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mercredi 7 juillet 2010

FRANCE/DIPLOMATIE: REALPOLITIK ET AVENIR DANS LA ZONE ROUGE/ATTENTION DANGER! Sarkozy et Kouchner sont-ils à la hauteur?

REUTERS/Gerard Cerles/Pool/Le sherpa de Nicolas Sarkozy, Jean-Daniel Levitte, discutte avec le ministre des Affaires étrangères, le 7 juin dernier, à Beyrouth.(Voir l'article de l'Express.fr en bas de page)/VidéoReportage: Une loi anti-démocratique...

Pas de cadeaux pour Monsieur Kouchner:

Préambule:

En publiant une tribune signée d'Hubert Védrine et Alain Juppé ainsi qu'une longue interview de l'écrivain et ancien ambassadeur du Sénégal, récemment débarqué, Jean-Christophe Rufin (voir la vidéo et le lien), le journal Le Monde s'est fait le porte-voix de la crise que traverse le Ministère des affaires étrangères. Un contexte budgétaire difficile et un ministre écarté des processus de décision, le quai d'Orsay traverse une zone de turbulences.

Photo du mercredi 11 novembre 2009. Pierre Nora a remis l'épée d'académicien à Jean-Christophe Rufin, membre du prix Méditerranée, lors d'une cérémonie au Quai d'Orsay offerte par Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères. La fin d'une époque...

Il faut toujours se méfier des pièces rapportées et du type de cadeaux qu'on leurs offre car souvent, lorsqu’elles quittent la famille, elles perdent tout devoir de réserve surtout si elles sont académiciennes. C’est ce qui vient de se passer avec Jean-Christophe Rufin, écrivain et ambassadeur sortant de la France au Sénégal, dont les fonctions ont pris fin le 30 juin 2010.Lire les propos de celui-ci via le lien: http://portier.canalblog.com/archives/2010/07/07/18521959.html

Vidéo Entretien du 30 juin 2010/50minutes: Jean Christophe Rufin ambassadeur sortant de France au Sénégal dit tout sans langue de bois comme à son habitude. Ses relations avec la famille Wade (Karim et son père) la politique sénégalaise, le système électoral, l'opposition, la politique africaine de l'Élysée, etc... M. l'ambassadeur donne sa vision éclairée avec une franchise et une honnêteté qui lui ont valu d'être combattu par Karim Wade et son père qui ont finit par obtenir de Claude Guéant son remplacement

Réactions politiques et diplomatiques unanimes sur l'Etat du traitement des affaires étrangères en France, en 2010:

A quoi sert donc aujourd'hui Bernard Kouchner On peut se poser la question, répond l'ancien ministre des Affaires étrangères Roland Dumas(voir la vidéo ci-dessous et l'article en bas de page), dont il fut naguère le secrétaire d'Etat. [...] A mon époque, j'avais plus d'autonomie. Je me souviens d'avoir eu des discussions avec... Mitterrand où j'avais le dernier mot. [...]

 

Vidéo entretien de Février2010 avec Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand. Dans cette première partie, Roland Dumas revient sur la politique arabe de la France et porte un regard particulièrement critique sur la politique étrangère de Nicolas Sarkozy qu’il juge particulièrement ambigüe.

Nous sommes inquiets des conséquences pour la France d’un affaiblissement sans précédent de ses réseaux diplomatiques et culturels."

Photo: Alain Juppé et Hubert Védrine, anciens ministres des affaires étrangères

Dans cette tribune accordée en exclusivité au Monde, les anciens ministres des affaires étrangères, Alain Juppé et Hubert Védrine, s'alarment des conséquences pour la France de la réduction "sans précédent" du budget du Quai d'Orsay.

Le budget du ministère des affaires étrangères a toujours été très réduit : de l’ordre de 1,2 % à 1,3 % du budget de l’Etat les meilleures années. Encore faudrait-il en déduire les sommes destinées à des organisations internationales, qui ne font que transiter par ce budget. Le rapport investissement-efficacité de ce petit budget est remarquable: représentations permanentes, ambassades, consulats, lycées, écoles, centres culturels, programmes d’aide et de coopération.

Or, en vingt-cinq ans, le ministère des affaires étrangères a déjà été amputé de plus de 20% de ses moyens financiers ainsi qu’en personnels. Tous les ministères doivent évidemment contribuer à la réduction des dépenses publiques, mais aucune administration n’a été réduite dans ces proportions. Cela s’explique en partie parce que les préjugés sont nombreux et tenaces contre "les diplomates" (pourtant rémunérés selon les mêmes grilles que l’ensemble de la fonction publique), et que le métier diplomatique est rarement expliqué alors qu’il est indispensable à la défense des intérêts de notre pays.

Cet affaiblissement disproportionné va encore s’aggraver du fait d’une revue générale des politiques publiques aveugle, qui souvent supprime d’une façon rigide ce qu’il faudrait absolument garder. De plus, le ministère des affaires étrangères va devoir encore, jusqu’en 2013, supprimer trois emplois sur quatre départs en retraite, soit plus que la règle générale d’un sur deux.

Les économies ainsi réalisées sont marginales. En revanche, l’effet est dévastateur : l’instrument est sur le point d’être cassé, cela se voit dans le monde entier. Tous nos partenaires s’en rendent compte.

Pourtant, dans la compétition multipolaire, où tout se négocie en permanence avec un grand nombre d’interlocuteurs qu’il faut connaître avec précision, la France a plus que jamais besoin de moyens d’information et d’analyse. Les autres ministères présents à l’étranger (finances, défense) sont essentiels aussi et ont leur fonction propre. Le rôle du Quai d’Orsay est de rendre cohérentes toutes les formes de notre présence, ce qui est la clé de notre influence.

Les autres grands pays ne détruisent pas leur outil diplomatique: les effectifs du département d’Etat américain augmentent de 4 % à 5 % par an. Ceux du Foreign Office sont désormais supérieurs aux nôtres. Les pays émergents, pour leur part, construisent et consolident rapidement leur réseau: le Brésil, sous le président Lula, a ainsi ouvert une trentaine d’ambassades. Le service diplomatique européen, auquel nous devrons en plus fournir des diplomates pour assurer notre influence en son sein, ne remplira pas la même fonction.

Il faut adapter l’appareil diplomatique, comme l’Etat tout entier, mais cesser de l’affaiblir au point de le rendre d’ici à quelques années incapable de remplir ses missions, pourtant essentielles.

Alain Juppé et Hubert Védrine, anciens ministres des affaires étrangères

Sarkozy et Kouchner sont-ils à la hauteur?

Sarkozy et Kouchner sont-ils à la hauteur?

Par Jean-Michel Demetz, Vincent Hugeux, Dominique Lagarde, Eric Mandonnet, Marcelo Wesfreid , publié le 09/07/2008

A quoi sert donc aujourd'hui Bernard Kouchner On peut se poser la question, répond l'ancien ministre des Affaires étrangères Roland Dumas, dont il fut naguère le secrétaire d'Etat.  [...] Le sherpa de Nicolas Sarkozy, Jean-Daniel Levitte, discutte avec le ministre des Affaires étrangères, le 7 juin dernier, à Beyrouth.  [...] A mon époque, j'avais plus d'autonomie. Je me souviens d'avoir eu des discussions avec Mitterrand où j'avais le dernier mot.  [...]

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mardi 22 juin 2010

Chronique: Du rôle de Père à la fonction de Père de la Nation...De Gandhi à Obama..De l'image de l'homme à la place du Père.

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© AFP | Photo en haut à gauche:Un Père & son fils/Photo en haut à droite:Gandhi & sa fille/Photo ci-dessus:Barack Obama entouré de ses deux filles Sasha (d) et Malia (g), le 4 janvier 2010 à Washington

Du rôle de Père à la fonction de Père de la Nation...

« Quelle différence cela fait-il aux morts, aux orphelins et aux sans-abri que la destruction aveugle ait été amenée au nom du totalitarisme ou au nom sacré de la liberté et de la démocratie ? » « Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer. » Le Mahatma Gandhi

Obama affirme qu'être père est son "métier le plus important"

« Dans ma vie, j'ai été avocat, enseignant, sénateur, et maintenant président des Etats-Unis. Je peux dire sans hésitation que le métier le plus difficile, le plus gratifiant, le plus important que j'aurai exercé lors de mon séjour sur cette terre est d'être le père de Sasha et Malia », a-t-il affirmé face à 300 personnes réunies dans une salle de Washington. . Barack Obama a deux filles, Malia, 12 ans et Sasha, 9 ans.La fête des pères était célébrée dimanche aux Etats-Unis. M. Obama, qui a été élevé par sa mère et ses grands-parents, son père Barack senior ayant quitté sa mère lorsque le futur président des Etats-Unis était très jeune, a saisi cette occasion pour insister sur l'importance d'être un bon père....

A lire sur ce sujet:Trois poids, trois mesures... Le Mahatma Gandhi, Barack Obama, Aminatour Haïdar sur: http://www.legrandsoir.info/Le-Mahatma-Gandhi-Barack-Obama-Aminatour-Haidar.html

De l'image de l'homme à la place  du Père: Le plus court chemin vers demain...

Vincent Portier Vincent Portier

Il est difficile d'être un être humain, très difficile d'être un bon père, mais tout à fait possible. Pour le devenir, il n'est pas du tout indispensable de faire le beau, encore moins en donnant sa main au diable. Pas du tout obligatoire. J'en suis intimement persuadé. Les idoles... du foot ou de la religion...les "Peoples" d'ici ou d'ailleurs représentent aujourd'hui le rêve incarné... " l'autre Père ", le premier étant souvent absent, occupé, maltraitant ou mort.Alors en ce début de XXIe siècle, la source principale de nos civilisations n'est-elle justement pas de revenir à la juste place du Père, celle du garant de notre avenir de demain, de la protection de nos fils, de nos filles, de notre héritage culturel, de notre "patrimoine mondial"...

A titre d'exemple,Hervé Guesquière,Stéphane Taponier et leur accompagnateurs, en otages depuis Decembre 2009 en Afghanistan ne sont ils pas des Pères...Les hommes ont besoins d'icônes pour vivre....en voici deux, ils ne sont pas footballeurs, ils ne chantent pas, ils n'ont pas une rolex en or au poignée mais des chaînes qu'ils portent, les nôtres...Nous sommes tous des Hervés et Stéphanes, des hommes, des pères, des personnalités,des individus doués de conscience, du moins cela devrait être....

"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité"

Article 1 de la Déclaration de Droits de l'Homme

Vidéo:Thomas Sotinel, critique cinéma au "Monde", présente "35 Rhums", le nouveau film de la réalisatrice française, Claire Denis.

ETRE UN PERE ET UN CHEF DE FAMILLE EN 2010...

"Il n'y a qu'un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c'est le père de famille. Les autres, les pires aventuriers ne sont rien, ne le sont aucunement en comparaison de lui."

Cette assertion est délibérément et doublement provocatrice, puisqu'en guise de sainteté elle fait l'éloge de l'aventure et qu'en guise d'aventurier elle semble choisir M. Prudhomme. Péguy le sait : nul n'est, en apparence, plus pantoufflard, plus (petit-)bourgeois que le père de famille. Il sait aussi que les libertins, les bambocheurs, les explorateurs, les brûleurs de chandelles par les deux bouts, tous ceux qui revendiquent pour eux l'aura de l'aventure, daubent à l'infini sur ce lourdaud engoncé et pusillanime.

Mais il connaît également, pour en avoir lui-même fait l'épreuve, l'étrange particularité, la désappropriante propriété dont est pourvu le père de famille : "Les autres ne souffrent qu'eux-mêmes. Ipsi. Au premier degré. Lui seul souffre d'autres. Alii patitur.Lui seul, autrement dit, déjoue les contraintes de la finitude : son être déborde son moi.

Et que lui vaut cette prouesse ontologique, ce n'est pas un pouvoir accru, c'est une vulnérabilité plus grande.

petfPhoto© Dan Hayon:C'est l'archétype du Père, ce regard assuré vers l'horizon, cette barbe et ces grosses paluches sécurisantes dans laquelle l'enfant s'abandonne avec tendresse.

Il souffre d'autres, qu'on appelle à tort les siens, car ils ne sont pas à lui, mais lui à eux : il n'est pas leur possesseur, il est leur possession, il leur appartient, il leur est livré, il est, risque même Péguy, leur "otage". Pour le dire d'une autre métaphore, ce chef de famille n'est pas un pater familias, mais un roi déchu qui a fait, en fondant un foyer, le sacrifice de sa liberté souveraine.

Avant d'avoir charge d'âmes et de corps, il était seul maître de sa vie; le voici désormais assujetti, dépendant, privé de la possibilité de trouver refuge en lui-même : le confort du quant à soi lui est définitivement interdit.

pptAinsi le bourgeois n'est pas celui qu'on pense : littéralement et constamment hors de lui, le père de famille mène l'existence à la fois la plus aventurière et la plus engagée qui se puisse concevoir. D'une part, il est exposé à tout et le destin, pour l'atteindre, n'a pas besoin de tireurs d'élite, il lui suffit de frapper au hasard dans l'un quelconque de ses membres : "C'est lui, mon ami, qui les a, et lui seul, les liaisons dangereuses".

D'autre part, il est responsable de tout, et même de l'avenir, même du monde où il n'entrera pas : "Il est assailli de scrupules, bourrelé de remords, d'avance, (de savoir) dans quelle cité de demain, dans quelle société ultérieure, dans quelle dissolution de toute une société, dans quelle misérable cité, dans quelle décadence, dans quelle déchéance de tout un peuple ils laisseront [sic], ils livreront, demain, ils vont laisser, dans quelques années, le jour de la mort, ces enfants dont ils sont, dont ils se sentent si pleinement, si absolument responsables, dont ils sont temporellement les pleins auteurs. Ainsi rien ne leur est indifférent.

Rien de ce qui se passe, rien d'historique ne leur est indifférent."Bourrelé de remords, dit Péguy, et il donne à entendre dans ce participe à la fois le tourment et la graisse. Car les moqueurs ont raison : le père de famille est gros. Il est même deux fois trop gros : trop gros, trop gauche pour décoller du monde, et trop gros pour y évoluer avec quelque chance de succès. Trop gros pour monter au ciel et trop gros pour la course, le concours et la concurrence, c'est à dire pour la loi politique du temporel. Trop gros pour fuir, trop gros pour gagner. Bref, il est handicapé. Mais, ajoute aussitôt Péguy en réponse au sarcasme des sveltes, c'est précisément cette double entrave, cette maladresse et cette adhérence ontologiques qui condamnent le père de famille à l'aventure et qui font la valeur mystique de sa vie.
("Le mécontemporain" par Alain Finkielkraut)

UNE ANALYSE DU PERE...

'La Création d'Adam' par Michel-Ange , chapelle Sixtine, à Rome : Les deux mains s'élançant l'une vers l'autre de façon irrésistible sans jamais parvenir à se joindre. La mains du Père et celle du Fils, l'une venant de l' esprit, l'autre partant du corps.Raison et sentiment...

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"Etre Père et chef de Famille par le Père Christian Lancrey-Javal"

"Il y a quelque chose que je n’ai pas et que je n’aurai jamais : je n’aurai jamais l’âge de mon père. J’aurai le même âge que celui qu’il a eu à un moment de sa vie, mais nous ne serons jamais à égalité : il y a, entre un père et son enfant, la distance irréductible du temps et de l’expérience."

Le père est par nature celui qui devance le fils (le fils ou la fille – j’emploierai l’un pour les deux dans les lignes qui suivent), qui est plus avancé en âge. Même s’il reproduit le même schéma : un de mes amis père de famille me disait : « je m’entends dire à mon fils ce que mon père me disait. Et je suis sans illusion sur ce qu’il comprend vu que moi à son âge je ne comprenais rien ». Voilà une parole humble et lucide, et fraternelle.

Le 1er acte de paternité, l’acte fondateur (en terme de responsabilité et non pas de sensation) est un acte d’amour et de renoncement. A proprement parler, un sacrifice. Un sacrifice pour le père, et une condition de liberté pour le fils.

Nous définissons le Père comme celui qui engendre, qui donne la vie. Il fait bien plus que cela : il se sacrifie en son Fils, parce qu’il est celui qui donne la liberté tout autant que la vie. Il est celui qui libère, qui accepte, et c’est si mystérieux de la part de Dieu, que sa place soit relative. Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai libéré du pays d’Egypte, et, qui en te libérant, te donne la liberté d’être infidèle. Qui accepte, par amour, la possibilité de te perdre.

Dans l’Histoire, et dans la vie quotidienne, la difficulté de ce renoncement du père se manifeste dans la tentation permanente pour les hommes « d’installer » leur fils à leur place. Si la Bible accorde une telle importance à la monarchie héréditaire des premiers siècles, c’est parce que s’y trouve cette propension pécheresse à se survivre par soi-même en son fils.

A l’inverse, la véritable paternité se fait dans la liberté laissée aux enfants de suivre leur propre route, et on en trouve l’expression la plus scandaleuse dans la parabole du fils prodigue, dans la revendication du fils de disposer de l’héritage du père : « donne-moi la part qui me revient ».

En renonçant à disposer pour lui de son fils (ou de sa fille), le père humain reconnaît la nature relative de la paternité humaine : elle est effectivement relative, seconde, « participée ». Le père humain est le fils d’un père précédent. Même Adam, dans la généalogie de Matthieu, est dit fils – fils de Dieu. Il existe une seule paternité absolue, celle de Dieu : « vous n’avez qu’un seul père, votre Père des Cieux ».

C’est de cette paternité-là que nous devons partir pour comprendre ce que signifie aimer, engendrer, éduquer, et non l’inverse. Le plus grand obstacle à la foi chrétienne consiste à se faire une idée de la Paternité de Dieu à partir de la paternité humaine, à imaginer Dieu à partir des expériences si restreintes que nous avons de l’amour. Tout ce que nous connaissons de la paternité dans l’ordre humain est une paternité relative, déléguée, seconde, une paternité participée. Mieux : une paternité héritée.

Et je transmets à mon tour, de façon plus ou moins lucide et consciente, l’héritage que j’ai reçu, héritage biologique, psychologique, culturel et spirituel. Quand elle est volontaire, cette transmission s’appelle l’éducation. Le père est un éducateur. Le père instruit ses fils. La principale responsabilité du père est l’éducation.

Le rôle du père est de fixer des objectifs – de donner une mission, tracer un chemin. En prenant garde à ne pas fixer des objectifs que l’enfant ne pourrait pas atteindre, à ne pas proposer des choix qu’il ne peut pas faire (spécialité de notre époque). En prenant garde à sanctionner les fautes et les dérapages : instruire, c’est aussi sanctionner, non pas suivant des critères subjectifs, mais en respect des Commandements de Dieu.

Il faut avoir une vision plus large qu’intellectuelle de l’éducation et de la formation : de même que nourricier ne signifie pas alimentaire, car l’homme ne vit pas que de pain, la formation est morale et spirituelle, qui s’accomplit dans l’ordre de l’amour. L’Eglise le rappelle chaque Samedi (soir) : « Ecoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces commandements que je te donne aujourd’hui resteront gravés dans ton cœur. Tu les rediras à tes fils, tu les répèteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé » (Dt 6, 4-8a).

Une 3ème responsabilité du Père est symbolisée dans le pouvoir de nomination : le père donne son nom à son fils. On le voit de façon spectaculaire à la naissance de Jean-Baptiste comme dans l’annonce faite à Joseph : « elle enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus » (Mt 1, 21).

Ce pouvoir a été mal compris, et c’est pourquoi le passage de l’évangile de saint Matthieu où Jésus demande à ses disciples de ne donner à personne le nom de Père (« n’appelez personne votre ‘Père’ sur la terre ; car vous n’en avez qu’un, le Père céleste », Mt 23, 9) gagne à être mis en parallèle à la rencontre chez saint Luc du jeune homme riche, un notable qui l’appelle : « Bon maître » - « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon que Dieu seul » (Lc 18, 19).

Cette discussion (pourquoi m’appelles-tu bon) n’est pas de pure forme, qui concerne le pouvoir de parole du père. Il recouvre toute la désignation des choses, comme le montre le deuxième récit de la Création, cf. Gn 2, 19 : le Seigneur amena à l’homme toutes les créatures « pour voir comment celui-ci les appellerait : chacune devait porter le nom que l’homme lui aurait donné … ». Ce n’est pas un pouvoir de domination, mais d’aide : il vise une aide qui lui soit assortie. Le père (spirituel) est celui qui aide à nommer, à mettre des mots dessus : ce que tu ressens, c’est ça. Ce que tu fais, c’est ça. « Ce que tu fais là ne s’appelle pas ‘prendre du bon temps’, mais perdre son temps ! ».
Au-delà des applications morales, le père a surtout le pouvoir de dire à son enfant qui il est : un enfant de Dieu.

La 4ème responsabilité du Père est de protéger. En étant présent : la mission du Fils de Dieu est de rendre le Père présent. Nous viendrons chez Lui. Qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. Le « père absent » est la plus grande atteinte à la paternité, parce que son rôle est de veiller. D’être là : pour protéger, pour nourrir, pour instruire. Pour veiller. D’où la place éminente, suréminente même, de saint Joseph. L’acte d’adoration des enfants de Dieu signifie de la façon la plus forte la présence du Père. Invisible, spirituelle, source de lumière, de chaleur et de sécurité. Ne craignez pas.

Si le rôle du père est de protéger, et de protéger par amour, et non pas comme un bien précieux qui m’appartiendrait, et que je possèderais au point que je préfèrerais le détruire plutôt qu’il ne tombe en des mains étrangères … Bref, si c’est l’amour qui conduit le père, c’est aussi indissociablement le pardon.

Il lui incombe de pardonner, comme il s’est évertué à instruire, comme s’il est résolu à châtier, comme il a appris à renoncer : pardonner, c’est renoncer – à une certaine idée de la justice, à la tentation de la vengeance.

Le fils tôt ou tard va se heurter au père, pour trouver ses propres limites, et acquérir sa liberté. Cette confrontation ne signifie pas qu’il doive « tuer le père », suivant ce mythe aux emplois pervers. Il va se heurter à son père, comme nous passons notre temps à nous heurter à nos frères, sans que cela fasse de la vie fraternelle une vie de conflits et de compromis, mais une construction permanente : l’amour est vivant et l’homme est pécheur.

Lors de l’Angélus du 4ème dimanche de Carême (14 mars 2010), commentant la parabole du fils prodigue, Benoît XVI disait que « les deux fils représentent deux modes immatures de relation avec Dieu : la révolte et une obéissance infantile ». Et il ajoutait : « Ces deux formes se surmontent grâce à l'expérience de la miséricorde. Ce n'est qu'en faisant l'expérience du pardon, en nous reconnaissant aimés d'un amour gratuit, plus grand que notre misère, mais aussi que notre justice, que nous entrons finalement dans une relation vraiment filiale et libre avec Dieu ».

L’expérience du pardon est indispensable à notre maturité. Qui me pardonne m’élève.

Père Christian Lancrey Javal
curé de Saint-Louis d'Antin

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jeudi 10 juin 2010

EGYPTE: FIN DE REGNE SOUS ETAT D'URGENCE...

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Pyramides du Caire

L'ombre d'Anouar el-Sadate continue à planer sur le pays de Pharaon...

Préambule:

En septembre 1981, Anouar el-Sadate lança une offensive majeure contre les intellectuels et les activistes de tout le spectre idéologique, emprisonnant des communistes, nasséristes, des féministes, des islamistes, des professeurs d'université, des journalistes et des membres de groupes d'étudiants. Il assigna également le patriarche copte orthodoxe Chénouda III à résidence, dans le Monastère Saint-Bishoy et emprisonna aussi un grand nombre de prêtres et évêques de son Église. Presque 1600 personnes furent arrêtées. Parallèlement, le soutien interne de Sadate disparaissait sous la pression à la fois d'une crise économique ainsi qu'en réaction à la violence de la répression des dissidents.

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Menahem Begin, Jimmy Carter et Anouar el-Sadate en 1978, à Camp David

Le 6 octobre 1981, un mois après la vague d'arrestation, Sadate fut assassiné durant une parade militaire au Caire par des membres de l'armée qui appartenaient à l'organisation du Jihad islamique égyptien. Ils s'opposaient à la négociation entamée par Sadate avec Israël ainsi qu'à son usage de la force durant l'opération de septembre. Une "Fatwa" approuvant l'assassinat avait été émise par Omar Abdel-Rahman, un imam par la suite inculpé par les États-Unis pour son rôle dans l'attaque à la bombe du World Trade Center le 26 février 1993.Mohamed Hosni Moubarak succéda à Anouar el-Saddat après l'assassinat de ce dernier, le 6 Octobre 1981. Dès le lendemain de sa prise du pouvoir il a décidé de faire vivre le pays sous la loi martiale et un parti unique, lui.

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Le président égyptien Hosni Moubarak, le 4 mars 2010. Reuters/Thomas Peter

EGYPTE: FIN DE REIGNE SOUS ETAT D'URGENCE

Par Monique Mas pour RFI

Alors que son cinquième mandat se termine en 2011, le président Hosni Moubarak prolonge de deux ans l'état d'urgence dont il a hérité en 1981 après l'assassinat du président Sadate. A bout de souffle, son régime autocratique se cherche un successeur pour empêcher une éventuelle alternance alors que l’opposition, toutes tendances confondues, la jeunesse, l’intelligentsia laïque comme les Frères musulmans, pourraient s’entendre sur une candidature unique. Monique Mas de RFI revient d’Egypte, où du Caire à Alexandrie en passant par le delta du Nil, la crise sociale menace de servir d’arbitre politique.

« Moi - mon fils Gamal ou un proche – sinon le chaos ! » C'est en substance la réponse du président Hosni Moubarak aux Egyptiens qui réclament un peu d'air politique sinon un changement radical. Son mandat présidentiel prend fin l'année prochaine, après des législatives en septembre 2010. Mais il a décidé que l'Egypte restera soumise au régime d'exception dont il a hérité il y a trente ans, en 1981, après l'assassinat du président Sadate, par un membre du Jihad islamique.

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Manifestation au Caire contre la prorogation de la loi sur l'état d'urgence en vigueur depuis 30 ans.

Un pouvoir indifférent au bien public...

Pour justifier des lois d’exception qui lui permettent de restreindre à sa guise l’ensemble des libertés politiques, le pouvoir use du même leitmotiv depuis des lustres, il invoque la lutte contre le terrorisme et contre la drogue et promet de légiférer avant de renoncer enfin à l’état d’urgence. En attendant l’hypothétique changement dont rêve l’opposition, d'un bout à l'autre de l'échiquier politique, une rapide traversée du Caire donne la mesure de l’insouciance ou de l’incurie des pouvoirs publics à l’égard des besoins de première nécessité de leurs administrés.

Sans parler du besoin d’air dans une capitale asphyxiée par des embouteillages bruyants à rendre sourd du matin au soir, sans parler des immeubles hors d’âge qui s’effondrent régulièrement avec leurs cargaisons d’humains, sans parler des habitants bien vivants des cimetières en l’occurrence squatters de la cité des morts, sans parler des wagons des trains régionaux  jamais révisés ni même nettoyés, sans parler bien sûr du prix du pain et de la crise sociale qui a provoqué des émeutes en 2008, il suffit de se faire piéton au Caire pour réaliser, la peur au ventre, la stupéfiante rareté des feux de signalisation, agent de police et autres passerelles ou robots chargés d’assurer la survie du risque-tout amené à traverser une rue, ou même une de ces bretelle d’autoroute qui quadrillent la ville.

Lire l'article :

http://www.ledevoir.com/international/afrique/286466/egypte-des-manifestants-sont-battus-par-la-police

Les chiffonniers du Caire ,"Le Mokkatam"

Le Caire entre misère & urbanisme sauvage...

Les chauffards tuent beaucoup plus souvent en Egypte que les terroristes. Et en la matière, la capitale est effectivement dangereuse. Entre Nil et désert, 20 millions d’Egyptiens vivent au Caire. Grande comme deux fois la France (un peu plus d’un million de kilomètres carrés), l’Egypte compte en effet à peine 4% de terres arables. Et ses quelque 74 millions d’habitants  se sont entassés au plus près du fleuve-roi, les champs cultivés avec soin arrivant aux pieds des barres d’immeubles. Si l’agriculture occupe officiellement moins de 30% de sa population active et les services 49 %, l’Egypte n’en apparaît pas moins comme un pays de ruraux logés dans la cité géante qui s’accroche aux rives du Nil.

En circulant sur les parties aériennes des autoroutes de la capitale, il est fréquent d’entrapercevoir en contrebas des carrés de jardinets mais aussi des poules, moutons et autres bestiaux. L’odeur des élevages de porcs est même restée du côté de la Citadelle. Leur extermination au début de l’année a aussi renchéri les prix de la viande de bœuf vers laquelle se sont tournés les mangeurs de cochon, Coptes et touristes.

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La crise du pain, Avril 2008

En avril 2008, la crise du pain avait provoqué des émeutes jusque dans le delta nourricier du Nil. La rue étant ce qu’il craint vraiment le plus, le pouvoir avait alors mis un frein à la libéralisation des prix du pain. Il a donc maintenu le système de subventions hérité de l’époque socialiste. Mais ce pain vendu à tarif réduit ne couvre pas les besoins de la population que l’appauvrissement a justement conduit à renoncer à une alimentation variée pour se contenter de pain.

Comme l’explique un habitant de la région de Mansura par exemple, des cartes de rationnement permettent à chaque famille d’acheter « tous les deux jours dix pains au tarif subventionné de cinq piastres pièce. Ça fait 5 pains par jour. Ça ne suffit pas du tout. Surtout que chaque famille compte de cinq à dix personnes » et chacun de ces pains ne représente en fait qu’une ration.



Des manifestants sont battus la police

L’arbitrage social

Après trente années de pouvoir sans partage, le régime Moubarak aime à se donner des airs démocrates. Tant que les revendications restent corporatistes ou purement fonctionnelles, les pères de famille condamnés au chômage peuvent clamer leur désolation sur le parvis de l’Assemblée du Peuple. Mais gare aux militants politiques qui voudraient faire la jonction des luttes. Le régime Moubarak n’aime pas non plus être filmé lorsque ses forces de l’ordre en tenue d’été dispersent- sans ménagement pour leur tenue blanche- le « sit in » de travailleurs en perdition. Malheur à ceux-ci lorsqu’ils utilisent un vocabulaire politique.

Entreprises qui changent de main ou fermetures pure et simple, le bulldozer de la privatisation est redoutable, avec ou sans dessous de table. Comme le dit Mahmoud Abaza, cadre dirigeant du Wafd, l’opposition parlementaire,  « c’est la première fois que l’on voit une telle différence entre les classes sociales qui conduit à l’effritement de la classe moyenne construite en Egypte sur l’éducation. » D’après lui, cette classe moyenne « des Lumières » est remplacée par une « classe du marché noir et de la différence du taux de change », celle des Egyptiens qui travaillent dans les pays du Golfe et qui ont profité de l’effondrement de la livre égyptienne.

Mahmoud Abaza, Chairman of Egypt's al-Wafd Party

Des lendemains incertains...

« Ce qui est n’a plus lieu d’être et ce qui doit advenir n’est pas encore là », souligne Mahmoud Abaza. « L’injustice, l’autoritarisme, l’oppression, la pauvreté, la torture, les emprisonnements politiques, la censure, le vol de l’argent public, la vente des entreprises publiques, tout ça, ça suffit ! Assez ! » lancent les militants du mouvement Kefaya, Assez, en arabe égyptien. Hors les allées du pouvoir, c’est un avis qui semble très partagé. Et d’une certaine manière, côté pouvoir, c’est aussi l’indécision qui domine, en tout cas concernant  la personne du successeur d’Hosni Moubarak, de retour de Berlin où il a subi une intervention chirurgicale.

Vidéo entretien: Gamal Moubarak,héritier malgrès lui?

Moubarak fils, Gamal, n’a pas encore été nominé pour une succession dynastique à la manière de la Syrie, un scénario auquel Mahmoud Abaza ne croit d’ailleurs pas. D’autres noms circulent comme celui du chef des renseignements qui gère aussi le dossier israélo-palestinien, Omar Souleiman, ou encore le pedigree flatteur du patron de l’aviation civile, Ahmed Shafiq.

Lire le reportage: Le Wafd souhaite un régime semi-présidentiel voire parlementaire

De son côté, l’opposition non plus n’a pas encore confirmé le candidat unique qu’elle recherche. Mais comme le souligne Abd Almoniem Abd Almaqsoud, l’un des avocats de la confrérie, « pour nous, le plus important, ce n’est pas qui est candidat, c’est la qualité du scrutin. Les Frères musulmans ne cherchent pas à gouverner. Ils visent seulement à participer à la vie politique pour réformer l’Egypte. Nous ne présenterons donc pas de candidat à la présidentielle. Mais éventuellement nous soutiendrons le candidat d’un autre parti ».

caire

mosquée Ibn Touloun, cour intérieure

Vers quelle régime politique après 2011...?

L’heure n’est pas à la charia pour tous et au régime islamiste dans cette Egypte où les Frères musulmans cohabitent avec des partis politiques non religieux et avec des chrétiens coptes. La répression, mais aussi le contre exemple algérien ou la compétition des Gama’at Islamiya inspirées par la guérilla afghane expliquent sans doute le commentaire d’Abd Almaqsoud : « Il y a aussi des oppositions à l’intérieur du pays comme à l’extérieur qui ne nous permettent pas de gouverner. Ailleurs, dans d’autres pays, il y a eu des antécédents avec des mouvances violentes. Cela nous a porté préjudice ».

Pour les Frères musulmans, le candidat derrière lequel faire front commun avec le reste de l’opposition pourrait être l’ancien président de l’AIAE, l’Agence internationale de surveillance atomique, Mohammed El-Baradei. De retour depuis quelques mois en Egypte, il avait posé l’abolition de l’état d’urgence comme condition à sa candidature à la présidentielle de 2011. Les lois d’exception reconduites, sera-t-il candidat ? Il reste en tout cas l’homme providentiel de la jeunesse égyptienne. Celle qui du Mouvement du 6 avril qui, en 2008, a participé à la formation sur internet du premier groupe de soutien à la grève des travailleurs de l’industrie textile de la région de Mahallah. Aujourd’hui, elle milite avec l’Association nationale pour le changement d’El-Barade.

Lire le reportage:Les Frères musulmans pourraient soutenir une candidature el-Baradei 

egypte

Mahmoud Abaza (G) et Al Sayed Al Badawy (g) au siège du parti Wafd le 19 mai 2010.

Fouad Elgarnousy

Elbaradeï2011.com

70 000 copains d’El-Baradei se sont regroupés sur Facebook. La profession de foi d’El-Baradeï est proposée à la signature sur elbaradeï2011.com et une pétition l’appelle à se porter candidat sur taghyeer.net. Une révolution technologique certes. Mais il n’est pas sûr que le réseau Egypt-Tweet créé par un jeune avocat de 22 ans, Mohamed Atef, soit de taille à soulever le vent de changement dont il rêve. De leur côté, les chefs de l’opposition veulent procéder par étape, à commencer par une réforme des institutions suivie d’une transition de 24 mois, le temps d’organiser un scrutin libre et juste.

Le régime Moubarak compte sur l’état d’urgence pour verrouiller les portes de l’alternance. Et comme le dit Ayman Nour, le fondateur du parti Al-Ghad, le futur : «Tous les scrutins sont truqués. Sinon nous n’aurions ni Hosni, ni Gamal Moubarak. Même les singes du zoo le savent ».Ayman Nour vient de passer quatre ans en prison pour avoir osé entrer dans la joute présidentielle, en 2005, contre Moubarak.

Lire le reportage: Rêves d'alternance en Egypte 

Emeute de a faim en egypte, avril 2008

Les chiffres: 50% de pauvres en Egypte...

Un rapport de deux économiste égyptiens publié par le Bureau International du Travail met en lumière la croissance exponentielle de la pauvreté en Egypte dans les années 90. Des chiffres inquiétants révélant l'échec de la politique de libéralisation égyptienne.

La moitié de la population égyptienne vit dans la pauvreté. 32 millions d'Egyptiens sur 64 millions sont considérés comme " pauvres " et dans ces 32 millions, 6 sont considérés comme " très pauvres " par les deux économistes égyptiens qui viennent de sortir un rapport publié par le Bureau International du Travail (BIT). Naglaa Al-Ehwani et Heba Al-Leissi soulignent que la pauvreté est passée de 39% en 1990 à 48% en 1999 dans les régions urbaines et de 39% à 55% sur la même période dans les régions rurales.

Des chiffres inquiétants qui illustrent, selon l'hebdomadaire Al-Ahram, les effets sur la population égyptienne de la politique de libéralisation menée par le gouvernement depuis les années 90. Alors que le développement du secteur privé était censé créer plus d'emplois, le rapport note que " les réformes du secteur public ont eu un effet profond sur les revenus des pauvres " et qu'elles ont " impliqué des pertes d'emplois ", amenant le taux de chômage dans le pays à 9%.

Pauvreté record en Haute-Egypte

Le niveau social des Egyptiens a également été sévèrement atteint. Les salaires ont subi une chute de 25% de leur valeur réelle dans les années 90. Ainsi, ceux qui ont conservé leur emploi durant cette période ont vu nettement chuter leur pouvoir d'achat. Selon une autre étude, menée par Mohaya Zaytoun et citée par Al-Ahram, la chute du pouvoir d'achat a entraîné de façon logique une chute des dépenses sociales des ménages (dans les domaines de l'éducation et de la santé notamment).

Le rapport conclut que " la centralisation rigide, le manque de coordination et la faiblesse institutionnelle dans le secteur gouvernemental sont des facteurs majeurs entravant la réduction de la pauvreté et du chômage ". La Haute-Egypte est pointée comme la région la plus pauvre d'Egypte et Assiout, le gouvernorat le plus pauvre de Haute-Egypte. Le Caire, qui accueille 50% de la population urbaine du pays, ne renferme que 19% des pauvres urbains.

Visiter le site de l'Organisation internationale du travail.


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lundi 24 mai 2010

AFRIQUE: LE SAHARA OCCIDENTAL par Hervé Cheuzeville & RAPPORT ADHOC 2009

Vidéo :ONU 2008 & Conseil des Droits de l'Homme 2009/ La question du Sahara Occidental/ Intervention Algérie,Maroc,Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié des Peuples,ISMUN,ONG Fondation France Liberté...

UN CONFLIT INTERMINABLE ET OUBLIE: LE SAHARA OCCIDENTAL

par Hervé Cheuzeville:

L’Espagne n’a jamais été très présente, en Afrique, contrairement à son voisin portugais. En Afrique subsaharienne, sa seule possession était la Guinée Équatoriale, colonie constituée d’une petite île dans le golfe de Guinée et d’un morceau de territoire continental coincé entre le Gabon et le Cameroun.

Après être longtemps demeuré un pays déshérité et oublié de tous, la Guinée Équatoriale est devenue, ces dernières années, un nouvel eldorado pour les grandes compagnies pétrolières, depuis la découverte d’immenses réserves d’ « excrément du diable », pour reprendre ici l’heureuse expression de Béchir ben Yahmed. Ailleurs en Afrique, l’Espagne s’était contentée d’imposer sa domination sur le nord du Maroc, aux côtés de la France qui contrôlait le reste du pays. Des reliquats de cette présence espagnole sur la rive sud de la Méditerranée  existent encore : les enclaves de Ceuta et de Melilla sont toujours des villes espagnoles, au grand dam du royaume chérifien.  Depuis des siècles, l’Espagne possède également l’archipel des Canaries, province espagnole. 

Cependant, l’Espagne avait un autre territoire, sur le continent africain : le Rio del Oro, aujourd’hui connu sous le nom de Sahara Occidental. Ce vaste territoire grand comme la moitié de la France (266 000 km2), était passé sous le contrôle de Madrid en 1884. Il constitue depuis 35 années un épineux contentieux international, dans lequel tous les voisins se sont trouvés impliqués. Aujourd’hui encore, il est la principale pomme de discorde entre les deux frères ennemis du Maghreb, le Maroc et l’Algérie, et il demeure le plus ancien conflit d’Afrique. Pour le comprendre, il convient de faire un petit retour en arrière.

Dans les années 60, époque des « mouvements de libération » en Afrique comme ailleurs, le Front POLISARIO (acronyme espagnol signifiant « Front Pour la Libération de la Saghiat el Hamra et du Rio del Oro »), vit le jour,  créé avec l’appui bienveillant de l’Algérie nouvellement indépendante. Il revendiquait l’indépendance de ce territoire espagnol.

camellstif

Depuis l’indépendance du Maroc en 1956, Rabat l’a toujours revendiqué. Mohamed V, puis son fils et successeur Hassan II, rêvait de reconstituer l’ancien empire marocain précolonial et, à ce titre, contestait l’existence de la Mauritanie, devenue indépendante en 1960. Selon Rabat, ce pays, tout comme le Sahara Occidental, faisait partie du royaume chérifien historique. Quant à l’Espagne, encore sous la dictature franquiste, elle semblait se satisfaire du statut quo, qu’elle aurait souhaité voir se perpétuer. On ne songea pas à demander leur avis aux 70 000 habitants (selon le dernier recensement espagnol) de ce territoire désertique mais riche en phosphates.

L’année 1975 fut une année tournant. La Cour de Justice Internationale, saisie par Rabat, reconnut les liens historiques entre les populations du Sahara Occidental et du Maroc. C’est la longue agonie du vieux dictateur espagnol, en octobre et novembre 1975, qui fit monter les enchères entre les différents protagonistes. Le 6 novembre, le roi Hassan II, après avoir chauffé à blanc le sentiment national de ses sujets vis-à-vis de l’ « Alsace-Lorraine » marocaine, lança sa « marche verte » vers la frontière du Sahara Occidental. Des dizaines de milliers de Marocains brandissant leur drapeau et le portrait de leur souverain parvinrent à franchir la frontière internationale et à pénétrer dans le territoire.

Pour calmer le jeu, le gouvernement espagnol proposa l’ouverture de négociations. Le 14 novembre suivant, après la mort de Franco, des accords furent signés à Madrid entre l’Espagne, le Maroc et… la Mauritanie. Ces accords prévoyaient un rapide retrait de l’administration et de l’armée espagnole et un partage du Sahara Occidental entre le Maroc et la Mauritanie : les deux tiers nord deviendraient marocains tandis que la Mauritanie annexerait le tiers sud, qui comprenait le port de Dakhla. Le président mauritanien, Mokhtar Ould Daddah, vit en cet arrangement l’occasion, non seulement d’agrandir son territoire à peu de frais (croyait-il) mais aussi de mettre fin aux revendications marocaines sur son propre pays. Cet accord devait pourtant lui coûter très cher  et il finit par lui faire perdre le pouvoir.

Le Front Polisario engagea aussitôt la lutte armée contre les nouveaux occupants. Il attendit le retrait du dernier soldat espagnol pour proclamer à Bir Lahlou, le 27 février 1976, la République Arabe Saharaouie Démocratique. Le nouvel État fut reconnu par l’Algérie et par un nombre croissant de pays africains et du camp « socialiste ». L’année 1976 fut marquée par de très violents combats entre l’armée marocaine et le Front Polisario, en particulier lors de la sanglante bataille d’Amgala.

Pendant ce temps, la tension entre le Maroc et l’Algérie allait croissant, les deux pays massant des troupes des deux côtés de leur frontière commune, qui fut fermée. On était au bord de la guerre. Le Front Polisario décida de concentrer ses attaques contre le maillon faible, c’est-à-dire contre la Mauritanie. Il parvint même à lancer une audacieuse attaque sur Nouakchott, la capitale. Les exportations de phosphate du pays déclinèrent, du fait des attaques répétées contre le chemin de fer qui reliait les mines au port de Nouadhibou. Parallèlement, le pays dut augmenter considérablement le budget de son armée, qui, jusqu’en 1975, était de taille réduite et sous équipée. La Mauritanie, pays fragile, fut rapidement déstabilisée et ruinée économiquement. Les militaires montèrent en puissance et finirent par renverser le président Ould Daddah en 1978.  Ils ne se sont jamais vraiment éloignés du pouvoir depuis lors, malgré plusieurs révolutions de palais. Le nouveau régime décida de renoncer au Sahara Occidental et il s’en retira en 1979, après avoir négocié avec le Front Polisario.

La nature ayant horreur du vide, le Maroc s’empressa d’envahir l’ancienne zone mauritanienne et la totalité de l’ancienne colonie espagnole devint marocaine. Une guerre faite d’attaques sanglantes contre les positions marocaines continua durant de longues années. Les forces saharaouies  étaient très mobiles et elles avaient pour elles une excellente connaissance du terrain. De plus, lorsqu’elles étaient poursuivies, elles pouvaient facilement se mettre à l’abri en territoire algérien, où elles disposaient de bases arrières. Dans les années 80, le gouvernement marocain se mit à édifier une série de murs défensifs qui lui permirent de garder le contrôle du Sahara « utile », là où se trouvaient les villes et les mines de phosphate. Depuis, le royaume chérifien exerce un contrôle effectif sur environ 80% du territoire, tandis que le Polisario impose son autorité sur les 20% restants ainsi que sur les camps de réfugiés, situés autour de la ville de Tindouf, dans le Sahara algérien.

En 1985, la majorité des États membres de l’Organisation de l’Unité Africaine décida d’admettre la République Arabe Saharaouie Démocratique en son sein. En réaction, le Maroc claqua la porte de l’organisation continentale, dont il était pourtant l’un des membres fondateurs. Il ne l’a toujours pas réintégrée.

Depuis 1991, un cessez-le-feu est entré en vigueur. L’ONU a envoyé des casques bleus dans le cadre d’une opération baptisée « MINURSO ». Les différentes médiations effectuées par des envoyés spéciaux du Secrétaire Général des Nations Unies ont toutes échoué, chacun des deux camps restant campé sur ses positions : le Polisario s’en tient à un référendum d’autodétermination et à l’indépendance, tandis que le Maroc se déclare prêt à octroyer à « sa » province saharienne un statut d’autonomie interne.

Le référendum semble bien difficile à organiser. Qui pourrait y participer ? Les 70 000 habitants recensés par les Espagnols ainsi que leurs descendants ? Le Polisario conteste ce chiffre et exige que tous les réfugiés des camps de la région de Tindouf puissent voter. Mais le Maroc affirme que nombre de ces réfugiés sont en fait des Sahariens originaires de Mauritanie, du Mali ou d’Algérie, et il souhaiterait aussi que les habitants actuels du Sahara Occidental puissent participer à un tel référendum, ce qui inclurait ceux venus du Maroc depuis 1975 ainsi que leurs descendants. Il convient de se souvenir que le territoire disputé est en grande partie désertique et que sa population est essentiellement nomade et qu’elle a toujours fait fi des frontières, qui ne semblent exister que sur les cartes. Dans un tel contexte, déterminer de manière impartiale que tel habitant en est authentiquement originaire et que tel autre est Marocain ou Mauritanien ou Malien ou Algérien semble être un défi quasi insurmontable.

La position de l’ONU semble avoir quelque peu évolué au fil des ans. Peter van Walsun, l’envoyé spécial du Secrétaire Général a ainsi déclaré qu’un « Sahara Occidental indépendant ne semblait pas être un objectif atteignable ». Cette déclaration a provoqué l’ire du Polisario, qui a accusé les Nations-Unies d’épouser la position marocaine.

Du côté du mouvement rebelle, cependant, on note une certaine fatigue, depuis quelque temps. Après 35 années de lutte, plusieurs dirigeants historiques du mouvement ont fait défection et ont rejoint le Maroc, où ils ont été bien accueillis par l’actuel souverain, Mohamed VI. Des centaines de Saharaouis ont aussi quitté les camps de Tindouf pour rentrer au pays, en zone contrôlée par le royaume chérifien. Le mouvement indépendantiste a également été l’objet d’attaques quant à son respect des droits de l’Homme. On a cité le cas de prisonniers de guerre marocains, détenus en toute illégalité en territoire algérien depuis plus de trente ans. La répression de toute vue dissidente au sein du Polisario a également été évoquée. Le Front semble ne pas avoir su évoluer avec son temps en demeurant un mouvement monolithique, à l’instar des mouvements de libération d’obédience marxiste léniniste des années 60.

La fin de la rivalité Est-Ouest aurait dû permettre un règlement rapide de cette question héritée de la guerre froide. L’Algérie indépendante a bénéficié de la part du lion au Sahara. Le pouvoir colonial l’avait en effet avantagé aux dépends de la Tunisie et du Maroc qui n’étaient que des « protectorats ». Le Maroc – et la Tunisie - ont certainement raison d’estimer qu’ils ont été spoliés d’une grande partie de leurs territoires sahariens lors du découpage colonial. Cependant, on ne refait pas l’histoire et, au nom de l’ « intangibilité » des frontières héritées du colonialisme, il conviendrait de trouver un moyen de consulter la population du Sahara Occidental sur son destin et de permettre aux véritables réfugiés Saharaouis de quitter les camps d’Algérie et de rentrer chez eux. Il y a urgence : il semble que « al Qaïda »  soit en train de tirer parti de la confusion régnant dans ces confins désertiques pour s’y installer et tenter de déstabiliser tous les États de la région. 

Quand on constate la difficulté – et le temps – mis à résoudre une question somme toute relativement simple, comment s'étonner que le conflit israëlo-palestinien soit aussi inextricable? Le Maroc et l’Algérie ne font-ils pas tous deux partie du Maghreb ? Leur peuples et leur dirigeants ne sont-ils pas tous musulmans, tout comme les Saharaouis ? Au Sahara Occidental comme en Israël-Palestine, deux revendications « légitimes » et inconciliables s’affrontent. Dans les deux cas, des populations civiles ont dû abandonner leurs terres ancestrales pour aller s’entasser dans des camps. Malheureusement, le sort des réfugiés saharaouis ne semblent guère attirer l’attention des « bien pensants » de France et d’ailleurs, contrairement à ceux de Palestine.

© Hervé Cheuzeville (16.05.10)

Un mot sur l'auteur:

Hervé Cheuzeville oeuvre dans l’humanitaire depuis plus de trente ans et depuis 1989, vit en Afrique, et plus particulièrement au Soudan, au Malawi, en République Démocratique du Congo et en Ouganda. Durant ces nombreuses missions humanitaires, Hervé Cheuzeville a rédigé des chroniques sur son vécu qui ont fait l’objet d’édition.

En 2003, son premier livre "KADAGO, enfants des guerres d'Afriques Centrale", publiée aux éditions l'Harmattan, relate son expérience avec les enfants victime de la guerre, tels que les enfants soldats. En 2006, son second livre paru chez Persée Edition, "Chroniques africaines de guerres et d'espérance", est une série de chroniques rédigée sur le terrain entre 2003 et 2006.

Actuellement, Hervé Cheuzeville prépare son troisième livre, intitulé "Nouvelles chroniques d'un ailleurs pas si lointain", où il sera question, en grande partie, du Malawi, mais également du Prix Nobel de la Paix remis cette année à Barack Obama, ou encore de la désinformation dont est victime la Corse, comme l'Afrique.


Rapport 2009 des parlementaires européens sur le Sahara occidental

Vidéo:Le dessous des cartes.

Rapport sur le Sahara occidental rédigé par Une délégation de parlementaires européens suite à des visites dans la région et rendu public par le journal espagnol EL PAÏS:

Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental

Rapport de M. Ioannis Kasoulides, Président de la Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental, co-signé par M. Carlos Iturgaiz, Président de la Délégation pour les Relations avec les Pays du Maghreb, pour la partie concernant la mission conjointe des deux Délégations à Rabat et à Laâyoune

Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental
Rapport
de M. Ioannis Kasoulides, Président de la Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental,
co-signé par M. Carlos Iturgaiz, Président de la Délégation pour les Relations avec les Pays du Maghreb, pour la partie concernant la mission conjointe des deux Délégations à Rabat et à Laâyoune Maroc

 version modifiée discutée le 17 mars par la délégation PE-Maghreb

1. Le mandat de la Délégation

Suite à la répression des manifestations à Laâyoune de mai 2005, la Délégation adhoc pour le Sahara occidental a été mise en place et mandatée par la Conférence des Présidents d'enquêter sur la situation des droits de l'homme dans la région, mandat réitéré par la Conférence des Présidents le 23 octobre 2008.

La Délégation ad-hoc a effectué un premier voyage à Tindouf du 15 au 18 septembre 2006. Son projet de voyage à Rabat et à Laâyoune, en revanche, s'est réalisé seulement les 26 et 27 janvier 2009. Une visite du Président Pöttering au en mai 2008 a finalement permis de surmonter le différend autour de la composition de la Délégation qui avait bloqué la mission auparavant. Il a ainsi été convenu d'une mission conjointe composée de deux membres de la Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental et de trois membres de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb.

Conformément à son mandat, la Délégation s'abstient de tout jugement concernant la question du statut politique du Sahara occidental. L'objectif de sa mission étant purement humanitaire, elle considère que les droits de l'homme de la population sahraouie méritent un respect sans entraves, et ce indépendamment de la persistance du problème politique. Par le biais d'un dialogue constructif avec les autorités elle entend ainsi aider au mieux la population sahraouie et à améliorer le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la région.

sahara

2. Statut du Sahara occidental

Le Sahara occidental est inscrit depuis 1963 sur la liste onusienne des territoires non autonomes qui restent à décoloniser. Conformément au droit international, le statut de territoire non autonome ne cesse que par l'exercice du droit à l'autodétermination. La situation des droits de l'homme des Sahraouis est intrinsèquement liée à l'impossibilité, jusqu'à ce jour, de résoudre cette question de l'exercice de l'autodétermination du peuple du Sahara occidental.

Depuis la création de la Délégation ad hoc en 2005, la question du Sahara occidental s'est vu insuffler une certaine dynamique. Le 11 avril 2007, le Maroc a soumis au Conseil de Sécurité des Nations-unies une proposition d'autonomie sous souveraineté marocaine. Le 10 avril 2007, le Front Polisario, avait transmis sa proposition précisant qu'une autonomie ne pourrait être acceptée que par voie référendaire et proposant de négocier des garanties politiques, économiques et sécuritaires pour populations marocaines résidant au Sahara occidental au cas où le référendum d'autodétermination déboucherait sur l'indépendance. Dans sa résolution 1754 du 30 avril 2007, le Conseil de Sécurité prend acte des propositions du Maroc et du Front Polisario qui ont constitué la base de quatre rounds de négociations à Manhasset (USA) sous l’égide de l’ONU et en présence de représentants mauritaniens et algériens. Dans ses résolutions 1783 du 31 octobre 2007 et 1813 du 30 avril 2008, il encourage les parties à poursuivre résolument leurs négociations.

3. Visite à Tindouf

Une composante de la délégation ad hoc pour le Sahara occidental s'est rendue à Alger ainsi qu'à Tindouf à la mi-septembre 2006, ce qui lui a permis de visiter, sur le sol Algérien, les camps sous contrôle du Front Polisario, lequel s’est montré d'une extrême disponibilité: des rencontres ont en effet eu lieu avec le Président de la RASD, M. Abdelaziz, M. Abdelkader Taleb Omar, Premier Ministre, M. Salek Baba Hasna, Ministre de la Coopération, le Président du Croissant-Rouge Sahraoui, M. Bulubeini Yahia et les diverses composantes de la vie associative et de la société civile, très présente dans les camps (notamment les associations Equité et Justice ainsi qu' Afapredesa). En revanche, les autorités algériennes n'ont pas donné suite aux demandes de réunions avec la Délégation lors de son séjour à Alger; cette journée a toutefois été mise à profit par l'organisation d'un échange de vues approfondi avec les principaux acteurs de la communauté internationale impliqués d'un point de vue humanitaire dans le conflit sahraoui (Haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations-unies, Programme Alimentaire Mondial et les services opérationnels relevant d'ECHO).

L'assistance internationale a en effet débuté, envers les quatre camps de Tindouf, en 1976, à l'arrivée des premiers réfugiés. Ce n'est que relativement récemment, depuis 2005, que le HCR a étendu ses activités à la protection des réfugiés et est devenu, graduellement, également impliqué dans le développement de mesures propres à rétablir la confiance entre les parties, telles que préconisées par les Nations-unies.
C'est ainsi que le HCR se charge de la promotion des contacts entre les familles sahraouies séparées entre les territoires sous administration marocaine et les camps de Tindouf: des lignes téléphoniques directes ont donc été établies, quoique en quantité insuffisante. Les années récentes ont également vu l'organisation de séminaires sur des sujets non controversés (environnement, folklore…).

Vidéo & Diaporama:Sahara Occidental

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vendredi 2 avril 2010

ANALYSE:TCHETCHENIE,DEUX SIECLES DE RESISTANCE DANS LE CAUCASE...

DMITRI MEDVEDEV & VLADIMIR POUTINE

Où en est exactement le conflit entre la Tchétchénie séparatiste et la Russie alors que le président Dmitri Medvedev a effectué jeudi une visite surprise au Daghestan, république russe du Nord-Caucase, où il a déclaré que la Russie devait réduire à néant les responsables d'une série d'attentats suicide qui ont fait plus de 50 morts cette semaine à Moscow et au Daghestan.Attentat à Moscow où les auteurs sont deux femmes de sympathisants Tchétchénes morts durant la guerre.

Interview du père de la terroriste de la Loubianka sur: http://fr.rian.ru/video/20100407/186414538.html

Remarque du Webmaster:Depuis la parution de cet article le 02 Avril 2010,la censure sur Internet a supprimée certaines vidéos sur le serveur  Daily-motion .Seul reste le titre sous ces vidéos (à lire).

vidéo:Tchétchénie,no comment...

Russes et Tchétchènes dans l’étau de la guerre...

En décembre 1994 éclatait la première guerre de Tchétchénie. Dix ans plus tard, la guerre, qui a repris en 1999 après une trêve de trois ans, se poursuit, dans une quasi-indifférence internationale, malgré le simulacre de « normalisation » vantée par le pouvoir russe. Seules des actions dramatiques et de plus en plus spectaculaires perpétrées par des commandos terroristes réveillent sporadiquement l’attention médiatique. Désormais, c’est sous l’angle de l’islamisme que l’on se contente bien à tort de déchiffrer les tenants du conflit. Or pour comprendre les racines profondes des deux guerres successives, il faut saisir l’impact historique de la conquête coloniale russe, puis de la domination soviétique dans les relations entre la Tchétchénie et la Russie. C’est de ce passé qu’est née la revendication d’indépendance des tchétchènes. C’est également de ce passé que procèdent les évolutions de l’islam tchétchène, islam dont les liens avec le terrorisme international apparaissent très largement surestimés. La principale caractéristique de cette guerre et ce qui fait son drame, c’est le huis clos étouffant dans lequel se trouvent réunis Tchétchènes et Russes, avec leur histoire et leurs relations singulières. Un vase clos qui rend d’autant plus douteuse la rhétorique de V. Poutine faisant de la Tchétchénie un front de lutte contre le terrorisme islamiste mondialisé : façon subtile d’évoquer l’international pour rester maître de ce qu’il nomme une « affaire intérieure ».

Extrait de "Tchétchénie, une affaire intérieure ?",avec Silvia Serrano,Anne Le Huérou, Aude Merlin, et Amandine Regamey, Collection CERI/Autrement, Paris, 168 pages.

vidéo:Tchétchénie,citadelle imprenable

Les relations avec la Russie ont été conflictuelles dès les premières tentatives de coloniser le Caucase. Dès la fin du XVIIIe siècle, le cheikh Mansour lançait la résistance puis, au XIXe siècle, les Tchétchènes ont combattu plus de trente ans aux côtés de l'imam Chamil, lui-même originaire du Daghestan. La colonisation n'a jamais complètement abouti, et des révoltes ont émaillé la période soviétique, jusque dans les années 30.

La déportation de l'ensemble de la population en février 1944 devait mettre le point final à la pacification. Les Tchétchènes n'ont toutefois pas été les seuls à résister à la Russie ou à être déportés, mais ils sont les seuls à avoir conservé leur statut de peuple majoritaire sur leur territoire. Depuis leur retour et le rétablissement de leur République (en 1957), alors que la proportion de "nationaux" augmentait par rapport à celle des Slaves, l'équation "un peuple=un territoire", pierre angulaire de la politique soviétique des nationalités, s'est affirmée, renforçant d'autant plus les revendications nationalistes que leur légitimité était alimentée par une mémoire historique tragique.

vidéo:Combattants Tchétchénes

La Russie mène-t-elle en Tchétchénie une guerre contre le terrorisme islamiste ?

Les premiers "barbus" ne sont apparus qu'en 1995-1996, comme conséquence de l'isolement de la République et de la déstructuration sociale liés au premier conflit. Il convient toutefois de se méfier du terme "islamisme" qui recouvre des réalités très variées. Les groupes radicaux jouissant de généreux financements étrangers, et dont il est difficile de mesurer le poids réel, sont entrés en opposition avec les confréries soufies qui structurent l'islam traditionnel tchétchène. Les attentats terroristes (notamment les terribles prises d'otages du théâtre de la Doubrovka en 2002 et d'une école à Beslan en 2004) qui se sont multipliés avec l'affaiblissement de la résistance et l'éloignement de toute perspective de règlement négocié, n'avaient pas tous la même dimension religieuse, les revendications restant le retrait des troupes russes.

Le spectre du terrorisme islamiste a en revanche été utilisé par Moscou pour justifier une campagne dont les buts sont flous, multiples, fluctuants et différents selon les acteurs. Au-delà des perspectives purement électorales (la guerre ayant contribué à imposer Poutine comme héritier de Eltsine), la Tchétchénie devait permettre, à bon compte semblait-il, de restaurer l'image de grande puissance d'une Russie "humiliée" par la perte de l'empire et la perspective de l'extension de l'OTAN à l'Est.

L'absence d'une véritable politique caucasienne de l'Etat fédéral et la délégation des responsabilités au niveau local ont pu encourager tous ceux à qui la guerre profite. Contrôle des matières premières, mainmise sur les fonds alloués à la reconstruction, pillage et rançonnement des populations civiles : l'appropriation des ressources liées à la guerre ont souvent constitué la logique principale de sa poursuite, même si la pacification était le but avoué.

vidéo:L'enfer des troupes Russes

Quelle est la différence entre le premier conflit de Tchétchénie (1994-1996) et le conflit actuel ?

L'adhésion de l'opinion publique russe à la reprise de la guerre contraste nettement avec la période 1994-96. Les médias y sont pour quelque chose car les télévisions russes diffusaient alors largement les images des destructions, les interviews des chefs de guerre, et des mères de soldat à qui les combattants tchétchènes rendaient leurs fils prisonniers. Les leçons en ont été tirées et, en 1999, la guerre de l'information a précédé les opérations terrestres. Les attentats meurtriers de l'été ont renforcé l'image du Tchétchène sanguinaire, même si l'identité des auteurs reste inconnue. Des règles drastiques sont imposées pour les correspondants dans la région : l'assassinat en octobre 2006 d'Anna Politkovskaïa, de Novaya gazeta (www.novayagazeta.ru) rappelle les risques considérables encourus par les rares journalistes à couvrir le conflit, les ONG ayant, elles, un accès restreint à la République.

vidéo:Un soldat Russe raconte...

En quoi la guerre reflète-t-elle l'état de l'armée russe ?

Comme le premier conflit, elle reflète certains problèmes endémiques de l'armée russe : soldes non ou irrégulièrement versées, conscrits envoyés au combat sans préparation, concurrence entre les différents corps, entre les différents ministères de force. Cela dit, les exactions commises en Tchétchénie ne sont pas imputables à la déliquescence des troupes et aux abus d'une soldatesque hors contrôle : leur caractère organisé atteste d'une volonté de destruction d'un peuple. Les camps de filtration, par exemple, sont constitués en véritable système. La découverte récente de charniers témoigne du caractère massif des crimes contre les civils. La hiérarchie militaire et politique encourage, organise et couvre les exactions, comme en témoigne le procès du colonel Boudanov, accusé du meurtre d'une jeune Tchétchène, qui tourne à la réhabilitation des militaires accusés de crimes de guerre. L'élection du général Chamanov au poste de gouverneur de la région d'Oulianovsk montre à quel point des militaires qui devraient être traduits devant des tribunaux pour crimes de guerre jouissent d'images positives.

Troupes russes évacuant des enfants ossètes lors du massacre de l’école de Beslan perpétré par des terroristes tchétchènes (photo Itar-Tass) SEPTEMRE 2004

L'évolution interne de celle-ci a également joué un rôle. L'incapacité des autorités tchétchènes indépendantistes à endiguer la criminalité a contribué à rendre leur cause peu populaire. Alors qu'avec l'accord signé par les présidents Eltsine et Maskhadov en mai 1997, qui mettait un point final au premier conflit, les perspectives d'une reconnaissance de l'indépendance et de la normalisation des relations avec la Russie nourrissaient tous les espoirs, aujourd'hui la population tchétchène, démunie de tout, épuisée par sept ans de guerre, découragée par les dissensions internes de ses dirigeants, abandonnée à son sort par la communauté internationale, est dépourvue de tout projet.

Quelles sont les répercussions du conflit au niveau régional ?

Elles ont longtemps été limitées, donnant tort aux Cassandre qui prédisaient un embrasement général du Caucase, voire une réaction en chaîne emportant toutes les entités "nationales" de la Fédération russe. En réalité, le précédent tchétchène joue plus comme repoussoir que comme modèle. Toutefois, la poursuite des opérations militaires entraîne une violence accrue dans l'ensemble du Caucase du Nord, qu'elle soit imputable à l'action de combattants qui jouent la carte de l'extension géographique, ou qu'elle soit due à la rupture d'équilibre sans lien direct avec le conflit tchétchène. Le recours systématique à la violence en Tchétchénie même produit de l'instabilité dans l'ensemble du Caucase du Nord, à tel point que les régions limitrophes sont aujourd'hui tout autant le théâtre des opérations. Sur le moyen, voire le long terme, cette évolution peut avoir des conséquences imprévisibles, y compris dans le Caucase du Sud, notamment en Géorgie.

En revanche, la guerre n'affecte fondamentalement pas les relations entre la Russie et les autres pays de la région, l'Iran et même la Turquie, qui adopte également une attitude réservée.

Comment expliquer la faiblesse des réactions internationales ?

Alors que l'arrivée au pouvoir de Poutine suscitait les espoirs d'une stabilisation de la Russie, les Etats européens ont rivalisé d'attentions pour s'allier les bonnes grâces du maître du Kremlin. Quoi qu'on en ait dit, les intérêts occidentaux au Caucase, en particulier septentrional, sont limités, le contrôle des oléoducs transportant le pétrole de la Caspienne ne constituant qu'un élément parmi d'autres des relations avec Moscou, modeste au regard des autres préoccupations stratégiques et économiques, et du poids de la Russie dans les approvisionnements de l'Europe en gaz. D'autre part, personne ne voit d'un bon œil l'accession à l'indépendance de petits Etats issus de la Russie, négligeant la spécificité tchétchène. On préfère donc fermer les yeux sur les violations des droits de l'homme, d'autant que la relative indifférence des opinions publiques occidentales n'incite pas les gouvernements à réagir. La Russie a toutefois été condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l'Homme.

vidéo:Tchétchénie,deux siècles de combats

Qu'en est-il du processus de normalisation ?

Dès l'occupation de l'ensemble du territoire tchétchène par les troupes russes, au printemps 2000, Moscou a amorcé un processus qualifié de "normalisation", accompagnée d'une politique de "tchétchénisation", c'est-à-dire du transfert de prérogatives à une administration tchétchène prorusse sous la botte. On voulait ainsi signifier, contre toute évidence, que la guerre était terminée, et qu'il s'agissait de permettre au pays de se rétablir. Un référendum sur la constitution puis des élections présidentielles et législatives se sont ainsi tenues en 2003. Mais en mai 2004, Akhmad Kadyrov le président tchétchène pro-russe était assassiné.

Ramzan Kadyrov, pro-Russe de la Tchétchènie

Depuis, son fils Ramzan, contrôle de facto la République, ses milices paramilitaires sont les principales responsables des disparitions, tortures et exactions, alors que les autorités politiques et militaires trouvent jusqu'à présent des avantages à cette sous-traitance de la terreur.

vidéo:Tchétchénie,la guerre continue

La guerre est-elle finie ?

L'assassinat, en mars 2005, d'Aslan Maskhadov, président élu en 1997 et chef de la résistance, constitue un tournant dans le conflit car sa disparition met fin à toute perspective de solution politique négociée. Si la guérilla était déjà très affaiblie -plusieurs "commandants historiques" avaient été abattus ou s'étaient rendus-, Moscou remporte ensuite plusieurs gros succès symboliques : le successeur d'Aslan Maskhadov, Abdoul-Khalim Sadoulaïev, est lui aussi tué, et surtout, Chamil Bassaïev subit le même sort, en juillet 2006. Ces éliminations physiques ne mettent pas fin aux affrontements : des échauffourées parfois très violentes ont toujours lieu, même si leur fréquence semble diminuer. Cette sortie de conflit par un long pourrissement, imputable en grande part à l'épuisement de la population et à l'absence d'horizon, ne doit pas faire oublier qu'aucun des problèmes n'est réglé.

Malgré l'impasse actuelle, les perspectives les plus inquiétantes concernent le moyen terme : alors que le pays est entièrement détruit, que deviendra cette génération née après l'effondrement de l'URSS, qui n'a rien connu que la guerre, a été peu ou mal scolarisée, et dont une importante partie souffre dans sa chair des séquelles de la guerre ?

Entretien mis à jour en novembre 2006.

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/deuxieme-guerre-tchetchenie/index.shtml

Les 21 républiques
de la fédération de Russie

Peuples du Caucase

1. Adygués
2. Karatchaï-Tcherkesses
3. Kabardino-Balkarie
4. Ossétie du Nord
5. Tchétchénie
6. Daghestan
7. Ingouchie
8. Kalmoukie

Peuples turcs

9. Tchouvachie
10. Tatarstan
11. Bachkirie
12. Altaï
13. Khakassie
14. Touva
15. Sakha

Peuples ouraliens

16. Carélie
17. Komis
18. Maris
19. Mordovie
20. Oudmoutie

Peuples mongols

21. Bouriatie

République

Population

Peuples

Langues officielles
Adygués

451 000

Adygués (22 %)
Russes (57,9 %)
Ukrainiens (3,1 %
Arméniens (2,4 %)

adyguéen et russe
Altaï 200 000

Altaïens (30,9 %)
Russes (60,3 %)
Kazakhs (5,3 %

altaïen et russe
Bachkortostan 4 millions

Bachkirs (25 %)
Russes (40 %)
Tatars (25 %)
Tchouvaches (3 %)

bachkir et russe
Bouriatie 1 million

Bouriates (23 %)
Russes (72 %)

bouriate et russe
Carélie 789 000

Caréliens (11 %)
Finnois (3 %)
Russes (71 %)
Biélorusses (11 %)
Ukrainiens (3 %)

carélien et russe
Daghestan 2 millions

Darguines (15 %)
Avars (26 %)
Lesghiens (11 %)
Koumiks (11 %)
Russes (11 %)
Lacks (5 %)
Tabassarans (4 %)
Azéris (4 %)

avar, azerbaïdjanais, darguine, lack, lesguien, nogaï, tabassaran, tats,  tchétchène et russe
Iakoutie-Sakha 1million

Iakoutes (39 %)
Russes (51 %)

iakoute et russe
Kabardie et Balkarie 790 000

Kabardes (46 %)
Balkars (9 %)
Russes (35 %)
Ukrainiens ( ? )

kabarde et russe
Kalmoukie 320 000

Kalmouks (40 %)
Russes (40 %)

kalmouk et russe
Karatchaï-Tcherkess 436 000

Karachaïs (31,2 %)
Tchekesses (9,7 %)
Russes (42,3 %)
Abazes (6,6 %)

karachaï et russe
Khakassie 584 000

Khakasses (11 %)
Russes (79,4 %)

khakasse et russe
Komis 1,2 million

Komis (25 %)
Russes (60 %)
Ukrainiens/Biélorusses (11 %)

komi et russe
Mari 766 000

Maris (45 %)
Russes (45 %)
Tchouvaches (1 %)
Tatars (7 %)

mari et russe
Mordovie 959 000

Mordves (35 %)
Russes (59 %)
Tatars (5 %)

mordve et russe
Oudmourtie 1,6 million

Oudmourtes (33 %)
Russes (58 %)
Tatars (7 %)

oudmourte et russe
Ossétie du Nord

659 000

Ossètes (65 %)
Russes (22 %)
Géorgiens (5 %)

ossète et russe
Tatarskan 3,7 millions

Tatars (42 %)
Russes (44 %)
Tchouvaches/Mordves et Oudmourtes (6 %)

tatar et russe
Tchétchénie/Ingouchie 1,1 million

Tchétchènes (53 %)
Ingouches (14 %)
Russes (30 %)

tchétchène et russe
Tchouvachie 1,3 million

Tchouvaches (70 %)
Russes (20 %)
Mordves (2 %)
Tatars (5 %)

tchouvache et russe
Touva 308 000

Touvas (50 %)
Russes (36 %)

touva et russe

vidéo:Tchétchénie,le jihad continu...

PREAMBULE:

En dépit de multiples annonces des autorités russes sur la normalisation en Tchétchénie, la guerre menée contre les indépendantistes dans cette petite République du Caucase du Nord s'achève difficilement, avec son cortège de victimes, d'exactions et d'attentats sanglants commis parfois en plein coeur de la Russie.

Lorsque le conflit qui a ensanglanté la petite République de Tchétchénie, située dans le Nord-Caucase russe, s'est achevé en mai 1997 par un accord portant les signatures du Président russe Boris Eltsine et du président tchétchène Aslan Maskhadov, élu en janvier de la même année, Russes et Tchétchènes pensaient que c'en était enfin fini de cette guerre fratricide.

Pourtant, un peu plus de deux ans plus tard, à la suite d'attentats meurtriers qui ont endeuillé plusieurs villes de Russie et qui ont été attribués sans preuve aux indépendantistes tchétchènes, l'armée russe intervenait une fois encore dans la R épublique séparatiste et c'était le début d'un second conflit, encore plus meurtrier peut-être que le premier.

Bien que les autorités russes aient annoncé à plusieurs reprises que la guerre était finie, et en dépit de mises en garde, il est vrai peu énergiques, de la communauté internationale, en particulier du Conseil de l'Europe, aucune solution pacifique n'a toujours été trouvée. L'opération habile qu'a menée le président Poutine après le 11 septembre 2001, en assimilant les séparatistes tchétchènes aux terroristes d'Al Qaïda n'a pas non plus contribué à faire avancer une issue diplomatique.

Depuis, même si la rébellion a été décapitée, avec la liquidation par les forces russes du président élu Aslan Maskhadov, puis du chef de guerre Chamil Bassaïev, la guerre n’a pas pris fin, bien qu’il s’agisse désormais plutôt 'd’escarmouches que de véritables combats. Le pouvoir russe a procédé à la "tchétchénisation" du conflit, en remettant le pouvoir aux mains du clan du président pro-russe assassiné Akhmad Kadyrov, incarné par son fils Ramzan Kadyrov désormais Premier ministre de la République tchétchène.

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Drapeau de la République autonome tchétchène

Cependant, le pouvoir fédéral russe semble s’être déchargé du problème en faisant d’énormes concessions à celui-ci et au clan qu’il dirige. Des sommes énormes ont été injectées en vue de la reconstruction et de nombreux réfugiés, tout au moins ceux présents dans les régions proches, rentrent au pays. La guerre a toutefois laissé des traces indélébiles dans la république.

L’imam Chamil, un chef religieux tchétchène du XIXe siècle qui fut aussi un redoutable chef de guerre

Questions à Silvia Serrano

Silvia Serrano est chercheuse à l'Observatoire des États post-soviétiques de l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).

http://cercec.ehess.fr/document.php?id=513

Pourquoi, parmi les vingt et une "républiques nationales" de Russie, la Tchétchénie a-t-elle été la seule à s’opposer de façon frontale au pouvoir fédéral ?

Posté par PORTIER VINCENT à 01:15 - ANALYSE - Commentaires [0] - Permalien [#]
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