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mercredi 28 juillet 2010

CINEMA: BABEL de Alejandro González

Toutes les détresses du monde...

 

Babel

réalisé par Alejandro González Iñárritu

Après le déluge, tous les hommes, descendants de Noé, parlent la même langue. Désireux d’éprouver leur puissance, ils décident de construire une ville et une tour « Babel », « dont le sommet pénètre les cieux ».

Pour punir cette incommensurable vanité, Dieu décide de les disperser et de différencier leurs langues.

Le film s’inspire directement de cet épisode de la Bible. C’est l’histoire de trois groupes d’êtres humains dont les vies vont, malgré eux s’entrecroiser dans quatre régions du monde : le sud de la Californie aux Etats-Unis, la frontière nord du Mexique, Tokyo et le désert marocain. Ces quatre régions, bien différentes vont se trouver progressivement connectées par les conséquences d’un geste fortuit, un coup de feu dans le désert marocain.

Chacun des personnages, dans des contextes sociaux et géographiques bien différents va faire l’expérience de la douleur, d’un profond sentiment de solitude : perdus dans le désert, dans le monde, étrangers à eux-mêmes.

Brillant, peut-être un peu démonstratif, le film dresse une métaphore de la mondialisation, où les histoires individuelles reflètent les caractéristiques du monde contemporain et de ses dérives.

Catherine Le Guen et Corinne Perron

Précieuse Babel

par Martin Gignac

Critique du film Babel


Le chouchou des cinéphiles, Alejandro Gonzalez Inarritu, cherche à plaire à tout le monde avec Babel, un film intelligent, chargé en émotions.

L'auteur de Amores Perros et de 21 Grams n'a plus rien à prouver à personne. Ses films parlent des hommes avec une rare maestria et tout ce qu'il touche se transforme en or. Porté par le prestigieux Festival de Cannes (dont le jury l'a récompensé du Prix de la mise en scène), Babel arrive sur les écrans précédé de critiques dithyrambiques. Pas mal pour une œuvre solide et bien ficelée, mais finalement assez loin des commentaires positifs les plus démesurés.

Comme toujours, le récit déconstruit est roi. Cette fois, le sujet est universel et il touche autant le Maroc, le Mexique et le Japon. Deux enfants tirent malencontreusement contre un autobus et une touriste américaine (Cate Blanchett) est touchée. Son mari (Brad Pitt) cherche de l'aide qui ne viendra jamais. En Amérique, leur progéniture est amenée à un mariage par leur nounou et le retour tourne mal. À des milliers de kilomètres de là, une jeune adolescente nipponne sourde et muette est prête à se livrer à n'importe qui pour assouvir son manque d'amour. Ces gens ne se comprennent pas, mais ils éprouvent les mêmes sentiments face aux désarrois de l'existence.

Avec ses thématiques puissantes et ses personnages ambigus, Babel éclaire sur le monde du 21e siècle. L'être humain est morne, ravagé, facilement atteignable dans ses convictions et seul, il ne peut survivre. C'est en groupe qu'il vit... et qu'il périt. En donnant des rôles phares à des inconnus (sublime Rinko Kikuchi, très à l'aise Adriana Barraza) et en saupoudrant d'acteurs connus (Brad Pitt, Cate Blanchett, Gael Garcia Bernal) qui ne servent finalement qu'à attirer les foules, impossible de se tromper. L'émotion explose et elle est souvent très profonde.

En plus de présenter des sentiments sans verser dans les excès, Gonzalez Inarritu se veut un virtuose sur le plan narratif. Ses intrigues se combinent sans jamais perdre le spectateur et une question laissée en suspens est répondue dans l'histoire suivante. Au sein d'une même scène, le cinéaste louangé n'hésite pas à altérer bruits et silences pour bien définir l'état psychologique d'un personnage. Ces trouvailles visuelles et sonores sont au service d'un opus qui est tout sauf banal.

Babel semble flirter avec le chef-d'œuvre. Il faut toutefois faire attention aux quelques fissures qui ébranlent ce monastère plus fragile qu'il n'y parait. La non-chronologie, marque de commerce du brillant scénariste Guillermo Arriaga, est ici redondante et le film s'étire parfois trop en longueur. La diversité et le développement des intrigues donnent un produit final assez inégal. Le segment se déroulant au Japon est un sommet jouissif et fantastique où le lyrisme et les métaphores de toute sorte se côtoient. En revanche, les intempéries survenant au Mexique sont presque superficielles et nettement moins bien développées.

La principale lacune de Babel est sa suffisance. Gonzalez Inarritu sait qu'il est un brillant réalisateur et il offre le film parfait pour remporter des prix. Tout y est beau, parfait. Trop, justement. La musique utilisée (des airs sont identiques à ceux de 21 Grams) tombe aux bons endroits pour faire pleurer. La manipulation des sentiments est évidente avec ces ralentis souvent insidieux. Tant mieux si son nouveau trésor - immense et fascinant - se fait remarquer. Il n'y a pourtant rien pour accoter ses deux premiers chefs d'œuvres, tellement plus majestueux et importants.

Fiche Technique:

USA, 2006
2h15

Prix de la mise en scène, Cannes, 2006.

Réalisation : Alejandro Gonzàles Iñàrritu
Scénario : Guillermo Arriaga
Photographie : Rodrigo Prieto
Musique : Gustavo Santaolla
Interprètes : Brad Pitt, Cate Blanchett, Gael Garcia Bernal, Koji Yakusho, Rinko Kikushi, Adriana Barraza, Boubker Ait EL Caid, Said Tarchani.
Distribution : Mars Distribution

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vendredi 28 mai 2010

CINEMA/DOCUMENTAIRE: AISHEEN (CHRONIQUES DE GAZA) par Nicolas Wadimoff


AISHEEN (CHRONIQUES DE GAZA) - BANDE-ANNONCE VOST
envoyé par baryla. - Court métrage, documentaire et bande annonce.La critique d'Excessif

Préambule:

Il existe un cinéma qui traite de ces pays en guerre perpétuelle, dans lesquels des générations se succèdent et grandissent sous menace, l'avenir obstrué par une vision du futur quasi absente. C'est ce temps en suspend, toujours au bord de l'absurde, que filment Elia Suleiman ou encore Dima El-Horr dans le récent Chaque jour est une fête. C'est également le cas de Nicolas Wadimoff, cinéaste documentariste au fait de la situation au Proche-Orient qui a posé sa caméra 14 jours durant auprès des habitants, peu après un énième bombardement israélien. Sur cette bande de territoire qui squatte les JT dans l'incompréhension presque lassée du téléspectateur, Wadimoff offre un témoignage respectueux, étonnant, un regard curieux et fin.

Un mot sur le réalisateur

Guitariste de rock, né en 1964, Nicolas Wadimoff est devenu, depuis le début des années 1990, réalisateur, puis producteur. Il mène une carrière à la télévision et au cinéma, entre fiction et documentaire. Le conflit moyen-oriental et le destin palestinien sont parmi ses principaux centres d'intérêt, notamment manifestés dans L'Accord (2005), long métrage documentaire retraçant les coulisses des accords de Genève en 2003 et donnant à comprendre la difficulté à négocier une paix viable dans la région. Aisheen, son nouveau documentaire, tourné en février 2009 à la suite de l'incursion israélienne à Gaza, reconduit l'intérêt de son auteur pour ce sujet mais se révèle d'une tout autre facture.

A la vocation pédagogique et analytique de L'Accord, qui présentait les points de vue de tous les protagonistes de ce conflit, succède un document plus subjectif et impressionniste, qui veut avant toute chose témoigner, aux côtés de la population de Gaza, du désastre, du désespoir et de l'impasse produits par les bombardements israéliens. Ce faisant, le réalisateur gagne en émotion et en sensibilité ce qu'il perd dans l'intelligence de la situation comme dans la possibilité d'en éclairer les enjeux particuliers. Ce genre de postulat, appliqué à un conflit aussi complexe et douloureux, est toujours risqué. On est néanmoins d'autant plus enclin à en admettre le principe que le film est à la fois sensible, juste et touchant et qu'il en va, en dernier ressort, de la liberté du réalisateur de le placer sous de tels auspices.

Aisheen (Chroniques de Gaza) de Nicolas Wadimoff

Still alive in Gaza

L'HISTOIRE :

Dans la bande de Gaza, les animaux du Zoo se nourrissent de graines d'oiseaux mais continuent de mettre bas ; le groupe de musique Darg Team rappe une haine désabusée dans un pays qui ne reconnait pas le travail des membres comme celui d'artistes ; un petit garçon se balade au milieu des débris d'un parc d'attraction : « C'est où, la Cité des Fantômes ? », demande t-il au gardien.

« Aisheen est une expression arabe qui signifie « toujours vivant ». C'est le fil qui nous a guidé lors des rencontres que nous avons faites au hasard de nos déplacements », explique Nicolas Wadimoff à propos de son titre, indiquant au passage le mode de développement de son film, le hasard. Le documentariste n'est pas venu chercher quelque chose, il est venu voir ; il voit des individus qui vivent, se déplacent, discutent, mangent, vont à l'école, le tout au milieu de régulières frappes militaires, au cœur d'un pays qui semble vide de toute structure étatique. Comme rarement, on ne voit pas (seulement) un peuple meurtri, mais trois ados sur une balancelle qui tentent de se figurer leur avenir, un groupe d'hommes sur la plage qui s'essaient à la pêche et sont une demi-douzaine à sourire de leur malheureux poisson. Sans cadre, l'avenir étrangement réduit, le quotidien rongé par la menace et les pénuries, mais toujours vivants.

Lucie PEDROLA pour www.lepost.fr

La réalisation:

Sans l'ombre d'un commentaire, avec une grande fluidité, Wadimoff nous montre donc, comme dans un kaléidoscope, les signes épars, battants, vivants, d'une société ruinée et asphyxiée. Une installation foraine démantelée, des enfants tristes, un groupe de rap pêchu et insolent, un cultivateur déplorant la perte de son oliveraie, un parc zoologique où les animaux crèvent de faim, un singe agressif baptisé Sharon, une émission de radio pour jeunes qui s'interroge sur la compatibilité entre rap et islam, des jeunes annonçant tranquillement qu'ils vont "faire martyrs" faute de pouvoir devenir médecins, des pêcheurs sans poissons, un bébé intubé à l'hôpital, des foules se pressant pour obtenir l'aide alimentaire.

Autant de scènes, d'angles, d'impressions témoignant, avec délicatesse, de la détresse et de la vitalité de Gaza. Pour le reste, notamment l'idéologie du mouvement qui préside aux destinées de cette portion de terre, il faudra lire entre les lignes, écouter attentivement ce que cette enseignante d'un centre d'éducation laïque a à nous dire de Gaza, dont la voix semble d'ores et déjà résonner depuis un pays lointain.

Jacques Mandelbaum pour www.lemonde.fr

Un documentaire saisissant sur Gaza en ruine.

Le 17 janvier 2009, un cessez-le-feu est proclamé à Gaza. Le bilan est lourd : 1 330 Palestiniens tués en trois semaines de tir. Les dégâts matériels sont également sévères. Le réalisateur suisse Nicolas Wadimoff profite de cette accalmie pour filmer de l'intérieur ce bout de terre souvent brûlé, coincé entre Israël, Égypte et la mer.

Ces chroniques de Gaza débutent dans un parc d'attractions qui, de fait, n'attire plus personne ou alors quelques bambins qui piétinent les cendres de ces manèges en ruines. "Elle est où la cité des fantômes ?" demande le bambin au gardien qui déterre, parmi les décombres, des marionnettes effrayantes qui ont perdu tout leur pouvoir de fascination. Cette séquence très expressive vaut tous les discours antimilitaristes tant il règne ici une grande désolation.

La caméra explore ensuite le territoire sinistré, pour capter des bribes de conversation, montrer des visages et tenter, par tous les moyens, de rendre compte d'une situation insupportable. Ici, pourtant, pas de haine ni de cris, et encore moins de pleurs mais un abattement généralisé. Still Alive in Gaza, dit le sous-titre original. Encore en vie à Gaza, ou plutôt : pas encore mort.

Thomas Baurez pour www.lexpress.fr

Aisheen (Chroniques de Gaza) de Nicolas Wadimoff

Le temps qui reste

Ce n'est pas le désespoir à proprement parler qui prédomine. C'est autre chose, parfois la vacuité, régulièrement l'envie d'un héroïsme guerrier, de la colère, de l'ennuie ; et du rire. Dans ce pays condamné à l'attente de jours meilleurs, une drôle d'oisiveté prend forme. Oisiveté presque artistique quand des jeunes récupèrent les ossements d'une baleine échouée et les rassemblent sur le sol. L'inutile devient le plus sérieux puisque ce qui était sérieux est devenu absurde. Comme quand les enfants, à l'école, rejouent, en s'étranglant de rire, le désespoir d'habitants bombardés pleurant leurs proches. Certaines images sont drôles parce qu'elles sont atterrantes.

Gaza gagne à être connue sur grand écran plus qu'à travers la petite lucarne. D'un voyage de 14 jours dans la bande de Gaza, Nicolas Wadimoff revient avec des visions surprenantes, inhabituelles, un regard apolitique rafraîchissant, curieux et aussi avide de beautés.

Lucie PEDROLA pour www.lepost.fr

Aisheen (chroniques de Gaza) - Bande annonce Vost FR
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vendredi 21 mai 2010

CANNES 2010: "DES HOMMES ET DES DIEUX" de Xavier Beauvois

Photo non datée montrant notamment six des sept moines trappistes assassinés © AFP/Gerard MALIE

Vidéo:Premier extrait de "Des hommes et des dieux" de Xavier Beauvois, évocation de la vie des moines de Tibhirine, en compétition officielle du Festival de Cannes 2010.

palmS.I.D.H 2010

"Partir, c'est mourir...Ils sont restés..."

Par Arnaud SCHWARTZ : Envoyé spécial de "La Croix" sur le Festival de Cannes 2010

On le vit d’abord en soi, puis on sent que la salle est gagnée du même sentiment, sans en évaluer encore l’intensité exacte. Pour constater, lorsque les lumières se rallument, que le festival vient de vivre l’un de ses grands moments. Applaudissements nourris, échanges unanimes. Quelque chose est passé. Pas seulement un film, éblouissant, transcendant, mais une grâce, un souffle. Une profonde fraternité.

Mardi 18 mai, Xavier Beauvois, l’auteur de Nord, N’oublie pas que tu vas mourir, Selon Matthieu et Le Petit lieutenant, présentait en compétition officielle Des hommes et des dieux.

Une évocation magnifique de la vie des moines de Tibhirine, en Algérie, dans les
trois années qui précédèrent l’enlèvement et la mort de sept d’entre eux, en 1996. Une œuvre tragique et lumineuse, sobre et lente, baignée de tonalités douces et des couleurs pâles de l’hiver dans l’Atlas, superbement photographié par la chef opératrice Caroline Champetier.

Pas de théorie sur les circonstances de leur mort, pas de thèse sur les responsabilités. À mille lieues des polémiques et des procédures judiciaires ayant trait à ce drame, Xavier Beauvois, à partir d’un scénario d’Étienne Comar, s’interroge sur le choix que firent ces moines de rester là, parmi leurs frères algériens, sans prendre partie entre ceux de la montagne (les terroristes) et ceux de la plaine (dont tous ces villageois avec lesquels ils vivaient en parfaite harmonie). Attachés à réaffirmer humblement leur message de paix alors que le pays, au nom d’un dieu caricaturé par l’extrémisme, s’enfonçait dans le terrorisme et la guerre civile.

Voilà donc l’existence paisible de huit moines, peu à peu confrontés à la violence, démunis et horrifiés, mais résolus, à la suite du prieur Christian de Chergé, à ne pas renoncer à l’appel qui avait dessiné leurs vies, celles de religieux catholiques vivant leur engagement en terre d’islam.



Vidéo: Second extrait de "Des hommes et des dieux" de Xavier Beauvois, très belle évocation de la vie des moines de Tibhirine, en compétition officielle du Festival de Cannes 2010.

Au rythme de la vie monastique, restituée avec précision grâce aux conseils d’Henry Quinson, entre travaux manuels et repas, célébrations, prière et recueillement, le film révèle l’esprit de la communauté de Tibhirine et livre peu à peu l’objet de sa quête. Cherche à s’approcher du mystère de ces hommes de foi, prévenus des dangers et incités au départ, jetés dans le doute (Faut-il s’éloigner ? Faut-il rester ?), intérieurement ébranlés et amenés à entrevoir la possibilité d’un martyre qu’ils n’ont pas recherché.

Lectures de psaumes, méditations, poèmes accompagnent avec profondeur ce cheminement douloureux, dans des scènes d’une extraordinaire simplicité et d’une intense justesse, jusqu’à la lecture bouleversante du
testament du père de Chergé.

Croyant ou non, chaque spectateur semblait touché mardi par la force universelle de ce message d’amour, porté par huit comédiens véritablement habités par leur rôle, autour de Lambert Wilson dans celui du prieur et du formidable Michael Lonsdale en Frère Luc, médecin aux 150 consultations par jour.

Vidéo: Bruno Cras, critique cinéma d'Europe 1, a vu le film de Xavier Beauvois, la Palme d'or n'est pas loin.

Lors de la conférence de presse qui suivit – au cours de laquelle Étienne Comar et Lambert Wilson recommandèrent La-Croix.com à qui désirerait disposer de tous les éléments sur le drame et ses prolongements – Xavier Beauvois a précisé que le film, tourné au Maroc, s’était fait « en état de grâce ». Les comédiens, eux, évoquaient le lien qui les unit encore. On imagine mal que le jury ne soit pas, comme le petit peuple du festival, emmené par cette œuvre singulière et puissante.

Par Arnaud SCHWARTZ :

Sortie prévue le 8 septembre 2010.

CANNES 2010 sur: http://www.la-croix.com/recherche/resultatCLE.jsp?motCle=Arnaud+SCHWARTZ&x=12&y=6

NDRL:Par Amine Kadi :

À Tibhirine, le père Jean Marie souligne que « Des hommes et des dieux » montre « l’attachement des moines à la terre d’Algérie »

Les officiels algériens n’ont pas fait encore cas de la diffusion à Cannes de Des hommes et des dieux, sans doute bien informés du fait que le film de Xavier Beauvois n’entre pas dans la polémique autour de l’enlèvement des sept moines de Tibhirine.

La suite sur: http://abdoumenfloyd.centerblog.net/

Plus d'informations sur l'Assassinat des moines de tibéhirine en 1996 sur: http://www.lepoint.fr/actualites

DES HOMMES ET DES DIEUX:

RECIT D'UN TOURNAGE "EN ETAT DE GRACE..."

Par Emmanuèle Frois, Sébastien Le Fol pour Le Figaro

Sans Henry Quinson, Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois ne serait peut-être pas cette œuvre aussi imprégnée de spiritualité. Trader à la banque Indosuez dans une première vie, moine cistercien trappiste dans une deuxième, et animateur d'une petite fraternité dans les quartiers nord de Marseille dans une autre, cet homme longiligne et charismatique a bien connu quatre des moines de Tibéhirine, à commencer par le prieur Christian de Chergé, incarné à l'écran par Lambert Wilson.

Il rencontra l'un deux, Paul ­Favre-Miville (Jean-Marie Frin), au monastère de Tamié, juste avant son départ en Algérie. Il se souvient encore avec émotion de ses derniers mots («Tu me remplaceras») et du cadeau qu'il lui offrit: sa propre Bible.

«Je suis chrétien et pour moi rien n'arrive par hasard», confesse Henry ­Quinson à une terrasse cannoise, arborant une tenue très festivalière (chemise ouverte et lunettes de soleil). On peut même dire que depuis l'assassinat des moines, il est poursuivi pour ne pas dire hanté par cette affaire. Outre une autobiographie intitulée De Wall Street aux quartiers nord de Marseille, il a écrit un récit, Prier quinze jours avec Christophe Lebreton, sur l'un des moines assassinés avec lequel il avait passé cinq ans à ­Timié. Avant de traduire en français l'enquête du journaliste américain John Kiser, Passion pour l'Algérie : les moines de Tibéhirine.

Lambert Wilson(troisième en partant de la gauche) dans le film de Xavier Beauvois. L'histoire relate la vie de sept moines trappistes assassinés en 1996en Algérie pendantla guerre civile.

Ancien trader et moine cistercien, Henry Quinson a familiarisé le réalisateur et les acteurs du film «Des hommes et des dieux» avec les règles de la vie ecclésiastique.

«L'amour espère tout et endure tout»

Il est seul à Cannes cette année à avoir cette fonction au générique d'un film: conseiller monastique. Il y a quelques années, il envisage de porter cette histoire au cinéma. Il contacte alors un dirigeant de Pathé, qu'il a côtoyé un temps dans l'entourage de Raymond Barre. Refus poli de l'intéressé. Quelques semaines plus tard, un mail du scénariste Étienne ­Comar arrive dans sa boîte. «Il voulait savoir si c'était une bonne idée de faire une fiction sur les moines. J'ai d'abord cru que c'était une plaisanterie. Puis, j'ai accepté de le rencontrer avec le réalisateur Xavier Beauvois. Leur projet m'a plu car il s'intéressait davantage à la vie à Tibéhirine avant la tragédie qu'à la tragédie elle-même. La question posée était: “Qui étaient les moines?” et non: “Qui les as tués?” Cela m'a rassuré car je craignais que l'on s'aventure dans une sorte de James Bond monastique avec des têtes coupées.»

Henry Quinson signe son premier contrat de cinéma. Sa mission: «Veiller à ce que le film soit monastiquement correct». À l'aide des milliers de photos qu'il a prises à Tibéhirine, il participe à la reconstitution du décor, au vitrail près, dans un petit monastère abandonné du Maroc retapé pour l'occasion. Il veille autant à la bonne longueur des coules (vêtements à capuchon) qu'au choix des treize chants religieux qui ponctuent le long-métrage. Mais le plus dur de son travail consiste à familiariser les acteurs avec l'atmosphère et les rites monastiques. C'est pourquoi, durant trois jours, il décide de se retirer avec eux chez les cisterciens. «Cette expérience les a décapés, se souvient-il en souriant. Mon premier objectif était de leur monter que la vie monastique ne ressemblait pas à une publicité pour le fromage Chaussée aux moines! Chacun d'entre eux avait un rapport particulier à la foi en général et à la vie chrétienne en particulier. La plupart d'entre eux étaient athées et ont fait leur première communion au cours du tournage! Pour eux, cela a représenté un virage absolu, contrairement à Michael Lonsdale, catholique affiché, et Lambert Wilson, qui a été baptisé par l'Abbé Pierre.»

Si Henry Quinson insiste sur la dimension chrétienne du film de Xavier Beauvois, il estime qu'il porte un message universel. «La problématique de ces moines, “rester ou partir”, est celle de tous les êtres humains. Eux aussi doutent, eux aussi ont peur de la violence extérieure.» Quand on lui demande pourquoi, selon lui, ils sont restés, il répond: «En choisissant la voie du monastère, ils avaient déjà donné leur vie.» Et de citer cette belle parole: «L'amour espère tout et endure tout.»

Des hommes et des dieux est en tout point un film miraculeux. Des miracles, il y en eut au cours de cette aventure cinématographique et spirituelle. Xavier Beauvois avait prévu de tourner la scène de l'enlèvement dans les tout derniers jours. Pour qu'elle soit fidèle à la réalité, il fallait qu'il neige. Et la neige est tombée, recouvrant le paysage et les acteurs d'une blancheur qui symbolise, selon Henry Quinson, la victoire des moines sur leurs bourreaux. Les non-croyants aussi y verront un message.

Lambert Wilson, l'étoffe des sages

Lambert Wilson dans La Princesse de Montpensier, avec Mélanie Thierry (à gauche), et à droite dans Des Hommes et des dieux.

Lambert Wilson dans La Princesse de Montpensier, avec Mélanie Thierry (à gauche), et à droite dans Des Hommes et des dieux.

Le comédien interprète deux des trois films français en lice pour la palme d'or, «La Princesse de Montpensier» et «Des hommes et des dieux»."

Sa présence à l'écran est remarquable dans les deux films, si différents qu'ils soient: l'un est une adaptation d'une nouvelle de Mme de La Fayette, l'autre raconte la vie des cisterciens de Tibéhirine avant leur enlèvement et leur assassinat en 1996. Il y a cependant des points communs dans les deux personnages, et pas seulement parce qu'ils ont le même interprète. Pour Tavernier, Lambert Wilson campe le comte de Chabannes, hanté par l'injustice et la barbarie des guerres de religion, qui a choisi le retrait de la violence. Pour Xavier Beauvois, il est le père Christian de Chergé, prieur du monastère de Tibéhirine, qui fera le sacrifice de sa vie pour ne pas abandonner ses frères musulmans. Deux personnages d'une profonde intériorité, dans un contexte historique tourmenté.

Pour lui, pas de doute, Des hommes et des dieux est un des plus grands films auxquels il ait participé: «C'est un film épuré et profondément bouleversant, qui parle de l'homme dans ce qu'il a de plus essentiel.  On est au cœur de la condition humaine, au-delà de toutes les contingences de race, de classe, de psychologie, de culture. C'est un dialogue d'homme à homme, dans une lumière absolue. Et l'émotion qui en naît vient du plus loin de nous: parfois, on a envie de pleurer sur le sort de l'humanité»."

Au cœur de la condition humaine

Le rôle du Père Christian de Chergé l'a comme soulevé intérieurement. «C'était un personnage génial, homme de foi et d'intelligence profonde, et un sacré caractère, aussi. Je crois que la clef de sa personnalité, c'est une passion presque physique pour l'Algérie, contractée dès l'enfance. Il a voulu construire une passerelle entre la chrétienté et l'islam. J'ai beaucoup travaillé sur ses écrits, qui sont passionnants et magnifiques, comme son testament, sorte de déclaration d'amour aux Algériens, y compris à celui qui le tuera, et à qui il donne rendez-vous au ciel.»

Lambert Wilson se rappelle le tournage comme une expérience exceptionnelle, qui a commencé par une retraite à l'abbaye cistercienne de Tamié, en Savoie, pour entrer dans la vie monastique et apprendre les chants liturgiques: «C'est ce qui nous a profondément soudés, unifiés. J'ai découvert à quel point les individualités restaient vivantes, tout en formant un ensemble».

llUn mot sur Lambert Wilson:

La cinquantaine venue, Lambert Wilson a pris de l'étoffe, de la substance. Longtemps, un peu trop longtemps à son gré, il a eu l'aura du jeune premier, avec les facilités qu'on lui suppose. Pourtant, l'adolescent timide, sur qui planait l'ombre du père, ne se retrouvait pas dans cette image. «Quand il faut être lisse et frais, ce n'est pas intéressant. C'est même assez pénible. J'avais l'impression d'être coupé de mon intériorité. Un côté carton-pâte humain.»

Formé à l'anglaise, il a toujours eu le goût et l'ambition d'être un acteur de composition, capable de toutes les métamorphoses. «Le danger, c'est de ne jouer que soi-même au lieu de s'ouvrir à un autre.» Jacques Doillon, Valérie Lemercier ou Alain Resnais lui ont donné l'occasion d'étendre son registre, de se lâcher dans la comédie ou d'affiner les nuances. Mais il prend aussi des chemins plus secrets pour avancer dans la vie. Et parfois les rôles les rejoignent.

Plus d'informations : http://www.la-croix.com/Evenement/cannes/2010/

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mercredi 19 mai 2010

CANNES 2010: HOMMAGE A JAFAR PANAHI & SELECTION S.I.D.H CANNES 2010

cannes2010

Cinéma iranien et liberté perdue
envoyé par BFM. - L'actualité du moment en vidéo.

À Cannes, en conférence de presse, le réalisateur Iranien Abbas Kiarostami (venue présenter le film "Copie Conforme") revient sur l'arrestation de son confrère Jafar Panahi, placé en détention en mars dernier. Jafar Panahi payait là son opposition au président Ahmadinejad, notamment depuis la réélection de ce dernier.

palmS.I.D.H 2010

Le 63 ème Festival de Cannes, entre rêves et incertitudes...

Le cinéaste iranien Jafar Panahi invité à faire partie d'un jury:

De L'Homme de fer du Polonais Andrzej Wajda projeté en 1981, à Nuits d'ivresse printanière du Chinois Lou Ye tourné dans la clandestinité et présenté l'an dernier, le Festival de Cannes s'est toujours considéré comme un lieu d'accueil pour les cinéastes opprimés par une dictature.

Cette année, c'est l'Iranien Jafar Panahi qui est invité à faire partie d'un jury. « Je ne peux pas dire encore aujourd’hui dans quel jury il sera, puisque cela dépendra de son arrivée à Cannes. De toute manière, quel que soit le jour, à condition que le festival ne soit pas commencé, il sera mis dans un jury », dit Gilles Jacob, le président du festival.

Gilles Jacob a fait passer cette invitation par la femme de Jafar Panahi, mais quand on lui demande si le cinéaste iranien est toujours en prison, Gilles Jacob reste laconique : « Je ne le sais pas. Je suis très attentif, par mes déclarations, à ne rien faire qui puisse empêcher la réalisation de notre projet le plus cher. Donc nous accompagnons ce soutien par des démarches qui doivent rester confidentielles ».

Des démarches secrètes, mais une initiative de nature à remettre sous le feu des projecteurs l'arrestation du cinéaste déjà bardé de prix pour ses films précédents.

cannes2010

La sélection du 63e Festival de Cannes, qui débute le 12 mai prochain, a été dévoilée jeudi 15 avril. Pour la première fois de son histoire, le Tchad sera représenté en compétition. La quarantaine de films en sélection, entre la compétition, la section « Un certain regard », et les projections hors compétition, fait la part belle aux réalisateurs habitués de la Croisette comme aux nouveaux venus. Mais cette année, l'Afrique sera « visible » lors de ce festival. Une bonne nouvelle pour les cinéastes qui déploraient depuis une dizaine d'années la faible représentation, voire l'absence, de films africains.Quand on lui demande quels films de la sélection attisent le plus sa curiosité, le président du festival, Gilles Jacob, répond immédiatement : « Comme je ne les ai pas vus, je suis très gourmand de voir les films surtout de gens inattendus. Cette année, l'Afrique est de retour avec la présence d'un cinéaste tchadien, et d'un cinéaste sud-africain. J'ai très envie d'aller découvrir des gens que je ne connais pas. »

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"IRAN":Copie conforme, d'Abbas Kiarostami

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Le film en une phrase: Le premier film hors de ses frontières du cinéaste iranien Abbas Kiarostami.

Casting: Juliette Binoche, William Shimmel...

Sortie: 19 mai 2010.

Enjeu: Copie conforme marque une première pour Abbas Kiarostami. Jamais jusqu'ici, le cinéaste iranien n'avait posé ses caméras hors de ses frontières. Or c'est en Toscane que se situe l'action de son nouveau film: la rencontre entre un écrivain anglo- saxon et une galeriste française sur fond de questionnement sur les relations entre l'original et la copie en art. Depuis Et la vie continue à Un Certain Regard en 92, Abbas Kiarostami a présenté en tout 9 de ses films - 8 longs et même un court dans le programme Chacun son cinéma- sur la Croisette. Membre du jury longs en 93, de celui de la Cinéfondation en 2002 et Président de celui de la Caméra d'Or en 2005, il a surtout remporté la Palme d'Or en 97 pour Le goût de la cerise.

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Financé par MK2, une nouvelle récompense suprême pour Copie conforme lui vaudrait d'entrer dans le club fermé des doublements Palmés avec Bille August, Francis Ford Coppola, des frères Dardenne, d'Emir Kusturica et Shohei Imamura. Il peut pour cela compter sur son duo d'interprètes: Juliette Binoche et le "débutant" William Shimmel, venu de l'art lyrique puisqu'il est considéré comme l'un des plus grands barytons britanniques.

cannes2010

TCHAD:"L'homme qui crie" de Mahamat-Saleh Haroun.

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Un Homme qui crie - Extrait VF
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Le Festival de Cannes vient de lever le voile sur les participants à sa 63ième édition, qui se tiendra du 12 au 23 mai 2010. Parmi les films sélectionnés : "L'homme qui crie" de Mahamat-Saleh Haroun.

Cela faisait treize ans qu'un réalisateur d'Afrique sub-saharienne n'avait pas été en lice pour la palme d'or. « Le film est une chronique de vie entre un père et son fils. Il évoque aussi la vie quotidienne dans le Tchad contemporain, un pays qui n'est pas toujours en paix », explique le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux.

Mahamat Saleh Haroun, 50 ans, poursuit avec ce quatrième long métrage une belle trajectoire internationale. Avec "Daratt, saison sèche", Mahamat-Saleh Haroun avait remporté le Prix Spécial du Jury au Festival de Venise en 2006. Aujourd’hui c’est donc la Palme d’or qu’il tente de décrocher pour "Un homme qui crie", son 4ième long métrage. Mais d’ores et déjà, il inscrit son nom dans l’histoire de Cannes puisque c’est la première fois qu’un réalisateur tchadien y est en compétition officielle.

"Durant plusieurs semaines, Haroun a filmé à l'intérieur de N'Djamena ainsi qu'à Abéché", sa ville natale, pour les besoins de cette fiction, dans laquelle apparaîtront notamment des soldats de la force Minurcat en patrouille dans les environs d'Abéché.

L'histoire se déroule dans un Tchad confronté à la rébellion, dont les autorités réclament aux populations argent ou combattants comme contribution à l'effort de guerre contre les insurgés.

LIRE LA SUITE SUR: CANNES 2010:"L'HOMME QUI CRIE" de Mahamat Saleh Haroun

Synopsis de L'Homme qui crie:

Le Tchad de nos jours. Adam, la soixantaine, ancien champion de natation est maitre nageur de la piscine d'un hôtel de luxe à N'Djamena. Lors du rachat de l'hôtel par des repreneurs chinois, il doit laisser la place à son fils Abdel. Il vit très mal cette situation qu'il considère comme une déchéance sociale. Le pays est en proie à la guerre civile et les rebelles armés menacent le pouvoir. Le gouvernement, en réaction, fait appel à la population pour un "effort de guerre" exigeant d'eux argent ou enfant en âge de combattre les assaillants. Adam est ainsi harcelé par son Chef de Quartier pour sa contribution. Mais Adam n'a pas d'argent, il n'a que son fils...

Drame franco-belge réalisé par Mahamat-Saleh Haroun
Date de sortie : 22 septembre 2010

Interprètes. Youssouf Djaoro, Diouc Koma, Emile Abossolo M'Bo...

Production.
Pays : BELGIQUE, FRANCE
Durée : 1 h 40
Année : 2010

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FRANCE:"Des hommes et des dieux" de Xavier Beauvois

Vidéo:Premier extrait de "Des hommes et des dieux" de Xavier Beauvois, évocation de la vie des moines de Tibhirine, en compétition officielle du Festival de Cannes 2010.

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Partir, c'est mourir...Ils sont restés...

Par Arnaud SCHWARTZ : Envoyé spécial de "La Croix" sur le Festival de Cannes 2010

On le vit d’abord en soi, puis on sent que la salle est gagnée du même sentiment, sans en évaluer encore l’intensité exacte. Pour constater, lorsque les lumières se rallument, que le festival vient de vivre l’un de ses grands moments. Applaudissements nourris, échanges unanimes. Quelque chose est passé. Pas seulement un film, éblouissant, transcendant, mais une grâce, un souffle. Une profonde fraternité.

Mardi 18 mai, Xavier Beauvois, l’auteur de Nord, N’oublie pas que tu vas mourir, Selon Matthieu et Le Petit lieutenant, présentait en compétition officielle Des hommes et des dieux.

Une évocation magnifique de la vie des moines de Tibhirine, en Algérie, dans les
trois années qui précédèrent l’enlèvement et la mort de sept d’entre eux, en 1996. Une œuvre tragique et lumineuse, sobre et lente, baignée de tonalités douces et des couleurs pâles de l’hiver dans l’Atlas, superbement photographié par la chef opératrice Caroline Champetier.

Pas de théorie sur les circonstances de leur mort, pas de thèse sur les responsabilités. À mille lieues des polémiques et des procédures judiciaires ayant trait à ce drame, Xavier Beauvois, à partir d’un scénario d’Étienne Comar, s’interroge sur le choix que firent ces moines de rester là, parmi leurs frères algériens, sans prendre partie entre ceux de la montagne (les terroristes) et ceux de la plaine (dont tous ces villageois avec lesquels ils vivaient en parfaite harmonie). Attachés à réaffirmer humblement leur message de paix alors que le pays, au nom d’un dieu caricaturé par l’extrémisme, s’enfonçait dans le terrorisme et la guerre civile.

Voilà donc l’existence paisible de huit moines, peu à peu confrontés à la violence, démunis et horrifiés, mais résolus, à la suite du prieur Christian de Chergé, à ne pas renoncer à l’appel qui avait dessiné leurs vies, celles de religieux catholiques vivant leur engagement en terre d’islam.


Croyant ou non, chaque spectateur semblait touché mardi par la force universelle de ce message d’amour, porté par huit comédiens véritablement habités par leur rôle, autour de Lambert Wilson dans celui du prieur et du formidable Michael Lonsdale en Frère Luc, médecin aux 150 consultations par jour.

Vidéo: Bruno Cras, critique cinéma d'Europe 1, a vu le film de Xavier Beauvois, la Palme d'or n'est pas loin.

Lors de la conférence de presse qui suivit – au cours de laquelle Étienne Comar et Lambert Wilson recommandèrent La-Croix.com à qui désirerait disposer de tous les éléments sur le drame et ses prolongements – Xavier Beauvois a précisé que le film, tourné au Maroc, s’était fait « en état de grâce ». Les comédiens, eux, évoquaient le lien qui les unit encore. On imagine mal que le jury ne soit pas, comme le petit peuple du festival, emmené par cette œuvre singulière et puissante.

Par Arnaud SCHWARTZ :

Sortie prévue le 8 septembre 2010.

LIRE LA SUITE SUR: CANNES 2010: DES HOMMES ET DES DIEUX DE XAVIER BEAUVOIS

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Afrique du Sud : "La Vie avant tout","Life, above all" d’Olivier Schmitz, pour les enfants du sida...

arton19797_85502La "fiction d’Olivier" Schmitz est présentée dans la section "Un certain regard" au festival de Cannes

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Life, above all (Le Secret de Chanda), le long métrage du sud-africain Oliver Schmitz qui concourt dans la catégorie "Un Certain regard" remue le couteau dans la plaie en abordant la question du sida en Afrique du Sud. Maladie de la honte, l’attentisme des autorités sud-africaines en a fait, en plus du drame sanitaire qu’il représente, un fléau sociétal dont les enfants sont les premières victimes. Life, above all est un poignant témoignage sur la nécessité de la révolution que connaît l’Afrique du Sud, depuis quelques semaines, en matière de lutte contre le sida.

Ce film aurait pu passer inaperçu, car le sida en Afrique du Sud, est une question qui a été souvent traitée au cinéma. Life, above all (Le Secret de Chanda) de Oliver Schmitz, projeté ce mardi dans la section "Un Certain regard", réalise un véritable coup de force en suscitant encore l’émotion. Son point d’entrée : une famille, celle de Chanda. Sa petite sœur, un bébé, Sarah, vient de s’éteindre. L’adolescente de 12 ans ne le sait pas encore, mais cette mort va bouleverser son existence. Car l’ombre de cette maladie, inavouable dans le township d’Elandsdoorn, près de Johannesbourg, plane sur sa famille et sa meilleure amie, Esther. Adapté de l’œuvre Chanda’s secrets d’Allan Stratton, la fiction d’Oliver Schmitz traite d’un tabou sud-africain : le sida.

Victimes de la maladie et de la bêtise

Les premières images de Life, above all n’ont rien d’impressionnant : pathos et interprétation convenue. Pourtant, l’émotion va crescendo. Cela tient-il à cette façon d’insister sur les choix douloureux auxquels se forcent les protagonistes de ce drame au lieu de reconnaître le mal dont ils souffrent ? Le sida, un mot que peine à prononcer, même à l’hôpital, la petite Chanda. Et puis ce déni permanent symbolisé par la voisine "bienfaisante" de la famille, tante Tafa. Son personnage est la métaphore de cette Afrique du Sud, du moins de ses autorités qui ont longtemps refusé de voir les ravages du sida. Car il ne faut surtout pas faire jaser les voisins. Sarah, comme son fils décédé à la suite d’un vol, sont bien morts « hors du péché », tente-t-elle de persuader Chanda. Tante Tafa, a l’instar de la mère de la jeune fille, ne cherchent pourtant qu’à protéger l’adolescente de la honte.

Alors que les minutes s’égrènent, Life, above all se transforme en un poignant argumentaire sur les conséquences de ce fléau sur les familles et surtout les enfants. Livrés à eux-mêmes, tous les moyens sont bons pour survivre. Esther, par exemple, a jeté son petit corps maigre dans la prostitution, faisant d’elle l’une des pestiférées de la petite localité. Car à Elandsdoorn, le moindre soupçon de la communauté, qui fréquente régulièrement les bancs de l’église, aboutit à un rejet. Oliver Schmitz filme la honte d’hommes et de femmes désœuvrés face à une maladie qu’on ne leur a pas donné l’occasion de combattre efficacement. La bêtise des individus a fait le reste. Hommage discret aux femmes, en première ligne comme souvent en Afrique, Life, above all rappelle pourquoi le lancement d’une campagne de lutte nationale, le 25 avril dernier, par le président Jacob Zuma était vitale pour les orphelins du sida à qui est dédié le long métrage d’Oliver Schmitz. Ils sont plus d’un million et demi.

- Life, above all (Le Secret de Chanda) de Oliver Schmitz Avec Khomotso Manyaka, Lerato Mvelase, Harriet Manamela, Keaobaka Makanyane, Mapaseka Mathebe
Durée : 1h 46
En sélection officielle, "Un Certain regard", au Festival de Cannes 2010
Sortie française : le 1er décembre 2010

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ALGERIE: "Hors la loi" de Rachid Bouchareb

Rachid Bouchareb  s’attaque à la "suite" d’Indigènes à travers le destin de trois frères. Jamel Debbouze a finalement rejoint le casting, déjà composé de Sami Bouajila et Roschdy Zem.

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Dans Hors La Loi, Rachid Bouchareb s’attache à raconter l’indépendance de l’Algérie à travers le regard de trois frères qui vont militer pour l’autonomie de leur pays.
Il ne s’agit pas - littéralement parlant – d’une suite ; sinon strictement chronologique, concernant la réflexion du réalisateur sur l’histoire du peuple algérien. Le scénario commencera à partir du 8 mai 1945, date marquée par les massacres de Sétif, et s’étendra jusqu’en 1962 et la fin de la guerre. Le film évoquera certainement la défaite française de Diên Bên Phu en 1954, qui incita les colonies à s’insurger contre l’occupant. La montée du FLN ne pourra pas non plus être ignoré, mais le destin des Harkis fera peut-être l’objet d’un troisième volet. En effet, le cinéaste n’étonnerait personne en consacrant un film entier à cette communauté, oubliée de toutes parts après l’indépendance de l’Algérie.“Hors-la-loi” de Rachid Bouchareb en compétition à la 63e édition du Festival de Cannes

rachid_bouchareb

Rachid Bouchareb

Un film, une histoire commune, une polémique

Par : Amine Idjer

Avant même sa projection le 21 mai prochain, “Hors-la-loi”, le tout nouveau film de Rachid Bouchareb, est au centre d’une polémique qui prend de l’ampleur du jour en jour.  Prenant des proportions de plus en plus politiques, la polémique “Hors-la-loi”, si on peut l’appeler ainsi, tâtonne plus qu’elle ne mord. Des voix fusent par-ci, par-là, fustigeant le réalisateur franco-algérien et son film.
En automne 2009, le député français UMP des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca, a saisi “discrètement” le secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants, Hubert Falco, car fâché de la manière dont le scénario du film raconte les “massacres de Sétif”, et ce, avant même de voir le film. Dénonçant par la même occasion, le 7 décembre 2009, dans une lettre adressée à ce dernier, le “concours financier apporté par le Centre national du Cinéma”. Selon ce député, sa démarche était dictée par l’envie que le film ne soit pas dans la sélection officielle française.


Indigènes,2006

En fait, le projet le dérangeait, selon ses propos. Allant encore plus loin, il affirme dans une déclaration à Paris Match, le 23 avril 2010, que ce film ne représente pas la France, mais seulement l’Algérie. À croire que tout ce qui s’est passé durant la guerre de libération ne touche ni de loin ni de près la France. Toutefois, le “déclic” a réellement commencé en juin 2009, plus précisément le 18, quand ce même secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants, Hubert Falco, saisit le Service historique de la défense (SHD) afin “d’analyser le contenu historique du scénario”. La réponse n’a pas tardé à tomber. Le scénario du film est truffé d’erreurs et autres anachronismes historiques, dénaturant, selon le SHD, l’histoire et le passé “communs”. Ce thème est sensible et dérangeant au point qu’il suscite même les “appréhensions” de l’Élysée, comprendre par-là le président français Nicolas Sarkozy, qui a demandé de “visionner” le film avant même sa projection. Pourquoi ? De peur qu’“Hors-la-loi” dénonce ou plutôt mette en évidence les actes criminels de guerre de la France en Algérie durant l’occupation coloniale, écorchant ainsi l’honneur de la France coloniale ? Ou bien est-ce que les stigmates et les blessures de la guerre n’ont pas encore été cicatrisés ? Ou encore parce que la France n’a pas encore fait le deuil de son passé colonial ? Pourtant les faits sont là : un certain 8 mai 1945, 45 000 Algériens – victimes – ont été tués à Guelma, Sétif et Kherrata. Ce génocide, qui ne dit pas son nom, a été qualifié par l’ancien ambassadeur de France à Alger, M. de Verdière, de “tragédie inexcusable” lors de son déplacement à Sétif le 27 février 2005. Une déclaration qui vaut son pesant d’or.
À lire tout ce qui a été écrit sur ce film, une question se pose : de quoi parle-t-il ? Selon le synopsis circulant sur Internet, “Hors-la-loi” “raconte les parcours de trois frères, témoins des massacres de Sétif en mai 1945 et qui vivent ensuite en France, où ils seront plongés dans les excroissances en métropole de la guerre d'indépendance algérienne.” Le film débute là où s’est arrêté “Indigènes”. À travers son film, le réalisateur Rachid Bouchareb affirme (dans différentes déclarations) qu’il veut “faire toute la lumière sur ce pan de l’histoire commune aux deux pays”.
Dans ce cas là, peut-on demander à un réalisateur un travail d’historien ? N’est-il pas libre de tourner une fiction qui se base sur un (ou des) fait historique ?  Issu d’une coproduction franco-algéro-tuniso-italo-belge, le film de Rachid Bouchareb est en train de vivre le même scénario que celui vécu par l’autre film italo-algérien à succès “La bataille d’Alger” du réalisateur Gillo Pontecorvo. Une levée de boucliers sans pareil allant jusqu’à même interdire sa projection en France. L’histoire se répète. Peut-être faudra-t-il que la France s’inspire des États-Unis d’Amérique lorsque des réalisateurs abordent la guerre du Viêt-nam avec leur propre vision, sans crier au scandale. Une chose est sûre : la 63e édition du Festival de Cannes démarre sur les chapeaux de roues. “Hors-la-loi” fait planer le suspense. Beaucoup d’encre coule et continuera de couler même après sa projection.

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CANNES 2010:"L'HOMME QUI CRIE" de Mahamat Saleh Haroun

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Un Homme qui crie - Extrait VF
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Le Festival de Cannes vient de lever le voile sur les participants à sa 63ième édition, qui se tiendra du 12 au 23 mai 2010. Parmi les films sélectionnés : "L'homme qui crie" de Mahamat-Saleh Haroun.

Cela faisait treize ans qu'un réalisateur d'Afrique sub-saharienne n'avait pas été en lice pour la palme d'or. « Le film est une chronique de vie entre un père et son fils. Il évoque aussi la vie quotidienne dans le Tchad contemporain, un pays qui n'est pas toujours en paix », explique le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux.

Mahamat Saleh Haroun, 50 ans, poursuit avec ce quatrième long métrage une belle trajectoire internationale. Avec "Daratt, saison sèche", Mahamat-Saleh Haroun avait remporté le Prix Spécial du Jury au Festival de Venise en 2006. Aujourd’hui c’est donc la Palme d’or qu’il tente de décrocher pour "Un homme qui crie", son 4ième long métrage. Mais d’ores et déjà, il inscrit son nom dans l’histoire de Cannes puisque c’est la première fois qu’un réalisateur tchadien y est en compétition officielle. 

"Durant plusieurs semaines, Haroun a filmé à l'intérieur de N'Djamena ainsi qu'à Abéché", sa ville natale, pour les besoins de cette fiction, dans laquelle apparaîtront notamment des soldats de la force Minurcat en patrouille dans les environs d'Abéché.

L'histoire se déroule dans un Tchad confronté à la rébellion, dont les autorités réclament aux populations argent ou combattants comme contribution à l'effort de guerre contre les insurgés.

FOCUS:Les autres films de Mahamat Saleh Haroun

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Bande Annonce de son précédent film, Daratt (« Saison sèche »), prix spécial du jury à Venise en 2006.

Mahamat Saleh Haroun, a notamment remporté le prix spécial du jury au festival de Venise en 2006 pour "Darratt" (Saison sèche) et l'Etalon de bronze de Yennenga au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) en 2007. Ce film avait pour cadre le Tchad en période de post-conflit et pour personnage principal un adolescent chargé par son grand-père d'abattre l'assassin de son père.

Parmi ses oeuvres, figurent aussi "Abouna" (Notre père, 2002) et "Bye Bye Africa" (1999), B 400 (1997) et Goï-Goï (1995).

"Un homme qui crie" est soutenu par le Centre du Cinéma en tant que film minoritaire. Deux autres coproductions franco-belges sont également à épingler dans la sélection cannoise. Il s'agit de

"Hors la loi" de Rachid Bouchareb ( Tessalit / Novak Production), inscrit lui aussi en compétition officielle, et de "L'autre monde" de Gilles Marchand (haut et court/versus production) dans les séances de minuit.

Synopsis de L'Homme qui crie:

Le Tchad de nos jours. Adam, la soixantaine, ancien champion de natation est maitre nageur de la piscine d'un hôtel de luxe à N'Djamena. Lors du rachat de l'hôtel par des repreneurs chinois, il doit laisser la place à son fils Abdel. Il vit très mal cette situation qu'il considère comme une déchéance sociale. Le pays est en proie à la guerre civile et les rebelles armés menacent le pouvoir. Le gouvernement, en réaction, fait appel à la population pour un "effort de guerre" exigeant d'eux argent ou enfant en âge de combattre les assaillants. Adam est ainsi harcelé par son Chef de Quartier pour sa contribution. Mais Adam n'a pas d'argent, il n'a que son fils...

Drame franco-belge réalisé par Mahamat-Saleh Haroun
Date de sortie : 22 septembre 2010

Interprètes. Youssouf Djaoro, Diouc Koma, Emile Abossolo M'Bo...

Production.
Pays : BELGIQUE, FRANCE
Durée : 1 h 40
Année : 2010

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lundi 17 mai 2010

CANNES 2010: 8EME FESTIVAL VISIONS SOCIALES

Le Pressentiment - Bande Annonce FR
envoyé par _Caprice_. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

C’est le comédien et réalisateur Jean-Pierre Darroussin (il présentera son premier film "Le pressentiment", le 21 mai à 15h00,lire l'article en bas de page) qui parrainera cette nouvelle édition, succédant à Yolande Morreau.

cannes2010

"Je vais au cinéma pour prendre des nouvelles du monde".Serge Daney,ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma

Né à l’initiative de la CCAS (Caisse centrale d’activités sociales), le festival Visions Sociales est l’occasion de montrer, en marge du prestigieux Festival de Cannes, un cinéma d’auteur ambitieux qui tente de questionner l’ordre social. Cette manifestation qui s’articule autour du cinéma est l’occasion d’échanges avec des réalisateurs, acteurs et techniciens, de rencontres-débats avec des personnalités du monde artistique et politique.

Quoi qu’en pensent les puristes et autres gardiens du temple, le cinéma comme la République, est UN et indivisible. Le plaisir de chacun est de piocher dans cette unité pour s’offrir la liberté du choix. C’est la force du 7ème Art de conjuguer le multiple de ses désirs sans que cela déroge à l’unité d’un art.

Il est bon parfois de remettre les pendules à l’heure juste, les choses en place, de dire que le cinématographe, dès ses premiers balbutiements, trouve rapidement les chemins étroits et complexes de sa relation au social (comprenez, mais vous le savez déjà, qu’il n’y a pas de cinéma sans le social). En 1899, Méliès ne fait-il (presque dans la foulée) un film de 10minutes reconstituant dans un réalisme politique peu commun à cette époque, le procès à charge de Dreyfus, déclenchant quelques bagarres rangées dans les lieux de projections d’alors…

Le cinéma est social parce qu’il parle de nous, d’eux, des univers qui composent la mosaïque humaine. Le cinéma de par sa force traverse le courant des genres pour nous offrir, quoi qu’il advienne, une photographie relationnelle du genre humain.

Pour la huitième année consécutive "Visions Sociales" s’installe du 15 au 24 mai 2010 au Château des Mineurs à Mandelieu La Napoule sur les hauteurs de Cannes, vue plongeante sur le Festival.

Cette rencontre annuelle est organisée par la Caisse centrale d’activités sociales (CCAS) du comité d’entreprise EDF/DGF. Une détermination "politique" pour ce comité qui est de montrer, en marge du Festival, un cinéma ambitieux qui permet d’approcher d’une façon réfléchie l’univers d’un monde qui parfois se retrouve caricaturé à son mal défendant dans nombre de films. Un cinéma pourtant haut en couleurs, vigoureux et porteur d’espoir (même dans le désespoir souvent proposé).

30 films au programme. Court et long-métrages. Fictions et documentaires. Français et étranger. Un regard libre et multiples sur des thèmes comme "La souffrance au travail" ou "La situation des femmes dans le monde". Thèmes récurrents qui juxtaposent les douleurs et les espoirs. Une place importante sera consacrée au cinéma d’Afrique, à noter la projection de "Teza" de l’immense Hailé Gerima, de "Daratt" de Mahamat-Saleh Haroun ou encore du film de Mamadou Sellou Diallo, "Le collier et la perle". Un débat sera également organisé autour du documentaire Africain, animé par Jean-Michel Frodon.

Des courts métrages en collaboration avec le Groupement de recherches et d’essais cinématographiques (le GREC). A cocher sur votre agenda, le 18 mai, pour une rencontre avec les réalisateurs.

Des films donc, mas pas seulement… Vous le savez, le social est aussi un plaisir (partenaire) cinématographique qu’essaie de vous faire partager le CCAS, avec de multiples rencontres comme avec Dyana Gaye, Mamadou Sellou Diallo, Olivier Hermanus, Jean-Robert Viallet, Dima El-Horr et naturellement Jean-Pierre Darroussin qui clôturera cette 8ème édition.

Pas besoin de badge, d’accréditation, ici, les films vous les voyez librement, à votre rythme. Comme le veut la tradition, la soirée de clôture sera symboliquement payante (5€), une façon festive pour aider une association. Et c’est bien. Il ne vous reste qu’à choisir, entre le plaisir et le plaisir.

En savoir plus :

Le site du festival

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Cannes version sociale:

La 8ème édition du festival Visions Sociales se déroule pendant la même quinzaine et en partenariat avec plusieurs sections du Festival de Cannes - Un Certain Regard, la Quinzaine des Réalisateurs, la Semaine de la Critique, l’ACID, et le Festival des 3 continents.
Cette manifestation proposera des projections en accès libre et ouvertes à tout public.

Les 8ème Visions sociales, parrainées par l’acteur et réalisateur Jean-Pierre Darroussin, explorent, à travers une sélection de 30 films, des thématiques au cœur de l’actualité sociale et politique.

Durant dix jours, une sélection de courts et longs métrages, fictions et documentaires français et étrangers privilégiant la liberté de création et l’originalité des regards, est montrée au Château des mineurs, à La Napoule, permettant l’échange fructueux des points de vue cinématographiques et citoyens.

La souffrance au travail et la situation des femmes dans le monde, à l’occasion de la 100ème journée internationale des femmes, sont les thèmes phares de cette édition.
Une place importante est également accordée au cinéma d’Afrique - parmi les films présentés citons Teza du grand réalisateur Ethiopien Hailé Gerima, Daratt de Mahamat-Saleh Haroun, ou encore Le Collier et la Perle de Mamadou Sellou Diallo.
À noter également, des rencontres-débats avec des professionnels du cinéma, dont une autour du documentaire africain, le 20 mai.
Enfin, une exposition de photographies est présentée : « Femmes africaines » à laquelle participent des artistes zimbabwéens, malgaches, mozambicains, maliens et sud-africains

SiteOfficiel: www.ccas.fr

Un mot sur Jean Pierre Darroussin:

Un homme qui dort?

Premier film intriguant d'un acteur singulier, Le Pressentiment déconcerte. Jean-Pierre Darroussin, devenu pour l'occasion acteur-réalisateur, incarne un héros absent, sans prise au monde, qui flotte avec délicatesse entre deux univers qui lui sont étrangers. Mystérieuse, cette adaptation d'un roman d'Emmanuel Bove publié en 1935 laisse libre cours à l'interprétation et se distingue par l'évocation drôle, colorée et sympathique de la vie d'un quartier populaire.

- vos impressions ? discutez du film Le Pressentiment sur le forum cinéma

« Il n'est pas nécessaire que tu sortes de ta maison. Reste à ta table et écoute. N'écoute même pas, attends seulement. N'attends même pas, sois absolument silencieux et seul. Le monde viendra s'offrir à toi pour que tu le démasques, il ne peut rien faire autrement, extasié, il se tordra devant toi ». Franz Kafka, Méditations sur le péché, la souffrance et le vrai chemin

Charles Benesteau paraît vouloir se mettre au banc de la société et s'est donc installé... en banlieue (ou presque). Il quitte les principes absurdes de son milieu bourgeois pour un quartier populaire dans lequel il désire se fondre avec discrétion. Courtois et poli malgré sa fatigue des convenances sociales, l'avocat désintéressé attire vite l'attention de son nouveau voisinage. Ne pas créer d'interférence, tel semble être pourtant le credo de ce héros lunaire qui tente d'écrire un roman. Il y a comme une certaine parenté entre lui et le personnage qu'incarnait Jean-Pierre Darroussin dans Mes meilleurs copains (Jean-Marie Poiré, 1989), pour lequel «il n'y a pas mort d'homme ». Ce drôle de Charles, par sa capacité à rester impassible, comme absent, quand les autres s'agitent vainement, agit en révélateur des contradictions et stupidités de ses interlocuteurs. Naturellement, il fait surgir l'absurde autour de lui par son refus de prendre position, de s'impliquer.

Ce héros avant tout tourné vers l'intérieur n'est pas facile à mettre en scène. Il ne veut rien, seulement être tranquille. Dans une tentative d'effacement permanent, Darroussin traduit avec succès cette solitude et cette introspection. Il occupe un espace dont il semble vouloir disparaître pour laisser la place à qui la veut : ses voisins, sa famille, ou cette petite fille qu'il accepte d'aider. Ainsi, se dresse un portrait en creux d'un homme à la recherche d'une façon d'exister non conditionnée par son environnement. Plutôt réussie, cette intériorité implique, dans le traitement du récit, un rythme lent, des silences, qui pourraient nuire à l'intérêt. Heureusement, le réalisateur s'intéresse aussi aux satellites qui tournent autour de son héros.

La bourgeoisie en prend pour son grade à travers quelques scènes un peu convenues mais assez drôles. Les voisins de l'immeuble, eux, sont traités avec plus de sympathie mais frôlent aussi la caricature. Il sont passionnés et animés d'une verve certaine : on le sent, la vie est de ce côté là. La peinture de ces personnages attachants, caractérisés par un langage « typé », chatoyant et réaliste à la fois, rappelle l'atmosphère colorée des films de Robert Guédiguian (La ville est tranquille,Marie-Jo et ses deux amours, Mon père est ingénieur...). Pour autant, ici, les pauvres ne sont pas mieux que les riches. Observées avec un mélange de respect et de défiance, les manières de Charles suscitent l'intérêt alors que ses motivations semblent suspectes. Le véritable sujet du film apparaît alors : de la difficulté à trouver sa place parmi les hommes et à conquérir sa liberté individuelle.

Le Pressentiment est donc un film « intériorisé » qui suscite en permanence de nombreuses questions, à l'image de celles que se pose son héros : l'arnaque initiale, qu'il subit avec plaisir, se renouvelle-t-elle à plus grande échelle ? L'étrange raccord au milieu du récit, quand Charles s'endort en lisant, signifie-t-il que le héros rêve le film ? Est-il malade ? S'agit-il d'un homme qui dort ou, au contraire, d'un homme qui se réveille d'une longue léthargie, d'un oubli à lui-même ? Et la liberté, ce serait juste savoir que l'on va mourir ? De cette absence de certitudes émane un charme mystérieux qui peut laisser un goût d'inachevé et une légère frustration. Perdu entre deux mondes, Jean-Pierre Darroussin, lunaire, distrait et distant, circule avec délicatesse, comme s'il voulait éviter la moindre interaction avec ces univers auxquels il n'appartient pas. Sans rien déranger, il passe comme une ombre. Il flotte un peu et nous avec lui...

Le Pressentiment
Réalisé par Jean-Pierre Darroussin
Avec Jean-Pierre Darroussin, Didier Bezace, Valérie Stroh
France, 2006 - 100 mn
Sortie en France : 4 octobre 2006

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dimanche 9 mai 2010

AFRIQUE/CINEMA:NOTHING BY THE TRUTH (Une vérité Sud-Africaine)de John Kani

« Mon frère m’a tout pris même l’enterrement de mon père » John KANI

L’ingratitude n’a pas disparu en Afrique du Sud après la fin de l’apartheid. John KANI se penche sur les oubliés de cette lutte à travers son film « Rien que la vérité ».

Un mot sur le réalisateur

John Kani est un monument du théâtre sud-africain, militant politique, acteur et metteur en scène. La pièce de théâtre Nothing But The Truth (Rien que la vérité) et son acteur principal, John Kani, a obtenu plusieurs récompenses avant de tourner dans le monde entier. Aujourd'hui, elle est devenue un film: Sipho travaille dans une bibliothèque à Port Elizabeth lorsqu'il réceptionne les cendres de son frère Themba. Themba était un héros du mouvement anti-apartheid, exilé à Londres alors que Sipho est resté en Afrique du Sud. La dernière volonté de Themba, décédé à Londres, est d'être enterré près de ses parents. Les deux frères ne se parlaient plus depuis 25 ans

Le film:Nothing But The Truth (Rien que la vérité)

L’ère Mandela n’a pas fait que des heureux. « Nothing but the truth » ou « Rien que la vérité » en Français de John KANI est un film qui pose des problèmes graves de façon calme. SIPHO, premier noir à accéder au poste d’assistant bibliothécaire se battra jusqu’à la fin sans jamais pouvoir occuper le poste de bibliothécaire en chef de la prestigieuse bibliothèque nationale d’Afrique du Sud. Il pensait pourtant son temps venu avec l’accession au pouvoir de son camarade de parti Nelson Mandela. L’euphorie et l’espoir suscités par l’accession d’un noir à la tête du pays arc-en-ciel ne seront pas comblés.

Exilé en Angleterre pour échapper à la police sous l’apartheid, THEMBA, frère cadet de SIPHO meurt en exil. Son corps est rapatrié dans son pays pour des funérailles. Le réalisateur sud-africain John KANI qui joue en même temps le rôle de l’acteur principal va passer par tous les états. Ce frère lui avait toujours fait écran. Il lui a tout pris. Sa femme, son fils, sa place de fils aîné, et même l’enterrement de son père, THEMBA a tout pris. Il fait office de héros. Il n’est d’ailleurs pas le seul à prendre ce qui devait revenir à SIPHO. Les blancs, les camarades de lutte et même Dieu ne lui ont pas laissé grand-chose. Il ne parviendra jamais à ses fins. Mais curieusement, il pardonne tout. Il trouve comme alternative de s’adresser à Tabo M’BEKI successeur de Nelson Mandela afin de pouvoir ouvrir la première bibliothèque nationale d’Afrique du Sud créée par un noir qu’il dirigera lui-même.

A travers ce film, John KANI pose les questions d’ingratitude, de lutte et de croyances traditionnelles que vivaient les habitants du pays arc-en-ciel pendant le règne de Mandela. Sur fonds de musique et danse Zulu, Kani a su, sans violence aucune, transporter les téléspectateurs dans un monde ingrat. Les cinéphiles ont, à lire sur les visages, vécu une belle matinée cinématographique.

Le professionnalisme des acteurs dans les rôles interprétés, la pertinence de la thématique, un décor adapté et une luminosité impeccable ont quasiment fait l’unanimité au sein du public qui a assisté à la projection cette veille de la clôture du FESPACO. Certes, ils ne sont pas tous des professionnels. Mais ce film a de réelles chances d’être sur le podium. « That’s nothing but the truth ». Mais le jury a aussi d’autres vérités qui ne sont pas forcement celle de John KANI. La vérité vraie sera connue ce soir.

Moussa DIALLO
Lefaso.net

INTERVIEW:John Kani

Vidéo: John Kani, playwright, speaks about South Africa, Apartheid and the reconciliation, from BBC World, February 27th 2007

Nothing but the truth John Kani

Autre titre : Une vérité sud-africaine

Pays Concerné : Afrique du Sud

Réalisateur : John Kani

Pays du réalisateur : Afrique du Sud Distribution : Wide Management Durée : 118' Genre : drame Type : fiction Scénario/Script: John Kani
Images/Pictures: Jimmy Rob, Marius Va Graan
Son/Sound: Rick Mc Namee
Montage/Editing: Megan Gil, Jackie Le Cordeur
Musique/Music: Neil Solomon
Décor/Set design: Mark Wilby
Durée/Length : 1h58 mn
Format : 35 mm

FESTIVALS / AWARDS / SCREENINGS / TELEVISIONS


- Écrans Noirs 2009, Yaoundé, Ecran d'or
- Fespaco 2009- étalon d'argent, prix de la paix
- Festival du film africain de Milan 2009 - meilleur film africain, Catholic Peace Prize
- Harare Film Festival 2009 - Best Film

2009 - étalon d'argent au Fespaco de Ouagadougou

Posté par PORTIER VINCENT à 20:03 - CINEMA - Commentaires [0] - Permalien [#]
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dimanche 2 mai 2010

CINEMA:LA PASSION DU CHRIST de MEL GIBSON


LA PASSION DU CHRIST debut
envoyé par Elmessih. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

La passion du Christ (Partie 4)
envoyé par Woompaka. - Regardez plus de courts métrages.

Synopsis :

Le film relate les douze dernières heures de la vie de Jésus-Christ, considérées comme les plus intenses de sa vie dans lesquelles Jésus-Christ institue l'Eucharistie. Il montre Jésus priant au mont des Oliviers, et résister à la tentation de Satan. On voit ensuite Jésus capturé par les autorités juives, et flagellé du fait de sa dénonciation par Judas auprès des Grands Prêtres. Suite à cela on voit son jugement devant le préfet romain Ponce Pilate, ainsi que son passage devant Hérode, et sa condamnation à mort. Le film étant coupé de flash back sur les moments principaux de la vie publique du Christ, comme le sermon des Béatitudes. Le film s'achève par la montée au Calvaire de Jésus et par sa crucifixion, avec Marie et Marie Madeleine comme témoins. Puis finit par la résurrection du Christ

Mel Gibson : une violence au service de la foi

Dans un entretien, René Girard, anthropologue et philosophe, défend la vision de Mel Gibson, affirmant que son réalisme loin d'être une apologie de la violence, en est une critique : « On traite Mel Gibson de « pornographe » de la violence, alors qu'en réalité il est un des très rares metteurs en scène à ne pas systématiquement mêler de l'érotisme à la violence » 

La suite sur:http://scriptor.typepad.com/bckprch/rene_girard_la_passion.pdf

[Le Figaro Magazine - 27 mars 2004]

Philosophe français enseignant aux Etats-Unis, René Girard a vu le film de Mel Gibson pour "Le Figaro Magazine". Il salue le travail du cinéaste pour inscrire "la Passion du Christ" dans une tradition esthétique et théologique.

ANALYSE:

Par René Girard,Jean-François Mongibeaux et Etienne de Montety

Bien avant la sortie de son film aux Etats-Unis, Mel Gibson avait organisé pour les sommités journalistiques et religieuses des projections privées. S'il comptait s'assurer ainsi la bienveillance des gens en place, il a mal calculé son coup, ou peut-être a-t-il fait preuve, au contraire, d'un machiavélisme supérieur.

Les commentaires ont tout de suite suivi et, loin de louer le film ou même de rassurer le public, ce ne furent partout que vitupérations affolées et cris d'alarme angoissés au sujet des violences antisémites qui risquaient de se produire à la sortie des cinémas.

Même le New Yorker, si fier de l'humour serein dont, en principe, il ne se départ jamais, a complètement perdu son sang-froid et très sérieusement accusé le film d'être plus semblable à la propagande nazie que toute autre production cinématographique depuis la Seconde Guerre mondiale.

Rien ne justifie ces accusations. Pour Mel Gibson, la mort du Christ est l'oeuvre de tous les hommes, à commencer par Gibson lui même.

Lorsque son film s'écarte un peu des sources évangéliques, ce qui arrive rarement, ce n'est pas pour noircir les Juifs mais pour souligner la pitié que Jésus inspire à certains d'entre eux, à un Simon de Cyrène par exemple, dont le rôle est augmenté, ou à une Véronique, la femme qui, selon une tradition ancienne, a offert à Jésus, pendant la montée au Golgotha, un linge sur lequel se sont imprimés les traits de son visage.

Plus les choses se calment, plus il devient clair, rétrospectivement, que ce film a déclenché dans les médias les plus influents du monde une véritable crise de nerfs qui a plus ou moins contaminé par la suite l'univers entier. Le public n'avait rien à voir à l'affaire puisqu'il n'avait pas vu le film. Il se demandait avec curiosité, forcément, ce qu'il pouvait bien y avoir dans cette Passion pour semer la panique dans un milieu pas facile en principe à effaroucher. 

La suite était facile à prévoir : au lieu des deux mille six cents écrans initialement prévus, ils furent plus de quatre mille à projeter The Passion of the Christ à partir du mercredi des Cendres, jour choisi, de toute évidence, pour son symbolisme pénitentiel.

Dès la sortie du film, la thèse de l'antisémitisme a perdu du terrain mais les adversaires du film se sont regroupés autour d'un second grief, la violence excessive qui, à les en croire, caractériserait ce film. Cette violence est grande, indubitablement, mais elle n'excède pas, il me semble, celle de bien d'autres films que les adversaires de Mel Gibson ne songent pas à dénoncer.

Cette Passion a bouleversé, très provisoirement sans doute, l'échiquier des réactions médiatiques au sujet de la violence dans les spectacles. Tous ceux qui, d'habitude, s'accommodent très bien de celle-ci ou voient même dans ses progrès constants autant de victoires de la liberté sur la tyrannie, voilà qu'ils la dénoncent dans le film de Gibson avec une véhémence extraordinaire. Tous ceux qui, au contraire, se font d'habitude un devoir de dénoncer la violence, sans obtenir jamais le moindre résultat, non seulement tolèrent ce même film mais fréquemment ils le vénèrent.

Jamais on n'avait filmé avec un tel réalisme...

Pour comprendre ce qu'a voulu faire Mel Gibson, il me semble qu'il faut se libérer de tout les snobismes modernistes et postmodernistes et envisager le cinéma comme un prolongement et un dépassement du grand réalisme littéraire et pictural. Si les techniques contemporaines passent souvent pour incapables de transmettre l'émotion religieuse, c'est parce que jamais encore de grands artistes ne les ont transfigurées. Leur invention a coïncidé avec le premier effondrement de la spiritualité chrétienne depuis le début du christianisme.

Si les artistes de la Renaissance avaient disposé du cinéma, croit on vraiment qu'ils l'auraient dédaigné ? C'est avec la tradition réaliste que Mel Gibson s'efforce de renouer. L'aventure tentée par lui consiste à utiliser à fond les ressources incomparables de la technique la plus réaliste qui fût jamais, le cinéma.

Posté par PORTIER VINCENT à 19:12 - CINEMA - Commentaires [0] - Permalien [#]
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