lundi 28 juin 2010
AFGHANISTAN 2010: RETOUR SUR UN BOURBIER,LE DESSOUS DES CARTES/R.A.B, OPIUM, TALIBANISME, OTAGES ...

Photo:Ruines du Palais du Roi Amanullah à Kaboul
par Vincent Portier
Le 11 Septembre 2009 marque le souvenir des quatre attentats-suicides perpétrés le même jour aux États-Unis par des membres du réseau djihadiste islamiste Al-Qaida.Aujourd'hui, plus de 8 ans après, il n'est un secret pour personne que les rapports des différentes administrations Américaines avec les Moudjahidin puis les Talibans sont en grande partie responsables de l'état actuel de la situation pour les Afghans suite à la volonté de Washington dans les années 80 de reprendre la direction de la région aux Russes.
Voici donc, un entretien très interessant avec un ancien collaborateur de la CIA,Marc Sageman, mais avant un retour sur la Balkanisation de l'Afghanistan et le dessous des cartes.
Le bourbier afghan :
Chronique d'une Balkanisation annoncée:(1979-1989):
L’URSS, en envahissant l’Afghanistan, loin de vouloir atteindre les « mers chaudes » comme on le redoutait à l’époque, semble, en réalité, plutôt vouloir simplement sauver les techniciens et coopérants soviétiques confrontés à une importante et sanglante vague de contestations.
L’Afghanistan est encore au début du siècle un pays isolé en raison du « Grand Jeu » que se livrent les deux puissances impériales, russe et britannique. Il n’y a eu que très peu de contacts avec le Moyen-Orient et l’Afghanistan, malgré une tentative de modernisation par le roi Amanullah étouffée par les mollahs en 1929, a un mode de fonctionnement quasi-autarcique jusqu’au milieu des années 1950.
C’est effectivement de conserve que Britanniques et Russes ont contribué à établir un royaume-tampon en Afghanistan, dont l’instabilité aurait été préjudiciable à l’équilibre entre les deux empires. L’Afghanistan est donc neutralisé et isolé.
Dans les années 50-60, l’Afghanistan attise les convoitises des deux nouvelles puissances. De grands chantiers sont menés pacifiquement (l’immense aéroport de Kandahar, par exemple) jusqu’à ce que les États-Unis cèdent leur place, préoccupés par la montée en puissance de l’Iran. Les Soviétiques, à partir de la fin des années 60, dépêchent alors sur place de nombreux cadres et forment une armée moderne. Cette modernisation cristallise cependant l’hostilité des religieux.
En 1973, le roi est balayé au profit d’un président soutenu par un parti communiste (le Parti démocratique du peuple afghan) dont les rivalités internes poussent à des réformes de plus en plus radicales. La forte opposition des partis ultra religieux et des mollahs atteint son paroxysme lorsque en 1978 et 1979 diverses insurrections et lynchages de cadres soviétiques obligent l’URSS à intervenir militairement.
Photo: Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, journalistes pour France Télévision,otages en Afghanistan depuis 180 jours...
Comment en est-on arrivé à cette situation-là ?
Du R.A.B* pour les Talibans ou l'instrumentalisation de la résistance...
(*R.A.B:Russie, Afghanistan,Britanniques)
Le front de résistance à l’URSS en Afghanistan n’est pas uni. De tous temps, les tribus se sont fortement opposées et livrées à des luttes sanglantes. La plus importante –et la plus connue– de ces rivalités tribales traditionnelles est celle entre Pachtouns et Tadjiks, de part et d’autre de la frontière pakisto-afghane.
Une importante aide financière est déclenchée par les États-Unis (qui fournissent le matériel militaire léger aux chefs de guerres religieux réfugiés au Pakistan) mais aussi par l’Arabie Saoudite et les riches pays du Golfe. De plus, de tout le monde arabe affluent des combattants du djihad, les moudjahidin, pour rallier la résistance contre l’URSS.
La guerre d’Afghanistan bascule vraiment en 1986, lorsque les États-Unis fournissent les missiles Stinger (via l’Arabie Saoudite qui les revendaient par des réseaux pakistanais) contre les hélicoptères soviétiques, pour aboutir, finalement, au retrait soviétique de l’Afghanistan en 1989.
Mais, pendant les 10 ans d’occupation soviétique, les trafics d’armes alimentés par le jeu de tous les puissants, de drogue (l’Afghanistan fournit 80% de l’héroïne mondiale) ont rôdé les circuits de la guérilla et de la résistance de ces moudjahidin devenue Talibans au plus haut point.
Carte: Le corridor du Wakhan, entre le Pakistan et le Tadjikistan, relie l'Afghanistan à la Chine /Lien: http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/508610
Le Dessous des Cartes:
Le Front Uni Islamique et National pour le Salut de l'Afghanistan, plus connu sous le nom d'Alliance du Nord, tient début septembre 2001 5% du territoire afghan principalement dans le nord-est du pays et les environs de Herat dans l'ouest du pays. Officiellement dirigé par l'ancien président Burhanuddin Rabbani, il constitue la principale organisation anti-taliban mais regroupe en fait des alliés assez disparates :
- Jamiat-e-Islami : mouvement tadjik commandé par Mohammed Fahim Khan, successeur du général Massoud. Cependant, ce mouvement comprend des forces qui échappent largement à sa direction. Les principales de ces forces autonomes sont celles d'Ismail Khan dans l'ouest du pays et plus encore celles du Pachtoune Gulbuddin Hekmatyar.
- Junbish-e-Milli-yi Islami : mouvement ouzbek dirigé par le général Dostom.
- Hizb-e-Wahdat : mouvement hazara, une ethnie chiite, commandé par Karim Khalili et Mohaqiq.
Jusqu'aux attentats du 11 septembre, ces mouvements étaient soutenus par l'Iran, la Russie et le Tadjikistan. Ils peuvent alors aligner environ 15 000 hommes appartenant en propre à l'Alliance du Nordref mais ils bénéficieront de nombreux changments de camps qui augmenteront leurs effectifs.
Vidéo Documentaire: 11 Septembre 2001, La Vérité qui dérange (1/6)/ Regardez l'Intégralité via la catégorie SIDH Films & Documentaires dans la colonne de gauche) ou http://www.dailymotion.com/relevance/search/11+septembre+2001+la+verit%C3%A9+qui+derange
Marc Sageman, ex-agent de la CIA
"La guerre en Afghanistan est une guerre politique qui ne reflète pas la réalité."
" Elle n'a pas de sens puisqu'Al-Qaida n'y est plus. L'élimination d'Al-Qaida en Afghanistan a été réussie depuis sept ans."
"Ce qui reste d'Al-Qaida est au Pakistan."
LE MONDE | 08.09.09 | 11h38
ous enquêtez depuis des années sur "Les Complots d'Al-Qaida en Occident", le titre de votre prochain livre. Quelles sont vos premières conclusions sur la présence et les attaques djihadistes en Europe et Amérique du Nord ?
Depuis la création d'Al-Qaida en 1989, il y a eu soixante complots en Occident, émanant de quarante-six groupes différents. Je n'ai retenu que les complots ayant atteint un certain degré de maturité, perpétrés par Al-Qaida, des groupes affiliés à Al-Qaida ou agissant au nom d'Al-Qaida.
On s'aperçoit qu'il y a eu dix complots en 1995, ensuite, ça diminue, puis ça remonte vers 2001, puis il y a un autre sommet avec dix complots en 2004, puis ça rediminue avec huit complots en 2005, six en 2006, six en 2007, trois en 2008.
La première vague, en 1995, est l'attaque de la France par le Groupe islamique armé (GIA) algérien. La seconde vague, en 2004, intervient en réaction à la guerre en Irak. Depuis 2004, la probabilité qu'Al-Qaida frappe en Occident a fortement diminué.
Il faut toutefois noter une nouveauté, ces dernières années : la recrudescence des initiatives solitaires. Dans mon étude, je n'ai pas pris en compte les "fous solitaires", ceux qui n'ont jamais eu de contact avec d'autres personnes de la mouvance djihadiste. Mais c'est un phénomène à prendre en compte.
Sur soixante complots planifiés, combien d'attentats ont été perpétrés avec succès ?
Quatorze, dont neuf par le GIA, deux par Al-Qaida (le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et le 7 juillet 2005 à Londres) et trois inspirés par Al-Qaida (le World Trade Center en 1993, les attentats du 11 mars 2004 à Madrid et l'assassinat de Theo Van Gogh à Amsterdam en 2004).
Et dix bombes n'ont pas explosé.
On remarque que les djihadistes entraînés à l'étranger ont eu 20 % de succès, contre seulement 9 % pour les autres. L'entraînement à l'étranger multiplie donc les probabilités de succès.
L'entraînement des djihadistes opérant en Occident a eu lieu dans seulement deux pays : l'Algérie et le Pakistan.
Combien y a-t-il eu d'attaques-suicides ?
Il y a eu neuf attentats-suicides. Mais, même dans d'autres cas, les djihadistes sont prêts à mourir (Roubaix, Madrid, Glasgow, etc.). Ils n'hésitent pas à se suicider plutôt que d'être arrêtés.
Photo:Adam Gadahn, le porte-parole Americain converti d'Al Qaida/Lien:Ces Européens djihadistes: http://actualiteduterrorisme.20minutes-blogs.fr/archive/2009/01/23/ces-europeens-djihadistes.html
Combien de djihadistes ont-ils agi en Occident en vingt ans ?
Environ 400. Davantage de gens ont été arrêtés, mais je ne comptabilise que les "vrais" terroristes, pas tous les jeunes voyous qui les aident. Les "vrais" terroristes sont 400 au plus, sur une population musulmane de 20 millions de personnes en Occident et de 700 millions au total, sur vingt ans. Quel est le risque ?
Bien sûr, il y a des variations. En Europe, le risque est plus fort en France et en Grande-Bretagne, à cause des politiques d'immigration, ou pour des raisons communautaires. Cela dépend souvent de comment la "seconde génération" d'immigrés est traitée dans les pays d'accueil... Aux Etats-Unis en 2001, les dix-neuf djihadistes n'étaient pas américains. Ils étaient des infiltrés. En France en 1995, les djihadistes ont eu le soutien de voyous de Lille et de Lyon.
Sur les djihadistes opérant en Occident, combien sont nés et ont grandi en Occident, et combien sont des infiltrés ?
La grande majorité d'entre eux ont grandi en Occident. Les seuls infiltrés sont les hommes du GIA algérien et les djihadistes du 11-Septembre.
Quel est le profil de ces djihadistes ?
Cela a évolué. Dans les années 1990, on avait affaire à des gens biens éduqués, comme les types de Hambourg qui ont fait le 11-Septembre. Des gens venus du Moyen-Orient pour étudier en Occident.
Après la guerre d'Irak, on a eu davantage affaire à des petits voyous, très jeunes, comme en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas. La France fut une exception, avec des voyous dès les années 1990.
Quel est l'âge moyen des djihadistes ?
Il est passé de 26 ans dans les années 1990 à 20, 21 ans maintenant.
L'Irak fut donc un tournant ?

Photo: La silhouette des Twin Sisters, après 2001, symbolisée par deux phares dans la nuit Américaine./Lien:http://www.rue89.com/desintox-11-septembre-2001/2009/02/04/le-vrai-et-tous-les-faux-complots-du-11-septembre
Le 11-Septembre et l'Irak sont un tournant. Leur retentissement fait que l'on est passé de l'université à la rue. Le djihad est devenu plus populaire.
Vous pointez beaucoup d'idées fausses sur la menace terroriste...
Il y a énormément d'idées fausses. Le terrorisme émerge d'une contre-culture de la protestation. Il vient du droit de protester qui existe en Occident, avec une proportion minime de contestataires qui plongent dans la violence.
Ce qu'il faut éviter est d'arrêter trop de gens, comme le faisait la France dans les années 1990. Il faut que ce soit ciblé. Trop de gens sont devenus des terroristes en prison, après avoir été accusés par erreur.
Les forces de l'ordre sont plus sophistiquées aujourd'hui et frappent peu à l'aveugle. Elles n'arrêtent plus les crâneurs, ou moins qu'avant. Car le danger, ce n'est pas ceux qui crânent, mais ceux qui mettent des bombes.
En minimisant le rôle des "infiltrés", vous affirmez donc que la crainte de "cellules dormantes" djihadistes en Occident est un fantasme ?
Absolument. On n'a pas vu de cellule dormante. Il n'existe pas un seul cas. Une "cellule dormante" est constituée de gens entraînés, qui vont "dormir" quelque temps avant d'être réanimés. Or, en Occident, les gens entraînés arrivent avec une cible en tête, et frappent. Sur 20 groupes entraînés à l'étranger, 18 ont perpétré leurs attentats dans les six mois après leur retour en Occident. Ils reviennent très motivés, et ils attaquent.

Photo: Ousama Ben Laden et ses Lieutenants/Lien:
L'idée qu'Al-Qaida est patiente, c'est de la bêtise. Les djihadistes sont pressés d'agir.
Quelle conclusion tirez-vous sur le pouvoir du leadership d'Al-Qaida ?
Ils sont incapables d'agir hors du Waziristan, dans les zones tribales autonomes du Pakistan. Ils se cachent. Ils sont à la merci de jeunes Occidentaux qui viennent au Waziristan, qui veulent s'entraîner et revenir en Occident commettre des attentats. Al-Qaida n'a pas de recruteurs et attend des volontaires. De plus, beaucoup de chefs d'Al-Qaida ont été tués depuis un an au Pakistan dans la campagne de bombardements par les drones américains. Cette campagne a eu pas mal de succès. Elle s'oriente maintenant vers les talibans car il ne reste plus beaucoup de cibles d'Al-Qaida.
Restent Oussama Ben Laden et Ayman Al-Zawahiri, qui se cachent au point qu'ils mettent dorénavant des semaines à diffuser leurs messages.
Quand les Etats-Unis sont-ils devenus une cible et pourquoi ?
Dès le début. Le premier attentat a eu lieu au World Trade Center à New York en février 1993. Ce n'était pas encore Al-Qaida, mais déjà des djihadistes.
Eux pensent que l'Occident est en guerre contre l'islam et que les Etats-Unis sont le symbole de l'Occident.
Ils ont pris la menace au sérieux seulement après le 11-Septembre.
La guerre de fin 2001 en Afghanistan a contribué à lutter contre Al-Qaida. Ce fut une réussite, mais on n'a pas pourchassé les djihadistes au Pakistan.
D'où viennent les erreurs stratégiques commises par Washington ?
Au moment du 11-Septembre, la CIA dominait, mais (le secrétaire à la défense) Donald Rumsfeld a pris les commandes. Quand l'armée a pris le relais de la CIA, il y a eu la faille.
Rumsfeld voulait les lauriers et a empêché la CIA, qui pilotait les opérations via les moudjahidins, de travailler. Lui voulait des troupes américaines en Afghanistan. Ce déploiement a pris du temps. Les djihadistes ont pu s'échapper.
Puis l'armée s'est préparée pour l'Irak...

Photo:Forces américaines et britanniques, province d'Helmand, 2007./ Lien: http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/508610
Que pensez-vous de la stratégie américaine actuelle en Afghanistan ?
Je suis en désaccord. La guerre en Afghanistan est une guerre politique qui ne reflète pas la réalité. La guerre en Afghanistan n'a pas de sens puisqu'Al-Qaida n'y est plus. L'élimination d'Al-Qaida en Afghanistan a été réussie depuis sept ans. Ce qui reste d'Al-Qaida est au Pakistan.
Comment conduire cette lutte au Pakistan ?
Puisqu'Islamabad ne veut pas de troupes étrangères, les Etats-Unis mènent la campagne au Pakistan avec les drones. Mais la guerre contre Al-Qaida ne se gagne pas avec des moyens militaires. Il faudrait des agents de renseignements et le soutien de la population du Waziristan. Il faut en faire des alliés plutôt que des ennemis.
Le président américain affirme vouloir recentrer l'effort militaire de son pays sur la guerre contre Al-Qaida. Que pensez-vous de sa stratégie ?
On sent beaucoup d'hésitation. Si l'administration Obama veut sécuriser les Etats-Unis, il ne faut pas faire la guerre en Afghanistan. Les insurgés afghans et pakistanais ne voyagent pas. L'Afghanistan n'est pas le danger.
Même si les talibans reviennent au pouvoir ?
Si les talibans reviennent au pouvoir, on pourra toujours les menacer de les bombarder s'ils se lient de nouveau avec Al-Qaida. Les talibans ne sont pas des idiots. Le danger n'est pas les Afghans. S'ils posent des bombes chez eux, on s'en fout. Le danger, ce sont les gens qui viennent poser des bombes en Occident.
Propos recueillis par Rémy Ourdan
Article paru dans l'édition du 09.09.09
Une autre forme de "Jihad":
Jihad islamique égyptien
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Photo: Djihadiste en Egypte |
NDRL: Cette article et les liens sont une source Wikipédia à prendre donc avec réflexion et objectivité
Le Jihad islamique égyptien (Arabe: الجهاد الإسلامي المصري ) (JIE), Anciennement appelé simplement Islamique Jihad ( الجهاد الإسلامي et Armée de libération pour les lieux saints), Initialement dénommé «Al-Jihad," et puis "le groupe du Djihad", ou "Organisation du Jihad»,est un Égyptienne Islamistes groupe actif depuis la fin des années 1970. Il est sous embargo dans le monde entier par le Nations Unies comme une filiale de Al-Qaïda. Il est également interdit par plusieurs gouvernements individuels, y compris celle de la Fédération de Russie. Depuis 1991, elle a été dirigée par Ayman al-Zawahiri.
Objectif initial première à l'Organisation était de renverser le gouvernement égyptien et le remplacer par un Etat islamique. Plus tard, il a élargi ses objectifs pour inclure l'attaquant États-Unis et Israël intérêts en Egypte qu'à l'étranger.
JIE a subi des revers en raison des nombreuses arrestations de coopératives dans le monde entier, plus récemment dans Liban et Yémen.En Juin 2001, Al-Qaïda et le Jihad islamique égyptien, qui avaient été associés les uns aux autres pendant de nombreuses années, ont fusionné en «al-Qaida-Jihad».
Liens Guerre d'Afghanistan:
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
- La guerre d'Afghanistan (1979-1989), opposa les moudjahiddins, soutenus par les États-Unis et des pays à majorité musulmane, au pouvoir laïc, soutenu par l'Union des républiques socialistes soviétiques, de décembre 1979 à février 1989.
- Après le retrait de l'Armée rouge, la guerre civile entre diverses factions n'a jamais cessé, aboutissant à la prise du pouvoir par les Talibans.
- La guerre d'Afghanistan (2001) menée par la coalition occidentale et l'Alliance du Nord contre les Talibans, en octobre et novembre 2001, en représailles aux attentats du 11 septembre 2001.
voir Tous les articles sur le jihad:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Qaida
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jihad_islamique
Voir également sur le 11 septembre 2001 le Lien:http://www.rue89.com/desintox-11-septembre-2001/2009/02/04/le-vrai-et-tous-les-faux-complots-du-11-septembre
Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, otages en Afghanistan depuis 180 jours...
mardi 30 mars 2010
LIVRE:AFGHANISTAN AU COEUR DU CHAOS PAR ARIANE QUENTIER

"AFGHANISTAN,XXIème siècle:"
On peut difficilement imaginer un rapport mieux documenté que celui-ci, sur la situation insurrectionnelle qui couve en Afghanistan et au Pakistan et que la force militaire contient, mais ne règle pas. On peut aussi difficilement imaginer réquisitoire plus incisif sur l'action foisonnante, presque échevelée et en tout cas inefficace, voire contre-productive, menée par l'Occident et au premier chef les USA, en mal de stratégie.(Cartes des groupes éthniques et militaires en Afghanistan en fin d'article)
Un mot sur l'auteur:
Ancienne journaliste, Ariane Quentier (à droite) a travaillé à l'Otan puis à l'ONU, en Afghanistan, où elle a partagé le quotidien des soldats
Ariane Quentier connaît l’Afghanistan de fond en comble. Elle y a vécu pendant plusieurs années et sous plusieurs casquettes. Journaliste, elle a aussi travaillé pour l’OTAN et l’ONU avant d’être nommée comme conseillère technique au sein du Ministère afghan de la défense puis de l’intérieur. Elle a sillonné le sud et ses champs de pavot aux côtés des GI’S, rencontré Hamit Karzai et le mollah Omar, discuté avec des chefs de guerre et passé de longs moments auprès de familles afghanes.
Son champ d’action c’est la Sécurité et ce mot, là-bas, résonne de façon macabre.
Aujourd’hui de retour en France, Ariane Quentier, qui fut la correspondante de la Radio Suisse Romande à Sarajevo, publie un livre, L’Afghanistan au cœur du chaos et termine le montage de deux documentaires sur un pays aux mains de toutes les violences.
Lire également son entretien sur ce site à :
http://portier.canalblog.com/archives/2010/03/29/17399509.html

LE LIVRE:"Au coeur du chaos "
Afghanistan et Pakistan
Il faut avant tout noter que ce n'est pas l'Afghanistan seul qui est en cause. Il est pauvre, peu peuplé et sans ressource. C'est le Pakistan voisin qui fait peur, car il est plus riche et dispose de l'arme nucléaire. Ce Pakistan qui, par crainte de l'Inde et de ses alliés a joué avec le feu du fondamentalisme musulman et qui, aujourd'hui, risque sa déstabilisation et son éclatement.
Il me semble d'ailleurs, mais je n'ai noté cette réflexion nulle part, ce qui m'inquiète, que la présence occidentale, assez puissante pour contenir les extrémistes, les repousse hors du territoire Afghan, vers le Pakistan et ses zones tribales (Waziristan). Ne pouvant pas intervenir sérieusement au Pakistan, elle est donc, indirectement, un facteur de désintégration de ce pays, ce qui est le contraire du but recherché.
Le chaos occidental
En ce qui concerne l'action elle-même, en Afghanistan, le livre montre bien comment s'est construit l'échec actuel, l'absence d'état afghan, sur lequel prendre appui, étant le pire handicap. Hamid Karzaï y apparaît d'ailleurs comme la planche pourrie, pour ne pas dire plus.
Plus grave encore et plus lourd de conséquences, aura été l'incroyable dispersion de moyens lâchés sans stratégie d'ensemble et, souvent même, en conflits ouverts entre eux : Coalition sous contrôle US, ISA (émanation de l'ONU), ANBP,ARG, CSTC-A, OMLT, PRT, UNAMA, UNODC, ONG jalouses de leur indépendance, etc. Qui pourrait donner à cette cohorte un semblant d'unité ? Qui peut éviter que les bavures des uns (la Coalition, surtout) ne rejaillissent sur les autres ? Le chaos n'est sans doute par là où l'Occident croit qu'il est.
L'Afghanistan démocratique ? Une illusion révelatrice
Quant au pays lui-même (on est allé y jouer aux élections avec le succès que l'on sait !), le livre montre ben sa structure dite "tribale", qui ressemble fort à une situation féodale enrichie par l'ouverture sur le monde et ainsi transformée en une structure mafieuse, qui n'a aucun intérêt réel à évoluer.
A ce sujet, d'ailleurs le chapitre sur la situation de la culture de la drogue est instructif. Elle est le pétrole dont les ressources entretiennent ces régimes. Comme pour le pétrole, la solution est simple = commençons par réduire notre consommation. Il est toujours trop facile d'accuser les producteurs : sans notre consommation, ils n'existeraient pas.
Un travail riche, mais inabouti
AQ a vécu cela de l'intérieur, a rencontré les acteurs a formé son expérience et son jugement sur des réalités et non des rapports, ce qui fait la grande valeur de son témoignage. Son tableau est sombre, sans qu'émerge une quelconque issue, autre que tenir encore.
Ce livre est important, éclairant, d'une richesse d'information considérable. Il est hélas inabouti, car il n'apporte pas vraiment une réflexion sur l'avenir de l'"AFPAK" (Afghanistan-Pakistan), dont chacun sait que la maîtrise est essentielle à la la paix du monde. Il montre en revanche, avec lucidité, l'incroyable vide de la pensée stratégique US, à l'oeuvre dans cette zone.
Denoël Impacts (2009) - 360 pages
PODCAST:http://www.rsr.ch/espace-2/les-emissions
RESUME DE L'ENTRETIEN AVEC RSR:
Hamid Karzai est le président d'Afghanistan depuis 2001.
Corruption, drogue et absence de gouvernance résument la situation.
Ariane Quentier tente de comprendre pourquoi le pays en est arrivé là.
Hamit Karzai, une nouvelle fois, a prêté serment, reconduit dans ses fonctions présidentielles malgré un scrutin entaché de fraude massive. Une fraude dont Ariane Quentier, caméra au poing, a été le témoin.
Pourtant, tout avait bien si bien commencé. Les élections de 2004 concrétisaient l’espoir de tout un peuple qui votait ainsi pour la paix, la sécurité et l’éducation.
Un quinquennat plus tard, la situation est dramatique. Les seigneurs de guerre font la loi, les talibans ne sont pas loin de Kaboul et le prouvent par des attentats meurtriers, la corruption est générale et le trafic de drogue propulse l’Afghanistan au rang du plus grand « exportateur » d’opium au monde.
Un grand entretien d'Anik Schuin
CARTES MILITAIRE ET ETHNIQUE DE L'AFGHANISTAN FIN 2009

lundi 29 mars 2010
ENTRETIEN:AFGHANISTAN " ENTRE ESPOIR ET REALITE" PAR ARIANE QUENTIER

“En Afghanistan, la solution est militaire et politique.Démocratie et tribalisme ne font pas bon ménage”

La stratégie américaine en Afghanistan, l'envoi et le retrait des troupes, l'armée et la police afghane... Les réponses d'Ariane Quentier, journaliste puis porte-parole de l'OTAN et de l'ONU à Kaboul, auteur de “Afghanistan : au coeur du chaos”

Ancienne journaliste, Ariane Quentier (à droite) a travaillé à l'Otan puis à l'ONU, en Afghanistan, où elle a partagé le quotidien des soldats
ENTRETIEN:

Revenons sur la présidentielle afghane, entachée de fraudes, des fraudes majoritairement orchestrées par Hamid Karzaï, le président sortant... Pourquoi ?
Il a été élu en 2004 avec seulement 54% des voix, il a un bilan plutôt négatif: l’Afghanistan est un des cinq pays les plus corrompus de la planète, l’insurrection talibane s’étend aux portes de la capitale, il y a du trafic d’opium, les chefs de guerre usent et abusent de la population…
Bref Karzai s’est dit “Je vais donner un coup de pouce à l’élection” !
Alors pourquoi a-t-il tellement fraudé ? Sans doute parce qu’il n’en a tellement fait qu’à sa tête ces cinq dernières années qu’il a pêché par excès de confiance vis-à-vis de la communauté internationale, en pensant qu’elle allait fermer les yeux encore une fois sur ses manigances pour conserver la stabilité. Mais cette fois-ci, elle n’a pas fermé les yeux, car il y a une nouvelle dynamique depuis l’arrivée d’Obama à la Maison blanche.



Quelques jours avant le second tour, son rival Abdullah Abdullah, qui avait réclamé ce second tour avec force, se retire car le président de la commission électorale indépendante, dont il avait demandé le limogeage, est toujours en place. Vous y croyez ?
Oui, j’y crois. La façon dont la commission électorale dite indépendante a géré les élections a eu un énorme impact sur les fraudes. Abdullah ne voyait donc pas la même équipe changer d’attitude après les élections. Idem pour des ministres qu’il voulait remplacer.
Il y a eu beaucoup de tractations avec le clan Karzaï, les Américains et leurs alliés pour arriver à un compromis. Mais Abdullah avait toujours dit qu’il ne ferait pas de gouvernement d’union nationale. Il a été très intransigeant sur ce point. Il préfère se voir comme un leader d’une opposition afghane naissante plutôt que dans des négociations et des tractations de pouvoir. Il n’a jamais cédé, il a toujours dénoncé - et ce dès le lendemain du scrutin - des fraudes qui ont été par la suite avérées par les observateurs internationaux et afghans.
On peut lui reconnaître une certaine intégrité intellectuelle. Maintenant il n’a jamais été au pouvoir (NDLR : il a été ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de transition en 2002), il n’a pas de casseroles. Mais vu le bilan de Karzaï, ce qui est sûr, c’est qu’Abdullah ne pouvait pas être pire.

Barack Obama avec les troupes Américaines à Bagram Air Base /Kaboul le 28 mars 2010 (Jim Young/Reuters)
Quand Barack Obama est entré à la Maison-Blanche, 32 000 soldats américains se trouvaient en Afghanistan. Ils pourraient être 100 000 au printemps prochain. Est-ce, comme l'affirment de nombreux Américains, "la guerre d'Obama"?

Il s'agit surtout d'un héritage de Bush. Obama se retrouve avec une situation inextricable sur les bras, qui n'est pas de son fait mais qu'il a un devoir de régler en tant que président des Etats-Unis. Et la communauté internationale ne l'aide pas beaucoup. Les Nations Unies, en particulier, n'ont pas de vision ou de stratégie communes.
La Maison-Blanche a annoncé l'envoi de quelque 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan. Leur retrait pourrait être amorcé dès l'été 2011. Que penser de ce projet?
Le malheureux Obama est contraint de faire un compromis. Militaire, d'abord, entre son commandant en chef sur le terrain, qui demande 40000 soldats sur place, et d'autres, qui attendaient un progrès de la part du gouvernement afghan avant d'envoyer des troupes.
C'est aussi un compromis politique. Entre les Démocrates, qui traînent les pieds et se demandent comment sortir de ce bourbier, et les Républicains, qui considèrent que Washington envoie un mauvais signal aux intégristes en dépêchant un nombre de troupes trop limité à leurs yeux. Le président gère l'héritage de la politique impétueuse de l'administration Bush. Il fait des compromis, par la force des choses, et celui annoncé le 1er décembre est sans doute le meilleur possible. Il y aura bientôt 130 000 soldats étrangers sur le terrain, dont 100 000 Américains. Ce n'est pas rien. Sur le terrain, quels seront les effets concrets de cet apport de renforts?
Aujourd'hui, les taliban s'étendent au nord et l'attentat contre une des maisons d'hôtes des Nations Unies, le 28 octobre, montre qu'ils sont au coeur de Kaboul. L'objectif est de contenir, au minimum, cette insurrection. Par conséquent, la stratégie américaine va changer, pour se concentrer davantage sur les villes et les centres urbains. Les Soviétiques ont fait pareil, il y a trente ans.
"Il y aura bientôt 130 000 soldats étrangers sur le terrain, dont 100000 Américains. Ce n'est pas rien."
Est-il réaliste, alors, d'annoncer une évacuation dès l'été 2011?
Je pense qu'on jugera sur pièces, en 2011... Obama devait présenter une "stratégie de sortie" pour des raisons de politique intérieure américaine. On verra en fonction des résultats sur le terrain et, en particulier, où en sera alors la soi-disant armée afghane que l'on est en train de former.
La stratégie américaine va changer, pour se concentrer davantage sur les villes et les centres urbains
Dans quel état est l'armée?
Comme la police, elle n'existait plus en 2001, lors de la chute du régime des talibans. Elle a été refaite de toutes pièces à partir des milices des chefs de guerre et, après huit ans d'existence, elle fait ce qu'elle peut. Officiers, sous-officiers et soldats sont formés dans des laps de temps très courts. Le taux de désertion reste relativement élevé. Elle coûte cher et qui ne correspond ni à la mentalité afghane, ni aux ressources du pays. Les Soviétiques avaient formé une armée qui a tenu trois ans avant que ne tombent les villes afghanes.
Quelque 70% des hommes qui composent l'armée seraient illettrés et l'institution n'a pas mise en place une structure de commandement digne de ce nom. Est-elle opérationnelle?
Oui, à condition qu'elle bénéficie d'un sérieux encadrement international et dans les limites de la pratique et de la formation militaire de ses troupes. Les Afghans savent se battre; c'est la raison pour laquelle leur pays a longtemps été appelé le "cimetière des empires". Mais il leur manque une formation militaire à l'occidentale. Et cela ne s'improvise pas. A terme, aussi, il faut craindre des défections vers les talibans.
Il manque une véritable formation militaire à l'armée afghane . Elle doit prendre la suite des soldats étrangers qui amorceront leur retrait en 2011.
Un compromis avec une partie des taliban n'est-elle pas inévitable?
En Afghanistan, en effet, la solution est militaire et politique. Dans le cadre politique, je considère que le mouvement des talibans repose pour beaucoup sur une jacquerie paysanne: ces pachtounes, pour la plupart, sont mécontents à l'encontre du gouvernement. De fait, la corruption et le trafic de drogue dominent. Et il faudra une génération pour les faire disparaître.
Les taliban sont-ils un simple symptôme?
Il y en a de divers types. La mouvance d'Al Qaeda est pour l'internationalisation du djihad. D'autres, historiquement proches du mollah Omar, sont des nationalistes pachtounes.
Et puis un troisième groupe en a, tout simplement, par dessus la tête. Leur adhésion au mouvement taliban correspond à une forme de poujadisme d'Asie centrale: c'est le seul moyen que ces hommes ont trouvé de contester un gouvernement qui, les chiffres sont là, n'a pas fait ses preuves. Ce courant de pensée se sent très fortement dans les campagnes: de nombreux paysans n'aiment pas les talibans, mais ils regrettent de ne plus bénéficier de la sécurité et la justice qui régnaient au temps des talibans étaient au pouvoir. De nombreux taliban le sont devenus par mécontentement, voire par désoeuvrement. C'est, pour nous, une raison d'espérer.
Quels vont être les principaux chantiers de Karzaï ?
La corruption – il a laissé faire jusque là, et elle a atteint toute la société, ministres, gouverneurs, police, chefs de guerre, trafiquants d’armes.. et l’insurrection talibane – elle a été contenue par les troupes occidentales mais s’est étendue et a avancé jusqu’aux portes de Kaboul.

Votre livre est sous-titré “au cœur du chaos” : vous parlez de l’Afghanistan post-taliban de 2001 ou de l’Afghanistan d’aujourd’hui ?
Le chaos c’est la situation actuelle. Il ne faut pas oublier que l’Afghanistan est l’un des cinq pays les plus pauvres de la planète, et le plus pauvre en dehors de l’Afrique !
En 2001 beaucoup de fées s’étaient penchées sur le berceau de ce pays qui n’avait plus rien. Cela avait soulevé beaucoup d’espoir. Huit ans plus tard, la corruption est endémique, le trafic de drogue pourrit les institutions…Il n’y a plus d’espoir ! Ces problèmes ne se résolvent pas en 3 mois ! Si l’on s’y attaque vraiment, il faut au moins une génération pour les voir disparaître.

Le colonel français Francis Chanson entouré d'Afghans le 27 juillet 2009 dans la région de Tagab
Peut-on considérer que l’Afghanistan aujourd’hui est un échec pour les occidentaux qui ont investi militairement et financièrement dans cette croisade démocratique ?
Ce qui est sûr c’est qu’il y a des questions à se poser sur la façon dont on assiste les pays. Pour l’Afghanistan, il y avait beaucoup d’acteurs, mais pas de modèle, pas de stratégie commune, pas de vision. Il y avait – et il a toujours- une énorme prééminence des États-Unis. Les Nations unies veulent intervenir mais sans l’assumer vraiment. C’est sûr qu’avec l’administration Bush, qui méprisait le multilatéralisme, l’ONU comme l’OTAN n’étaient pas face au meilleur interlocuteur ! Le rôle de l’ONU a été donc amoindri par Bush, mais les Nations unies ont aussi brillé par leur absence de vision et ce, dès 2004.
Est-ce que la situation va s’améliorer avec l’administration Obama ?
C’est clairement le bourbier afghan mais il ne faut pas oublier que deux tiers du pays ne sont pas en guerre et que l’insurrection pachtoune est aussi une insurrection nationale contre le gouvernement, et pas uniquement une nébuleuse obscure pilotée depuis l’étranger par Al Qaïda. Cette insurrection c’est une forme de poujadisme pour beaucoup de paysans qui la rejoignent. IIs ne sont pas des intégristes manipulés par une idéologie islamiste et terroriste. Bref, il ne faut pas baisser les bras, meme si l’espoir est ténu, ça peut bouger.
Pensez-vous que les Américains pourraient décider de partir d’Afghanistan rapidement ?
Les Canadiens ont fait clairement savoir qu’ils partiraient en 2011, l’opinion publique en Grande-Bretagne comme en Allemagne ou encore aux Pays-bas est négative face au maintien de troupes sur place…
Aux États-unis, l’opinion soutient de moins en moins cette guerre pour deux raisons : elle coûte très cher et les Américains sont dans une grave crise économique, et tous les mois s’ajoutent de nouveaux soldats morts au front. Mais je pense qu’il est hors de question qu’ils se retirent d’Afghanistan avant trois ans. La question se posera dans dix ou cinquante ans…

Vouloir amener la démocratie en Afghanistan était-elle une mauvaise idée ?
C’est clair que le scrutin uninominal à deux tours, le même que chez nous, n’est pas adapté à un pays comme l’Afghanistan, qui fonctionne par consensus (NDLR : les Afghans se réunissent en jirgas, des conseils traditionnels où l’on discute et prend des décisions à l’échelle de la communauté après unanimité). Outre le fait que ce type de scrutin est très difficile à organiser en raison de la géographie du pays, 51% des votes ça ne dit rien à un Afghan.
Maintenant est-ce que la démocratie peut être créée dans ce pays ? On a vu ce que donnait ces élections organisées uniquement par les Afghans et le moins qu’on puisse dire c’est que démocratie et tribalisme ne font pas bon ménage ! En même temps, n’oublions pas que la démocratie a mis deux siècles à s’imposer en Europe…
Il y a dans votre livre un chapitre consacré aux femmes afghanes. Vous racontez que leur situation n’a guère changé depuis la chute du régime taliban en 2001, situation qui a l’époque choquait le monde entier.
Avec les Talibans, on part de zéro. Donc forcément leur situation a progressé: les femmes peuvent sortir de chez elles, avec burqa ou sans selon les régions. Mais le statut de femme en Afghanistan n’est pas enviable. C’est quand même un des rares pays où l’espérance de vie des femmes est en-dessous de celle des hommes ! Elles ne sont pas considérées comme des individus à part entière.
En revanche il n’y a pas de législation en Afghanistan, ce qui veut dire que vous pouvez vous balader en minijupe si vous le voulez… Mais il y a ce qu’on peut appeler une pesanteur culturelle. Les Afghanes disent qu’elles ont quatre visages: la fille de, la sœur de, la femme de, et la mère de. Et c’est vrai que toutes les femmes qui étudient ou travaillent, c’est parce que leur père ou leur mari les a autorisé à le faire…
Et comment voyez-vous leur avenir ?
Le statut des femmes n’est pas une priorité du gouvernement et de toute façon on ne change pas les mentalités par décret. Cela reste un sujet sensible car culturellement très fermé pour les Afghans. Pour eux, c’est comme ça et pas autrement.
Propos recueillis par Laure Constantinesco /13 novembre 2009 et Par Marc Epstein / 04/12/2009 .
Pour lire l'ensemble de l'article sur Afghanistan "au coeur du chaos" cliquez sur:
http://portier.canalblog.com/archives/2010/03/30/17412056.html
jeudi 17 septembre 2009
AFGAHANISTAN:"ABDULLAH/KARSAÏ"-"DAVID CONTRE GOLIATH"
Photo:Hamid Karzaï:"PAR ICI LA SORTIE ..?"
par Vincent Portier
Monsieur Abdullah Abdullah,c'est un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase Karzaï et s'effondrer un peu plus la main mise des Etats-Unis sur la région.Les américains semblent avoir oublié la devise de la République Afghane :"Dieu est le plus grand. Il n'y a pas d'autre dieu que Dieu et Mahomet est son prophète".
Si "Hamid" signifie "Digne d'éloges",Il se trouve justement que "Abdullah" signifie littéralement "serviteur de Dieu".
Les Afghans qui ont voté doivent le savoir...
Présidentielle afghane: "les bulletins de 10% des bureaux de vote recomptés"
Dès le lendemain du scrutin, M. Abdullah a accusé le président sortant de fraude à grande échelle avec la complicité de l'Etat.
Le nombre de fraudes détectées ne cessant d'augmenter, "nous nous dirigeons vers une impasse politique", avec Abdullah qui a prévenu qu'il n'accepterait pas un résultat dicté par la fraude ni ne participerait à un éventuel gouvernement Karzaï, estime l'expert Haroun Mir, du Centre afghan de recherches et d'études politiques.
© 2009 AFP (Shah Marai)
Les bulletins suspects de quelque 10% des bureaux de vote seront recomptés dans le cadre de l'élection présidentielle très controversée en Afghanistan, repoussant sans doute de plusieurs semaines l'annonce des résultats définitifs dans un contexte politique très tendu.
L'impact de ce recomptage sur le résultat global du scrutin est difficile à évaluer, le nombre de bulletins concernés n'ayant pas été révélé.
La Commission des plaintes électorales (ECC) avait demandé la semaine dernière l'examen et le recomptage des bulletins de bureaux de vote où ont été découvertes "des preuves claires et convaincantes de fraude".
Mardi, le président de l'ECC, Grant Kippen, a déclaré à l'AFP que "quelque 2.500 bureaux de vote", sur un total de 25.450 dans tout le pays, "sont concernés par cette mesure, et toutes les provinces sont touchées".
"L'idée est de le faire le plus vite possible, nous essayerons de le faire en quelques semaines plutôt que quelques mois", a dit M. Kippen, ajoutant ne pas savoir "combien de temps cela va prendre".
L'ECC avait ordonné le 8 septembre à la Commission indépendante électorale (IEC), chargée du comptage, d'identifier les bureaux de vote où la participation atteignait 100% et ceux où un seul candidat avait obtenu plus de 95% des voix.
L'ECC a tenu "plusieurs réunions ces derniers jours" avec l'IEC et "le grand problème, ce sont les procédures qui doivent être mises en place pour ces vérifications", a expliqué M. Kippen.
© 2009 AFP (Massoud Hossaini)
A l'IEC, une source ayant requis l'anonymat estimait mardi que "le recomptage au niveau provincial prendra un très long moment".
Plusieurs sources diplomatiques ont fait état ces derniers jours de fortes tensions entre l'IEC, régulièrement accusée de favoriser le président sortant Hamid Karzaï qui en a nommé le chef, et l'ECC, parrainée par l'Onu.
L'ECC a déjà annulé les résultats, frauduleux, de 83 bureaux de votes, la plupart dans des bastions électoraux de M. Karzaï.
Un consultant occidental impliqué dans le processus électoral juge que si les bulletins de 2.500 bureaux étaient annulés, "cela peut faire une différence sur le résultat final car la majorité des bureaux concernés se trouvent dans le sud", bastion électoral de M. Karzaï.
D'après des résultats partiels portant sur 95% des bureaux de vote, M. Karzaï est en tête avec 54,3% des suffrages valides, contre 28,1% pour l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, soit une différence de près de 1,5 millions de voix pour l'heure.
De nombreux observateurs afghans et étrangers ont signalé des irrégularités dans tout le pays le jour du scrutin du 20 août. Des milliers de plaintes pour fraude ont été déposées devant l'ECC. Les résultats définitifs des élections ne seront proclamés qu'une fois ces enquêtes achevées.
L'IEC, qui annonce des résultats partiels au compte-gouttes depuis le 25 août, ne savait pas mardi quand seraient diffusés les prochains résultats, partiels ou totaux.
Le résultat définitif était initialement prévu pour le 17 septembre, mais pourrait être repoussé à bien plus tard au vu des nombreuses fraudes repérées par l'ECC.
Cette situation inquiète la communauté internationale, qui craint une vacance du pouvoir et que les talibans, dont les violences atteignent des records absolus ces derniers mois, n'en tirent profit.
© 2009 AFP (Massoud Hossaini)













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