SITE INTERNET POUR LES DROITS DE L'HOMME

S.I.D.H,tous les domaines qui touchent l'Homme:Culture-Esprit-Foi-Politique-Justice-Environnement-Recherche..."Mettons en commun ce que nous avons de meilleur et enrichissons-nous de nos mutuelles differences Paul Valéry

dimanche 10 juillet 2011

SITE FRANCE/CHARTRES: CAPITALE MONDIALE DES LUMIERES...

 

 

logo_chartres naissance02

 

trt_naissance

 

 

La ville de Chartres méritait d'avoir une fête populaire, la qualité du patrimoine s'impose naturellement dans une ville aussi riche historiquement, dominée par cette superbe cathédrale classée patrimoine mondial de l'UNESCO.

Naturellement s'est imposée la mise en valeur d'un patrimoine que beaucoup nous envient. Chartres, connue aussi par la qualité de ses vitraux, le lien était créé : le patrimoine et la lumière.

 

 

Ainsi est née Chartres en Lumières. Septembre 2003 fut le début d'une grande aventure, une aventure artistique, humaine et surtout une rencontre avec les Chartrains et un public.

A travers ce site internet, nous vous proposons de découvrir ou de redécouvrir la ville de Chartres comme vous ne l'avez jamais vue.

 

 

2011, vous permettra d'avril à septembre de découvrir 26 sites parsemés dans notre belle ville, pour conclure les 17 et 18 septembre sur le grand moment de l'année, La Fête de La Lumière. Bonne visite et à bientôt dans les lumières d'un soir d'été.

 

lamirault_80

© PRODUCTION MAIRIE DE CHARTRES
© XRS - SCENOGRAPHIE, Xavier DE RICHEMONT - Crédit Photos F. DELAUNEY
Conception & Réalisation du site Internet ©
GFCOM - [2006 - 2010]

     

© Site Officiel : www.chartresenlumieres.com

 

Posté par PORTIER VINCENT à 15:34 - EXPOSITIONS - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


lundi 2 août 2010

BLACK HILLS: UNE CERTAINE VISION DE L'AMERIQUE... DU MONT RUSHMORE A CRAZY HORSE MEMORIAL...ENTRE TRADITIONS ET MODERNITE...

Peinture"Founding Fathers"/ Chefs Indiens & Présidents Américains/Vidéoclip:A very special sing a song on Mount Rushmore!

 

Préambule:

Vincent Portier Vincent Portier En cette période propice aux rêves de voyages, voici une page sur une oeuvre majeur de la démocratie Américaine "The Mount Rushmore National Mémorial".Certes, si cette "modénature monumentale" marque, peut-être pour un temps encore, la domination des visages pâles sur les Black Hills, le coeur des Montagnes Sacrées des Indiens d'Amérique du Nord, dans le Dakota du Sud, elle n'en reste pas moins l'image d'une vision indéfectiblement tournée vers une coalition des cultures si cher à l'éthnologue, Claude Lévis-Strauss. Je ne peux que vous souhaiter à tous de joindre l'utile à l'agréable via cette page riche du combat de l'homme sur l'homme. Nous avons réalisé celle-ci en hommage au travail constant et déterminé de l'office du tourisme de Manawan*(Quebec) ainsi qu'à celui réalisé par les gardiens des Us et coutumes des Amérindiens à savoir, Paul-Emile Ottawa, Chef de bande de Manawan et Max Gros-Louis, Grand Chef historique des Huron-Wendat(lire son entretien en bas de page). Pour ceux qui sont de passage vers Lorettville(Québec), n'hésitez pas à rendre visite à Max dit "One Onti" dont nous fêterons ce 06 Août 2010, le 79 ème anniversaire de la naissance. Celui-ci partagera toujours avec grand plaisir l'histoire des premières Nations d'Amérique et pourra fabriquer un attrape rêve sur mesure, pour protéger nos enfants et surtout permettre aux adultes que nous sommes de ce souvenir de "Paha sapa et du Wakan Tanka**..." 

Bonnes "vacances" à tous sans oublier ceux pour qui ce mot  rime encore trop souvent avec un jour "peut-être..." Des hommes, des femmes ou des enfants... Pauvres pour le plus grand nombre, aux Etats-Unis ou en France... Réfugiés des conflits armés du Sud-Soudan ou de la RDC...Laissés pour compte d'une catastrophe climatique en Haïti ou en Chine...Otages en Afghanistan comme Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier... Prisonniers du pouvoir, ce qui est encore, malheureusement, toujours le cas d'Aung San Suu Kyi en Birmanie, depuis 20 ans...Tous et toutes victimes silencieuses de la bétise humaine de nos politiques stériles...

*:Manawan est une réserve Amérindienne dans la municipalité régionale de comté de Matawinie au Québec (Canada, située dans la région administrative de Lanaudière.La création de Manawan en tant que réserve indienne a été fait le 29 août 1906 suite à la demande du Chef Louis Newashish

**:la terre sacrée crée par le Grand Mystère.

Chronique d'une oeuvre fondatrice...Entre tradition Amérindienne et Symbolisme Américain.

L'histoire pourrait se résumer par la quantité de dynamite utilisée non plus pour la guerre mais pour garder vivant l'esprit "des lumières" du nouveau continent; Washington, Jefferson, Roosevelt et Lincoln, quatre présidents américains dont le visage restera à jamais gravés sur le Mont Rushmore(Montagne pointue) qui regardent dans la direction de Crazy Horse, Chef Amérindien qui a été, avec Sitting Bull, l'un des grands leaders lakhotas ayant lutté contre les militaires américains et dont la tête a été immortalisé de manière monumentale(voir plus bas ) sur un autre versant des Black Hills, à Crazy Horse Mémorial. Les sculptures géantes du mont Rushmore sont quelque chose d'unique au monde, et de très américain.

Thomas Jefferson vers 1776

"Nous tenons pour évidentes ces vérités que tous les hommes ont été créés égaux, qu'ils sont pourvus par leur créateur de certains droits inaliénables (…) : la vie, la liberté et la poursuite du bonheur.Extrait de la "Déclaration d'Indépendance"

Le Sanctuaire de la démocratie...

Il y a là Washington, l'un des "pères de la Nation", qui combattit lors de la guerre d'indépendance et fut le premier président des Etats-Unis libres, de 1789 à 1799 A sa gauche, Jefferson, autre "père fondateur", 3ème président, de 1801 à 1809. Puis vient Roosevelt, le moins connu, président de 1901 à 1909, prix Nobel de la paix. Enfin Lincoln, président de 1861 à 1865, qui abolit l'esclavage des Noirs, déclenchant la guerre de Sécession. C'est lui aussi qui signa la "Homestead Act", accordant les terre de l'Ouest à ceux qui s'y installeraient.
Le mont Rushmore est parfois appelé le "Sanctuaire de la démocratie".Une allée bordée de colonnes, gravées du nom de chacun des 50 états des Etats-Unis, prépare psychologiquement le visiteur à l'impressionnant spectacle de quatre Présidents dont le visage mesure environ 18 m de haut, au sommet d'une falaise de 1740 m.

Si le "Mount Rushmore National Mémorial" est une idée qui a germé dans la tête de l'historien Robinson pour développer la région, et qui fut réalisée par le sculpteur Borglum entre 1927 et 1941, le Crazy Horse Mémorial( situé à 13 km seulement du célébre symbole Américain) est l'oeuvre (inachevé voir plus bas) du sculpteur Américain, Korczak Ziółkowski (assistant en 1939 de Borglum), représentant Crazy Horse, un guerrier sioux du clan Oglala, tribu des Lakota, monté sur un cheval et pointant le doigt vers l'horizon.Depuis la mort de son créateur décédé sur le site, le 20 octobre 1982, seule la tête de Crazy Horse est visible. Si cette dernière mesure près de 27 m, le cheval et le bras du guerrier restent à sculpter dans le granit au grand désespoir de la femme de l'artiste et des derniers descendants des Sioux...

VidéoReportage/Sitting Bull, homme de légende et Père des Droits des Amérindiens

Une terre indienne...

Le site s'est installé sur une terre sacrée des Indiens Lakota. Les Lakota vénèrent les Blacks Hills depuis plus de 3000 ans. Pour eux, il s'agit "Paha Sapa", la terre sacrée centre de l'univers, crée par le Grand Mystère "Wakan Tanka", d'où sortit leur premier ancêtre. Toucher à ce sanctuaire, c'est le profaner.

D'autant plus que les Lakota ne portent pas les présidents représentés dans leur cœur : Washington préconisait à propos des Iroquois : "n'acceptez aucune ouverture de paix tant que leurs villages n'ont pas été rasés". Jefferson voulait "poursuivre l'extermination (des Indiens) ou les envoyer à un endroit hors de (leur) atteinte."
Pour Roosevelt, la mort des indiens et l'expropriation "était une bonne chose puisque (elle) était inévitable". Il déclara aussi : "je n'irai pas jusqu'à dire que le seul bon Indien est un Indien mort, mais je crois que neuf sur dix le sont, et je ne voudrais pas regarder de trop près le cas du dixième"
Même Lincoln dut se résoudre, sous la pression, à pendre 38 Indiens qui s'étaient révoltés suite à une grande famine.

Personne ne voulait de ces mauvaises terres, jusqu'en 1874 où l'on découvrit des mines d'or, puis de l'uranium. On défricha ensuite les collines pour l'exploitation forestière. Et ce jusqu'à maintenant. Les Lakota furent dépossédés de leur terre et déportés dans des réserves. En 1977 et 1980, la cour suprême reconnaît l'injustice et propose une indemnisation de 105 millions de dollars, toujours refusée. Les Lakota très pauvres et décimés par les ravages de l 'alcool, réclament la restitution complète des Black Hills.

Aujourd'hui, Les Lakota (ou Dakota nom indien des Sioux) vivent toujours un peu plus loin sur des réserves, et continuent de réclamer la restitution du site. Quant aux touristes, ils peuvent profiter d'un grand spectacle de sons et lumières projeté dans ce bel amphithéâtre naturel, chaque soir en été.

.Sitting Bull en 1885.Sitting Bull vers 1885

Un homme entre ciel et terre...

Sitting Bull, est son nom en anglais traduit de son nom en lakota Tĥatĥanka Iyotĥanka ou Tatanka Yotanka qui signifie « bison mâle qui se roule dans la poussière». En français, il peut se traduire par « Taureau Assis » ou « Taureau au repos ». Sitting Bull était cependant initialement nommé Ȟoká-Psíče (« Jumping Badger », blaireau bondissant), qui était un nom temporaire, et reçut le nom de son père, Sitting Bull, quand il était adolescent.Le surnom d'Húŋkešni (« lent ») lui est parfois donné à cause de son habitude à prendre son temps avant de répondre à une question.*:Cette photo du Chef Sitting Bull donne une idée de ce qu'aurait pu être Crazy Horse(lire en bas de page "Crazy Horse Mémorial), vu que de son vivant, il a toujours refusé de se faire prendre en photo estimant peut-être à juste titre que la photo est une voleuse d'âme...

VidéoReportage/Le Mont Rushmore/Sigma vidéo

"Founding Fathers"...De la grandeur du mythe Américain à la triste réalité Amérindienne.

Nommée Six grands-pères par les Amérindiens Lakota (Sioux), la montagne fut rebaptisée d'après Charles E. Rushmore, un grand avocat de New York qui la remarqua durant une expédition en 1885. Lieu sacré pour les Amérindiens, le mont Rushmore fit partie intégrante de la route que le chef indien lakota Black Elk emprunta lors d'un voyage spirituel qui le mena au sommet du pic Harney Peak à proximité du mont.

Peinture:David Cornut, Little Big Horn, autopsie d'une bataille légendaire, Ed. Anovi, 384 pp.

Après toute une série de batailles dont celle de Little Big Horn contre les Amérindiens de 1876 à 1877, les États-Unis, attirés par les richesses de l'ouest, conquirent le territoire qui appartenait aux Amérindiens depuis la signature en 1868 du Traité de Fort Laramie (voir Controverse plus bas).

Pour les pionniers blancs, le pic possédait plusieurs noms différents comme Cougar Mountain, Sugarloaf Mountain, Slaughterhouse Mountain, ou bien encore Keystone Cliffs. La colline fut nommée mont Rushmore durant l'expédition d’exploration menée par Rushmore, David Swanzey (mari de Carrie Ingalls qui était la sœur de l'auteur Laura Ingalls Wilder), et Bill Challis.

 

Le sculpteur Gutzon Borglum

L'historien Doane Robinson évoqua pour la première fois l'idée du mont Rushmore en 1923 pour promouvoir le tourisme local. Au départ, le projet de sculpture du Mont fut lancé pour attirer les visiteurs dans la région des Black Hills au Dakota du Sud. En 1924, Robinson persuada le sculpteur Gutzon Borglum de visiter la montagne pour s'assurer de la faisabilité de la réalisation. Borglum avait à ce moment déjà réalisé un énorme bas-relief pour un mémorial célébrant les leaders des État confédérés sur la montagne Stone Mountain en Géorgie. Le plan original prévoyait de sculpter la roche granitique de la colline Needles dans les Black Hills. Borglum se rendit compte toutefois que la roche érodée de cette colline ne convenait pas car elle était trop friable pour supporter la sculpture et ses détails. Il choisit alors le mont Rushmore qu’il apprécia également grâce à son excellente exposition au soleil. Borglum dit du mont Rushmore en le voyant, « L’Amérique défilera le long de cette ligne d’horizon. ».

 

Photo:Creusement de la roche parfois à la dynamite.

Le découpage de la roche débuta en 1927 et se termina en 1941. L’image de Thomas Jefferson fut à l’origine prévue à la droite de Washington mais à cause d’une roche non adaptée à la sculpture de son visage, il passa à gauche de Washington.

Après de longues négociations avec le Président américain Calvin Coolidge et une délégation du Congrès, le projet reçut l'approbation de ce dernier qui autorisa le lancement d’une commission nationale du mémorial du Mont Rushmore le 3 mars 1925. Le président de l’époque Calvin Coolidge insista pour que deux républicains et un démocrate soient sculptés auprès du président Washington.Entre le 4 octobre 1927 et le 31 octobre, 1941, Gutzon Borglum et 400 ouvriers sculptèrent ainsi les quatre visages hauts de 18 mètres pour commémorer les 150 premières années de l’histoire des États-Unis. Les présidents furent choisis par Borglum pour leurs rôles respectifs dans la préservation et l’expansion du territoire national.

VidéoDiaporama/Mont Rushmore,Hitchcock et l'ombre de la cinquième tête dite de l'Elephant...

En 1933, le service national des parcs (National Park Service) prit le parc sous sa juridiction et participa au projet en améliorant les infrastructures. Par exemple, le service améliora une voie ferrée pour que le sommet du mont soit plus facilement accessible aux ouvriers. Le 4 juillet 1934, le visage de Washington fut achevé. Il aura fallu deux essais au sculpteur Gutzon Borglum pour réussir le visage de Thomas Jefferson. Sa première tentative, à droite de George Washington, a été réduite à néant par un défaut du granit. Le visage a du être effacé de la montagne en 1934 à coups d'explosifs. Le deuxième portrait de Jefferson, cette fois-ci à gauche de Washington a été inauguré en 1936. Le visage d'Abraham Lincoln le 17 septembre 1937. En 1937, une demande de fonds supplémentaires fut introduite auprès du Congrès pour ajouter la tête de Susan B. Anthony mais seuls les fonds pour terminer les visages déjà commencés furent alloués. En 1939, le visage de Theodore Roosevelt fut inauguré.

 

L'atelier du sculpteur (Sculptor's Studio) qui contient une exposition de moules en plâtre et d’outils ayant servi à la réalisation de la sculpture fut construit en 1939 sous la direction de Borglum. Borglum décéda d’une embolie en mars 1941. Son fils Lincoln Borglum, acheva le projet mais des fonds insuffisants sonnèrent la fin des travaux. Il faut remarquer que le projet initial prévoyait de réaliser également le buste des quatre présidents mais finalement seuls les visages furent achevés.

Borglum avait aussi imaginé la réalisation d’un panneau géant (en lettres dorées hautes de 2,44 mètres) reprenant des faits historiques comme la Déclaration d’indépendance, la Constitution américaine, l’achat de la Louisiane et sept autres acquisitions comme l’Alaska ou le Texas.

Le coût total de l’œuvre s’éleva à 989 992,32 dollars. Il est intéressant de remarquer qu’aucun ouvrier ne fut tué lors de la réalisation de l’œuvre, ce qui est remarquable pour l’époque.

Dans un canyon à proximité se trouve une chambre forte creusée dans la roche qui contient 16 panneaux en porcelaine émaillée. Les panneaux accueillent le texte de la Déclaration d’indépendance, de la Constitution, de l’histoire américaine et de la biographie des quatre présidents et de Borglum. Cette chambre fut ouverte en 1998.

Des travaux furent également réalisés dans les années 1990 pour améliorer les infrastructures d’accueil des visiteurs (musée, maison du tourisme et sentiers balisés). Des ouvriers alpinistes escaladent chaque année l’œuvre afin de l’entretenir. Le 8 juillet 2005, la société allemande Kärcher bien connue pour ses nettoyeurs haute pression, réalisa une opération marketing en nettoyant la sculpture avec de l’eau pressurisée et chauffée à 95 °C.

Fichier:Fort Laramie Treaty (1868).gif

Photos du haut:Survivants of the Little Big Horn (1948)/Photo du bas:Traité signé par William T. Sherman et les Sioux à Fort Laramie au Wyoming. Photo par Alexander Gardner (1868).

Controverse & Analyse:

Le mont est un sujet de controverse parmi les Amérindiens Lakotas car ceux-ci perdirent leurs terres suite à la guerre les opposant au gouvernement américain entre 1876 et 1877. Le traité de Fort Laramie en 1868 avait en effet laissé la région à cette tribu. Les Lakotas considèrent ces collines comme sacrées même si les historiens pensent que les Lakotas avaient également conquis la région précédemment par la force en chassant les tribus Cheyennes en 1776.

Photo:Afin de contrebalancer l'immense sculpture des grands présidents américains situés sur le Mont Rushmore, un bas relief sculpté sur un énorme rocher vient rendre hommage aux grands noms de la Fédération : Jefferson Davis (le président), le général Robert Lee et Stonewall Jackson qui s'était illustré à Gettysburg.

Des membres des mouvements indiens occupèrent le monument pour protester en 1971 en le baptisant « Mont Crazy Horse ». Le chaman John Fire (dont le nom indien est Cerf Boiteux) y réalisa une prière sur la montagne pour remémorer la promesse non tenue des Blancs suite à la rupture du traité. Le monument a pour certains un caractère raciste car il pourrait être interprété comme une indication d’une supériorité des Blancs sur la nation indienne par le fait que les quatre présidents étaient en fonction durant l’acquisition des terres ancestrales amérindiennes. Ces collines étaient en effet sacrées pour les indigènes et la construction d'un tel monument est choquant pour ceux-ci tout comme le serait la profanation d'une église chez les catholiques... Gutzon Borglum lui-même est sujet à la controverse car il fut en relation avec le Ku Klux Klan lors de ses travaux.

mont rushmore Pictures, Images and PhotosPhotosmontage: Construction & réhabilitation

Le monument reste encore de nos jours un sujet de discorde bien qu’un directeur d’origine amérindienne ait été nommé en 2004 à la tête du parc. En réponse à ce monument, un autre mémorial (« Crazy Horse Memorial ») est actuellement en construction un peu plus loin dans les Black Hills. Il représente le célèbre chef amérindien Crazy Horse et a pour but de montrer le caractère sacré de la région pour les Amérindiens. Le chef regarde en direction de l'Est par-dessus la crinière de son mustang vers la terre où ses guerriers sont morts. Cette sculpture qui devrait dépasser en taille le Mont Rushmore est financée par la fondation Crazy Horse Memorial Foundation. Celle-ci a refusé toute aide financière du gouvernement fédéral américain. Le sculpteur d'origine polonaise Korczak Ziółkowski, aidé du chef indien Henry Standing Bear, a débuté la réalisation de cette œuvre en 1948 après avoir acheté la montagne avec son argent personnel. Le sculpteur décéda en 1982 à l'âge de 77 ans sans voir son œuvre aboutie. Néanmoins, ses descendants continuent le travail qui pourrait encore durer 50 ans selon certaines estimations.

Lire également sur internet : Bataille de Little Big Horn et Massacre de Wounded Knee.

Crazy Horse Memorial

Fichier:Crazy Horse Monument Standing Tall.jpg
Photo/Le Crazy Horse Memorial/2008/Au centre, la tête de 27 m du Grand Chef Crazy-Horse

Le Crazy Horse Memorial est un monument sculpté dans la montagne d'après le projet de Korczak Ziółkowski et situé dans les Black Hills, dans le Dakota du Sud aux États-Unis, représentant Crazy Horse, un guerrier sioux du clan Oglala, tribu des Lakota, monté sur un cheval et pointant le doigt vers l'horizon.

Crazy Horse est un chef amérindien, né vers 1839 et mort le 5 septembre 1877, qui a été, avec Sitting Bull, l'un des grands leaders lakhotas ayant lutté contre les militaires américains.Son nom en langue anglaise (traduisible en français par « Cheval fou ») est la traduction depuis la langue lakhota de Tashunca-Uitco ou, pour respecter la graphie, Thašunka Witko, littéralement : ses chevaux ont le feu sacré en lakhota.Selon certains, la traduction en anglais de son nom lakhota serait approximative. Witko signifirait plutôt « fou » ou « illuminé » dans un sens mystique. Mais il est plus probable que cette signification de folie, attachée à un cheval, est pour les Oglalapi le symbole d'une capacité à faire face sans se dérober, comme le fait un cheval indompté en se cabrant.

Photo:La maquette au premier plan & La figure de Crazy Horse déjà scultée au second plan

Le mémorial est constitué d'une sculpture monumentale réalisée à même la montagne, de l'Indian Museum of North America (Musée indien d'Amérique du Nord) et du Native American Cultural center (Centre culturel amérindien). Le monument est en cours de réalisation sur la Thunderhead Mountain, sur un sol considéré comme sacré par certains Amérindiens, entre Custer et Hill City, à approximativement 13 km du mont Rushmore.

Les dimensions finales de la sculpture seront de 195 m de longueur pour 172 de hauteur. La tête de Crazy Horse mesurera 27 de haut ; en comparaison, les têtes des quatre Présidents des États-Unis représentées sur le mont Rushmore mesurent 18 m de haut.

La réalisation du monument a débuté en 1948 et il est toujours loin d'être achevé. Une fois fini, il s'agira de la plus grande sculpture au monde

La Civilisation Amérindienne: Entrevue, Livre, Documentaire...

Max "One Onti" Gros-Louis, un indien dans la ville...

Biographie:

Par la suite, il suit des cours d'anglais par correspondance et se spécialise en droit autochtone et ses composantes, telles que la Loi sur les Indiens, la Constitution, le Statut du Québec et les traités. Depuis sa prime jeunesse, Max Gros-Louis est un chasseur, un pêcheur et un trappeur talentueux. Il exerce divers métiers reliés au domaine de l'artisanat amérindien et de la vente au détail. Pendant une dizaine d'années, il est vice-président de l'Association professionnelle des artisans du Québec.

Max Gros-Louis ou Oné Onti né le 6 août 1931 est un l'ancien Grand Chef Huron-Wendat de Wendake, près de Québec (Québec, Canada).

Il a fréquenté l'école amérindienne du village de la première à la quatrième année et l'Académie de Loretteville jusqu'en neuvième année.

Fichier:Wendake-Québec.JPG
Réserve indienne de  Wendake

De 1964 à 1984, il est nommé grand chef de la nation Huronne-Wendat. En 1984, il se retire de la vie politique. Ce repos est de courte durée : en 1987, il revient à la vie politique et en 1994, il est réélu grand chef de la nation jusqu'à 1996. Il est encore revenu en 2004 comme grand chef, et ce jusqu'en 2008.

Max Gros-Louis est surtout connu pour ses engagements comme fondateur et dirigeant d'organismes voués à la culture et aux droits amérindiens : il est tour à tour membre fondateur, vice-président et secrétaire-trésorier de l'Association des Indiens du Québec de 1965 à 1976 ; secrétaire du Conseil consultatif indien pendant cinq ans ; directeur du Conseil international indien (World Assembly of First Nations) pendant trois ans. Il exerce également les fonctions de représentant des Indiens du Québec pour les conférences constitutionnelles canadiennes sur le droit des Autochtones en 1983 et 1987, d'administrateur du Programme de développement économique des Autochtones et de membre du Conseil sur le multiculturalisme. Directeur et vice-chef de l'Assemblée des Premières Nations du Canada pendant dix ans, il est aussi représentant des nations Abénaquis et Huronne-Wendat ainsi que membre de divers comités nationaux de l'Association des Premières Nations.

Au cours de cette fructueuse carrière, Max Gros-Louis reçoit de nombreux prix et mérites et il préside plusieurs événements politiques, culturels et sportifs. En 1986, il est nommé académicien diplomatique de la paix par l'Organisation mondiale de la presse diplomatique pour ses activités et son dévouement. En 1989, il reçoit la médaille d'or du Mérite et du dévouement français pour les services exceptionnels rendus à la collectivité humaine. Deux ans plus tard, il est reçu chevalier de l'Ordre national du Mérite de France. En 1992, il est invité d'honneur pour le lancement, à La Flèche en France, des fêtes du 350e anniversaire du départ des fondateurs de Montréal. Max Gros-Louis participe à de nombreuses émissions d'affaires publiques et culturelles qui l'amènent à rencontrer des personnalités telles que Charles de Gaulle et Jacques Chirac. Il a prononcé des conférences devant plusieurs groupes universitaires tant au Canada qu'à l'étranger et est reconnu comme sage par de nombreuses nations autochtones du Canada. Max Gros-Louis a contribué durant toute sa vie au développement de la culture et des droits autochtones et à leur reconnaissance internationale.

Entrevue journalistique:

Lorsque nous arrivons dans la réserve Wendake, près de Lorettville, une certaine appréhension nous envahit. Que les choses soient bien claires dès le début, une réserve amérindienne, ce n’est pas une place où se mêlent des centaines de tipis avec une population bardée de coiffes à plumes et armée de tomahawks. Non, la réserve amérindienne Wendake c’est un endroit qui ne se différencie pas d’une autre place avec des maisons, des antennes paraboliques, des véhicules et des personnes habillées comme partout ailleurs.

Gros_Louis_2Mais il y a quand même un tipi qu’on ne peut rater d’abord par sa hauteur et sa grandeur ensuite par sa place dans la réserve puisqu’il se trouve dans la propriété de Monsieur Max Gros Louis, Grand Chef Huron rassembleur des premières nations.

Nous avons rendez-vous à 10 heures pour un entretien d’une heure. Nous sommes repartis plus de deux heures plus tard. A notre arrivée, Max Gros Louis nous accueille dans sa maison. L’homme nous impressionne non seulement par son titre mais aussi parce qu’il en impose physiquement, mais sa convivialité nous rassure de suite.

Gros_Louis_3Il nous invite à nous installer dans le salon où chaque objet, chaque tableau nous rappelle que nous sommes sur le territoire Huron, une des premières nations amérindiennes.

A peine notre stylo, cahier, caméra et appareil photo sortis nous entrons en matière avec une mise au point sur le terme autochtone histoire de ne pas débuter sur une erreur de terme ou de sens.

« Aujourd’hui on nous appelle les autochtones ou les Indiens et il n’y a pas si longtemps on nous nommait les sauvages. Nous ne sommes pas des Indiens, les Indiens se trouvent en Inde.

avisNous sommes des Amérindiens, nos parents et nos grands-parents sont nés ici alors nous sommes peut être des autochtones mais avant tout nous sommes les Premières Nations. »

On en avait entendu parler, on s’en doutait rien qu’à le regarder, maintenant c’est sûr, Max Gros Louis a du caractère, des convictions et il défendra coûte que coûte jusqu’au bout la cause des Premières Nations ici et ailleurs peu importe celui ou celle qui se trouve ou se trouvera face à lui.

Cette mise au point étant faite nous entrons dans le seul sujet qui intéresse Max Gros Louis : défendre les droits des Premières Nations.

Pour lui le Canada est le plus beau pays du monde et le plus grand pays libre au monde.

Mais il revendique l’appartenance de 85% des terres aux Premières Nations.

La réserve où il se trouve est d’une taille de 1000 mètres sur 1000 mètres. Il nous explique que les Amérindiens ont été mis dans des réserves sans droit.

Le droit d’aller à l’université date de 1952, le droit de boire date de 1984 et le droit de vote date seulement des années 70 sans oublier l’interdiction de pouvoir faire leurs danses.

Il n’y a pas de représentant des Premières Nations au parlement et même lui, qui de par son titre et son rôle de Grand Chef a les mêmes fonctions auprès des Premières Nations qu’un chef d’état, est loin d’être reconnu comme tel par les instances gouvernementales du pays.

ordre

Pourtant lorsque nous rentrons dans son bureau nous pouvons constater à travers certaines photographies que Max Gros Louis est reçu par les plus grandes personnalités de ce monde.

Pour Max Gros Louis, les lois concernant les Amérindiens sont telles qu’elles font penser à un génocide car ce sont des lois qui les empêchent de continuer et de se développer.

Il n’y a pas de traité signé entre les Hurons et le gouvernement du Québec contrairement à d’autres provinces anglaises.

Certaines aides existent mais elles sont insuffisantes et pas forcément adaptées. Les maisons construites pour les Amérindiens sont petites, il n’y a pas de travail, l’école est autorisée depuis peu alors il faut encore du temps pour que cette idée rentre dans les esprits. La drogue, l’alcool et la prostitution sont des problèmes importants dans la communauté.

Max Gros Louis insiste sur certains préjugés qui durent.

Gros_louis_4« Que les choses soient claires, tout le monde pense que nous avons des avantages tels que le non paiement de l’électricité ou des impôts mais si vous voulez je vous montre mes factures.
Sur la réserve nous ne payons pas les taxes mais ces taxes, provinciales ou fédérales, ne restent pas sur la réserve et ne contribuent pas à son développement. »

Il ajoute que les Français connaissent mieux les Premières Nations que les Canadiens et les Québécois eux-mêmes.

Max Gros Louis nous dit qu’il pense qu’il y a environ 2 millions d’Amérindiens au Canada, 60 000 au Québec et 3200 hurons.

Il dit que certains Amérindiens sont fiers de leurs origines et les revendiquent, d’autres ont honte de cette appartenance et enfin certains sont simplement des Amérindiens par intérêt du moment que cela peut leur rapporter quelque chose.

Max Gros Louis est l’ambassadeur de la culture des Premières Nations, il est vice chef national à l’Assemblée des Premières Nations et enfin vice chef de l’Assemblée mondiale des Premières Nations.

Ce qu’il veut c’est que le gouvernement reconnaisse leur autonomie afin de pouvoir développer eux-mêmes leur économie.

Quand on lui demande comment il voit l’avenir, Max Gros Louis répond :

« Si cela continue comme cela et que nous ne soyons pas entendus, il risque d’y avoir une révolte. »

Même si tout ceci est une problématique assez complexe qu’il est difficile d’appréhender pour nous, Européens, nous ne sommes pas prêts d’oublier cette rencontre avec un homme chaleureux, généreux, fier de représenter et de faire perdurer sa culture qui, ne l’oublions pas, fait partie à part entière du patrimoine mondial.

Merci à Max Gros Louis pour avoir accepté de nous recevoir.

LIVRE: MAX ONE ONTI GROS-LOUIS, CONSTANCE ET DETERMINATION

par Renee Dupuis/2008/Editions Varia

Spécialisée dans les droits de la personne et plus particulièrement dans le domaine relatif aux peuples autochtones, Renée Dupuis côtoie Max «One Onti» Gros-Louis depuis plus de 30 ans. À la faveur de la confiance mutuelle qui les lie, le grand chef huron a engagé avec elle une conversation franche et généreuse qui nous permet de mieux saisir la complexité d’un homme d’action devenu figure emblématique de la lutte pour la reconnaissance des droits des peuples autochtones du Canada. Fruit d’une réflexion nourrie par la juriste de renom qui reçut en 2001 le Prix du Gouverneur général pour son essai Quel Canada pour les Autochtones? La fin de l’exclusion, ce livre nous fait connaître un homme passionné, curieux, taquin, en relation étroite avec la nature, un être qui derrière les clichés que l’on associe trop souvent à la quête identitaire qu’il mène inlassablement de front, entretient un lien tenace avec les siens comme avec le monde...

One_onti

Image: Max One Onti/VidéoDocumentaire: Odyssée Amérindien

Posté par PORTIER VINCENT à 15:35 - CULTURE - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

vendredi 16 juillet 2010

FRANCE/STOP A LA BURQA CULTURELLE: "LA LIBERTE GUIDANT LE PEUPLE"/CHRONIQUE D'UNE EMANCIPATION REPUBLICAINE.

 

Photo: La liberté guidant le peuple/Delacroix/1830-Vidéo Analyse Historique Part/1: Chronique d'une Emancipation Républicaine.

Autopsie d'une Oeuvre Majeur:

 

par Eugène Delacroix

 

La liberté guidant le peuple (1830)

 

 

 

image_wikipedia

La liberté guidant le peuple
Par Eugène Delacroix, 1830

 

  1. La liberté
    C'est une fille du peuple, vivante et fougueuse, qui incarne la révolte et la victoire. Coiffée du bonnet phrygien, les mèches flottant sur la nuque, elle évoque la Révolution de 1789, les sans-culottes et la souveraineté du peuple. Le drapeau, symbole de lutte, faisant un avec son bras droit, se déploie en ondulant vers l'arrière, bleu, blanc, rouge.

    Son habit jaune, dont la double ceinture flotte au vent, n'est pas sans rappeler les drapés antiques. La nudité l'associe aux victoires ailées. Femme exceptionnelle parmi les hommes, déterminée et noble, la tête tournée vers eux, elle les entraîne vers la victoire finale. Le corps profilé est éclairé à droite. Son flanc droit sombre se détache sur un panache de fumée. Appuyée sur son pied gauche nu qui dépasse de sa robe, le feu de l'action la transfigure.

    L'allégorie est la vraie protagoniste du combat. Le fusil qu'elle tient à la main gauche, modèle 1816, la rend réelle, actuelle et moderne.
  2. Les gamins de Paris
    Ils se sont engagés spontanément dans le combat. L'un d'entre eux, à gauche, agrippé aux pavés, les yeux dilatés, porte le bonnet de police des voltigeurs de la garde.

    A droite, devant la Liberté, figure un garçon. Symbole de la jeunesse révoltée par l'injustice et du sacrifice pour les nobles causes, il évoque, avec son béret de velours noir d'étudiant, le personnage de Gavroche de V. Hugo. La giberne, trop grande, en bandoulière, les pistolets de cavalerie aux mains, il avance de face, le pied droit en avant, le bras levé, un cri de guerre à la bouche. Il exhorte au combat les insurgés.
  3. L'homme au béret
    Il porte la cocarde blanche des monarchistes et le noeud de ruban rouge des libéraux. C'est un ouvrier avec une banderolle porte-sabre et un sabre des compagnies d'élite d'infanterie. L'habit,  tablier et pantalon à pont, est celui d'un manufacturier.
    Le foulard qui retient son pistolet sur son ventre évoque le signe de ralliement de Charette et des Vendéens.
  4. L'homme au chapeau haut de forme
    Est-ce un bourgeois ou un citadin à la mode ? Le pantalon large et la ceinture de flanelle rouge sont ceux d'un artisan. L'arme, tromblon à deux canons parallèles, est une arme de chasse.
  5. L'homme au foulard noué sur la tête
    Avec sa blouse bleue et sa ceinture de flanelle rouge de paysan, il est temporairement employé à Paris. Il saigne sur le pavé. Il se redresse à la vue de la Liberté. Le gilet bleu, l'écharpe rouge et sa chemise répondent aux couleurs du drapeau.
  6. Les soldats
    Au premier plan, à gauche, le cadavre d'un homme dépouillé de son pantalon, les bras étendus et la tunique retroussée. C'est, avec la Liberté, la deuxième figure mythique, il rappelle le héros Hector de l'Iliade d'Homère.

    A droite, sur le dos, le cadavre d'un suisse, en tenue de campagne : capote gris-bleu, décoration rouge au collet, guêtres blanches, chaussures basses, shako au sol.
    L'autre, la face contre terre, a l'épaulette blanche d'un cuirassier.
  7. Le paysage
    Les tours de Notre-Dame situent l'action à Paris.
    Les barricades, symboles du combat, différencient les niveaux du premier plan à droite. La cathédrale paraît loin et petite par rapport aux figures.
    La lumière du soleil couchant se mêle à la fumée des canons. Révélant le mouvement baroque des corps, elle éclate au fond à droite et sert d'aura à la Liberté, au gamin et au drapeau.


    La couleur unifie le tableau.
    Les bleus, blancs et rouges se répètent en de nombreux points :

 

la_liberte_guidant_le_peuple__netb_

Il représente l'assaut final, lors des révolutions populaires de 1830.
En effet, les révoltes des 27, 28 et 29 Juillet 1830, que l'on appelle dès lors Les Trois Glorieuses,  méneront le roi Charles X à abdiquer, au profit de l'Orléaniste Louis-Phillippe. Celui-ci fonde ce qu'on appelle alors la monarchie de Juillet

 

 

Vidéo Analyse Historique Part/2: Chronique d'une Emancipation Républicaine.

La foule converge vers le spectateur, dans un nuage de poussière, brandissant des armes. Elle franchit les barricades et éclate dans le camp adverse. A sa tête, quatre personnages debout, au centre une femme. Déesse mythique, elle les mène à la Liberté. A leurs pieds gisent des soldats.

 

___louvre_edu____photo_erich_lessing

L'action s'élève en pyramide, selon deux plans :

  • A la base :
    Succession d'horizontales. Elles symbolisent le camp ennemi renversé, l'ancienne société mise à bas.
  • Au dessus :
    Succession de verticales. Elles symbolisent la force, le mouvement, la victoire écrasante de la Liberté.

 

 

Vidéo Analyse Historique Part/3: Chronique d'une Emancipation Républicaine.

Delacroix réunit ici accessoires et symboles, histoire et fiction, réalité et allégorie.

 

Source :  http://www.histoire-image.org

 

Posté par PORTIER VINCENT à 10:00 - CULTURE - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

dimanche 27 juin 2010

MUSIQUE SOLIDARITE SIDA: SOLIDAYS 2010

www.solidays.org

Posté par PORTIER VINCENT à 09:57 - CULTURE - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 17 mars 2010

CULTURE CHINE-EUROPE:2010 ANNEE MATTEO RICCI

Fichier:Ricciportrait.jpg
Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira

"le Sage d'Occident"Jean Paul II

(lire le message de Jean Paul II prononcé en 2001 en fin d'article)

IVe centenaire de la mort du grand missionnaire jésuite"Le Père du premier traité sur l'amitié entre Orient et Occident"

Matteo Ricci, un passeur de cultures

Élevé chez les jésuites, le jeune Italien Matteo Ricci étudie ensuite longuement à Rome et à Florence avant d’être envoyé en Extrême-Orient. Il y transmet l’essentiel de la foi catholique et du savoir occidental

<>

Chez les jésuites, 1552 marque une date très symbolique. C’est l’année du décès de l’Espagnol François Xavier, qui meurt sur une île déserte au large de Canton, juste avant de pouvoir pénétrer en Chine. Mais c’est aussi l’année de la naissance de l’Italien Matteo Ricci. Moins de cinquante ans plus tard, en 1601, celui-ci sera le premier missionnaire occidental à être autorisé par l’empereur à résider à Pékin.

Si François Xavier est bien connu des Européens, Matteo Ricci l’est beaucoup moins : il est pourtant considéré comme « l’intermédiaire culturel le plus éminent de tous les temps entre la Chine et l’Occident », selon le propos du grand sinologue allemand Wolfgang Franke. Et tous les lycéens chinois le connaissent encore sous son nom sinisé de « Li Matou » (1).

À Macerata, petite ville des Marches italiennes qui le voit naître, le jeune Matteo bénéficie dès 9 ans des enseignements de la Compagnie de Jésus, fondée douze ans avant sa naissance. Il se rend ensuite à Rome et à Florence pour étudier le droit, les mathématiques, la théologie et entre au noviciat des jésuites en 1571.

Il choisit de présenter le christianisme comme une conception organique du monde

Avant que Matteo ne soit envoyé en Extrême-Orient, une trentaine d’autres jésuites l’y avaient précédé. Trois au moins d’entre eux – François Xavier en Inde et au Japon, Alessandro Valignano à Goa et Macao, Michele Ruggieri dans la région de Canton – avaient déjà compris qu’il était vain de s’appuyer sur les colonisateurs portugais pour évangéliser les foules, un crucifix à la main.

Face à d’aussi éminentes civilisations, dont les populations supportaient mal l’attitude supérieure des Occidentaux, ils avaient eu l’intuition qu’il fallait inventer d’autres formes d’évangélisation : prendre ces cultures au sérieux, apprendre à parler, lire, écrire la langue avant de pouvoir annoncer un christianisme crédible. Et si possible toucher l’empereur dont tout dépendait.

Lorsque Matteo Ricci, arrivant de Macao, rejoint Ruggieri en 1583 à Zhaoqing, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Canton, il bénéficie de l’expérience de ses prédécesseurs, mais s’engage dans une voie un peu différente : à côté de l’empereur, il prend conscience du rôle des hauts magistrats, des eunuques du palais et des lettrés dans la structure politique de l’empire confucéen.

Il assimile vite que la vision chinoise du monde est globale, comme une sorte d’idéologie où science, technologie, éthique et enseignement philosophique formeraient un tout organique. Et il choisit donc de présenter le christianisme, lui aussi, comme une conception organique du monde.

Un transmetteur du savoir encyclopédique de l’Occident

Sa voie sera donc celle d’un « apostolat intellectuel » et ce sera avec les lettrés qu’il entrera en relation, sur la base d’un dialogue principalement scientifique, passant par l’écrit. Dialogue qui le fera prendre très au sérieux par les savants chinois de l’époque. S’appuyant sur une mémoire prodigieuse, Matteo se lance à fond dans l’étude de la culture chinoise, notamment des quatre livres confucéens qui constituent le socle du corpus des concours mandarinaux.

Il multiplie les contacts dans les « académies », communique les derniers enseignements des mathématiques et de l’astronomie occidentale, traduit en chinois tous les éléments de la géométrie d’Euclide. En 2010, les manuels chinois de mathématiques utilisent toujours ses travaux… Avec ses amis chinois premiers convertis, il établit un lexique chinois-portugais.

Fichier:Ricci1600.jpg

Mappemonde de Matteo Ricci et contour des côtes australiennes

La carte du monde de Matteo Ricci (Bibliothèque Ambrosienne, Milan).

Il dessine aussi une mappemonde qui révolutionnera la conception chinoise du monde et fascinera l’empereur. Peu à peu, Ricci est perçu par les Chinois lettrés comme un transmetteur du savoir encyclopédique de l’Occident.

En 1615, Paul VI autorise la messe en chinois

En 1601, l’empereur autorise enfin Matteo à venir s’établir à Pékin à proximité de son palais et à y construire une résidence et une première église catholique. Ricci y demeurera jusqu’à sa mort, en 1610. La Chine comptera alors huit jésuites et 2 500 chrétiens.

Ricci n’a pas lui-même accompli beaucoup de conversions, mais son rayonnement a entraîné les dirigeants confucéens vers un savoir de plus en plus pratique, et la plupart des grands lettrés garderont par la suite des contacts avec les pères jésuites. En 1615, le pape Paul V autorisera la messe en chinois. Mais trente ans plus tard, la « querelle des rites », puis en 1742 l’interdiction solennelle par Rome des rites adaptés aux traditions chinoises interrompront cette expérience totalement inédite.

Béatrice BAZIL -http://www.la-croix.com/Matteo-Ricci-un-passeur-de-cultures/article/2414359/55402 

(1) Le « r » n’existant pas en chinois, « Li » rend assez bien le « Ri » de Ricci. Et Matou (à prononcer Mato) est devenu le prénom chinois de Matteo.

LA PLACE DE L'HERITAGE DE MATTEO RICCI EN 2010:

par Anita S. Bourdin

ARTICLE DEPUIS LE SITE http://www.zenit.org/article-21030?l=french

Fichier:Ricci1.jpg
Matteo Ricci et Xu Guangqi

ROME, Mardi 19 mai 2009 (ZENIT.org) - Benoît XVI invite à « approfondir la connaissance » de la « personnalité » et de l' « activité » du P. Matteo Ricci, sj, et spécialement du Traité sur l'Amitié (De amicitia - Jiaoyoulun) dans lequel le pape voit un « modèle de rencontre fructueuse entre les civilisations européenne et chinoise » et pour « l'inculturation du christianisme en Chine ».

Le pape Benoît XVI a en effet adressé un message à Mgr Claudio Giugliodori, évêque de Macerata-Tolentino-Recanati-Cingoli-Treia, à l'occasion de différentes initiatives pour la célébration du IV centenaire de la mort, survenue à Pékin le 11 mai 1610, du P. Matteo Ricci, jésuite, apôtre en Chine, et originaire de Macerata.

Benoît XVI rappelle que le Père Ricci est né à Macerata - dans les Marches, non loin de Lorette - le 6 octobre 1552, et qu'il était doté « d'une foi profonde et d'un génie culturel et scientifique extraordinaire ». Il est resté 28 ans en Chine où il a tissé « un dialogue fructueux entre l'Occident et l'Orient, en menant de façon contemporaine une action efficace d'enracinement de l'Evangile dans la culture du grand peuple de Chine ». le pape y voit pour aujourd'hui aussi « un modèle de rencontre fructueuse entre les civilisations européenne et chinoise ».

Benoît XVI salue en lui « un ministre de l'Eglise obéissant » et « un messager de l'Evangile du Christ intrépide et intelligent ».

Devant cette « activité scientifique et spirituelle intense », le pape dit être « favorablement frappé de la capacité innovante particulière avec laquelle il a abordé, en tout respect, les traditions culturelles et spirituelles chinoises dans leur ensemble ».

Le pape souligne la façon dont il a toujours cherché « l'harmonie entre la civilisation chinoise, noble et millénaire, et la nouveauté chrétienne, qui est un ferment de libération et de renouveau authentique à l'intérieur de toute société ». L'Evangile est en effet, souligne le pape « un message de salut universel, destiné à tous les hommes, à quelque contexte culturel et religieux qu'ils appartiennent ».

Plus encore qu' « original », le pape considère cet apostolat comme « prophétique » du fait de « la sympathie profonde qu'il nourrissait pour les Chinois, pour leur histoire, pour leurs cultures et leurs traditions religieuses ».

Le pape citait en exemple ce « Traité sur l'Amitié » (De amicitia - Jiaoyoulun), « qui remporta un large succès dès sa première édition à Nankin, en 1595 ».

Le pape y voit un « modèle de dialogue et de respect pour les croyances d'autrui ». Car le P. Ricci « a fait de l'amitié le style de son apostolat ».

Le P. Ricci, souligne encore le pape, a ainsi mis en pratique « une méthodologie, si l'on peut dire, scientifique, et une stratégie pastorale fondées d'une part sur le respect des sains usages du lieu, que les néophytes chinois ne devaient pas abandonner en embrassant la foi chrétienne, et d'autre part sur la conscience que la Révélation pouvait les mettre encore plus en valeur et les compléter ».

Fichier:Ricci-map.jpg
Carte de Matteo Ricci  

« Il a imposé ce prévoyant travail d'inculturation du christianisme en Chine, en recherchant une constante entente avec les savants de ce pays », a fait observer le pape.

En 2007, à l'occasion d'un colloque organisé à Macerata, Benoît XVI avait déjà souligné que le P. Matteo Ricci a été un « précurseur » du lien d'amitié entre la Chine et le christianisme.

Et, déjà, en 2001, à l'occasion d'un colloque à l'université grégorienne, alors que d'autres rencontres se déroulaient à Pékin, le pape Jean-Paul II avait cité le traité sur l'amitié en rappelant que l'Église ne réclame aucun privilège mais veut construire avec la nation chinoise une amitié « fondée sur le respect mutuel et sur une compréhension plus profonde ».

Il avait ajouté : « La Chine et l'Eglise catholique, sous des aspects certainement différents mais qui ne sont en aucune façon opposés, se trouvent historiquement parmi les plus anciennes "institutions" vivantes et actives du monde : toutes deux, bien que dans des domaines différents - politique et social, pour l'une, religieux et spirituel, pour l'autre -, comptent plus d'un milliard de fils et de filles ».

Dans ce discours, Jean-Paul II soulignait que « l'activité du Saint-Siège, au nom de toute l'Eglise catholique et - je crois - au nom de toute l'humanité, souhaite l'ouverture d'un espace de dialogue avec les Autorités de la République populaire de Chine, dans lequel, les incompréhensions du passé ayant été surmontées, l'on puisse travailler ensemble pour le bien du Peuple chinois et pour la paix dans le monde. »

Anita S. Bourdin

LE MESSAGE DU PAPE JEAN PAUL II
AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS INTERNATIONAL
"MATTEO RICCI: POUR UN DIALOGUE
ENTRE LA CHINE ET L'OCCIDENT"
 
 

 

1. Mesdames, Messieurs, c'est avec une joie profonde que je m'adresse à vous, à l'occasion du Congrès international, organisé pour commémorer le 400 anniversaire de l'arrivée à Pékin du grand missionnaire, lettré et scientifique italien, le Père Matteo Ricci, célèbre fils de  la  Compagnie  de  Jésus. J'adresse un salut particulier au Recteur Magnifique de l'Université pontificale grégorienne et aux responsables de l'Institut italo-chinois, les deux Institutions qui ont promu et organisé ce Colloque. En vous accueillant avec une vive cordialité, je suis particulièrement heureux d'adresser un salut respectueux aux chercheurs venus de Chine, patrie d'adoption bien-aimée du Père Ricci.

Je sais que votre Colloque romain se situe, d'une certaine façon, en continuité avec l'important Symposium international qui s'est déroulé ces jours derniers à Pékin (14-17 octobre) et qui portait sur le thème suivant:  Encounters and Dialogues ("Rencontres et Dialogues"), en particulier dans le cadre des échanges culturels entre la Chine et l'Occident à l'époque de la fin de la dynastie Ming et au début de la dynastie Qing. En effet, au cours de cette rencontre l'attention des chercheurs s'est également portée sur l'oeuvre incomparable que le Père Matteo Ricci accomplit dans ce pays.

2. La rencontre d'aujourd'hui nous conduit tous par l'esprit et par les sentiments à Pékin, la grande capitale de la Chine moderne, capitale de l'"Empire du Milieu" au temps du Père Ricci. Après avoir étudié pendant vingt-et-un ans, de façon attentive et passionnée, la langue, l'histoire et la culture de la Chine, il entrait à Pékin, résidence de l'Empereur, le 24 janvier 1601. Accueilli avec tous les honneurs, estimé et souvent consulté par des lettrés, des mandarins et des personnes souhaitant apprendre les nouvelles sciences dont il était un fervent amateur, il vécut le reste de ses jours dans la capitale impériale, où il mourut saintement le 11 mai 1610, à l'âge de 57 ans, dont presque 28 années passées en Chine. J'ai plaisir à rappeler ici que, lors-qu'il arriva à Pékin, il écrivit à l'Empereur Wan-li un Mémorial dans lequel, en se présentant comme religieux et célibataire, il ne demandait aucun privilège à la cour, mais uniquement de pouvoir mettre au service de Sa Majesté sa propre personne et ce qu'il avait pu apprendre sur les sciences dans le "grand Occident", dont il était originaire (cf. Oeuvres historiques du P. Matteo Ricci, s.j., vol. II, Macerata 1913, 496s). La réaction de l'Empereur fut positive, donnant ainsi une plus grande signification et importance à la présence catholique dans la Chine moderne.

Cette même Chine éprouve, depuis quatre siècles, une profonde considération pour Li Madou, "le Sage d'Occident", comme fut désigné et est encore appelé le Père Matteo Ricci. Historiquement et culturellement il a été, en tant que pionnier, un précieux anneau de jonction entre la culture européenne de la renaissance et la culture de la Chine, ainsi que, réciproquement, entre la civilisation chinoise, antique et avancée, et le monde européen.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le noter, avec une intime conviction, en m'adressant aux
participants au Colloque international d'études sur le Père Ricci, organisé pour le IV centenaire de l'arrivée de Matteo Ricci en Chine (1582-1982), il joua un rôle de grand mérite dans l'inculturation:  il élabora la terminologie chinoise de la théologie et de la liturgie catholique, créant ainsi les conditions pour faire connaître le Christ et incarner son message évangélique et l'Eglise dans le contexte de la culture chinoise (cf. Insegnamenti di Giovanni Paolo II, II, vol. V/3, 1982, Libreria Editrice Vaticana, 1982, 923-925). Le Père Matteo Ricci devint tellement "Chinois  avec  les  Chinois"  qu'il se transforma en véritable sinologue, au sens culturel et spirituel le plus profond du terme, car il sut atteindre dans sa personne une extraordinaire harmonie intérieure entre le prêtre et le chercheur, entre le catholique et l'orientaliste, entre l'italien et le chinois.

3. Quatre cents ans après l'arrivée de Matteo Ricci à Pékin, nous ne pouvons que nous demander quel est le message qu'il peut offrir à la grande nation chinoise et à l'Eglise catholique, auxquelles il se sentit toujours profondément lié et desquelles il fut sincèrement apprécié et aimé.

Un  des  aspects  qui  rendent l'oeuvre du Père Ricci en Chine originale et toujours actuelle, est la profonde sympathie qu'il nourrit dès le début à l'égard du peuple chinois, en ce qui concerne son histoire, sa culture et ses traditions. Le petit Traité sur l'Amitié (De Amicitia - Jiaoyoulun), qui remporta un grand succès en Chine dès la première édition parue à Nankin en 1595, et le vaste et intense réseau d'amitiés qu'il développa et cultiva au cours de ses 28 années de vie dans ce pays, demeurent un témoignage irréfutable de sa loyauté, de sa sincérité et de sa fraternité envers le peuple qui l'avait accueilli. Ces sentiments et ces attitudes de très profond respect naissaient de l'estime  qu'il  éprouvait  pour  la  culture de la Chine, au point de le conduire à étudier, traduire et expliquer l'antique tradition confucianiste, proposant ainsi une revalorisation des classiques chinois.

Dès les premiers contacts avec les Chinois, le père Ricci fonda toute sa méthodologie scientifique et apostolique sur deux piliers, auxquels il resta fidèle jusqu'à la mort, malgré les multiples difficultés et incompréhensions internes et externes:  premièrement, les néophytes chinois qui embrassaient le christianisme ne devaient en aucune façon manquer de loyauté à l'égard de leur pays; deuxièmement, la révélation chrétienne sur le mystère de Dieu n'annihilait absolument pas, mais valorisait et complétait même ce qui était beau et bon, juste et saint, dans l'antique tradition chinoise, ce dont elle avait  eu  l'intuition  et qu'elle avait transmis. C'est sur cette intuition que le Père Ricci, de la même façon que l'avaient fait les Pères de l'Eglise des siècles passés, lors de la rencontre entre le message de l'Evangile de Jésus-Christ et la culture gréco-romaine, fonda tout son patient et clairvoyant travail d'inculturation de la foi en Chine, en cherchant constamment un terrain commun d'entente avec les sages de ce grand pays.

4. Le peuple chinois est tourné, en particulier ces derniers temps, vers l'obtention d'objectifs significatifs en matière de progrès social. L'Eglise catholique, quant à elle, considère avec respect cet élan surprenant et ces projets clairvoyants d'initiatives, et elle offre avec discrétion sa propre contribution  dans  la promotion et dans la défense de la personne humaine, de ses valeurs, de sa spiritualité et de sa vocation transcendante. L'Eglise a particulièrement à coeur des valeurs et des objectifs qui sont également d'une importance primordiale pour la Chine moderne:  la solidarité, la paix, la justice sociale, le développement intelligent du phénomène de la mondialisation, le progrès civil de tous les peuples.

Comme l'écrivait précisément à Pékin le Père Ricci, en rédigeant au cours des deux dernières années de sa vie l'oeuvre avanguardiste fondamentale destinée à faire connaître la Chine au reste du monde, intitulée De l'Entrée de la Compagnie de Jésus et de la Chrétienté  en Chine  (cf. Fonti Ricciane,  a cura di Pasquale M. D'Elia S.I., vol. 2, Roma 1949, n. 617, p. 152), l'Eglise catholique d'aujourd'hui ne demande aucun privilège à la Chine et à ses Autorités politiques, mais uniquement de pouvoir reprendre le dialogue, afin de parvenir à une relation empreinte de respect réciproque et de connaissance approfondie.

5. A l'exemple de cet éminent fils de l'Eglise catholique, je désire réaffirmer que le Saint Siège considère le peuple chinois avec une profonde sympathie et avec une grande attention. On connaît les pas importants que celui-ci a accomplis, à une époque récente, dans les domaines social, économique et éducatif, tout en continuant à faire face à des difficultés nombreuses et persistantes. Que la Chine le sache:  l'Eglise catholique a la vive intention d'offrir, encore une fois, un service humble et désintéressé pour le bien des catholiques chinois et pour celui de tous les habitants du pays. A ce propos, qu'il me soit permis de rappeler ici le profond engagement évangélique d'une longue série de généreux missionnaires, hommes et femmes, ainsi que les oeuvres de promotion humaine qu'ils ont accomplies au cours des siècles:  ils lancèrent les initiatives sociales importantes et nombreuses, en particulier dans le domaine de la santé et de l'éducation, qui reçurent un vaste accueil reconnaissant de la part du peuple chinois.

Cependant, l'histoire nous rappelle malheureusement que l'action des membres de l'Eglise en Chine n'a pas été toujours exempte d'erreurs, fruits amers des limites de l'âme et de l'action humaine, et que, de plus, elle a été conditionnée par
des situations difficiles, liées à des événements historiques complexes et à des intérêts politiques opposés. Des disputes théologiques ne manquèrent pas non plus, exacerbant les esprits et créant de graves difficultés dans le processus d'évangélisation. Au cours de différentes périodes de l'histoire moderne, une certaine "protection" de la part de puissances politiques européennes se révéla, à de nombreuses reprises, limitative de la liberté d'action même de l'Eglise et eut des répercussions négatives pour la Chine:  ce sont des situations et des événements qui influencèrent le chemin de l'Eglise, l'empêchant d'accomplir en plénitude - en faveur du peuple chinois - la mission qui lui avait été confiée par son Fondateur, Jésus-Christ.

J'éprouve un profond regret pour ces erreurs et ces limites du passé, et je suis navré qu'elles aient engendré chez de nombreuses personnes l'impression d'un manque de respect et d'estime de l'Eglise catholique à l'égard du Peuple chinois, les incitant à penser que celle-ci a été inspirée par des sentiments d'hostilité à l'égard de la Chine. Pour tout cela je demande le pardon et la compréhension de ceux qui se sont sentis, d'une certaine façon, blessés par ces formes d'action des chrétiens.

L'Eglise ne doit pas avoir peur de la vérité historique et elle est
disposée - même au prix d'une profonde souffrance - à admettre les responsabilités de ses enfants. Cela vaut également pour ce qui concerne ses relations, passées et récentes, avec le Peuple chinois. La vérité historique doit être recherchée avec sérénité et impartialité, de façon exhaustive. Il s'agit d'une tâche importante, qui doit être prise en charge par les chercheurs et à laquelle vous pouvez contribuer vous aussi, qui connaissez particulièrement la réalité chinoise. Je peux vous assurer que le Saint-Siège est toujours prêt à offrir sa propre disponibilité et sa collaboration en ce qui concerne ce travail de recherche.

6. En cette heure, les paroles que le Père Ricci écrivait au début de son Traité sur l'Amitié (nn.1 et 3) redeviennent actuelles. En apportant au coeur de la culture et de la civilisation de la Chine de la fin du XVIème siècle l'héritage de la réflexion classique gréco-romaine et chrétienne sur l'amitié elle-même, il définissait l'ami comme "la moitié de soi-même, et même un autre moi". Dès lors, "la raison d'être de l'amitié est le besoin mutuel et l'aide mutuelle".

C'est avec cette nouvelle et profonde pensée d'amitié à l'égard de tout le peuple chinois, que je forme le voeu de voir rapidement instaurées des voies concrètes de communication et de collaboration entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine. L'amitié se nourrit de contacts, du partage des sentiments dans les situations heureuses et tristes, de solidarité, d'aide réciproque. Le Siège apostolique cherche avec sincérité à être l'ami de tous les peuples et à collaborer avec toute personne de bonne volonté au niveau mondial.

La Chine et l'Eglise catholique, sous des aspects certainement différents mais qui ne sont en aucune façon opposés, se trouvent historiquement parmi les plus anciennes "institutions" vivantes et actives du monde:  toutes deux, bien que dans des domaines différents - politique et social, pour l'une, religieux et spirituel, pour l'autre -, comptent plus d'un milliard de fils et de filles. Ce n'est un mystère pour personne que l'activité du Saint-Siège, au nom de toute l'Eglise catholique et - je crois - au nom de toute l'humanité, souhaite l'ouverture d'un espace de dialogue avec les Autorités de la République populaire de Chine, dans lequel, les incompréhensions du passé ayant été surmontées, l'on puisse travailler ensemble pour le bien du Peuple chinois et pour la paix dans le monde. Le moment actuel de profonde inquiétude de la Communauté internationale exige de tous un engagement passionné pour favoriser la création et le développement de liens de sympathie, d'amitié et de solidarité entre les peuples. Dans ce contexte, la normalisation des rapports entre la République populaire de Chine et le Saint-Siège aurait sans aucun doute des répercussions positives pour le cheminement de l'humanité.

7. En vous renouvelant à tous, Mesdames, Messieurs, l'expression de ma satisfaction pour la célébration opportune d'un événement historique aussi significatif, je souhaite et je prie afin que la route ouverte par le Père Matteo Ricci entre l'Orient et l'Occident, entre la chrétienté et la culture chinoise, puisse retrouver des voies toujours nouvelles de dialogue et d'enrichissement humain et spirituel réciproques. Avec ces voeux, je suis heureux de donner à tous ma Bénédiction apostolique, propitiatrice auprès de Dieu de tout bien, de bonheur et de progrès.

Du Vatican, le 24 octobre 2001
 

MANIFESTATIONS

Une exposition scientifique soulignera les apports de Ricci à la Chine en astronomie, mathématiques, cartographie…compte tenu de la longue tradition scientifique chinoise et montrera comment il fit découvrir le monde chinois à l’Europe.

  • Un documentaire de 52’ sur la vie du pionnier que fut Matteo Ricci réalisé en Chine par Yu Sanle sera projeté dans l’auditorium.

  • Les manifestations organisées tout au long de l’année 2010 en France seront annoncées et les auteurs des publications qui sortiront à cette occasion signeront leurs ouvrages.

  • Enfin, une démonstration de la version numérique du Grand Dictionnaire Ricci de la langue chinoise éditée par l’Association Ricci sera présentée à cette occasion.

Des manifestations tout au long de l’année 2010
sur le thème de l’échange des savoirs entre la Chine et l’Europe

  • Colloques à Paris (UNESCO), Lyon, Toulouse. -Soirée Ricci à Aix en Provence
  • Circulation de l’exposition dans des lycées et grandes écoles
  • Voyage en Chine
  • Emission Le Jour du Seigneur

Un site internet www.matteo-ricci.org

Contact presse - Anne Garry : 06 76 54 27 92 / 01 44 39 48 75 secretariat@institutricci.org

Posté par PORTIER VINCENT à 15:10 - CULTURE - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

CULTURE:6 MILLIARDS D'AUTRES..."VOUS AUSSI,REPONDEZ AUX 40 QUESTIONS EN LIGNE..."

http://www.6milliardsdautres.org/

Vous aussi participez à l'aventure "6 Milliards d'autres" et apportez votre contribution en répondant en ligne aux quarante questions sur votre vie,la mort et la planète.A ce jour vous êtes 7141 de 139 Nationalités.

Rendez vous sur le site:http://www.6milliardsdautres.org/

Pour voir un extrait des témoignages cliquez sur:http://www.youtube.com/v/C_gFynXlJS8&hl=fr_FR&fs=1

L'idée fondatrice:

En 2003, après La Terre vue du ciel, Yann Arthus-Bertrand, parrain de Futura-Sciences, a lancé avec Sibylle d'Orgeval et Baptiste Rouget-Luchaire le projet 6 milliards d'Autres. 5.000 interviews ont été filmées dans 75 pays par 6 réalisateurs partis à la rencontre des Autres. 

Du pêcheur brésilien à la boutiquière chinoise, de l'artiste allemande à l'agriculteur afghan, tous ont répondu aux mêmes questions sur leurs peurs, leurs rêves, leurs épreuves, leurs espoirs :

  • Qu'avez-vous appris de vos parents ?
  • Que souhaitez-vous transmettre à vos enfants ?
  • Quelles épreuves avez-vous traversées ?
  • Que représente pour vous l'amour ?
  • ...

Une quarantaine de questions essentielles permettent ainsi de découvrir ce qui nous sépare et ce qui nous lie...

EXTRAIT:

Le projet "6 Milliards d'autres" est également visible sous forme d'une grande exposition itinérante dans toute la France et a fait l'objet d'une publication aux Editions De La Martinière.Plus d'informations sur: http://www.goodplanet.org/

Posté par PORTIER VINCENT à 12:25 - CULTURE - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


  1 

soutenez Otages du Monde

Soutenir une Living Planet - Joignez-vous à WWF