de lecture peuvent-elle être rassemblées autour d’une même « ligne de vie » ? Dans une perspective romanesque, cela serait tout à fait envisageable. Mais si l’on veut être réaliste, il faut reconnaître que c’est le « hasard » qui a tout fait. Ou presque. Si l’on m’avait dit, à l’occasion de la première lecture, que j’allais devenir ethnologue, j’aurais sûrement lâché une onomatopée amusée.

Au fil du temps, cependant, un certain nombre de coïncidences s’accumulant, il est tentant, comme le note Pierre Bourdieu, de « se faire l’idéologue de sa propre vie en sélectionnant, en fonction d’une intention globale, certains événements significatifs et en établissant entre eux des connexions propres à les justifier d’avoir existé et à leur donner cohérence47 ». C’est la métaphore de vie comme chemin, avec la fausse évidence d’une linéarité qui fait sens.

On oublie ainsi que la réalité penche plutôt du côté de la discontinuité.

Si l’on veut toutefois rendre au libre-arbitre ce qui lui revient de droit, il faudrait se tourner vers la notion intermédiaire de « chance ». Le « hasard », selon Thibaudet48, « procède par points discontinus ». Puis vient la « chance », laquelle « implique une suite de points ». Un semblant de cohérence voit le jour. L’unité atteint son apogée avec la « destinée », qui serait orchestrée d’en haut.

C’est « l’illusion biographique » dénoncée par Bourdieu. Entre le chaos du hasard et l’ordre trop parfait de la destinée, il semble que l’aléa encadré de la chance – mélange de volonté individuelle et de déterminismes sociaux – soit au plus près du réel. Entre hasard et nécessité, ce serait donc la chance qui crée le fil linéaire d’une vie. Et non pas une « ligne », sans doute trop épaisse et trop dense pour caractériser la singularité d’une existence.

Ce qui s’est développé de manière plus ou moins continue dans l’espace de la chance entre la première et la dernière lecture, c’est sans doute un certain sens critique, une ébauche de maturité – une métamorphose progressive de « lecteur » à « viveur » de littérature. L’enchantement originel a-t-il résisté à l’éthique scientifique ? Est-il encore possible de fermer les yeux sur les passages structuralistes, pour ne voir que les anecdotes humoristiques, les descriptions sublimes, l’ombre de Chateaubriand ou le fantôme de Proust ? Une fois devenu ethnologue, est-il toujours légitime de lire Tristes tropiques comme un livre d’écrivain ?

Quand je rouvre Tristes tropiques aujourd’hui, deux lecteurs se chamaillent pour tirer la page à soi : celui qui veut éprouver (le lecteur), et celui qui veut comprendre (le liseur ou le viveur) ; celui qui admire l’écrivain, et celui qui a du respect pour l’écrivant. Malgré leurs aspirations différentes, ces deux types de lecteur ne s’opposent pas de front. D’ailleurs Barthes a très bien expliqué que l’écrivain et l’écrivant ne font souvent qu’un, alternant les rôles selon l’humeur ou les circonstances. Quoi qu’il en soit, si l’on se place du côté de la réception, il semble difficile d’éprouver sans comprendre et vice-versa.

Si l’on me demande : « Qui est votre ethnologue préféré ? », faut-il pour y répondre prendre en compte la voix des deux lecteurs, ou n’écouter que celle du cœur ?

 

Photo: La Pensée Sauvage/ La pensée occidentale, dit Lévi-Strauss, est déterminée par l'intelligible .../ Lévi-Strauss/ 1962

 

Narcissisme distancié

Loin d’aborder cette dimension schizophrénique, mon propos consiste juste à voir dans quelle mesure un livre peut influer sur le cours d’une vie, en l’occurrence la mienne. Comment une biographie couchée sur papier peut-elle agir sur l’orientation d’un jeune individu en quête de destin ?

Un tel narcissisme peut bien entendu être considéré comme déplacé dans un cadre universitaire. Malgré tout, je tiens à faire le pari de l’auto-analyse, en référence à Bourdieu. Dans son Esquisse pour une auto-analyse (2004), ce dernier commence par une phrase d’avertissement : « Ceci n’est pas une autobiographie », clin d’œil au « Ceci n’est pas une pipe » de Magritte. Malgré les apparences, l’auteur ne va pas se raconter, mais exploiter une expérience personnelle à des fins sociologiques. « À chaque fois, commente Bernard Lahire, la personne de Pierre Bourdieu s’efforce de ne pas être le centre psychologique, sensible et émotif du “problème” et de l’“attention”, mais un point particulier situé (et se situant) dans des espaces structurés (et structurants)49. »

Dans le même esprit, par un travail auto-réflexif, j’essaie ici de me servir de mon expérience de lecteur pour mettre au jour quelques éléments de compréhension relatifs au goût littéraire. Par une mystérieuse alchimie, l’objectif est de transformer une tare épistémologique en vertu heuristique. De faire d’un vécu des plus banals un matériau exploitable par l’analyse scientifique.

Avec un peu de recul, il semble que ce qui m’a plu dans le Lévi-Strauss de Tristes tropiques, c’est son ironie – immédiatement perceptible puisque « les artifices sont placés au premier plan, désignés, exhibés même50 ». Au départ il y a un fond de méchanceté, dont la fonction première serait de décaper le sens commun – une logique caustique ou sarcastique qui s’inscrit dans un projet de démystification.

Commencer son livre en proclamant tout de go sa haine pour les voyages et les explorateurs, alors qu’il s’apprête à raconter ses propres aventures, ne manque pas de panache. On est a priori aux antipodes de l’empathie que le lecteur occidental est en droit d’attendre d’un anthropologue respectable. À moins de lire ce récit comme une parodie du genre et de lui-même.

Ce brin de scepticisme paraît faire corps avec le destin des sciences humaines depuis que « la perte de confiance dans l’univers a fait prendre conscience de l’ironie de la condition humaine51 », vers la fin du xviiie et le début du xixe siècle, époque où l’ironie de situation, l’ironie dramatique et la parabase, procédés traditionnellement rattachés à la peripeteia des Anciens, entrent dans la catégorie de l’ironie. Cette nouvelle acception n’a pu s’imposer que parce qu’elle fait désormais partie de la réalité existentielle des individus. Tout au bout de l’ironie il y aurait l’absurde, mélange d’existentialisme et de désillusion historique.

Cependant l’ironie de Lévi-Strauss aurait sonné comme une grinçante condescendance si elle n’avait recouvert que l’objet d’étude proprement dit. Or les illusions du moi n’ont pas été épargnées. L’ironie vaut aussi pour lui. Au plus fort des envolées sarcastiques, l’empathie ne fait jamais faux bond. Tant qu’elle ne sombre pas dans l’autodérision systématique ou la pose mondaine, l’ironie purifie autant qu’elle salit.

On pourrait ainsi parler d’une empathie au second degré. Celle-ci renvoie à un bon usage des émotions dans la description ethnographique, l’objectif étant de passer de la « contemplation éblouie » à la « contemplation inquiète52 », pour faire émerger un texte vivant qui rende compte d’une certaine angoisse relative aux enjeux de la modernité. Ainsi, les variations de ton renvoient moins à un défi esthétique, qu’à une éthique propre à tout récit, qu’il soit scientifique ou littéraire.

Entre sarcasme, lyrisme et neutralité, le texte ethnographique tente de cerner au mieux le réel. Et c’est dans une empathie contrôlée – savant dosage de sens critique, d’humanisme et d’auto-réflexivité – que ses vertus heuristiques sont les plus manifestes.

Tristes tropiques incarnait pour moi ce juste ton, soutenu par une forme incroyablement originale qui défie la loi des genres (récit de voyage, ethnographie classique, essai philosophique, pamphlet, texte symboliste). Le texte ethnographique se parait avec Lévi-Strauss de la grâce du Livre.

 

 

D’un quiproquo à l’autre

Le titre d’« ethnologue préféré » paraît se justifier par la dimension éthico-esthétique de Tristes tropiques. Il faut toutefois essayer de savoir si derrière cette explication intellectuellement correct il n’y a pas d’autres motifs, moins respectables, autrement dit s’attaquer au mythe de la vocation (moderne), dont l’histoire date de la fin du xviiie siècle et qui est devenue aujourd’hui une « conviction culturelle générale53 ».

Au commencement de ma carrière d’ethnologue, il pourrait bien y avoir une série de quiproquos. Tout d’abord, c’est un coup de cœur littéraire qui m’a fait entrer dans le monde de la science54. Je pense alors à une nouvelle de Tabucchi55. Un groupe de jeunes amis se retrouve à un café pour se projeter dans leur imminente vie d’étudiants, quand l’un d’eux arrive bouleversé.

Il a été victime d’une erreur administrative. Lui qui ne jurait que par les Lettres classiques, on l’a inscrit en Droit.

Sacrilège. Il se rend aussitôt au secrétariat pour tirer au clair cette affaire. L’employé lui répond qu’il s’agit d’une « petite équivoque sans solution ».

L’amoureux des Lettres s’affole. L’employé le rassure : sa langue a fourché. Il voulait dire une « petite équivoque sans importance ». Il arrive qu’un destin bascule sur un lapsus.

Dans mon cas, il n’y a pas eu d’erreur administrative ou de lapsus. Mais il y a bel et bien eu une petite équivoque, ne serait-ce que sur le terme même d’« ethnologue ». Je ne savais pas très bien à quoi cela renvoyait exactement, mais le mot en soi sonnait bien. Et puis derrière lui on entendait des échos d’humanisme, des murmures d’aventure, sur fond d’érudites litanies. Il contenait tout l’imaginaire d’un gai savoir où l’heure et la sueur n’ont pas de prix. C’était bien plus chic que journaliste, avocat, médecin, chef d’entreprise ou directeur de cabinet… Il fallait se jeter à l’eau, et se laisser porter par le courant sémantique du mot.

C’est ce qu’explique parfaitement Judith Schlanger lorsqu’elle écrit que « d’une certaine façon, le terme en sait plus que moi et c’est pourquoi je m’en réclame56 ».

Pour elle, il existe plusieurs catégories de vocations, lesquelles se caractérisent par leur approximation, et qui renvoient à des positions plus ou moins valorisées dans la société. C’est donc par rapport à un stéréotype assez flou que l’individu incertain s’oriente, et c’est à lui qu’il incombe ensuite de préciser le sens de sa vocation.

La catégorie ne vaut rien en soi, c’est l’individu qui l’habite qui fait tout. Peintre, écrivain, architecte, professeur, policier, boulanger : derrière ces métiers se cachent autant de réalités à inventer selon qui l’on est ou ce que l’on veut être. Pour ce qui est de l’ethnologue, le flou est d’autant plus grand que les querelles internes entre les « anciens » et les « modernes » (et maintenant les « post-modernes »), sont assez virulentes, et que désormais le sociologue lui emprunte sa méthode fétiche : l’enquête ethnographique.

 

Survival

  Vidéo Entretien: De Tristes Tropiques, avec Patrick Menget, Anthropologue, Président de Survival International France, Ancien élève de Claude Lévi-Strauss.

Qu’est-ce que l’ethnologie aujourd’hui ? Bienheureux celui qui pourrait donner une définition qui fasse l’unanimité.

Dans cet imbroglio idéologico-politique, l’étudiant un tantinet éclectique, à moins de suivre d’emblée les grandes lignes tracées par un mandarin, ne peut que tâtonner. Pour asseoir une argumentation, au petit bonheur la chance il avance un auteur qui lui paraît pertinent, priant pour que l’interlocuteur – proche ou lointain – qui évalue sa compétence soit du même camp que le courant convoqué. Sinon il n’a plus qu’à changer de vocation. Voilà donc une première source d’équivoques. Quant à savoir si elle est sans importance ou sans solution, seul l’avenir peut le dire.

La deuxième hypothèse renvoie aux illusions de « l’âge lyrique » (Kundera). La première fois où la couverture de Tristes tropiques m’apparut en format poche, c’était dans les mains d’une jeune et jolie étudiante recroquevillée dans un coin d’escalier menant à l’amphithéâtre principal. Nous étions en première année de sciences politiques, l’ouvrage n’était recommandé par aucun professeur.

Que faisait-elle avec ce livre cinq minutes avant un cours de droit constitutionnel ? Malgré la foule d’étudiants qui montaient et descendaient les marches dans un grouillement bruyant, elle ne démordait pas de sa lecture. Ses doigts s’accrochaient à la couverture, coupant en deux le visage du jeune Indien qui servait d’illustration. De ce dernier on ne voyait plus que le regard mélancolique.

Cette photographie mentale, toujours vivace, participe-t-elle de mon amour de Lévi-Strauss ?

Et si, à la place de Tristes tropiques, elle avait eu entre les mains L’Alchimiste de Paulo Coehlo, serais-je allé sur-le-champ à la recherche de ma « légende personnelle » ? Fort heureusement le hasard m’a épargné cette lubie.

Ce fut Lévi-Strauss, et ce fut bien ainsi. Enfin on en revient toujours à cette idée du quiproquo. Au fait qu’une vocation ne tienne parfois qu’à une photo.

Pour Lévi-Strauss, tout s’est joué sur un coup de téléphone. C’est moins l’appel de l’ethnologie57 que celui de Célestin Bouglé qui fut déterminant. Automne 1934. Neuf heures du matin. Un dimanche comme les autres. Le téléphone sonne. Le directeur de l’École normale supérieure est à l’autre bout du fil.

Cet appel est d’autant plus curieux que l’ancien élève n’a jamais vraiment fait partie de « l’écurie » du directeur. Peu importe, la proposition tombe : « Avez-vous toujours le désir de faire de l’ethnographie ? » Un poste de professeur en sociologie à l’Université de Sao Paulo n’attend plus que sa science. Les faubourgs de la mégalopole regorgent d’Indiens, paraît-il. Pourquoi ne pas leur rendre visite le week-end ? Lévi-Strauss doit donner sa réponse avant midi. Trois heures de réflexion, c’est beaucoup trop quand il s’agit d’une vocation.

Soudain la carte postale du Brésil occupe tout l’écran de son imaginaire : les gerbes de palmiers sont bercées par une brise aux senteurs de cassolette58.

Le « parfum brûlé » du Brésil nourrit ses rêves d’ailleurs ; cette « distillation patiente et fractionnée » lui donne un avant-goût du caractère équivoque de toute situation humaine. Il n’a pas dit oui qu’il est déjà là-bas. Le voici dans la peau d’un explorateur, à l’affût d’un bout de paysage, d’un mot insolite, d’une vision poétique, qui l’air de rien éclairent un aspect particulier de la condition humaine.

Mais il a un doute. Aussitôt la divine odeur envolée, la proposition du directeur lui semble avoir été faite à la légère. Bouglé ne confond-il pas Sao Paulo et Mexico ? Y a-t-il vraiment des Indiens là-bas ? Leur absence condamnerait les week-ends de l’ethnographe à se transformer en longues séances de bronzage sur les plages brésiliennes.

Le futur professeur de sociologie a de bonnes raisons de remettre en cause les propos du directeur. Philosophe ayant écrit un ouvrage sur le régime des castes en Inde, Bouglé n’y a curieusement jamais mis les pieds, pensant avec une condescendante naïveté que « dans le flux des événements ce sont les institutions qui surnagent59 ».

Mais Lévi-Strauss est trop enthousiaste pour compromettre son voyage. Il dit oui. Quelques jours plus tard, invité à la table de l’ambassadeur du Brésil à Paris, il apprend de la bouche de ce dernier que tous les Indiens ont disparu depuis longtemps, massacrés par les colons portugais au xvie siècle. Il reçoit toutefois la garantie que, malgré l’absence des Indiens, le pays reste un merveilleux objet d’étude :

« Vous allez, comme sociologue, découvrir au Brésil des choses passionnantes, mais les Indiens, n’y songez plus, vous n’en trouverez plus un seul60… »

En réalité, les Indiens dont il rêve sont à trois mille kilomètres plus avant dans les terres.

Finalement, Tristes tropiques est un récit de quiproquos : sur le métier d’ethnographe, sur les bons sauvages, sur le temps qui passe, sur les mirages du destin. Et sa contribution à la promotion de Lévi-Strauss comme « ethnologue préféré » (au mépris de sa production théorique) s’inscrit dans le même esprit d’équivoque, renforcé par les contingences affectives.

Mais ce titre est remis en jeu à chaque relecture. Ce qui m’enchantait hier peut demain m’agacer.

[100ans+lévi-Strauss.jpg]

Par ailleurs, dans un coin de la bibliothèque, il y a Les Argonautes du Pacifique qui me fait de l’œil, et je me surprends à rougir de lui avoir refusé la tendresse qu’il mérite. Juste à côté, il y a aussi la Chronique des Indiens Guayaki qui réclame toute mon empathie. Je ne sais plus où donner de la tête tellement il y a de livres et d’auteurs à aimer. En cas d’incendie, pour ne pas faire de jaloux, je pourrais être tenté de laisser les flammes préférer à ma place. Ne plus faire confiance même à la chance. S’en remettre au pur hasard, loin de toute idée de destinée.

Et écouter tout simplement la musique des flammes.

 

 

 

Adolphe Maillot

 

CRLHOI, Université de La Réunion

 

 

Publié sur Fabula L.H.T. le 1 mars 2008.

 

 

 

Notes :

1 V. Debaene, « Ethnographie/Fiction. À propos de quelques confusions et faux paradoxes », L’Homme, n° 175-176, 2005, p. 228.

2 Dans l’ethnologie classique, le « je » était cantonné au carnet d’enquête. Que ce hors-texte soit ensuite érigé en texte, comme ce fut le cas pour le Journal de Malinowski, relève ensuite de stratégies éditoriales.

3 J.-P. Olivier de Sardan, « Le “je” méthodologique – Implication et explicitation dans l’enquête de terrain », Revue Française de Sociologie, vol. 41, n° 3, 2000, p. 417.

4 R. Barthes, Mythologies [1957], Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points essais », 1970, p. 10.

5 R. Guidieri, « Introduction », dans B. Malinowski, Journal d’ethnographe [1967], Paris, Éditions du Seuil, coll. « Recherches anthropologiques », 1985, p. 13.

6 L. Dumont, Essais sur l’individualisme. Une perspective anthropologique sur l’idéologie moderne [1983], Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points essais », 1991, p. 13.

7 R. Barthes, « Le grain de la voix », Œuvres complètes IV. 1972-1976, Paris, Éditions du Seuil, 2002, p. 149.

8 Ibid., p. 150-151.

9 P. Campion, « De l’anthropologie à la littérature : Tristes tropiques de Lévi-Strauss », La littérature à la recherche de la vérité, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Poétique », 1996, p. 338.

10 F. Keck, « Fiction, folie, fétichisme. Claude Lévi-Strauss entre Comte et La Comédie humaine », L’Homme, n° 175-176, 2005, p. 216.

11 J. Gracq, En lisant, en écrivant, dans Œuvres complètes, t. II, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de La Pléiade », 1995, p. 674.

12 R. Barthes, « Ecrivains et écrivants », Essais critiques, Paris, Éditions du Seuil, 1964.

13 G. Genette, Fiction et diction [1991], Paris, Éditions du Seuil, « points essais », 2004, p. 87.

14 Ibid., p. 111.

15 On peut supposer que cette gloire par défaut a eu son importance dans le fait qu’il se soit présenté une deuxième fois – illégalement – avec La vie devant soi (sous le pseudonyme d’Emile Ajar), pour l’obtention du prix en 1975. Prix qui lui sera retiré après la découverte de la supercherie.

16 Il s’agit d’un destin provisoire. À tout moment, en effet, il peut perdre sa littérarité. Toutefois, on peut penser que le récit de Lévi-Strauss gardera sa parure littéraire jusqu’à la fin des temps. Comme le note Gérard Genette, « il est plus facile à un texte d’entrer dans le champ littéraire que d’en sortir » (op. cit., p. 108), surtout lorsque ce texte a tout d’un classique.

17 V. Debaene et J.-L. Jeannelle, « Où est la littérature ? », L’idée de littérature dans les années 1950, URL : http://www.fabula.org/colloques/document66.php.

18 « Plutôt qu’anthropologie, il faudrait écrire “entropologie” le nom d’une discipline vouée à étudier dans ses manifestations les plus hautes ce processus de désintégration. » (Lévi-Strauss, Tristes tropiques [1955], Paris, Presses Pocket, coll. « Terre Humaine/Poche », 1984, p. 496). Ce néologisme est construit à partir du substantif « entropie », phénomène physique que Lévi-Strauss considère comme inhérente à la dynamique de toute civilisation.

19 Verlaine, « L’angoisse », Poèmes saturniens, dans Œuvres poétiques complètes, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2002, p. 65.

20 J.-P. Richard, « Fadeur de Verlaine », Poésie et profondeur, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points essais », 1976, p. 175.

21 C. Lévi-Strauss, Tristes tropiques, op. cit., p. 496.

22 Ibid., p. 497.

23 Cet adieu avait déjà eu lieu dans le chapitre VII intitulé « Le coucher de soleil », plus précisément lors du passage « écrit en bateau », détaché du texte principal et retranscrit en italique. Néanmoins l’interprétation de ce passage est ambiguë. Il pourrait tout aussi bien être une « sorte d’adieu à la littérature : comme on quitte ici l’Ancien Monde pour aller vers le Nouveau, on quitterait donc aussi les vieilles formes de l’écriture », que « revêtir la signification exactement opposée » (P. Campion« De l’anthropologie à la littérature : Tristes tropiques de Lévi-Strauss », art. cit., p. 325).

24 C. Lévi-Strauss, Tristes tropiques, op. cit., p. 496.

25 Verlaine, « Ariettes oubliées », Romances sans paroles, op. cit., p. 192.

26 De près et de loin, entretiens avec D. Éribon, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points », 1988, p. 130.

27 C. Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, op. cit., p. 453.

28 A. Compagnon, Le Démon de la théorie. Littérature et sens commun [1998], Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points essais », 2001, p. 47.

29 « Ces récits mêlent, avec plus ou moins d’art, la description monographique, le témoignage social et l’autobiographie ethnologique. Le genre s’en est institutionnalisé avec le temps, mais il reste terriblement personnalisé et littéraire. » (J. Copans, L’Enquête ethnologique de terrain, Paris, A. Colin, coll. « 128 sciences sociales », 2005, p. 34).

30 C. Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française, Paris, Grasset, 2005, p. 477.

31 C. Geertz, Ici et là-bas. L’anthropologue comme auteur, Paris, Métailié, 1996, p. 47.

32 A. Thibaudet, « La ligne de vie », Réflexions sur la littérature, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 2007.

33 DEA de Littérature Comparée : « Lévi-Strauss : de l’ethnologue à l’écrivain », s/d de G. Ponnau, Université de la Réunion, 2003. Ce mémoire a été réalisé en même temps que la première année de doctorat d’ethnologie (double cursus).

34 P. Lejeune, « Michel Leiris : Autobiographie et poésie », Le Pacte autobiographique [1975], Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points essais », 1996, p. 265.

35 Pour captivante qu’elle fût, la description de la fabrication d’un « masawa » (canot de haute mer) ne pouvait pas rivaliser avec l’émotion générale qui parcourt l’ouvrage de Lévi-Strauss. Et pour cause, ce n’était pas son but. Pour le pathos, il fallait se tourner vers son Journal (qui n’était pas destiné à la publication).

36 Ce choix pose un problème éthique propre à la discipline, dans la mesure où cela suppose que l’ethnographe agisse comme un rapace : « Il doit se montrer chasseur dynamique, talonner sa proie, la diriger vers les rets et la poursuivre jusqu’en ses derniers retranchements. » (B. Malinowski, Les Argonautes du Pacifique occidental [1929], Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2002, p. 65).

37 C. Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, op. cit., p. 382.

38 M. Augé, « Voyage et ethnographie – La vie comme récit », L’Homme, n° 151, 1999, p. 16.

39 C. Geertz, Ici et là-bas, op. cit., p. 18.

40 F. Laplantine, Je, nous et les autres, Paris, Le Pommier-Fayard, 1999, p. 117.

41 J.-P. Olivier de Sardan, « Le “je” méthodologique – Implication et explicitation dans l’enquête de terrain », art. cit., p. 421.

42 V. Debaene, « Ethnographie/Fiction. À propos de quelques confusions et faux paradoxes », art. cit., p. 229.

43 J.-C. Passeron, Le Raisonnement sociologique [1991], Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque de l’Evolution de l’Humanité », 2006, p. 357.

44 A. Thibaudet, « Le liseur de romans », Réflexions sur la littérature, op. cit., p. 1667.

45 Ibid., p. 1669.

46 Ibidem.

47 P. Bourdieu, « L’illusion biographique », Raisons pratiques. Sur la théorie de l’action [1994], Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points essais », 2002, p. 81.

48 A. Thibaudet, « La ligne de vie », art. cit., p. 823.

49 B. Lahire, « Sociologie et autobiographie », L’Esprit sociologique, Paris, La Découverte, coll. « Laboratoire des sciences sociales », 2005, p. 162.

50 C. Geertz, Ici et là-bas, op. cit., p. 36.

51 P. Schoentjes, Poétique de l’ironie, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points essais », 2001, p. 61.

52 C. Pavese, Le Métier de vivre [1958], Paris, Gallimard, « folio », 2002, p. 25-26.

53 J. Schlanger, La Vocation, Paris, Éditions du Seuil, coll. « La couleur de la vie », 1997, p. 7

54 Tristes tropiques a poussé beaucoup de jeunes chercheurs vers l’ethnologie (F. Dosse, Histoire du structuralisme : le champ du signe, 1945-1966, Paris, La Découverte, 1991). Ce qui est singulier à chaque trajectoire individuelle, c’est la combinaison entre plusieurs facteurs, ainsi que leur hiérarchie dans la décision finale de devenir ethnologue.

55 A. Tabucchi, Petites Équivoques sans importance [1985], Paris, Gallimard, coll. « NRF », 2006.

56 J. Schlanger, La Vocation, op. cit., p. 80.

57 « Aujourd’hui, je me demande parfois si l’ethnographie ne m’a pas appelé, sans que je m’en doute, en raison d'une affinité de structure entre les civilisations qu’elle étudie et celle de ma propre pensée. » (C. Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, op. cit., p. 55).

58 Ibid., pp. 47-48

59 Ibid., p. 48

60 Ibid., p. 49

 

 

 

 

 

Pour citer cet article :

Adolphe Maillot, « L’ethnologue préféré : Le Lévi-Strauss de Tristes tropiques », dans « L’écrivain préféré » , Fabula LHT (Littérature, histoire, théorie), n°4, 1 mars 2008, URL :

 

 

 

Biographie et bibliographie

Claude Lévi-Strauss: Anthropologue, Ethnologue et écrivain français.

Né à Bruxelles de parents français, le 28 novembre 1908, Claude Lévi-Strauss étudie à Paris le droit jusqu'à la licence, et la philosophie; il est reçu à l'agrégation de philosophie en 1931. Tout en enseignant cette discipline, il milite activement à la SFIO. Sa carrière d'ethnologue débute en 1934, lorsqu'il est invité à venir enseigner la sociologie à São Paulo, où il restera jusqu'en 1939. C'est à cette occasion qu'il séjourne parmi les populations indiennes nambikwaras, caduvéos et bororos, et mène ses seules enquêtes de terrain.

Rentré en France, mobilisé au service des PTT, puis affecté au lycée de Montpellier, il réussit, après sa révocation en raison des lois raciales, à se rendre aux Etats-Unis en 1941, sur un paquebot où il voyage avec André Breton. Il enseigne à l'Ecole libre des hautes études, et à la New School for Social Research de New York; c'est alors qu'il découvre les travaux fondamentaux de la linguistique et de l'anthropologie, et notamment ceux de Roman Jakobson (1896-1982) et de Franz Boas (1858-1942).

 

De 1945 jusqu'à la fin de 1947, il est conseiller culturel auprès de l'ambassade de France à Washington. En 1948, il publie la Vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara et soutient sa thèse les Structures élémentaires de la parenté. Ces deux premières œuvres, significatives, le font docteur d'Etat. 

D'abord maître de recherches au CNRS puis sous-directeur du musée de l'Homme, il est ensuite nommé directeur d'études à la 5e section (dite des sciences religieuses) de l'Ecole pratique des hautes études, à l'ancienne chaire de Marcel Mauss, rebaptisée «chaire des religions comparées des peuples sans écriture». C'est l'époque de maturation, avec le très célèbre Tristes Tropiques (1955; Race et Histoire était paru en 1952) et le recueil d'articles qui va définir son projet scientifique, Anthropologie structurale (1958). 

La troisième étape de sa carrière est celle de la célébrité internationale. En 1959, il est élu à la chaire d'anthropologie sociale du Collège de France; il y fonde l'année suivante le laboratoire d'anthropologie sociale et la revue l'Homme. Ses travaux sont alors marqués par une double réflexion: d'une part, l'élaboration théorique de l'objet même de l'anthropologie, dans le Totémisme aujourd'hui et surtout dans son œuvre majeure, la Pensée sauvage; d'autre part, l'application de ces principes dans l'imposante tétralogie de plus de 2 000 pages, les Mythologiques (le Cru et le Cuit, Du miel aux cendres, l'Origine des manières de table, et l'Homme nu). La consécration vient en 1973 avec son élection à l' Académie française

L'œuvre n'est pas terminée pour autant. Les recueils d'articles, de comptes rendus de séminaires et d'entretiens se multiplient, même après la retraite, prise en 1982 (le Regard éloigné, 1983; Paroles données, 1984; De près et de loin, 1988; Des symboles et leurs doubles, 1989). Par ailleurs se poursuit la quête des mythologies par une approche esthétique dans la Voie des masques, et la reprise de certains mythes dans la Potière jalouse et Histoire de lynx. Il éclaire les arcanes de sa pensée à travers les essais esthétiques de Regarder Ecouter Lire. 

L'œuvre de Claude Lévi-Strauss symbolise l'avènement de l'anthropologie dans le champ des sciences sociales françaises au cours des années 1960, et elle a participé du courant d'idées qualifié de structuraliste. Fondée sur l'élucidation du fonctionnement de l'esprit humain, l'interprétation théorique manifeste une recherche des liens entre nature et culture, notamment dans les systèmes de parenté et la production des mythes. Sa vision pessimiste de l'évolution actuelle de l'humanité fait aussi apparaître Lévi-Strauss comme un anthropologue philosophe, héritier de Jean-Jacques Rousseau. En outre, il ne cesse de manifester un vif intérêt pour les créations et les conceptions esthétiques des sociétés qu'il étudie et pour celles de la sienne.

Plus sur: http://www.memo.fr/dossier.asp?ID=304

Œuvres (premières éditions)

Photo/Collection DVD:Claude Lévi-Strauss, un film d'entretiens réalisé dans la propriété bourguignonne de Claude Lévi-Strauss en 1972 par Jean José Marchand et Pierre Beuchot.

 

Liste non exhaustive ; la plupart des titres sont aujourd'hui disponibles en collection poche.

  • Gracchus Babeuf et le communisme, publié par la maison d'édition du Parti ouvrier belge L'églantine en 1926.
  • La Vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara, Paris, Société des américanistes, 1948.
  • Les Structures élémentaires de la parenté, Paris, PUF, 1949 ; nouv. éd. revue, La Haye-Paris, Mouton, 1968.
  • « Introduction à l'œuvre de Marcel Mauss », dans Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1950.
  • Race et Histoire, Paris, UNESCO, 1952.
  • Tristes Tropiques, Plon, Paris, 1955.
  • Anthropologie structurale, Paris, Plon, 1958 ; nombreuses rééd. Pocket, 1997. (ISBN 2-266-07754-6)
  • Le Totémisme aujourd'hui, Paris, PUF, 1962.
  • La Pensée sauvage, Paris, Plon, 1962.
  • Mythologiques, t. I : Le Cru et le cuit, Paris, Plon, 1964.
  • Mythologiques, t. II : Du miel aux cendres, Paris, Plon, 1967.
  • Mythologiques, t. III : L'Origine des manières de table, Paris, Plon, 1968.
  • Mythologiques, t. IV : L'Homme nu, Paris, Plon, 1971.
  • Anthropologie structurale deux, Paris, Plon, 1973.
  • La Voie des masques, 2 vol., Genève, Skira, 1975 ; nouv. éd. augmentée et rallongée de « Trois Excursions », Plon, 1979.
  • (en) Myth and Meaning, Londres, Routledge & Kegan Paul, 1978.
  • Le Regard éloigné, Paris, Plon, 1983.
  • Paroles données, Paris, Plon, 1984.
  • Histoire de Lynx, Paris, Pocket, 1991. (ISBN 2-266-00694-0)
  • Regarder écouter lire, Paris, Plon, 1993. (ISBN 2-259-02715-6)
  • Saudades do Brasil, Paris, Plon, 1994. (ISBN 2-259-18088-4)
  • Le Père Noël supplicié aux éditions des Sables, sur la route de l'Eglise à Pin-Balma, 1996 (pour cette édition) (ISBN 2-907530-22-4)
  • Œuvres, préface par Vincent Debaene ; édition établie par Vincent Debaene, Frédéric Keck, Marie Mauzé, et al., Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2008. (ISBN 978-2-07-0118021) (Ce volume réunit Tristes tropiques ; Le totémisme aujourd'hui ; La pensée sauvage ; La voie des masques ; La potière jalouse ; Histoire de lynx ; Regarder écouter lire avec une bibliographie des oeuvres de et sur Claude Lévi-Strauss).

CULTUREINTERNET/S.I.D.H

http://www.dailymotion.com/CULTUREINTERNET 

Page dédiée à Survival International pour son action dans le Monde à défendre et faire respecter les droits des peuples indigènes, continuant ainsi le travail de Claude Lévi-Strauss et la transmission de son message aux générations futures..Remerciement à Patrick Menget, Anthropologue, Président de Survival International France, élève de Claude Lévi-Strauss.

Survival.

www.survivalfrance.org

Posté par PORTIER VINCENT à 13:44 - PORTRAIT - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


jeudi 15 juillet 2010

FRANCE/GUERRE MONDIALE DE 39/45: LA PATRIE RECONNAISSANTE A SES TROUPES AFRICAINES ENGAGEES AU COMBAT POUR DEFENDRE LA NATION.

Bande son:Dunkerque le samedi 8 mai 2010 au Cénotaphe du Beffroi de St Eloi - Cérémonie du 65ème anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale et de la libération de Dunkerque le 9 mai 1945 - Sonnerie aux morts et Hymne National

Préambule:

Vincent Portier Vincent Portier:Ce 14 juillet 2010 restera dans nos mémoires comme un jour fondateur de l'exigence d'égalité du devoir de notre démocratie. L'application de ce devoir de fraternité marque définitivement notre reconnaissance physique de tous les hommes de bonne volonté qui ont combattu contre la barbarie nazie et dont, beaucoup sont morts les armes à la main, pour faire respecter et triompher les valeurs de la Liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Sans faire œuvre de polémique, quelle autre marque de respect a donner pour tous nos frères de sang si ce n'est de commencer cette page en rendant un hommage appuyé au courage de ses hommes, à leur attente douloureuse mais digne de ce geste de reconnaissance principiel. Celui-ci marque le gage d'une totale reconnaissance de la France envers leur participation à la victoire. Cet hommage, nous devons également le partager, en souvenir du Commandant Henry-Jean Loustau, Président de la Fédération nationale des Anciens Combattants résidant hors de France (FACS), décédé à l’âge de 87 ans ce 14 juillet 2010. Grand Officier de la Légion d’Honneur et Grand-croix de l’Ordre National du Mérite, le Commandant Loustau, blessé à quatre reprises au combat, était titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 avec 5 citations, de la Croix de guerre des Théâtre des opérations extérieures (TOE), avec 10 citations, de la Croix de la Valeur militaire avec 2 citations ainsi que de nombreuses autres décorations étrangères. Par ailleurs, le commandant Loustau a écrit quatre livres au sujet de ses expériences militaires : « Derniers combats d’Indochine », « Guerre en Kabylie », « Les deux bataillons » et « Flashs de guerre ».

Addendum : Les obsèques du commandant Loustau auront lieu le 16 juillet, à 15.30, à l’église de Rouffignac-Saint-Cernin de Reilhac (24). L’Union des Français de l’Etranger prévoit une messe aux Invalides en sa mémoire en septembre prochain.

REACTIONS DEPUIS DAKAR:

appel_088appel_087Trésors d'archives - exposition virtuelle "Archives du 18 juin"Site officiel du 70ème anniversaire de l'Appel du 18 juin

logo_fondationPhoto/Exposition de l'Appel du Général de Gaulle: à gauche "L'Appel du 18 juin 1940" en Arabe, à droite, "L'Appel du 18 juin 1940" en Français./Découvrez toute l'actualité du 70e anniversaire de l'Appel du 18 juin

Pensions de retraites des anciens combattants : Les tirailleurs sénégalais percevront les mêmes salaires que les anciens combattants français


Désormais le tirailleur sénégalais percevra la même pension de retraite que son collègue français. C'est la révélation faite par Nicolas Sarkozy lors d'une réception offerte aux 13 chefs d'Etat africains, dont le président Wade, venus participer au défilé du 14 juillet. Ainsi, ce sont 30 000 anciens combattants qui verront leur pension augmentée.


C'est officiel depuis, hier. Les tirailleurs auront les mêmes pensions de retraites que les anciens combattants français de la Première et Deuxième Guerre mondiale. C'est l'annonce faite par le président Nicolas Sarkozy lors d'une réception offerte aux 13 chefs d'Etat africains dont les pays célèbrent cette année leur cinquantième anniversaire des indépendances. A cette occasion, le chef de l'Etat français a voulu les réunir pour participer aujourd'hui au défilé du 14 juillet. Tous ces pays ont envoyé des contingents pour défiler sur la plus grande avenue du monde, les Champs Elysées.

La circonstance ne pouvait pas être si belle pour annoncer la ‘décristallisation’ des pensions des retraites des anciens combattants africains. Par exemple, actuellement, un ancien combattant français perçoit 600 euros (393 574, 2 francs) quand son collègue marocain ne reçoit que 80 euros (52 476, 56 francs Cfa). Un peu avant, en 2006, un Français touchait environ 460 euros (301 740, 22 francs Cfa) au moment où un Sénégalais en touchait 193 (126 599, 7 francs Cfa), un Algérien 60 (39 357, 42 francs Cfa) et un Vietnamien 38 (24 926, 366 francs Cfa).

Cette injustice, instaurée depuis une loi de 1959, entre des frères d'armes a été combattue depuis très longtemps. A plusieurs reprises, des anciens combattants africains ont attrait l'Etat français devant les juridictions françaises pour cette cristallisation instaurée par une loi de 1959. Après plusieurs hésitations, le président Jacques Chirac finira par toucher cette loi après avoir vu le film ‘Indigènes’ qui relate la participation des fils d'Afrique à la libération de la France. Non pas pour ‘décristaliser’ et aligner les pensions des tirailleurs sénégalais à celles des anciens combattants français, mais calculer leur salaire en fonction du niveau de vie dans chaque pays. C'est un pas important, mais insuffisant pour aboutir à l'égalité entre d'anciens frères d'armes.

Photo: Tirailleurs Sénégalais/1940

C'est pour cette raison, que cette cristallisation reviendra comme un boomerang à la figure de l'État français. C'est ainsi que le Conseil constitutionnel avait été saisi par une famille d'ancien combattant, Khedija et Moktar Labanne. Ces derniers avaient utilisé la nouvelle question prioritaire de constitutionnalité, une disposition instaurée par la révision constitutionnelle du juillet 2008, voulue par Nicolas Sarkozy. Ainsi la cristallisation des pensions se retrouve-t-elle sur la sellette depuis deux mois. Fin mai, le Conseil constitutionnel avait censuré les lois de cristallisation, jugeant qu'elles constituaient une rupture du principe d'égalité. Alors, la France ne pourra plus se débiner pour refuser de s'aligner sur la décision du Conseil constitutionnel.

C'est dans ce contexte que Nicolas Sarkozy a annoncé la décristallisation des pensions des anciens combattants, hier, devant 13 Chefs d'État africains. ‘Il est des dettes qui ne s'éteignent jamais. C'est le cas de celle que la France a contractée envers vos pays, où commença de briller, voici 70 ans, la flamme de la France Libre, et dont les fils ont versé leur sang pour libérer la France. Il était temps de la reconnaître avec toute la solennité qui convient’, a dit Nicolas Sarkozy. Avant de poursuivre que et de lâcher cette délivrance qui met fin à autant d'injustice : ‘C'est également pour témoigner de notre reconnaissance indéfectible envers les Anciens Combattants originaires de vos pays, que nous souhaitons les voir bénéficier désormais des mêmes prestations de retraite que leurs frères d'armes français. C'est une décision que nous avons prise ce matin en Conseil des ministres. Egalité parfaite’. Ainsi le décret qui va être signé dans ce sens devrait profiter à 30 000 anciens combattants. Les 10 000 sont d'anciens soldats ayant servi sous le drapeau français avant l'indépendance des colonies et 20 000 de leurs héritiers.

Ils verront alors leurs pensions augmentées. Selon les premières estimations, cela reviendra à un peu plus de 150 millions d'euros au budget français pour mettre un terme à l'injustice.

Mais une autre boîte à pandore risque d'être ouverte : c'est le rappel des sommes dues durant les années passées. Le ‘gros lot’, comme diraient les étudiants de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Article depuis: www.walf.sn

REACTIONS DEPUIS PARIS:

Photo/14 juillet 2010: Défilé du 4ème Bataillon de Saint-Cyr Coëtquidan

Les pensions des vétérans des anciennes colonies françaises vont être alignées

13 juillet 2010 – 15:28

C’est sans doute une décision historique. A l’occasion de la participation de 13 armées africaines au défilé militaire du 14 juillet à Paris, le président Sarkozy a annoncé, ce 13 juillet, l’alignement des pensions de tous les anciens combattants, quels que soient leur nationalité et leur pays de résidence.

« C’est pour témoigner de notre reconnaissance indéfectible envers les anciens combattants originaires de vos pays que nous souhaitons les voir bénéficier désormais des mêmes prestations de retraite que leurs frères d’armes français » a ainsi déclaré le président Sarkozy lors d’un déjeuner avec les dirigeants africains de 13 anciennes colonies françaises.

En tout cas, cela met fin à ce qui était jusque là perçu comme une injustice. En effet, depuis 1959 et le mouvement de décolonisation amorcé par le général de Gaulle, les pensions des anciens combattants citoyens des pays nouvellement indépendants avaient été « cristallisées », c’est à dire qu’elles avaient été gelées par rapport à celles de leurs camarades français.

Cette décision n’avait pas posé de problème au moment où elle fut prise dans la mesure où les dirigeants des anciennes colonies estimèrent que cela allait limiter l’influence de ces vétérans, attachés à la France, dans leurs sociétés respectives en plus d’éviter un trop grand écart de pouvoir d’achat entre eux et les fonctionnaires locaux.

Jusque dans les années 1970, personne ou presque ne s’en était alors offusqué. Mais avec les chocs pétroliers qui provoquèrent de l’inflation, les inégalités de traitement sont vite apparues, en même temps qu’un fort sentiment d’injustice.

En 1985, il avait été question de « décristalliser » ces pensions. Mais devant le coût de cette décision, le gouvernement de l’époque avait fait machine arrière. Il faudra attendre 2006 pour qu’une première brèche soit ouverte, avec un assouplissement de la loi de 1959. Mais cela n’avait pas mis fin pour autant aux inégalités, un vétéran français ayant une pension deux fois plus importantes que celle d’un ancien tirailleur sénégalais (460 euros contre 193 en moyenne).

En mai dernier, le Conseil constitutionnel, saisi selon la nouvelle procédure dite de « question prioritaire de constitutionnalité » (QPC), instaurée avec la révision constitutionnelle de juillet 2008, avait indiqué que, dans un même pays de résidence, il ne devait pas y avoir de différence de pension entre deux anciens combattants de nationalité différente ayant les mêmes droits.

Toutefois, les sages avaient estimé non contraire au principe d’égalité le fait que des pensions soient différentes selon qu’un vétéran habite en France ou à l’étranger.

Concrètement, et selon le secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, Hubert Falco, la décision du président Sarkozy d’aligner les pensions devrait profiter à 10.000 vétérans ayant servi la France avant l’indépendance de leur pays et à 20.000 de leurs héritiers, pour un coût évalué à 150 millions d’euros.

Décès du commandant Henry-Jean Loustau

14 juillet 2010 – 21:00

La Fédération nationale des Anciens Combattants résidant hors de France (FACS) a annoncé, le 14 juillet, le décès de son président, le commandant Henry-Jean Loustau, à l’âge de 87 ans.

Né le 4 juillet 1923 à Ville d’Avray, dans les Hauts-de-Seine, Henry-Jean Loustau, alors étudiant à Toulouse, s’engage, après l’invasion de la « zone libre » par les troupes allemandes en novembre 1942 au sein de l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA), créée par le général Frère.

Plus tard, le Bureau central de renseignements et d’actoon (BCRA), le service de renseignement de la France Libre, lui donne pour mission d’organiser les maquis de l’Armée secrète (AS) et les parachutages d’armes. De 1943 à 1944, il prendra la tête de l’un d’entre eux dans la région 5, qui couvre le Limousin, la Dordogne et une partie du Centre.

En octobre 1944, Henry-Jean Loustau est promu officier de réserve. Il prend part aux combats de la poche de Royan et ceux du front de l’Est en 1945.

Après la guerre, il devient sous-lieutenant de l’armée d’active puis il est affecté en Indochine le 28 décembre 1945. Il y gagne ses galons de capitaine cinq ans plus tard. L’officier sera par la suite affecté en Algérie où il commandera un bataillon en 1956, puis de 1959 à 1961. Entre temps, promu commandant, Henry-Jean Loustau a occupé les fonctions de chef de cabinet du Haut-Commissaire de Nouvelle-Calédonie et dépendances.

A l’issue des évènements en Algérie, le commandant Loustau, qui n’a pas accepté l’évolution voulue par le gouvernement français de l’époque, quitte l’armée et choisit l’exil volontaire. Ainsi, de 1962 à 1968, il est expatrié au Brésil, où il travaille en qualité de cadre supérieur pour Saint-Gobain.

Revenu en France en 1981, après avoir passé le reste de sa vie professionnelle en Espagne et au Portugal, le commandant Loustau a occupeé la présidence de l’Union nationale des parachutistes (UNP) de 1986 à 1990.

Grand Officier de la Légion d’Honneur et Grand-Croix de l’Ordre national du Mérite, le commandant Loustau, blessé à quatre reprises au combat, était titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 avec 5 citations, de la Croix de guerre des Théâtre des opérations extérieures (TOE), avec 10 citations, de la Croix de la Valeur militaire avec 2 citations ainsi que de nombreux autres décorations étrangères.

Par ailleurs, le commandant Loustau a écrit quatre livres au sujet de ses expériences militaires : « Derniers combats d’Indochine », « Guerre en Kabylie », « Les deux bataillons » et « Flashs de guerre ».

Addendum : Les obsèques du commandant Loustau auront lieu le 16 juillet, à 15.30, à l’église de Rouffignac-Saint-Cernin de Reilhac (24). L’Union des Français de l’Etranger prévoit une messe aux Invalides en sa mémoire en septembre prochain.

Article depuis: www.opex360.com/

Le Commandant Henry-Jean LOUSTAU

Originaire du Sud-Ouest, Henry-Jean LOUSTAU est étudiant à Toulouse lorsqu’il rejoint la Résistance en 1942. Tour à tour agent d’un réseau, puis dès 1943chef de maquis de l’Armée secrète en région 5, il a terminé la Seconde Guerre mondiale plusieurs fois cité et a été décoré de la médaille de la Résistance.

Volontaire par la suite pour servir en Extrême-Orient, Henry-Jean LOUSTAU est en 1945 affecté à Madagascar, puis à Colombo où sont regroupées les forces françaises. Après la capitulation du Japon, il sert en Indochine où il combattra sans discontinuer de 1945 à 1954. Sous-lieutenant en 1945, lieutenant en 1947, il sera par la suite promu capitaine à titre exceptionnel en 1950. Rapatrié après l’armistice, il servira dans deux cabinets ministériels puis en Algérie à l’époque des «rappelés».

Promu commandant en 1957, l’un des plus jeunes de l’armée française, il sera désigné ensuite pour occuper les fonctions  de chef de cabinet militaire du Haut-commissaire dans l’océan Pacifique, gouverneur de la Nouvelle Calédonie et dépendances. De retour en Algérie, Henry-Jean LOUSTAU se dépensera sans compter à la tête d’un bataillon opérationnel pour faire triompher la «solution la plus française» selon les directives de ses chefs. Cet engagement le conduira à la révolte, à la condamnation et à l’exil volontaire durant vingt ans au cours desquels il travailla comme cadre supérieur pour Saint-Gobain au Brésil, de 1962 à 1968, puis en Espagne et au Portugal, de 1968 à 1981.

Commandeur de la Légion d’honneur en 1958, à trente cinq ans, titulaire de vingt-deux titres de guerre, dont dix-sept citations, quatre fois blessé, titulaire de dix autres décorations françaises et étrangères dont les croix de guerre vietnamienne et cambodgienne, Henry-Jean LOUSTAU, aujourd’hui dignitaire de la Légion d’honneur comme Grand-Officier ainsi que de l’Ordre national du Mérite comme Grand-Croix, figura en son temps parmi les officiers les plus remarqués de l’armée française.

Vice président sous la présidence du colonel ROMAIN-DESFOSSES, le commandant LOUSTAU lui succède, de 1986 à 1990, à la tête de l’Union Nationale des Parachutistes (UNP).

Sos son mandat quelques innovations sont réalisées :

1.      Les statuts sont revus. En particulier, le Président national est élu pour 3 ans avec limite d’âge fixée à 73 ans ;

2.      Le Règlement intérieur est mis à jour en conséquence ;

3.      Le siège de l’UNP est transféré de la rue Saint-Joseph à la rue de l’abbé Groult (Paris 15ème) ;

4.      Un Comité d’Honneur composé de chefs historiques et de parachutistes de renom et de tous grades est créé ;

5.      Création de l’Union Européenne des Parachutistes (UEP), le 25 novembre 1989 ;

6.      Un prix littéraire «André ZIRNHELD» est créé au bénéfice d’un auteur parachutiste ayant contribué à faire connaître l’épopée para ;

7.      Une association des sports aériens est créée ;

8.      Un voyage à CAMERONE (Mexique) est organisé dans le cadre de «Paratours», destiné à organiser des voyages au profit de l’UNP.

Henry-Jean LOUSTAU a écrit 4 ouvrages : «Derniers combats d’Indochine», «Guerre en Kabylie», «Les deux bataillons», aux éditions Albin Michel et «Flashs de guerre» aux éditions Publisud.

Aujourd’hui, le commandant LOUSTAU est Président de la Fédération des anciens combattants résidant hors de France (FACS Nationale) et siège au Conseil Supérieur des Français de l’Etranger comme membre désigné par le gouvernement.

ETATS de SERVICE

Né le 4 juillet 1923 à Ville d’Avray (Hauts-de-Seine), mort ce 14 juillet 2010.

il entre dans la Résistance en novembre 1942 au titre de l’ORA (Organisme de Résistance de l’Armée).

Il est chargé par le B.C.R.A. d’organiser des maquis de l’armée secrète et les parachutages d’armes. Chef d’un maquis armé de l’A.S. en région 5 de 1943 à 1944. Création de la Brigade RAC future 50ème RI.

Certificat d’appartenance au F.F.I. (Forces Françaises de l’Intérieur) n° 43 733 du 22 juillet 1950 délivré par la 4ème R.M. (Région Militaire).

Aspirant de réserve jusqu’au 1/10/1944, puis Sous-lieutenant de réserve.

Opérations sur le Front de l’Atlantique (poche de Royan) et sur le Front de l’Est en 1945.

Nommé Sous-lieutenant d’active le 1er juin 1945, il est désigné pour servir en Extrême-Orient et débarqué en Indochine le 28 décembre 1945.

En Indochine du 28/12/1945 au 24/12/1954 a servi successivement au I.B.M.E.O., 11/I.R.M.C./B.C.C., 1er B.M.I.-G.C.M.A.-4ème B.C.C.- 5B.P.V.N.

Nommé lieutenant le 1/6/1947, capitaine le 30/6/1950, commandant le 31/12/1957.

Commandant d’un bataillon en Algérie en 1956.

Chef de cabinet du Haut-Commissaire de Nouvelle Calédonie et dépendances en 1957-1958.

Commandant d’un bataillon en Algérie de 1959 à 1961. Quitte l’armée en 1961.

Titulaire de

La Légion d’honneur – Dignité de Grand-Officier

Ordre National du Mérite - Dignité de Grand-Croix

La Croix de guerre 39-45 (5 citations)

La Croix de guerre des T.O.E. (10 citations)

La Valeur Militaire (2 citations)

La Médaille de la Résistance

La Croix du Combattant Volontaire avec agrafe 39-45

4 blessures de guerre

Breveté parachutiste en Indochine

Breveté commando

Diplômé Militaire Supérieur.

voir page: www.unp74.org

Posté par PORTIER VINCENT à 11:05 - DEVOIR DE MEMOIRE - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 19 juin 2010

AUNG SAN SUU KYI... 65 ANS ET DEPUIS 20 ANS EN RESIDENCE SURVEILLEE A RANGOON, BIRMANIE...

« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… »

Aung San Suu Kyi en résidence surveillée à Rangoon (Birmanie)depuis plus de 20 ans...

Vincent Portier Vincent Portier

"20 ANS D'APPEL A LA RESISTANCE..."

"Aung Sann Suu Kyi, nous ne vous oublions pas...ni pour aujourd'hui, ni pour demain..."

Merci à l'engagement de Madame Jane Birkin (voir ci-dessous) pour sa lutte en faveur des Droits des Femmes et contre le régime autocratique de la junte Birmane et plus généralement de toutes les formes d'atteinte à la Liberté des peuples à disposer d'eux mêmes...

Aujourd'hui âgée de 65 ans, Aung San Suu Kyi bénéficie de nombreux soutiens dans le monde entier, notamment de l'ONU et de l'organisation Campagne pour une Birmanie libre (Free Burma Campaign). Le groupe rock irlandais U2 lui dédie la chanson Walk On, un film sur sa vie est réalisé par le cinéaste John Boorman (Au-delà de Rangoon, 1995), l'Université Libre de Bruxelles et l'Université catholique de Louvain lui octroient le titre de docteur honoris causa. Retrouvez sa biographie après le programme des manifestations en l'honneur de ce 19 juin 2010 ,date de son 65e anniversaire...

jane_birkin_637x0_1 Aung San Su Kyi par Jane Birkin

En ce jour d’anniversaire d’Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix 1991, Amnesty International a l’honneur de s’associer à Jane Birkin pour présenter la chanson qu’elle a écrite pour elle. Depuis sa rencontre avec Aung San Suu Kyi il y a une dizaine d’années, Jane Birkin soutient inlassablement le peuple birman. Cette chanson émouvante et militante est une plaidoirie pour le combat que mène Aung San Suu Kyi pour la démocratie au Myanmar (ex-Birmanie).

Indignée par la répression des moines et de la population birmane à l’automne 2007, Jane Birkin a écrit cette chanson et l’a interprétée depuis sur les scènes du monde entier. La chanteuse militante vient de terminer à Paris l’enregistrement en studio de cette plaidoirie en faveur d’Aung San Suu Kyi, dont le texte reprend des informations diffusées par Amnesty International.


http://www.amnesty.fr/aungsansuukyi http://dassk.org/ http://www.info-birmanie.org/

Aung San Suu Kyi fêtée dans le monde entier

Vidéo Report: Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix birmane, a déjà passé 14 années de sa vie en prison ou en résidence surveillée, en raison de ses opinions démocratiques. Diffusé sur www.claptv.fr /Réalisation vidéo : Cédric Belliard

Aung San Suu Kyi, la figure de l’opposition à la junte birmane, fête aujourd’hui ses 65 ans, sous haute protection. Voilà en effet 21 ans que la résistante passe ses journées tantôt en prison tantôt en résidence surveillée.

Des flashmobs et des rassemblements sont prévus dans le monde entier afin de célébrer l’anniversaire du prix Nobel de la paix 1991, tout en rappelant que cette dernière est encore tenue en captivité.

L’ancien président américain Jimmy Carter a affirmé qu’elle était “un symbole mondial du courage face à la répression”. Selon un porte parole de Human Rights Watch, Aung San Suu Kyi représentera toujours une menace pour le régime birman tant qu’elle est en vie.

En Grande-Bretagne, le ministre des affaires étrangères a demandé à ce que la “Dame de Rangun” soit libérée dans l’immédiat et sans conditions. Aung San Suu Kyi devait être libérée en mai 2009 avant qu’un américain ne s’introduise chez elle à la nage. Cette visite lui a valu 18 mois de plus d’assignation à résidence.

La mobilisation internationale précipitera-t-elle sa libération ?

Jessica N. pour Starwizz

an

Célébrations pour l'anniversaire d'Aung San Suu Kyi le 19 juin

Birmanie: des arbres pour le 65e anniversaire d'Aung San Suu Kyi

AFP 01:28

Birmanie: des arbres pour le 65e...

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, unique prix Nobel de la paix à être privée de liberté, fêtera son 65e anniversaire samedi 19 juin, toujours en résidence surveillée. Vingt mille arbres devaient être plantés dans le pays pour honorer le combat de cette femme, épouvantail d'un des régimes militaires les plus fermés du monde. Le parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), vainqueur des élections législatives de 1990 mais écartée du pouvoir, est à l'origine de cet hommage. Durée: 1min29.

Le 19 juin, la communauté birmane de France et les associations Info-Birmanie, Reporters Sans Frontières, la FIDH, l’Alliance des Femmes pour la Démocratie et Femmes Solidaires célèbreront les 65 ans d’Aung San Suu Kyi.

Une célébration douce-amère puisqu’Aung San Suu Kyi demeure privée de liberté depuis plus de 14 années, et que la junte a récemment confirmé son maintien en détention. En cette année 2010, l’anniversaire du Prix Nobel de la Paix coïncide tristement avec le 20ème anniversaire des dernières élections démocratiques qui se sont tenues en Birmanie le 27 mai 1990 et durant lesquelles le peuple birman exprimait de façon irrévocable son désir de changement.

Alors que les généraux ont annoncé pour la fin de l’année 2010 la tenue de nouvelles élections législatives, le processus de démocratisation est au point mort et ce scrutin, qui s’annonce comme une farce électorale, garantira la pérennité de ce régime militaire, l’un des plus répressifs au monde. Face à ce risque d'institutionnalisation de la dictature en Birmanie, une grande coalition d’organisations birmanes et internationales a lancé une campagne pour clamer publiquement son opposition à la situation politique en Birmanie et dénoncer le processus électoral. A cet effet, une pétition a été lancée et les votes seront remis au gouvernement français après les célébrations des 65 ans d’Aung San Suu Kyi.

A Paris, retrouvez-nous samedi 19 juin à partir de 18 heures avec au programme :

18 h : danses traditionnelles birmanes

18h45 : buffet birman

20h : projection du documentaire Burma VJ

21h30 : débat

Lieu : 12, rue Guy de la Brosse – 75005 PARIS

        Métro Jussieu

Pour plus d’infos sur l’évènement à Paris : infobirmanie@gmail.com Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir


Action pour Aung San Suu Kyi samedi 19 juin à Strasbourg

18h : projection du documentaire Burma VJ

19h30 : débat

Lieu : Cinéma Odyssée

3 Rue des Francs Bourgeois - 67000 Strasbourg

Organisé par Info-Birmanie Strasbourg.

Pour plus d’infos sur l’évènement à Strasbourg : infobirmanie.strasbourg@gmail.com Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Vous ne pouvez pas être présents ?

> Soutenez Aung San Suu Kyi et le mouvement démocrate birman en signant la pétition pour des élections libres en Birmanie ! http://infobirmanie.wufoo.com/forms/r7x3p9/

> Postez un message de solidarité sur votre compte Facebook ou Twitter, en mettant en ligne un portrait d'Aung San Suu Kyi ou le logo appelant à des élections libres en Birmanie !
http://www.info-birmanie.org/images/images_birmanie/campagne/birmanieelections-logo.gif
http://www.info-birmanie.org/ images/images_birmanie/assk_ 10.png

Sites officiels:http://www.amnesty.fr/aungsansuukyi http://dassk.org/ http://www.info-birmanie.org/



bulletin_vote

Biographie : Qui est Aung San Suu Kyi ?

  • 1990 : prix Rafto décerné par la Fondation Rafto pour les droits humains.
  • 1990 : prix Sakharov pour la liberté de pensée
  • 1991 : prix Nobel de la paix 
  • 2005 : prix Olof Palme 
  • 2008 : Prix de la Fondation décerné in abstentia par le Forum de Crans Montana et remis par M. Jacques Barrot Vice-Président de la Commission Européenne et M. Federico Mayor Co-Président du Panel des Nations Unies pour l'Alliance des Civilisations

Elle est membre de la fondation PeaceJam

Lire également l'article: http://portier.canalblog.com/archives/2010/03/08/17128691.html

Par Noël Blandin / La République des Lettres

Fille du général Aung San (leader de la libération birmane et dirigeant national assassiné en 1947) et de la diplomate Daw Khin Kyi, Aung San Suu Kyi est née le 19 juin 1945 à Rangoon (Myanmar, anciennement Birmanie), peu avant que la Birmanie ne se libère de la tutelle colonisatrice de la Grande-Bretagne.

C’est le général Aung San qui a négocié l’indépendance de la Birmanie en 1947. Il est assassiné par des rivaux la même année. Sa fille Aung San Suu Kyi a seulement deux ans lors de la mort de son père. Elle vit avec sa mère et ses deux frères à Rangoun (appelée parfois Rangoon ou Yangon), à l'époque capitale du pays. Aung San Lin, l’un des frères de Suu Kyi, est mort accidentellement alors qu’elle avait huit ans.

Sa mère, Daw Khin Kyi, commence à s'engager dans les milieux sociaux et publics, gagne peu à peu une certaine importance dans le paysage politique du gouvernement des années 1950 et 1960 puis est nommée ambassadrice de la Birmanie en 1960 à Delhi, en Inde. Suu Kyi étudie à l’École anglaise catholique de Birmanie puis rejoint sa mère en Inde afin de terminer ses études secondaires au College Lady Shri Ram à New Delhi en 1964.

Suu Kyi déménage ensuite en Grande-Bretagne, où elle suit un cursus de philosophie, politique et économie au St. Hugh’s College d'Oxford de 1964 à 1967 elle clôturera ses études par un doctorat (phd) à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de Londres. Elle travaille ensuite à l'étranger, notamment comme secrétaire aux Nations Unies à New York, et épouse en 1972 le Dr. Michael Aris, un anglais spécialiste des civilisations tibétaines.


Aung San Suu Kyi partage dès lors sa vie entre le Royaume-Uni et le Bhoutan, pays où habite son mari, et donne naissance à deux enfants, Alexander en 1973, et Kim en 1977. En 1988, Aung San Suu Kyi retourne vivre en Birmanie pour s'occuper de sa mère malade. Cette même année, le général Ne Win, à la tête d'une junte militaire au pouvoir depuis 1962, doit démissionner. Des troubles éclatent dans le pays mais sont brutalement réprimés par l'armée avant qu'une nouvelle junte reprenne le pouvoir.

Engagée dans la lutte pour la démocratie, Aung San Suu Kyi et ses amis politiques fondent alors, en septembre 1988, la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND). Influencée par la philosophie et les idées du Mahatma Gandhi et de Martin Luther King, plébiscitée par la population, la secrétaire générale de la LND prône la non-violence pour renverser le régime en place et propose des réformes pour installer durablement la démocratie en Birmanie.

Le 20 juillet 1989, Aung San Suu Kyi est arrêtée. Les militaires lui offrent le choix entre quitter la Birmanie ou être emprisonnée. Elle décide de rester dans son pays et sera assignée à résidence dans sa villa du 54 rue de l'Université à Rangoun. La mesure n'empêche pas la LND de remporter près de 80% des sièges lors des élections de 1990 mais le régime au pouvoir refuse le résultat du scrutin et accentue la répression contre les opposants. De sa résidence surveillée, Aung San Suu Kyi continue de lutter pour la paix et l'indépendance du pays, écrivant plusieurs discours et livres politiques.

Elle devient aux yeux du monde la figure emblématique de l'opposition birmane à la dictature militaire. En 1990, elle reçoit le Prix Rafto pour les droits humains, puis en 1991 successivement le Prix Sakharov pour la liberté de pensée et le Prix Nobel de la paix.

Avec l'argent du Prix Nobel (1,3 millions de dollars), elle crée un fonds pour un système de santé et d'éducation populaire. En juillet 1995, Aung San Suu Kyi est libérée de sa détention surveillée mais elle sait que si elle quitte la Birmanie, pour rendre par exemple visite à ses enfants qui vivent avec leur père en Grande-Bretagne, elle ne pourra plus revenir.

Le gouvernement multiplie les tracasseries administratives à son encontre, cherchant à lui faire quitter le pays, notamment lorsque son mari décède en 1999 à Londres. Interdite d'activité politique, elle est arrêtée à plusieurs reprises, emprisonnée de septembre 2000 à mai 2002, relâché sous pression des Nations Unies, puis réemprisonnée en 2003. Le prix Olof Palme pour les Droits de l'homme lui est décerné en 2005.

La junte militaire birmane prolonge tous les semestres son assignation à résidence malgré ses graves problèmes de santé. Tous ses moyens de communication (téléphone, courrier, internet, etc) sont filtrés ainsi que ses éventuels visiteurs. Aucun étranger ne peut la rencontrer.

En mai 2007, 57 dirigeants ou ex-dirigeants politiques -- entre autres Bill Clinton, Benazir Bhutto, Jimmy Carter, Vaclav Havel, Jacques Delors,.. -- adressent une lettre au chef de la junte birmane, le général Than Shwe, pour exiger la libération immédiate du "seul lauréat du prix Nobel de la paix emprisonné au monde". En septembre de la même année, elle sort brièvement pour saluer devant sa maison des moines bouddhistes qui manifestent contre le pouvoir en place, puis elle est de nouveau mise en prison et de nouveau réassignée à résidence. Deux ans plus tard, la junte birmane l'accuse d'avoir enfreint les règles de son assignation à la suite de l'intrusion d'un Américain, John Yettaw (1), dans sa maison de Rangoon.

Inculpée, elle écope en août 2009 d'une nouvelle condamnation à 18 mois de résidence surveillée qui l'empêchera de se présenter aux élections nationales prévues l'année prochaine. Au total, Aung San Suu Kyi a déjà été privée de liberté pendant plus de 13 ans depuis 1989.
Se libérer de la peur (Éditions des Femmes, 1991), Nationalisme et littérature en Birmanie (Éditions Olizane, 1996) et Ma Birmanie (Conversation avec Alan Clements, Éditions Hachette, 2008) sont les trois principaux livres d'Aung San Suu Kyi traduits en français. Parmi les essais et biographies qui lui sont consacrés (la plupart sont en anglais), citons entre autres Aung San Suu Kyi, demain la Birmanie de Jean-Claude Buhrer et Claude B. Levenson, et Aung San Suu Kyi, le jasmin ou la lune de Thierry Falise.

« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… »Aung San Suu Kyi en résidence surveillée à Rangoon (Birmanie)depuis plus de 20 ans...

Le Collectif Aung San Suu Kyi est à l’initiative du Bus pour la Liberté, qui sillonne pour la première fois la capitale. Il multipliera les actions jusqu’à la libération d’Aung San Suu Kyi, aux côtés des autres ONG pour les droits de l’homme en Birmanie.

Interview de Natalie Dessay et de Patrick Poivre d'Arvor.

Pour sauver Aung San Suu Kyi, nous avons besoin de vous ! Vite !

Ecrivez-nous dès maintenant à : collectifassk@gmail.com


D’avance, merci du fond du cœur.
------------

Notes
1) Condamné à 7 ans de prison ferme pour ce délit, John Yettaw a été libéré quelques jours après le procès, à la suite d'une rencontre entre le sénateur démocrate Jim Webb, proche de Barack Obama, et le général Than Shwe.

Sites officiels:http://www.amnesty.fr/aungsansuukyi http://dassk.org/ http://www.info-birmanie.org/

Posté par PORTIER VINCENT à 12:01 - PORTRAIT - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mardi 12 janvier 2010

CINEMA:EN HOMMAGE A ERIC ROHMER-LE DUC ET L'ANGLAISE-

couverture du livre  Eric Rohmer "Evidence et ambiguïté du cinéma"

Vincent Portier par Vincent Portier

En hommage à la disparition du réalisateur Eric Rohmer décédé ce lundi 11 janvier 2009,voici l'un de ses films qui est sans aucun doute la meilleure reconstitution de la période la plus sombre de la Révolution Française.Un Jean Claude Dreyfus plus vrai que nature dans le rôle de Monsieur le Frère du Roi dont le vote pour la mort de son frère le roi Louis XVI le conduira également à la guillotine. Lucy Russell incarne brillamment l'amie du Duc d'Orléans ,Miss Grace Elliott, une royaliste anglaise réfugiée en France qui défend le roi et brave les révolutionnaires.Mais,cette femme de la noblesse Anglaise,révoltée au début de l'histoire devient rapidement Citoyenne dans l'âme et nous donne un exemple des notions de Liberté,d'Egalité et de Fraternité.

Un film que l'éducation Nationale devrait faire voir à tous les élèves qui commencent l'Histoire de la Révolution Française.

Eric Rohmer nous livre avec ce film un "testament Historique"très original de par sa mise en scène audacieuse et son scénario riche en dialogues et rebondissements. En extérieur, les personnages de la Révolution évoluent au sein de tableaux peints grâce une technique numérique. Ce choix délibéré permet de recréer des décors disparus de Paris à cette époque et donne une magie et une poésie quasi réaliste à cette époque trouble.

Pour François Fillon, le réalisateur français disparu à l'âge de 89 ans était "le cinéaste du subtil".  "Je lui dois absolument tout", a quant à lui déclaré l'acteur Fabrice Luchini.

Si dessous un Extrait culte:

Cliquez sur:Ma nuit chez Maud (Rohmer) - Avez-vous lu Pascal ?

HOMMAGE A ERIC ROHMER

La quête du bonheur

Mort ce 11 janvier à l'âge de 89 ans, le cinéaste Eric Rohmer laisse une oeuvre immense et spirituelle. Portrait d'un observateur unique des passions humaines.

C'est dans le tumulte créatif de la Nouvelle Vague qu'émerge, à la fin des années 1950, l'élégante figure d'Eric Rohmer (né Maurice Schérer). Comme ses condisciples des Cahiers du cinéma, qu'il dirige de 1957 à 1963, il ne tarde pas à passer de la critique à la réalisation, avec un premier long métrage, 'Le Signe du lion', en 1959. Mais à côté du génie turbulent d'un Godard, des coups d'éclat d'un Truffaut, Rohmer préfère les demi-teintes, jouant l'épure, le raffinement sobre, apolitique, d'une radicalité sans outrance.


Un classicisme singulier

Plutôt qu'avant-gardiste, Rohmer est un moderne qui refuse de jeter les classiques avec l'eau du bain. La Vague a beau sembler aussi nouvelle qu'excitante, c'est sur l'océan culturel du passé qu'il préfère prendre le large. Aussi, par le cinéma, cet ancien prof de lettres fera office de passeur. Dès 1962, sa série de 'Contes moraux' (parmi lesquels 'Ma nuit chez Maud' ou 'L'Amour l'après-midi') se place ouvertement dans la lignée des moralistes français du XVIIe siècle, dont il partage l'esthétique de la simplicité et le refus du clinquant. Organisant de bout en bout son oeuvre en cycles, Rohmer reconnaît d'ailleurs procéder à la manière d'un romancier, ou d'un nouvelliste, inscrivant presque systématiquement chacun de ses films au sein d'un plus large recueil.

Ainsi, aux 'Contes moraux' des années 1960 succèdent 'Comédies et proverbes' ('
Pauline à la plage', 'Le Rayon vert'...), inspirés de citations de Musset, La Fontaine, Rimbaud ou Chrétien de Troyes - dont il adapte également 'Perceval le Gallois' avec Fabrice Luchini en 1978. Suivront les 'Contes des quatre saisons' au cours des années 1990, et un ensemble de 'Drames historiques' que clôt son dernier film, 'Les Amours d'Astrée et Céladon' (d'après Honoré d'Urfé), en 2007.

Seulement, sa maîtrise des récits et des formes classiques ne doit pas masquer l'ironie, la légèreté et l'ambiguïté que Rohmer y distille en permanence, refusant toute posture héroïque dans une opposition qu'il juge naïve, entre modernisme et héritage du passé. Les préoccupations du cinéaste, son étude aiguë de l'instabilité des passions humaines, visent au-delà de ce débat.



Moraliste gracile

C'est avant tout l'incertitude d'un enjeu moral, intemporel, une béance intime ouverte par la multiplicité contradictoire des désirs, que donnent à voir les corps amoureux des films de Rohmer. Dont le subtil marivaudage se situe aux antipodes du théâtre de boulevard : la fugacité des jeux de l'amour y instaure un dilemme que la parole échoue à saisir.

Ainsi, en associant à l'adjectif "rohmerien" une regrettable connotation de verbalisme creux, on passerait à côté de ce qui fait, précisément, la justesse du réalisateur. Car c'est à travers ce divorce qu'il met en scène, entre les frémissements des corps et les voix qui en cherchent en vain le sens, que Rohmer montre l'incapacité de l'être à se résoudre. Etat d'indécision totale face aux fluctuations du désir : toujours, les corps à l'image disent en silence ce après quoi la parole court infiniment.

Pour parvenir à l'évidence, l'amour se débat dans des mots qui n'arrangent rien. Tout le monde connaît ça. Or, ces tortueux chemins psychiques et sensibles, Rohmer les observe d'abord avec une apparente froideur ('Ma nuit chez Maud', 1969), puis, peu à peu, au gré d'une complicité amusée ('Pauline à la plage', 1982), jusqu'à l'hédonisme solaire du superbe '
Conte d'automne' (1998). Scrutateur des passions de l'âme, de leur exaltation à leurs évanouissements inattendus, le cinéaste nous laisse ses films comme autant de précieuses variations sur la quête d'un bonheur qui se cherche hors des convenances. Et ne se trouve jamais où on l'attend. Le tout avec un humour délicat et une classe folle.


La transparence du monde

Romantiques, les films de Rohmer le sont d'ailleurs au sens propre : celui de l'Allemagne du XVIIIe siècle et de la poésie panthéiste d'Heinrich von Kleist - dont il adapte 'La Marquise d'O...' en 1976. Car de la même manière que les comportements de ses personnages lui permettent d'en dévoiler les mouvements les plus intimes, ses plans tentent d'appréhender l'ordre même de la Nature, dans l'espace et le temps : "Le récit est au service du lieu, il est fait pour mettre en valeur le lieu. C'est cela que j'appelle la recherche de la vérité [...]. De même m'intéresse la durée, l'objectivité de la durée." (1)

Ces lieux ? De multiples chambres à coucher où l'on ne couche pas, une plage de sable, la place de l'Etoile, une forêt au soleil, des appartements bourgeois où l'on flirte, une zone industrielle... Et, encore et toujours, ces corps dont l'entrée se dérobe ; mais que la temporalité très particulière des films de Rohmer permet d'entrevoir dans ce qu'ils ont de plus réel, cru, sans artifice flatteur. Et souvent d'une beauté éblouissante.

Au fond, Eric Rohmer, c'est ainsi une invitation à se laisser prendre par le rythme objectif de ce que la caméra enregistre. D'où l'absence totale d'accompagnement musical, qui fausserait la donne. Simplement, une contemplation brute et directe du monde - qu'il s'agisse de fleurs qui dansent ou de jeunes filles écloses. Aussi, dans ce cinéma de la prose, parfois bavard, la poésie fait-elle irruption d'elle-même, naturellement. Il n'y a qu'à voir.



(1) Les Cahiers du cinéma, n°172, novembre 1965.

Alexandre Prouvèze pour Evene.fr
Remerciements à Guillaume Fauvel - Janvier 2010

Son "testament historique":

L'Anglaise et le Duc,2001,premier de ses trois derniers films sur les drames historiques.(2004 : Triple agent 2007 : Les Amours d'Astrée et de Céladon)

L\'Anglaise et le Duc

BANDE ANNONCE: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18666279&cfilm=29072&hd=1.html

L'Anglaise et le Duc par Catherine Raucy

Un portrait de Grace Elliott par Thomas Gainsborough en 1778.

L'histoire de Grace Elliott: http://fr.wikipedia.org/wiki/Grace_Elliott 

En voyant l'Anglaise et le Duc, le premier mot qui vient à l'esprit est celui de culot. Mais c'est un culot tranquille qui a présidé ici aux choix de mise en scène et de décors: des toiles peintes aux tons verts et beiges figurent les rues et les places du Paris de l'Ancien Régime, encore mélangé à la campagne environnante. Les intérieurs, cadres de longs dialogues, offrent les mêmes tons neutres, un peu austères, que rehaussent seulement le raffinement des accessoires et la séduction des toilettes que la vogue d'un naturel à la Rousseau avait mises à la mode en ces années 1780-1790. Et l'effet paradoxal de ces décors qui paraissent empruntés au théâtre est de nous plonger sans heurts, mieux que n'auraient fait les murs d'une ville réelle filmés au ras du pavé, dans une époque révolue depuis plus de 200 ans, de dérouler sous nos yeux comme dans un castelet de marionnettes une période agitée de l'Histoire, telle qu'a pu l'observer depuis la position très particulière qui était la sienne l'Anglaise du titre, la citoyenne Grace Elliott.
    Etant femme, anglaise et royaliste de coeur, Grace Elliott se retrouve en effet triplement étrangère au monde viril et violent de la Révolution française. Elle en voit le brutal triomphe dés les premières scènes du film, lorsque les meurtriers de la princesse de Lamballe lui montrent fièrement la tête de leur victime plantée au bout d'une pique. Traitée en saynète pédagogique -- la tête est de cire et l'irréalité assumée des décors maintient la distance --, la scène annonce clairement, par ailleurs, le fait que la narration filmique adhèrera le plus souvent au point de vue de l'héroïne. Et les séquences qui suivent: sa fuite clandestine à la campagne, son retour à Paris pour sauver un noble de sa connaissance qui lui a demandé de l'aider, nous font en effet trembler pour elle et souhaiter le succès de ses entreprises.
   Mais le caractère parfois emphatique du commentaire en voix-off et du jeu des acteurs écarte le film du pur pathétique et le désigne clairement pour ce qu'il est: la figuration subjective d'événement marquants, et sous des apparences conformes aux canons esthétiques de l'époque. Les couleurs, les postures, les visages, les dialogues placent ainsi le spectateur du XXIe siècle devant la représentation sociale que donnaient, chacune à leur manière, la courtoisie de l'Ancienne France et la rudesse des révolutionnaires. Par son caractère ouvertement théâtral, cette représentation rappelle bien sûr la Marquise d'O et Perceval le Gallois, du même Eric Rohmer, mais aussi la vision que donnait de cette même période révolutionnaire les Deux Orphelines, un mélodrame muet de D.W.Griffith, réalisé en 1921.
    Spectatrice de la Révolution, mais aussi actrice à ses heures, Grace Elliott traverse la période en femme prudente, mais aussi en résistante attachée à une monarchie qu'elle considère comme sacrée. Comme pour tempérer l'audace que constitue cette vision plutôt inhabituelle de la Révolution, Rohmer confronte la dame anglaise à son ancien amant, le duc d'Orléans, que les révolutionnaires appelleront Philippe-Egalité. Développées comme des dialogues de théâtre, leurs conversations, en contrepoint de scènes plus mouvementées, évoquent l'amplification progressive du mouvement révolutionnaire auquel le duc a décidé d'apporter son soutien, avant de se faire balayer par lui; le climat d'amitié amoureuse qui existe entre les deux personnages atténue cependant l'aridité de ce contenu. A l'idéal de progrès démocratique défendu par un prince éclairé qui prend peu à peu conscience de la profondeur et de la violence des bouleversements qu'il a appelés de ses voeux, le cinéaste oppose la méfiance et l'indignation de la jeune anglaise, qui finit par rompre avec son ancien amant quand elle apprend qu'il a voté la mort du roi.
    Et les deux poins de vue finissent par se relativiser, ou plus exactement par se corriger l'un l'autre: le destin du duc peut apparaître comme le résultat d'un aveuglement tragique, mais aussi comme un sacrifice héroïque à l'avenir qu'il rêvait pour la nation française; celui de Grace Elliott, perpétuellement menacée et chaque fois sauvée par sa détermination et son courage, peut en faire une héroïne du camp monarchiste ou la survivante d'un monde désormais révolu. L'ambigüité de Rohmer est de nous montrer l'itinéraire de celui-là à travers le regard de celle-ci. Mais, en laissant au duc le temps de présenter sa défense, il redonne une objectivité à son récit, et transforme une évocation faussement désuète en une subtile leçon d'Histoire.

                         

Louis Philippe II, duc d’Orléans.Cliquer sur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Philippe_d%27Orl%C3%A9ans_(1747-1793)

Journal de ma vie durant la Révolution française (Broché)

de Grace Elliott (Auteur), Eric Rohmer (Préface)

Journal de ma vie durant la Révolution française

BIOGRAPHIE:

Eric Rohmer:Critique,Auteur,Réalisateur...

Voir également le site http://www.terryballard.org/rohmer.htm en langue anglaise sur la carrière d'Eric Rohmer.

Éric Rohmer, né sous le nom de Maurice Henri Joseph Schérer à Tulle (Corrèze, Limousin, France) le 21 mars 1920 selon le Who’s Who in France[1] et né sous le nom de Jean-Marie Maurice Schérer à Nancy (Meurthe-et-Moselle, Lorraine, France) le 4 avril 1920 selon IMDb[2], est un réalisateur de cinéma français.

Il est le frère du philosophe René Schérer et le père du journaliste français René Monzat.

Rohmer est d'abord professeur de lettres, germaniste et écrivain. Il publie un roman, Élisabeth, en 1946, sous le pseudonyme de Gilbert Cordier.

Rohmer écrit ensuite pour différentes revues, et fonde La Gazette du cinéma où il fait la connaissance de Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, François Truffaut, ou encore Claude Chabrol — avec lequel il signe en 1957 un livre sur Alfred Hitchcock.

Ce groupe se dirige d'abord vers la critique, au sein des Cahiers du cinéma, dont Rohmer devient rédacteur en chef de 1957 à 1963.

Ils vont rapidement fonder ce qui deviendra « la Nouvelle Vague ». En 1959 il réalise son premier long-métrage, Le Signe du lion, un film à l'aspect très novateur (étonnant, pour l'époque, dans ses digressions et son sens du rythme lent), sorti sans grand succès trois ans plus tard. En 1962, il crée avec Barbet Schroeder, la société Les Films du Losange, qui produira la majorité de ses films.

La même année, il entame un cycle de six films baptisé Contes Moraux. Ce sont des intrigues sentimentales sur des thèmes chers au cinéaste (l'amour et le hasard, le destin), sur un canevas commun : le choix de la femme, la tentation de l'infidélité puis le retour vers l'élue. Son style fera aussi sa marque, entre profondeur, raffinement et légèreté. Les dialogues y sont souvent sophistiqués et très littéraires. Sa direction d'acteur est assez épurée et sa mise en scène simple et efficace. Ma nuit chez Maud (1969), et Le Genou de Claire (1970, Prix Louis-Delluc) sont particulièrement remarqués.

À noter que pour des raisons de production, le troisième conte, Ma Nuit chez Maud, fut tourné en 1969 après le quatrième La Collectionneuse en 1967.

Les Comédies et Proverbes forment le deuxième grand cycle, où chaque film illustre à sa manière une phrase tirée de la sagesse populaire, inventée pour les besoins de la cause le cas échéant.

Dans cette série, Le Rayon vert (1986), film en partie improvisé obtient le Lion d'Or à Venise

Les années 1990 sont marqués par les Contes des quatre saisons, dans lesquels le cinéaste poursuit son exploration des jeux et des hasards amoureux.

Simultanément, il réalise des films hors de ses séries, comme La Marquise d'O (1976, d'après Heinrich von Kleist), Perceval le Gallois (1979, d'après Chrétien de Troyes) ou les 4 aventures de Reinette et Mirabelle (1987).

Rohmer est un exemple parfait du cinéma d'auteur à la française écrivant seul ses scénarios, qu'ils soient originaux ou adaptés d'œuvres littéraires comme La Marquise d'O (1976) ou Perceval le Gallois (1978).

Il choisit souvent de jeunes comédiens inconnus mais fait aussi appel à des acteurs confirmés comme Jean-Louis Trintignant (Ma nuit chez Maud, 1969) ou André Dussollier (Le Beau Mariage, 1982).

Éric Rohmer a révélé les comédiens Arielle Dombasle, Pascal Greggory et Fabrice Luchini.

Il a eu un fils, le journaliste René Monzat.

Posté par PORTIER VINCENT à 10:42 - CINEMA - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


  1 

soutenez Otages du Monde

Soutenir une Living Planet - Joignez-vous à WWF