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S.I.D.H,tous les domaines qui touchent l'Homme:Culture-Esprit-Foi-Politique-Justice-Environnement-Recherche..."Mettons en commun ce que nous avons de meilleur et enrichissons-nous de nos mutuelles differences Paul Valéry

jeudi 10 juin 2010

EGYPTE: FIN DE REGNE SOUS ETAT D'URGENCE...

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Pyramides du Caire

L'ombre d'Anouar el-Sadate continue à planer sur le pays de Pharaon...

Préambule:

En septembre 1981, Anouar el-Sadate lança une offensive majeure contre les intellectuels et les activistes de tout le spectre idéologique, emprisonnant des communistes, nasséristes, des féministes, des islamistes, des professeurs d'université, des journalistes et des membres de groupes d'étudiants. Il assigna également le patriarche copte orthodoxe Chénouda III à résidence, dans le Monastère Saint-Bishoy et emprisonna aussi un grand nombre de prêtres et évêques de son Église. Presque 1600 personnes furent arrêtées. Parallèlement, le soutien interne de Sadate disparaissait sous la pression à la fois d'une crise économique ainsi qu'en réaction à la violence de la répression des dissidents.

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Menahem Begin, Jimmy Carter et Anouar el-Sadate en 1978, à Camp David

Le 6 octobre 1981, un mois après la vague d'arrestation, Sadate fut assassiné durant une parade militaire au Caire par des membres de l'armée qui appartenaient à l'organisation du Jihad islamique égyptien. Ils s'opposaient à la négociation entamée par Sadate avec Israël ainsi qu'à son usage de la force durant l'opération de septembre. Une "Fatwa" approuvant l'assassinat avait été émise par Omar Abdel-Rahman, un imam par la suite inculpé par les États-Unis pour son rôle dans l'attaque à la bombe du World Trade Center le 26 février 1993.Mohamed Hosni Moubarak succéda à Anouar el-Saddat après l'assassinat de ce dernier, le 6 Octobre 1981. Dès le lendemain de sa prise du pouvoir il a décidé de faire vivre le pays sous la loi martiale et un parti unique, lui.

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Le président égyptien Hosni Moubarak, le 4 mars 2010. Reuters/Thomas Peter

EGYPTE: FIN DE REIGNE SOUS ETAT D'URGENCE

Par Monique Mas pour RFI

Alors que son cinquième mandat se termine en 2011, le président Hosni Moubarak prolonge de deux ans l'état d'urgence dont il a hérité en 1981 après l'assassinat du président Sadate. A bout de souffle, son régime autocratique se cherche un successeur pour empêcher une éventuelle alternance alors que l’opposition, toutes tendances confondues, la jeunesse, l’intelligentsia laïque comme les Frères musulmans, pourraient s’entendre sur une candidature unique. Monique Mas de RFI revient d’Egypte, où du Caire à Alexandrie en passant par le delta du Nil, la crise sociale menace de servir d’arbitre politique.

« Moi - mon fils Gamal ou un proche – sinon le chaos ! » C'est en substance la réponse du président Hosni Moubarak aux Egyptiens qui réclament un peu d'air politique sinon un changement radical. Son mandat présidentiel prend fin l'année prochaine, après des législatives en septembre 2010. Mais il a décidé que l'Egypte restera soumise au régime d'exception dont il a hérité il y a trente ans, en 1981, après l'assassinat du président Sadate, par un membre du Jihad islamique.

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Manifestation au Caire contre la prorogation de la loi sur l'état d'urgence en vigueur depuis 30 ans.

Un pouvoir indifférent au bien public...

Pour justifier des lois d’exception qui lui permettent de restreindre à sa guise l’ensemble des libertés politiques, le pouvoir use du même leitmotiv depuis des lustres, il invoque la lutte contre le terrorisme et contre la drogue et promet de légiférer avant de renoncer enfin à l’état d’urgence. En attendant l’hypothétique changement dont rêve l’opposition, d'un bout à l'autre de l'échiquier politique, une rapide traversée du Caire donne la mesure de l’insouciance ou de l’incurie des pouvoirs publics à l’égard des besoins de première nécessité de leurs administrés.

Sans parler du besoin d’air dans une capitale asphyxiée par des embouteillages bruyants à rendre sourd du matin au soir, sans parler des immeubles hors d’âge qui s’effondrent régulièrement avec leurs cargaisons d’humains, sans parler des habitants bien vivants des cimetières en l’occurrence squatters de la cité des morts, sans parler des wagons des trains régionaux  jamais révisés ni même nettoyés, sans parler bien sûr du prix du pain et de la crise sociale qui a provoqué des émeutes en 2008, il suffit de se faire piéton au Caire pour réaliser, la peur au ventre, la stupéfiante rareté des feux de signalisation, agent de police et autres passerelles ou robots chargés d’assurer la survie du risque-tout amené à traverser une rue, ou même une de ces bretelle d’autoroute qui quadrillent la ville.

Lire l'article :

http://www.ledevoir.com/international/afrique/286466/egypte-des-manifestants-sont-battus-par-la-police

Les chiffonniers du Caire ,"Le Mokkatam"

Le Caire entre misère & urbanisme sauvage...

Les chauffards tuent beaucoup plus souvent en Egypte que les terroristes. Et en la matière, la capitale est effectivement dangereuse. Entre Nil et désert, 20 millions d’Egyptiens vivent au Caire. Grande comme deux fois la France (un peu plus d’un million de kilomètres carrés), l’Egypte compte en effet à peine 4% de terres arables. Et ses quelque 74 millions d’habitants  se sont entassés au plus près du fleuve-roi, les champs cultivés avec soin arrivant aux pieds des barres d’immeubles. Si l’agriculture occupe officiellement moins de 30% de sa population active et les services 49 %, l’Egypte n’en apparaît pas moins comme un pays de ruraux logés dans la cité géante qui s’accroche aux rives du Nil.

En circulant sur les parties aériennes des autoroutes de la capitale, il est fréquent d’entrapercevoir en contrebas des carrés de jardinets mais aussi des poules, moutons et autres bestiaux. L’odeur des élevages de porcs est même restée du côté de la Citadelle. Leur extermination au début de l’année a aussi renchéri les prix de la viande de bœuf vers laquelle se sont tournés les mangeurs de cochon, Coptes et touristes.

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La crise du pain, Avril 2008

En avril 2008, la crise du pain avait provoqué des émeutes jusque dans le delta nourricier du Nil. La rue étant ce qu’il craint vraiment le plus, le pouvoir avait alors mis un frein à la libéralisation des prix du pain. Il a donc maintenu le système de subventions hérité de l’époque socialiste. Mais ce pain vendu à tarif réduit ne couvre pas les besoins de la population que l’appauvrissement a justement conduit à renoncer à une alimentation variée pour se contenter de pain.

Comme l’explique un habitant de la région de Mansura par exemple, des cartes de rationnement permettent à chaque famille d’acheter « tous les deux jours dix pains au tarif subventionné de cinq piastres pièce. Ça fait 5 pains par jour. Ça ne suffit pas du tout. Surtout que chaque famille compte de cinq à dix personnes » et chacun de ces pains ne représente en fait qu’une ration.



Des manifestants sont battus la police

L’arbitrage social

Après trente années de pouvoir sans partage, le régime Moubarak aime à se donner des airs démocrates. Tant que les revendications restent corporatistes ou purement fonctionnelles, les pères de famille condamnés au chômage peuvent clamer leur désolation sur le parvis de l’Assemblée du Peuple. Mais gare aux militants politiques qui voudraient faire la jonction des luttes. Le régime Moubarak n’aime pas non plus être filmé lorsque ses forces de l’ordre en tenue d’été dispersent- sans ménagement pour leur tenue blanche- le « sit in » de travailleurs en perdition. Malheur à ceux-ci lorsqu’ils utilisent un vocabulaire politique.

Entreprises qui changent de main ou fermetures pure et simple, le bulldozer de la privatisation est redoutable, avec ou sans dessous de table. Comme le dit Mahmoud Abaza, cadre dirigeant du Wafd, l’opposition parlementaire,  « c’est la première fois que l’on voit une telle différence entre les classes sociales qui conduit à l’effritement de la classe moyenne construite en Egypte sur l’éducation. » D’après lui, cette classe moyenne « des Lumières » est remplacée par une « classe du marché noir et de la différence du taux de change », celle des Egyptiens qui travaillent dans les pays du Golfe et qui ont profité de l’effondrement de la livre égyptienne.

Mahmoud Abaza, Chairman of Egypt's al-Wafd Party

Des lendemains incertains...

« Ce qui est n’a plus lieu d’être et ce qui doit advenir n’est pas encore là », souligne Mahmoud Abaza. « L’injustice, l’autoritarisme, l’oppression, la pauvreté, la torture, les emprisonnements politiques, la censure, le vol de l’argent public, la vente des entreprises publiques, tout ça, ça suffit ! Assez ! » lancent les militants du mouvement Kefaya, Assez, en arabe égyptien. Hors les allées du pouvoir, c’est un avis qui semble très partagé. Et d’une certaine manière, côté pouvoir, c’est aussi l’indécision qui domine, en tout cas concernant  la personne du successeur d’Hosni Moubarak, de retour de Berlin où il a subi une intervention chirurgicale.

Vidéo entretien: Gamal Moubarak,héritier malgrès lui?

Moubarak fils, Gamal, n’a pas encore été nominé pour une succession dynastique à la manière de la Syrie, un scénario auquel Mahmoud Abaza ne croit d’ailleurs pas. D’autres noms circulent comme celui du chef des renseignements qui gère aussi le dossier israélo-palestinien, Omar Souleiman, ou encore le pedigree flatteur du patron de l’aviation civile, Ahmed Shafiq.

Lire le reportage: Le Wafd souhaite un régime semi-présidentiel voire parlementaire

De son côté, l’opposition non plus n’a pas encore confirmé le candidat unique qu’elle recherche. Mais comme le souligne Abd Almoniem Abd Almaqsoud, l’un des avocats de la confrérie, « pour nous, le plus important, ce n’est pas qui est candidat, c’est la qualité du scrutin. Les Frères musulmans ne cherchent pas à gouverner. Ils visent seulement à participer à la vie politique pour réformer l’Egypte. Nous ne présenterons donc pas de candidat à la présidentielle. Mais éventuellement nous soutiendrons le candidat d’un autre parti ».

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mosquée Ibn Touloun, cour intérieure

Vers quelle régime politique après 2011...?

L’heure n’est pas à la charia pour tous et au régime islamiste dans cette Egypte où les Frères musulmans cohabitent avec des partis politiques non religieux et avec des chrétiens coptes. La répression, mais aussi le contre exemple algérien ou la compétition des Gama’at Islamiya inspirées par la guérilla afghane expliquent sans doute le commentaire d’Abd Almaqsoud : « Il y a aussi des oppositions à l’intérieur du pays comme à l’extérieur qui ne nous permettent pas de gouverner. Ailleurs, dans d’autres pays, il y a eu des antécédents avec des mouvances violentes. Cela nous a porté préjudice ».

Pour les Frères musulmans, le candidat derrière lequel faire front commun avec le reste de l’opposition pourrait être l’ancien président de l’AIAE, l’Agence internationale de surveillance atomique, Mohammed El-Baradei. De retour depuis quelques mois en Egypte, il avait posé l’abolition de l’état d’urgence comme condition à sa candidature à la présidentielle de 2011. Les lois d’exception reconduites, sera-t-il candidat ? Il reste en tout cas l’homme providentiel de la jeunesse égyptienne. Celle qui du Mouvement du 6 avril qui, en 2008, a participé à la formation sur internet du premier groupe de soutien à la grève des travailleurs de l’industrie textile de la région de Mahallah. Aujourd’hui, elle milite avec l’Association nationale pour le changement d’El-Barade.

Lire le reportage:Les Frères musulmans pourraient soutenir une candidature el-Baradei 

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Mahmoud Abaza (G) et Al Sayed Al Badawy (g) au siège du parti Wafd le 19 mai 2010.

Fouad Elgarnousy

Elbaradeï2011.com

70 000 copains d’El-Baradei se sont regroupés sur Facebook. La profession de foi d’El-Baradeï est proposée à la signature sur elbaradeï2011.com et une pétition l’appelle à se porter candidat sur taghyeer.net. Une révolution technologique certes. Mais il n’est pas sûr que le réseau Egypt-Tweet créé par un jeune avocat de 22 ans, Mohamed Atef, soit de taille à soulever le vent de changement dont il rêve. De leur côté, les chefs de l’opposition veulent procéder par étape, à commencer par une réforme des institutions suivie d’une transition de 24 mois, le temps d’organiser un scrutin libre et juste.

Le régime Moubarak compte sur l’état d’urgence pour verrouiller les portes de l’alternance. Et comme le dit Ayman Nour, le fondateur du parti Al-Ghad, le futur : «Tous les scrutins sont truqués. Sinon nous n’aurions ni Hosni, ni Gamal Moubarak. Même les singes du zoo le savent ».Ayman Nour vient de passer quatre ans en prison pour avoir osé entrer dans la joute présidentielle, en 2005, contre Moubarak.

Lire le reportage: Rêves d'alternance en Egypte 

Emeute de a faim en egypte, avril 2008

Les chiffres: 50% de pauvres en Egypte...

Un rapport de deux économiste égyptiens publié par le Bureau International du Travail met en lumière la croissance exponentielle de la pauvreté en Egypte dans les années 90. Des chiffres inquiétants révélant l'échec de la politique de libéralisation égyptienne.

La moitié de la population égyptienne vit dans la pauvreté. 32 millions d'Egyptiens sur 64 millions sont considérés comme " pauvres " et dans ces 32 millions, 6 sont considérés comme " très pauvres " par les deux économistes égyptiens qui viennent de sortir un rapport publié par le Bureau International du Travail (BIT). Naglaa Al-Ehwani et Heba Al-Leissi soulignent que la pauvreté est passée de 39% en 1990 à 48% en 1999 dans les régions urbaines et de 39% à 55% sur la même période dans les régions rurales.

Des chiffres inquiétants qui illustrent, selon l'hebdomadaire Al-Ahram, les effets sur la population égyptienne de la politique de libéralisation menée par le gouvernement depuis les années 90. Alors que le développement du secteur privé était censé créer plus d'emplois, le rapport note que " les réformes du secteur public ont eu un effet profond sur les revenus des pauvres " et qu'elles ont " impliqué des pertes d'emplois ", amenant le taux de chômage dans le pays à 9%.

Pauvreté record en Haute-Egypte

Le niveau social des Egyptiens a également été sévèrement atteint. Les salaires ont subi une chute de 25% de leur valeur réelle dans les années 90. Ainsi, ceux qui ont conservé leur emploi durant cette période ont vu nettement chuter leur pouvoir d'achat. Selon une autre étude, menée par Mohaya Zaytoun et citée par Al-Ahram, la chute du pouvoir d'achat a entraîné de façon logique une chute des dépenses sociales des ménages (dans les domaines de l'éducation et de la santé notamment).

Le rapport conclut que " la centralisation rigide, le manque de coordination et la faiblesse institutionnelle dans le secteur gouvernemental sont des facteurs majeurs entravant la réduction de la pauvreté et du chômage ". La Haute-Egypte est pointée comme la région la plus pauvre d'Egypte et Assiout, le gouvernorat le plus pauvre de Haute-Egypte. Le Caire, qui accueille 50% de la population urbaine du pays, ne renferme que 19% des pauvres urbains.

Visiter le site de l'Organisation internationale du travail.


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mercredi 9 juin 2010

AFRIQUE DU SUD 2010 : VERS LE CAP DE "GRANDE ESPERANCE..."

Vidéo Reportage:Le Cap de Grande Espérance(Allemagne, 2010, 44mn)Toutes les Vidéos sur le Mondial en cliquant sur ARTE dans l'Ecrans

La fin de l'apartheid n'a pas encore instauré l'égalité des chances....

Préambule:

Si le nouvel État connaît un taux de croissance remarquable, le pouvoir économique reste pour l'essentiel aux mains de la minorité blanche. La moitié de la population vit dans la pauvreté( 34% des Sud Africains vivant avec moins de 2 dollars par jour dont 28.7% dans des bidons villes en zone urbaine) , même si l'arrivée au pouvoir de l'ANC a vu émerger timidement une classe moyenne noire. Le programme du Black Economic Empowerment, censé venir en aide aux plus démunis, n'a pas été à la hauteur de ses promesses, notamment parce qu'il a largement favorisé la corruption, mais il a cependant permis à certains de réussir. Herman et Connie Mashaba ont réussi par exemple dans la production viticole qui est pourtant à 99 % aux mains des Blancs. À l'inverse, des Blancs se trouvent maintenant sur la voie de la paupérisation.Les traumatismes sont un problème de santé publique important en Afrique du Sud. Les déterminants socioéconomiques de la violence, dont un grand nombre sont un héritage des politiques d’apartheid, doivent être pris en compte pour réduire les inégalités au sein de la société et établir une cohésion communautaire. Des interventions multisectorielles pour faire baisser la fréquence des traumatismes dus au trafic routier s’imposent aussi (Les accidents de la route sont particulièrement fréquents en Afrique du Sud, où ils causent en moyenne 16.000 morts par an soit 14 fois plus qu'en France pour 30% de populations en moins et un territoire)

Toutes les informations statistiques sur :http://www.statistiques-mondiales.com/afrique_du_sud.htm

Les hommes pour les droits des femmes

Des initiatives sud-africaines contre la violence sexuelle et les inégalités entre les sexes

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Par Stephanie Urdang
Johannesburg

"Les femmes ont peur de nous..." Bafana Khumalo

Des groupes de la société civile sud-africaine tentent de modifier les attitudes des hommes à l’égard des femmes, et de les mobiliser dans la lutte contre la violence à leur encontre.

“One Man Can”

Les premières initiatives destinées à sensibiliser les hommes ont été menées en coopération avec les organisations féminines. L’Agisanang Domestic Abuse Prevention and Training (ADAPT) a ainsi mis au point un programme de sensibilisation des hommes à la violence domestique. Le programme proposait entre autres des sketches improvisés dans les gargotes des “townships” et des manifestations d’hommes. Le président de l’époque, Nelson Mandela, a assisté à l’un de ces spectacles. Au fil des ans, de plus en plus de groupes d’hommes se sont formés pour étudier spécifiquement les rôles, responsabilités, attitudes et comportements masculins.

Cette tendance a entraîné une action plus globale. Des agences gouvernementales ont lancé leurs propres campagnes. Des organisations de la société civile se sont mobilisées, en lançant notamment des programmes comme Fathers Speak Out et en créant le réseau Men as Partners et le Forum des hommes d’Afrique du Sud. Des fédérations de syndicats et des groupes confessionnels ont mis au point des programmes consacrés à l’égalité des sexes et au VIH. Parmi leurs activités figurent la tenue d’ateliers de formation, la mise en scène de spectacles, l’organisation de débats informels dans les tavernes, l’exécution de peintures murales illustrant les différents aspects du programme et le lancement d’initiatives qui mobilisent les membres des communautés.

Mais l’ambition de Sonke Gender Justice est de dépasser les ateliers de formation et petites réunions en faveur d’une mobilisation plus large des hommes et des femmes dans le cadre de campagnes d’envergure. L’objectif est de sensibiliser un plus grand nombre d’organisations et de communautés et de mener une action au niveau national. La campagne “One Man Can” (Ce qu’un seul homme peut faire) illustre cette approche globale.

Financée par des donateurs comme l’UNICEF, l’Organisation internationale pour les migrations, des fondations privées et des organismes gouvernementaux, cette campagne a été lancée dans les neuf provinces du pays et est progressivement mise en place dans les pays voisins. Elle a pour objectif de faire participer les hommes et les garçons à la lutte contre la violence domestique et sexuelle et d’encourager l’établissement de rapports sains et équitables et de respect mutuel entre les sexes. La mobilisation de la société civile favorise les changements au sein des familles et des communautés et incite les autorités à se montrer plus actives.

Bafana Khumalo

Témoignage:

Lorsqu’un vieil homme leva la main pour prendre la parole au cours de la troisième journée d’un atelier sur la parité des sexes organisé à Hoedspruit, une communauté rurale du nord de l’Afrique du Sud, Bafana Khumalo sentit le découragement l’envahir. Animateur de cet atelier qui s’adressait surtout aux hommes, il avait déjà abordé les questions de la virilité et du rôle de l’inégalité des sexes dans la montée en flèche des taux de HIV en Afrique du Sud.

Bafana Khumalo craignait que l’intervenant affirme que l’égalité entre les hommes et les femmes était une notion contraire à la culture africaine et que l’autonomisation des femmes était un facteur de conflits familiaux. Les aînés étant très respectés dans les communautés rurales, il savait que l’intervenant avait les moyens de faire échouer l’atelier.

“A mon retour à la maison hier, j’ai appelé mes fils et ma femme et je leur ai dit ce qu’on faisait dans cet atelier”, a dit le vieil homme. Il a expliqué à ses enfants que les choses devaient changer à la maison, qu’il n’était plus acceptable que leur mère qui rentre fatiguée de sa journée de travail soit obligée de faire la cuisine, le ménage, de laver la vaisselle et tout ranger elle-même. Ce n’était tout simplement pas juste.

Dorénavant, leur a-t-il intimé, ils devront mettre la main à la pâte. “Il vous faudra commencer à ranger les affaires et préparer le dîner de manière qu’à son retour à la maison votre mère puisse constater qu’on l’a tous aidée. Je suis trop vieux pour apprendre à faire la cuisine, mais je suis disposé à faire la vaisselle”, a-t-il ajouté.

L’adhésion de ce participant à l’un des principaux messages de l’atelier, à savoir que l’image de l’homme n’est pas inaltérable, mais façonnée par la société, et donc sujette à changement, a été un moment important pour Bafana Khumalo. Les conventions sociales assimilent la virilité à “la domination et l’agressivité, la conquête sexuelle et l’intrépidité”, souligne-t-il. Les normes sociales définissent par ailleurs les rôles attribués aux hommes et aux femmes. Pour modifier ces relations, il est impératif d’examiner toutes les facettes de l’inégalité entre les sexes.

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Une femme sud-africaine dont la fille a été violée et est morte du sida.

“C’est à ce moment-là que j’ai compris qu’on avançait, a-t-il confié à Afrique Renouveau. Cette situation s’est produite dans toutes les régions où nous avons lancé notre programme.”

De tels ateliers contribuent en effet à modifier les attitudes. Des études menées par le réseau Men as Partners (MAP) d’Afrique du Sud indiquent que 71 % des hommes qui y participent estiment que les femmes devraient avoir les mêmes droits que les hommes, contre 25 % seulement pour l’ensemble de la population masculine. Interrogés sur la question de savoir s’il était normal de battre leur femme de temps à autre, 82 % des participants aux ateliers ont répondu par la négative et 38 % de non-participants par la positive.

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“Besoin d’être différents”

Bafana Khumalo est le codirecteur de Sonke Gender Justice, une organisation non gouvernementale créée en 2006. Celle-ci s’attaque à deux fléaux majeurs en Afrique du Sud : la violence contre les femmes et les taux très élevés de VIH. M. Khumalo a milité dans la lutte contre l’apartheid et, une fois ce régime renversé, a rempli des fonctions diverses dans l’Eglise luthérienne et a notamment été pasteur. Mais il a réalisé que sa véritable vocation était de mobiliser les hommes pour mettre fin à la violence contre les femmes. Il a organisé des ateliers à cette fin qu’il a souvent animés en compagnie du codirecteur et cofondateur de Sonke, Dean Peacock. Celui-ci était rentré en Afrique du Sud après avoir passé plus d’une dizaine d’années à militer dans les rangs des mouvements pour les hommes aux Etats-Unis.

Sonke Homme Justice: http://www.genderjustice.org.za/.

M. Khumalo se dit frappé par l’empresse-ment avec lequel les hommes de ses ateliers abordent les questions liées à la violence contre les femmes et leur rôle dans cette violence. “Ils ont exprimé le désir sincère d’être des hommes et des pères différents de ceux de la génération précédente.”

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Des hommes protestent contre la violence à l’égard des femmes à Johannesburg (Afrique du Sud). Sur la banderole est écrit : “Protégez nos femmes et nos enfants.”

Bafana Khumalo et Dean Peacock sont persuadés que l’autonomisation des femmes ne suffit pas à obtenir l’égalité entre les sexes, et affirment que le comportement et les attitudes des hommes sont les principaux facteurs à l’origine de la propagation du VIH et de la violence contre les femmes.

“Cette violence n’est pas simplement l’expression de sautes d’humeur ou de manque de sang-froid de la part des hommes, déclare Dean Peacock à Afrique Renouveau. De par leur éducation, les hommes ont intériorisé l’idée que virilité implique agressivité, domination sur les femmes et conquête sexuelle. Les hommes craignent souvent d’être rejetés par leurs amis et communautés s’ils ne sont pas de ‘vrais’ hommes, d’être jugés comme ‘faibles’ s’ils s’excusent, transigent ou partagent l’autorité. Plutôt que de chercher à régler les conflits, ils ont recours à la violence, pas seulement contre les femmes, mais aussi entre eux.”

Au-delà de l’autonomisation de la femme

Après la fin de l’apartheid en 1994, le nouveau gouvernement a fait de l’égalité entre les sexes un objectif prioritaire. La constitution de 1996 a été parmi les premières dans le monde à accorder une attention particulière à la protection et la promotion des droits de la femme et à l’égalité entre les sexes. Tout en affirmant l’égalité de tous les citoyens devant la loi et leur droit de bénéficier de la même protection et des mêmes avantages juridiques, la constitution a établi une commission sur l’égalité des sexes chargée de faire progresser la démocratie et les droits de l’homme pour tous les citoyens.

Six ans plus tard, l’une des membres de la commission, Sheila Meintjes, a fait remarquer que “sans la mobilisation des hommes comme partenaires, nos efforts risquent d’être voués à l’échec”. Cette affirmation inspire encore les militants dans ce domaine.

Bafana Khumalo et ses collègues de Sonke estiment que les progrès actuellement réalisés en faveur de l’égalité entre les sexes n’aboutiront pas si les hommes ne changent pas. “Les attitudes des hommes et la notion de virilité sont liées à notre héritage patriarcal”, explique-t-il. “Nous comprenons aujourd’hui que nos efforts visant à transformer les relations entre les sexes, entrepris au lendemain de l’avènement de notre démocratie il y a 13 ans, ont eu tendance à privilégier l’autonomisation de la femme.” La priorité accordée à la lutte contre l’oppression des femmes a donné à certains hommes l’impression d’être exclus.

Tout en réaffirmant l’importance de l’autonomisation des femmes, Bafana Khumalo ne manque pas de souligner un phénomène négatif : “Faire prendre conscience de ses droits à une femme qui vit dans une relation de maltraitance n’est pas toujours la chose à faire, explique-t-il. En effet, celle-ci rentrera chez elle plus lucide, prête à revendiquer ses droits. Son partenaire se sentira menacé et, par peur de l’inconnu, réagira de manière plus violente encore.”

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Les violences sexuelles touchent tous les pays...

Viols, violence et VIH

De nombreuses études indiquent que l’Afrique du Sud est le pays qui compte le plus grand nombre de cas de viols signalés dans le monde. D’après une enquête menée par le Medical Research Council (MRC) d’Afrique du Sud auprès de 1 370 volontaires de sexe masculin vivant dans 70 villages, près d’un homme sur quatre s’était déjà livré à des violences sexuelles : 16, 3 % avaient violé une personne autre que leur partenaire ou participé à un viol collectif, alors que 8,4 % avaient fait subir des sévices sexuels à une partenaire intime.

D’autres études indiquent que la première expérience sexuelle de nombreuses adolescentes ou jeunes femmes a été non-consensuelle. C’est, d’après les recherches effectuées en 2004 par l’Université de Witwatersrand, le cas de près d’un tiers des femmes ayant eu des relations sexuelles. La même année, le MCR a rapporté qu’en Afrique du Sud une femme était tuée toutes les six heures par un partenaire intime - soit le taux officiel le plus élevé du monde.

Les chercheurs sud-africains ont également révélé en 2004 dans la prestigieuse revue médicale Lancet que les femmes qui avaient des partenaires masculins violents ou autoritaires risquaient davantage d’être séropositives, probablement car les hommes violents avaient plus souvent tendance à être porteurs du VIH et à imposer des pratiques sexuelles à risque à leurs partenaires.

La violence contre les femmes n’est certes pas l’apanage de l’Afrique du Sud, une femme sur trois étant victime de violences conjugales dans le monde.

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Risque de violence pour les hommes

Il est donc impératif à son avis de prouver aux hommes qu’exercer sur les femmes moins de pouvoir présente également des avantages pour eux. “Nous aurons alors moins tendance à nous en servir de manière négative”, dit-il.

Mais les femmes ne sont pas les seules à souffrir de la violence, les hommes en subissent également les conséquences. Le National Injury Mortality Surveillance System de l’Afrique du Sud a ainsi rapporté qu’en 2003 il y avait eu dans le pays environ six fois plus d’hommes que de femmes victimes d’homicides (7 359 contre 1 197).

Rapport 2007: http://www.who.int/bulletin/volumes/85/9/06-037184-ab/fr/

Pour sa part, Dean Peacock estime qu’il s’agit aussi d’une forme de violence fondée sur le sexe. “Il n’est pas seulement question de la violence d’un homme contre une femme, dit-il. Il existe aussi une violence d’homme à homme, un autre moyen de réaffirmer la domination masculine. Si les hommes comprenaient qu’ils payent eux-mêmes un lourd tribut à cette violence, ils essaieraient de trouver d’autres moyens plus pacifiques pour exprimer leur virilité.”

L’idée que se font les hommes de leur virilité a d’autres incidences néfastes. Mike Matyeni, organisateur à Sonke Gender Justice qui ne cache pas sa séropositivité et a participé activement aux campagnes Treatment Action et Men as Partners, souligne les liens sous-jacents qui existent entre les attitudes culturelles et la transmission du VIH. La conception de la virilité de nombreux hommes les pousse à refuser d’utiliser un préservatif, dit-il à Afrique Renouveau. Ils estiment en effet que ce moyen contraceptif compromet leur sexualité et leur sentiment d’être un “homme”.

D’autres affirment que puisqu’ils ont versé une dot à la famille de la mariée, leur épouse n’a pas son mot à dire. Certains hommes refusent de se soumettre à un test de dépistage ou de se soigner, de peur de passer pour des “mauviettes” et d’être nargués par leurs amis. Bon nombre d’entre eux font appel aux guérisseurs traditionnels. D’autres estiment qu’il est gênant ou humiliant d’être soigné par les nombreuses femmes qui travaillent dans les centres de santé du pays. Ils ne se font donc pas soigner même lorsqu’il y a de fortes chances qu’ils soient séropositifs ou malades.

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Prendre position

“Nous encourageons les hommes à s’exprimer sur ces questions, à prendre position, plutôt que de se contenter d’observer sans rien faire”, poursuit Bafana Khumalo. Lorsqu’un homme voit une femme battue par son fiancé ou son mari ou entend des cris derrière une porte fermée, il doit assumer ses responsabilités. “Les femmes ont peur de nous, elles ont peur d’entendre des pas qui les suivent dans la nuit. Il faut leur prouver que nous sommes attentifs à leurs préoccupations et que nous ne tolérons plus les comportements inacceptables des hommes à leur égard”, dit-il.

La campagne entend également faire comprendre que les hommes sont capables d’aimer passionnément, mais avec respect et sensibilité. La complexité et la diversité des messages de la campagne dépassent les déclarations d’intention, offrant des conseils sur la manière d’instaurer la confiance entre partenaires et avec les femmes en général. Les messages expliquent que la violence empêche les femmes de vivre pleinement et de se sentir en sécurité et que le respect mutuel repose sur le dialogue entre hommes et femmes, quelle que soit la nature de leurs rapports. Ce n’est qu’à cette condition que les hommes comprendront que “non, c’est non”, que l’utilisation du préservatif est importante, que la justice et le respect des droits sont essentiels sur le plan personnel et collectif, et que les autorités doivent s’acquitter davantage des obligations prévues dans la constitution.

En encourageant les hommes à s’impliquer directement dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes, la campagne les incite aussi à défendre leurs principes et à ne pas céder aux pressions exercées par leurs amis pour maltraiter les femmes ou les humilier. Il incombe aux hommes de briser le cycle de la violence.

Documentaire:Campagne de sensibilisation en Afrique du Sud

Sensibiliser amis et femmes

Les hommes qui ont modifié leurs attitudes et se sont impliqués dans la campagne rappellent souvent les limites de leur éducation. Zithulele Dlakavu, organisateur de “One Man Can” et acteur, écrivain et metteur en scène de spectacles éducatifs, se souvient de l’hostilité affichée par son meilleur ami vis-à-vis de son engagement. Très proche depuis l’adolescence, son ami n’arrivait pas à comprendre pourquoi Zithulele avait changé à ce point. “Tu n’est pas un homme”, lui a-t-il lancé.

Mais ce qui dérangeait Zithulele est que son ami battait sa fiancée. Il lui en a parlé et a réussi à le convaincre de ne plus le faire.

Mais ce ne sont pas seulement les hommes qui doivent changer. Les épouses ou fiancées se moquent souvent des hommes qui leur proposent de partager les tâches ménagères ou de prendre des décisions communes. Lors d’un débat qui s’est déroulé il y a trois ans à Soweto, un faubourg de Johannesburg, un groupe d’organisateurs évoquait les réactions des femmes à leur nouveau comportement. L’un d’eux, de retour d’un atelier, avait fait le ménage et préparé le dîner. Sa fiancée a cru que c’était une façon indirecte de lui faire savoir qu’il n’était pas content de la manière dont elle s’occupait de lui ou du foyer. Un autre a été vertement tancé par sa femme lorsqu’il lui a demandé de prendre une certaine décision. “Tu n’es plus capable de prendre des décisions, comme un vrai homme ?”, lui a-t-elle répliqué.

Un autre encore a entendu dans un minibus une jeune femme confier à son amie : “Je fais des bêtises, c’est normal qu’il me frappe. Comment saurais-je autrement qu’il m’aime ?” Lorsque le militant a tenté de lui expliquer que personne n’avait le droit de la battre, les deux femmes et d’autres hommes présents ont poussé de hauts cris.

Si Bafana Khumalo, comme d’autres militants, s’investit autant dans son travail, c’est parce qu’il espère voir un jour une société plus sûre, pas seulement pour sa femme et ses sœurs, mais pour sa fille aussi. “Je veux apporter ma pierre à l’établissement d’une société où je ne devrai plus me soucier d’avoir à protéger ma femme, où ma fille pourra marcher sans peur de se faire maltraiter, où elle pourra grandir en étant elle-même et vivre sa vie en conséquence. Je veux une société dans laquelle ma femme et ma fille pourront vivre sans de telles craintes.”

Article depuis: www.un.org

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mardi 8 juin 2010

AFRIQUE DU SUD 2010: LA COUPE DE BONNE ESPERANCE...

Vidéo Reportage: La coupe de Bonne Espérance,Extraits.Toutes les Vidéos sur le Mondial en cliquant sur ARTE dans l'Ecrans

Du 11 juin au 11 juillet, l'Afrique du Sud accueille la compétition sportive la plus regardée de la planète. La "nation arc-en-ciel" profitera-t-elle de cette Coupe du monde préparée dans la fièvre, malgré la mainmise de la FIFA sur l'événement ? Un état des lieux contrasté, guidé par le journaliste trublion Andrew Jennings (Lire le commentaire en bas de page)

Préambule:

L'AFRIQUE AU COEUR...

Pour ne pas dénigrer l'aspect symbolique de cet événement j'ai décidé d'ouvrir le débat par un point de vue positif bien que réaliste (voir les chiffres et le reportage vidéo) sur l'impact réel que l'image du Mondial 2010 organisé par l'Afrique du Sud véhicule dans son pays, sur son continent et dans le Monde.

L'article qui suis nous présente la Coupe du Monde de Football 2010 vue par la presse Africaine, depuis le Sénégal où siège le monument (sujet à controverse d'ici ou d'ailleurs) de la Renaissance Africaine*.

Dans les prochains articles nous reviendrons sur l'histoire de l'Afrique du Sud, la fin de l'apartheid et ses enjeux pour le futur. Plus généralement, ce Mondial organisé en Afrique va nous permettre d'attaquer l'épineux dossier de l'état de développement (ou non) des différents pays du continent Africain et de leur place au sein des Nations après 50 ans de gestations.

La véritable naissance d'un continent Africain unis et dynamique commence à priori par ce Mondial 2010.

Alors que le meilleur pays gagne...mais qu'il n'oublie pas les autres... A suivre. Vincent Portier

* Voir les liens:

-AFRIQUE/CINQUANTENAIRE DES INDEPENDANCES ET DE LA FIN..DE L'ESCLAVAGE EN AFRIQUE.

- 25e SOMMET AFRIQUE-FRANCE "L'Afrique est notre Avenir" Nicolas Sarkozy

Piqûre de Rappel

Par Ibrahima MBODJ pour www.lesoleil.sn

"Même si elle ne fera pas disparaître les problèmes de l’Afrique du Sud qui ont pour nom pauvreté, chômage, violence, taux de prévalence élevé du sida ou tensions communautaires, l’organisation de la Coupe du monde permettra à la Nation Arc-en-ciel de vibrer en commun et de renforcer son unité nationale."

Dans trois jours, tous les regards vont se tourner vers l’Afrique du Sud avec le démarrage de la Coupe du monde de football. C’est la première fois qu’une nation africaine organise cette compétition qui est, de par son ampleur et l’engouement qu’elle suscite, le deuxième événement sportif mondial après les Jeux olympiques. En attribuant, en mai 2004, l’organisation du Mondial à la patrie de Mandela, la Fifa avait fait un pari sur ce pays, car à l’époque la concurrence était serrée et tenaces les vieux préjugés sur l’afro-pessimisme relayés par une partie de la presse occidentale souvent prompte à en faire ses choux gras. On a douté de la capacité de ce pays à organiser une telle compétition, évoqué la possibilité de la confier à un pays tiers pour cause d’un blocage prévisible, glosé sur la violence endémique qui pourrait faire fuir les supporters étrangers et tutti quanti.

Oui, l’organisation de la Coupe du monde de football exige beaucoup de moyens (3,225 milliards d’euros pour la présente édition) et une grande capacité organisationnelle et managériale. Mais ceux qui doutaient de l’Afrique du Sud semblaient avoir oublié que ce pays avait organisé dans le passé la Coupe du monde de rugby et la Can 96. Même s’il s’agit là d’événements de moindre envergure, ils avaient donné une idée de ce qu’elle savait faire. Qui plus est, lorsque l’Argentine, en 1978, et le Mexique, en 1986, organisaient cet événement mondial, ils ne présentaient pas plus d’atouts que l’Afrique du Sud.

Aujourd’hui, ce pays est fin prêt et a prouvé à la face du monde que malgré les difficultés, il pouvait relever le défi. Cela lui a permis de développer ses infrastructures (routes, hôtels, aéroports, télécommunications...), de construire cinq nouveaux stades et d’en rénover autant, sans parler de la création de 381.000 emplois directs et indirects. Ce qui n’est rien dans un pays où le taux de chômage est de 26%. Avec 350.000 à 400.000 touristes attendus qui peuvent dépenser jusqu’à 980 millions d’euros à quoi s’ajouteront les recettes générées par la compétition, l’Afrique du Sud, classée 32e économie mondiale (et 40% du Pib africain) pourrait, on l’espère s’en sortir gagnant.

AFRIQUE_2

La réussite du Mondial par l’Afrique du Sud rejaillira en fait sur tout le continent, mais son échec également, car les afro-pessimistes de tous bords sont aux aguets pour relever la moindre anicroche pour le montrer en épingle.La sécurité est un volet très important vu la forte criminalité qui sévit dans le pays. Mais avec la mobilisation de 45.000 policiers pour veiller sur la sécurité de la compétition et des visiteurs, on espère que ce qui s’était produit lors de la dernière Can en Angola où l’équipe togolaise avait subi une attaque (avec un mort et des blessés), ne se produira pas. D’ailleurs, à l’époque de ce fâcheux incident, certains journaux occidentaux ont voulu faire le rapprochement avec l’Afrique du Sud. Ce pays n’a pas le monopole de la violence et beaucoup de compétitions se sont déroulées dans des pays à peine plus sûrs, l’essentiel étant de prendre toutes les dispositions nécessaires pour décourager les fauteurs de trouble et autres criminels.

Vidéo Hymne Officiel World Cup 2010

Par la même occasion, l’Afrique du Sud contribuera à décomplexer le reste du continent en prouvant que celui-ci peut, comme les autres parties du monde, accueillir des compétitions d’envergure mondiale et s’en tirer honorablement. Après l’Afrique du Sud, la Coupe du monde qui, désormais, est attribuée de manière tournante aux différents continents, reviendra dans les décennies à venir en Afrique. Et, entre temps, beaucoup de pays, seuls ou en association avec un voisin, pourront être attributaires de l’organisation.

Les six équipes africaines qui seront présentes au rendez-vous du 11 juin joueront, cette fois-ci, pour la première fois à domicile. Même si nous sommes lucides par rapport à leurs chances dans cette compétition, nous ferons parler notre cœur de supporter en espérant qu’elles vont faire honneur au continent en allant le plus loin possible pour que les stades sud-africains continuent de vibrer au son des vuvuzellas, ces trompettes en plastique au son si particulier.

Par Ibrahima MBODJ

logosoleil

http://www.lesoleil.sn

Voir la Vidéo sur: http://videos.arte.tv/fr/videos/la_coupe_de_bonne_esperance_extrait_-3244670.html

La coupe de Bonne Espérance

Quelles retombées le commerce local peut-il espérer de la Coupe du Monde de football? La devise de la Coupe du monde 2010 "Ke Nako ("Il est temps") - Celebrate Africa's humanity" dit bien les attentes des Africains quant à l'événement. Pour les jeunes footballeurs sud-africains et pour leurs supporters, accueillir cet événement planétaire dans leur pays n'est rien moins que la réalisation d'un rêve.

Le Monument de la Renaissance Africaine, Dakar

Mais quel profit réel pourront en tirer tous ceux qui vont concourir à la réussite de ce grand pari ? Qu'en pensent les acteurs de la vie politique, dont certains s'étaient d'abord déclarés réticents, comme Helen Zille, Premier ministre de la province du Cap-Ouest ? Quelles retombées le commerce local peut-il en espérer ?

Les contrats et les commissions n'ayant absolument pas pu être négociés, ce sont les sponsors habituels de la FIFA qui possèdent les droits exclusifs.Le marché local héritera au mieux des miettes.

Même les nuitées rapporteront indirectement à la FIFA, notamment par l'intermédiaire de la société Match Hospitality à qui elle a confié la commercialisation des billets d'entrée et qui prélève un pourcentage sur les forfaits vendus par les hôteliers ou les agences de voyage... (Allemagne, 2010, 43mn) ZDF

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jeudi 3 juin 2010

BOTSWANA/AFRIQUE DU SUD: LA COUPE DU MONDE DE L'INDIFFERENCE ET DU SUPERFLUE...

Survival

Vidéo: The Things They Said by  survivalinternational.org 

Les chasseurs bushmen victimes d’une politique arbitraire du gouvernement botswanais et des multinationales:

Préambule:

"Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, mais pas assez pour assouvir son avidité..." Gandhi

Les Bushmen représentent une population d’environ 100 000 personnes dispersées dans plusieurs Etats africains : le Botswana, la Namibie, l’Afrique du Sud et l’Angola où ils vivent depuis des dizaines de milliers d’années.

carte

Les Bushmen de la réserve du Kalahari central, au Botswana, ont été contraints de quitter leur terre ancestrale au cours de plusieurs vagues d’expulsion forcée planifiées par le gouvernement botswanais.En 2006, ils gagnèrent un procès historique dans lequel la Haute Cour du Botswana jugea leur expulsion “illégale et anticonstitutionnelle”.

Leur expulsion de la Réserve du Kalahari, selon de nombreux observateurs, a été perpétrée pour laisser le champ libre aux futures exploitations minières de De Beers.

Les Bushmen, qui vivent dans l’une des régions les plus arides du monde sont contraints de parcourir une distance de 480 km aller-retour pour s’approvisionner en eau à l’extérieur de la réserve. Depuis le démantèlement du puits, un Bushman est déjà mort de soif.

1997-2010:Chronique d'une descente aux enfers sur fond de spéculation économique

 

Vidéo Reportage ARTE 1/4

"Nous voulons vivre sur notre terre et choisir notre propre mode de vie." "Maintenant il nous faut abandonner nos cimetières et nous en aller. Le gouvernement ne se pose aucune question en nous prenant nos terres ancestrales et en nous déportant ailleurs. Notre culture et notre vie sociale sont détruites, on ne leur témoigne aucun respect, il n'y a pas de démocratie pour nous.Une nation se doit d'etre dans une esprit dynamique pour tous personne ne doit abandonner ses racines mais les mettre en avant mais le gouvernement nous ordonnes d'abandonner notre culture ".Roy Sesana, Botswana.avril 2002.

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© Pablo Blazquez

Le gisement de diamants situé dans la communauté bushman de Gope, au cœur de la réserve du Kalahari central, était dans un premier temps détenu par De Beers. Peu après la découverte de ce gisement, les autorités botswanaises avaient expulsé les Bushmen de leurs terres.

Les Bushmen, Survival et plusieurs autres ONG ont toujours été convaincus que l’expulsion des Bushmen était liée à la présence de diamants dans la réserve.

De Beers et le gouvernement botswanais ont constamment nié vouloir mener des activités d’exploitation minière dans la réserve. Ainsi, Akolang Tombale, secrétaire permanent du ministère des Mines, avait déclaré en 2002 qu’aucun gisement minier exploitable n’avait été découvert". La même année, Fleur de Villiers, porte-parole de De Beers avait pourtant qualifié le gisement de Gope de "sous-économique" et en 2005, Andrew Bone, le directeur des affaires publiques de la compagnie, l’avait estimé "non rentable".*

Remarque*: Après le rachat de De Beers en 2000, Clifford Elphick a siégé au comité exécutif de De Beers puis il a formé Gem Diamonds en Juillet 2005.

Gemdiamonds.PNG

Peu après la victoire judiciaire historique des Bushmen en 2006, où la Haute Cour du Botswana avait confirmé qu’ils avaient été déplacés contre leur volonté, De Beers avait cédé le gisement de Gope à Gem Diamonds.

(voir le site:http://www.gemdiamonds.com/).

En 2007, ce dernier évaluait ce gisement à 2,4 milliards de dollars et annonçait son intention d’ouvrir la mine dans les plus brefs délais.

En 2009, le projet de l'exploitation de cette mine de diamants qui avait fait l’objet d’une vive polémique internationale parce qu’il avait provoqué le déplacement forcé d'une première vague des Bushmen du Kalahari avait finalement été abandonné en raison de la récession globale. Avec la crise Mondiale, la demande de diamants s’était effondrée et les mines botswanaises avaient cessé toute activité en février pour une durée de deux mois.

A titre indicatif,la Société Gem Diamonds fondée par Clifford Elphick en Juillet 2005 et cotée à la Bourse de Londres, a réalisé un bénéfice net de £25,4 millions en 2009.La Société possède en plus de sa mine de Gope au Botswana des mines en Angola, en République Démocratique du Congo, en République Centre Africaine au Lesotho et en Indonésie, 6 pays parmis les plus bas au classement mondial du sous développement et des Droits de l'Homme...

Moderator Chaim Evan-Zohar (left) with the DTC’s Varda Shine and Gem Diamond’s Clifford Elphick.

En 2010, avec le retour des investissements sans compter le faible niveau des ressources en diamants sur les sites internationaux, la relance de l'exploitation de la mine de Gope repose pour la seconde fois le "problème"de la présence des Bushmen sur leur territoire et la politique "expéditive" des autorités Botswanaises...

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27 MAI 2010: L’armée et la police botswanaises envahissent la réserve des Bushmen. 

L'armée et la police botswanaises ont envahi la réserve des Bushmen.
L'armée et la police botswanaises ont envahi la réserve des Bushmen.
© Stephen Corry/Survival

Des camions transportant des soldats et des policiers ont pénétré dans la Réserve du Kalahari central le 27 Mai 2010. Survival estime qu’il s’agit d’une manœuvre d’intimidation visant à expulser les Bushmen, pour deux raisons :

1) Gem Diamonds veut ouvrir une mine de diamants sur leur terre;

2) La Haute Cour du Botswana doit juger un procès intenté par les Bushmen qui revendiquent la réinstallation de leur puits

Le procès doit avoir lieu à la Haute Cour du Botswana à Lobatse le 9 juin.

Lorsque le gouvernement avait expulsé les Bushmen de la Réserve du Kalahari central (CKGR) en 2002, il avait démantelé le puits, l’unique source d’eau des communautés bushmen de la Réserve.

En 2006, la haute Cour botswanaise jugeait que le gouvernement avait agit inconstitutionnellement en expulsant les Bushmen qui avaient donc le droit de retourner dans la réserve. Des centaines de Bushmen réintégrèrent leurs communautés après ce verdict.

Depuis lors, le gouvernement a arrêté plus de 50 Bushmen parce qu’ils chassaient pour nourrir leurs familles et a condamné leur puits, les privant ainsi de leur unique source d’eau.Dans l’impossibilité de retourner chez eux, des centaines de Bushmen sont toujours parqués dans de sinistres camps de relocalisation.

En dépit des nombreuses tentatives de négociation des Bushmen avec le gouvernement, ce dernier leur refuse toujours l’accès à leur puits.

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En désespoir de cause, les Bushmen ont décidé de faire appel à la justice pour faire valoir leur droit fondamental à l’eau.

Vidéo Reportage ARTE 2/4

Dans le désert du Kalahari. C’est là que pousse le hoodia, une succulente (plante grasse) dont on extrait une substance qui coupe l’appétit, ce que les San savent depuis des siècles ; en raison de son effet, cette substance est désormais commercialisée dans les pays industrialisés comme produit amincissant.Pour le peuple indigène des Khomani San, lutter pour ses droits s’avère très difficile. On ne lui a pas demandé leur accord. De surcroît, c’est un institut de recherche sud-africain semi-étatique qui a fait breveter la substance coupe-faim du hoodia et a entrepris de la commercialiser. Seule la pression de la société civile internationale a permis finalement aux San de recevoir une part des recettes issues des licences. Mais ils n’ont pas – aujourd’hui pas plus qu’hier – de moyen légal de faire valoir leurs droits

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James Anaya, rapporteur spécial des Nations-Unies sur les peuples indigènes, a également condamné le gouvernement pour son attitude envers les Bushmen, arguant qu’il ne respectait pas les ‘normes fondamentales des droits de l’homme’. Indiquant que les Bushmen de la réserve ‘sont confrontés à des conditions de vie déplorables et dangereuses en raison de leur manque d’accès à l’eau’, il a appelé le gouvernement à réinstaller les puits ‘de manière urgente et prioritaire’.

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Jumanda Gakelebone, un porte-parole bushman de la réserve du Kalahari, a déclaré aujourd’hui : ‘La Haute Cour a confirmé que nous avions le droit de vivre sur la terre de nos ancêtres. Cela implique nécessairement de pouvoir boire notre eau. De nombreux Bushmen, en particulier les aînés et les enfants, souffrent du manque d’eau. Nous sommes révoltés de constater que les animaux et les touristes puissent boire notre eau à satiété alors que nous mourrons de soif. Nous prions pour que la Cour nous rende l’accès à notre eau’.

Lire un résumé des faits concernant le procès

Les Bushmen: Société solidaire en voie d'extinction...

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La Réserve naturelle de gibier du Kalahari central est située au cœur du Botswana; elle avait été créée pour protéger le territoire ancestral des 5 000 Bushmen gana, gwi et tsila et de leurs voisins, les Bakgalagadi, ainsi que les animaux sauvages dont ils dépendent.

Vidéo Reportage ARTE 3/4

Au début des années 1980, on découvrit d’importants gisements de diamants dans la réserve. Peu de temps après, des représentants du gouvernement se rendirent dans la réserve et annoncèrent aux Bushmen qu’ils devaient partir en raison de la présence de ces gisements sur leur territoire.

Trois vagues d’expulsion eurent lieu en 1997, en 2002 et en 2005 au cours desquelles la plupart des Bushmen furent chassés de la réserve. Leurs huttes furent démantelées, leur école et leur poste de santé furent fermés, leurs sources d’eau détruites.

Vidéo Reportage ARTE 4/4

Ils vivent actuellement dans des camps de relocalisation situés en dehors de la réserve. Rarement autorisés à chasser, ils sont arrêtés et battus lorsqu’ils sont pris sur le fait et sont devenus dépendants des rations alimentaires distribuées par le gouvernement. Beaucoup d’entre eux sont confrontés à l’alcoolisme, l’ennui, la dépression et à des maladies telles que la tuberculose ou le SIDA.

S’ils ne retournent pas sur leurs terres ancestrales, leur culture et leur mode de vie uniques seront détruits et ils disparaîtront.

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Ne faisant aucun cas du verdict de la Haute Cour rendu en 2006 qui leur permettait de retourner dans la réserve, le gouvernement s’efforce par tous les moyens de rendre leur retour difficile. Il a ainsi :

condamné leur unique source d’eau ;
refusé de leur délivrer des permis de chasse (malgré le verdict de la Haute Cour du Botswana qui avait jugé ce refus illégal) ;
arrêté plus de 50 Bushmen pour avoir chassé afin de nourrir leurs familles,
interdit aux Bushmen de rapatrier leurs troupeaux de chèvres dans la réserve.

Cette politique vise à intimider et terroriser les Bushmen afin qu’ils ne quittent pas les camps de relocalisation et à rendre la vie impossible à ceux qui ont choisi de retourner sur leur territoire ancestral.

Vidéo Reportage: Grand Ecran sur la vie des Bushmen.

Agissez maintenant pour aider les Bushmen

Écrivez une lettre brève et courtoise en vous inspirant du modèle sur le site de Survival ou écrivez librement.

  • Écrivez à votre député sur la situation des Bushmen.
  • Écrivez au consulat du Botswana en France ou à l’ambassade du Botswana en Belgique.
  • Visitez le site internet des Bushmen (en anglais).
  • Pour accéder au Site de Survival cliquez sur "SURVIVAL" ci-dessous,merci.
  • Bushmen_Protest_Outside_e875

    Survival

    Posté par PORTIER VINCENT à 10:06 - DROITS DE L'HOMME - Commentaires [0] - Permalien [#]
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    mercredi 2 juin 2010

    25e SOMMET AFRIQUE-FRANCE "L'Afrique est notre Avenir" Nicolas Sarkozy

    EVENEMENT,Discours d'ouverture du 25ème Sommet France-Afrique par Nicolas Sarkozy
    envoyé par publicsenat. - L'actualité du moment en vidéo.

    Vidéo: Discours d'ouverture du 25e Sommet Afrique-France /Nicolas Sarkozy & Mohamed Hosni Moubarak (Vidéos de clôture & conférence de presse:Liens en bas de page)

    Extraits:"Je mesure pleinement l'honneur que vous faites à la France.(...) Je mesure également que votre présence par les attentes qu'elle exprime fait peser sur nous....(...) Un sommet Afrique-France pour quoi faire..? (..) Néocolonialisme...(..) Entretenir l'illusion d'un rôle révolue..(...) Relation particulière...Nous avons des choses à nous dire...Nous avons des choses à faire ensemble...Il n'est plus possible d'évoquer les grandes questions de Monde sans la présence de l'Afrique..(..)Nos destins sont indissolublement liés...L'Echec de l'Afrique serait le drame de l'Europe...(..) Il y a une communauté de destin..Il y a une communauté d'intérêt...La nouvelle relation Franco-Africaine je l'a veut décomplexée..sur la base de l'égalité..Nous devons pouvoir parler de tout...Une relation partenariale...(..)Tournée vers le futur..Dieu que nous avons passé du temps à évoquer le passé,alors que nous avons tant à faire pour construire l'Avenir..(..)    L'Afrique est notre Avenir...Nicolas Sarkozy

    Sommet France-Afrique de Nice : UNE CLAIRE CONSCIENCE DE DESTINS INDISSOLUBLEMENT LIES

    Le 25è sommet Afrique-France s'est ouvert hier à Nice en présence de 38 chefs d'État et de gouvernement africains dont le président de la République, Amadou Toumani Touré. Le président de la Commission de l'Union africaine Jean Ping, son homologue de la Banque mondiale, Robert Zoellick, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-Moon, le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, étaient également présents dans la métropole de la Côte d'Azur. La ville établie sur les bords de la mer Méditerranée, le long de la baie des Anges et à l'embouchure du Paillon, enregistre cependant quelques grands absents, notamment le président ivoirien Laurent Gbagbo ou le Guide de la révolution libyenne Muammar Al Khadafi qui se sont fait représenter.

    Le continent africain a bel et bien son mot à dire sur les grandes questions qui concernent le monde.

     

    Les enjeux climatiques et le développement étaient mardi au centre de la deuxième et dernière journée de débats du 25e sommet Afrique-France de Nice, au lendemain d'échanges nourris sur l'implication de l'Afrique dans la gouvernance mondiale.

    La place de l'Afrique dans les échanges commerciaux de la France s'est recroquevillée autour de 2%, après avoir occupé plus de 40% dans les années 60.

    Lire aussi sur Africa Eco: Des entreprises s'engagent à bannir la corruption en Afrique

    bechirm

    Robert Mugabe, Omar El Bechir, Nicolas Sarkozy .

    Une cinquantaine de chefs d’Etats africains ont été invités par la France à participer du 31 mai au 1er juin 2010 à Nice au sommet Afrique-France. Le sommet devait initialement se dérouler en février à Charm El Cheikh, en Egypte, avant qu’il ne soit décidé de le tenir en France.

    Les présidents Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak vont co-présider le sommet France-Afrique de Nice.

    De source diplomatique française, les deux chefs d'Etat dont la présence est refusée par la France sont: Omar el-Béchir, du Soudan sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et contre l'humanité et Robert Mugabe du Zimbabwe, qui est en disgrâce sur la scène internationale.

    Il est cependant dit que ces deux présidents ont reçu une lettre du président Nicolas Sarkozy leur demandant de désigner un représentant pour le sommet de Nice.

    Ce grand rendez-vous entre Français et Africains traitera des thèmes qui constituent aujourd'hui des enjeux pour l'avenir du continent africain à savoir la place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale, la question de paix et de sécurité ainsi que celle relative au climat et au développement. La particularité du rendez-vous de Nice est que pour la première fois le sommet Afrique-France s'ouvre à près de 200 chefs d'entreprise français et africains. Une poignée d'opérateurs économiques maliens a ainsi répondu à l'invitation du gouvernement français.

    Le volet économique du sommet, considéré comme le plus important, est marqué par des ateliers de travail sur le renforcement des dispositifs juridiques pour favoriser les affaires en Afrique, la facilitation de l'accès des entreprises aux financements, la construction et le renforcement de la compétitivité des entreprises africaines. La cérémonie d'ouverture a été marquée par le discours du président français Nicolas Sarkozy et de celui de son homologue égyptien, Mohamed Hosni Moubarak, dont les pays coprésident le sommet.

    Nicolas Sarkozy et Le président du Malawi, Bingu wa Mutharika, 76 ans, président en exercice de l'Union africaine (UA)

    RELATION PARTICULIERE.

    Après avoir souhaité la bienvenue aux différentes délégations, le chef de l'État français a souligné la pertinence du partenariat entre la France et les États africains dans ce monde du 21è siècle où les défis économiques, sécuritaires et politiques sont de plus en plus nombreux. "Oui, nos réunions ont un sens. Oui, il existe une relation particulière entre la France et l'Afrique.

    "Nous avons des choses à nous dire, et par-dessus tout nous avons des choses à faire ensemble", a-t-il assuré. Le continent africain, a estimé Nicolas Sarkozy, a bel et bien son mot à dire sur les grandes questions qui concernent l'Europe et le monde entier.

    A ce propos, il a plaidé pour une coopération partenaire sans complexe entre l'Afrique et l'Europe. "Je suis convaincu qu'on ne peut pas évoquer les grandes questions du monde sans la présence du continent africain. Ce qui fonde notre conviction, c'est la claire conscience que nos destins sont indissolublement liés.

    L'échec de l'Afrique serait aujourd'hui le drame de l'Europe. Entre amis, nous devons parler de tout sans gêne. La nouvelle relation franco-africaine, je la veux décomplexée. Une relation partenaire, il n'y a pas d'un côté des grands pays, de l'autre des petits, mais des partenaires qui ont des intérêts à défendre, des points de vue à faire valoir, sur la base d'une relation d'égalité et tournée vers le futur", a expliqué le président français.

    Nicolas Sarkozy et Abdelaziz Bouteflika

    Et Nicolas Sarkozy d'ajouter : "Dieu que nous avons passé beaucoup de temps à évoquer le passé alors que nous avons tant à faire pour construire l'avenir, bien sûr en tirant les leçons de ce passé".

    Il a reconnu que l'Afrique a des valeurs et des potentialités que l'Europe ne peut ignorer. "L'Afrique est notre avenir. Le continent africain s'impose chaque jour davantage comme un acteur majeur de la vie internationale.

    Le formidable dynamisme démographique de l'Afrique, ses ressources considérables, en font la principale réserve de croissance économique mondiale pour les décennies à venir", relèvera le chef de l'État français.

    bbbbNicolas Sarkozy et Laurent Gbagbo (AFP)

    En évoquant les thèmes du sommet, notamment la place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale, Nicolas Sarkozy a confirmé : « Si on se dit ami de l'Afrique, alors il faut être prêt à lui faire une place ».

    Il s'est déclaré favorable à la reforme du Conseil de sécurité de l'ONU en tenant compte du souhait des pays africains. Il est inadmissible, a-t-il jugé, que l'Afrique n'ait pas un membre permanent au sein du Conseil de sécurité de l'ONU. Aujourd'hui, les États africains disposent de trois sièges de membres non permanents.

    Ils réclament quatre postes supplémentaires, deux permanents avec droit de veto et deux non permanents. Abordant la paix et la sécurité, Nicolas Sarkozy a assuré du soutien de la France dans la lutte contre les nouvelles menaces d'insécurité sur le continent africain comme le trafic de drogue, le terrorisme, la piraterie, les prises d'otages. Ces menaces, déplore-t-il, fragilisent les États africains.

    Développant le thème "climat et développement", le président français jugera primordial de travailler ensemble conformément aux décisions prises à Copenhague lors du sommet mondial sur le changement climatique. Nicolas Sarkozy n'a pas manqué de saluer la présence de près de 200 entrepreneurs économiques français et africains au sommet de Nice. "Ensemble nous pouvons construire la gouvernance mondiale", a-t-il lancé avant d'annoncer que le prochain sommet se tiendra en Égypte.

    UN GRAND PAS.

    Le président égyptien a, lui, évoqué les défis que le continent africain doit relever pour assurer son développement dans le cadre de sa coopération avec la France.

    "J'espère que le sommet de Nice sera un grand pas dans notre coopération, après quatre décennies de rencontres entre nos deux parties", a-t-il indiqué.

    Mohamed Hosni Moubarak estime que le continent pour se développer, doit relever plusieurs défis comme ceux liés à la paix et la sécurité, à l'autosuffisance alimentaire, au développement des infrastructures et des ressources énergétiques. Il a souhaité la prise en compte par le sommet des priorités de l'Afrique en matière de développement global, la création d'un mécanisme de suivi pour l'application correcte des décisions issues du sommet, le renforcement du rôle du secteur privé dans le développement de nos États et la création d'un fonds pour financer les projets de coopération entre la France et l'Afrique.

    Les chefs d'État et du gouvernement se sont ensuite retirés de la grande salle de conférence pour un huis clos dans une autre salle du Palais des congrès de Nice-Acropolis. Il est ainsi prévu que Nicolas Sarkozy tienne trois réunions à huis clos avec l'ensemble des chefs d'État et de gouvernement sur les trois thèmes du sommet.

    Ce 25è sommet Afrique-France prend fin aujourd'hui par une déclaration finale des chefs d'État et de gouvernement.

    La France pourrait s'engager à consacrer 300 millions d'euros (plus de 196 milliards Fcfa) pour la période 2010-2012 pour soutenir les efforts des États africains et de leurs organisations sous-régionales. Paris pourrait aussi s'engager à former 12 000 militaires africains au profit des forces de maintien de la paix de l'Union africaine et de l'ONU sur la même période. Nous reviendrons sur la fin des travaux du sommet dans nos prochaines éditions.

    Envoyé spécial M. KEITA : http://www.malijet.com

    TOUTES LES VIDEOS DU SOMMET:

    Conférence de presse à l'issue du Sommet Afrique-France 

    Séance de clôture du 25ème Sommet Afrique-France 

    Séance d'ouverture du 25ème Sommet Afrique-France

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    mardi 1 juin 2010

    WEBDOCUMENTAIRE: L'AFRIQUE AU COEUR..."TEMOINS DU DEDANS"


    Témoins du dedans
    envoyé par unicef. - L'actualité du moment en vidéo.

    TEASER VIDEO:"Témoins du dedans"/ Ces Cinq jeunes reporters amateurs de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, racontent à leur façon une guerre oubliée...

    temoins_du_dedans

    Pour découvrir en plein écran le regard de Félicien, Junior, Jeannot, Gloria et Kelvin, cliquez sur ce lien!

    "TEMOINS DU DEDANS" par UNICEF FRANCE & LIGNE 4:

    Le Web-documentaire sur la situation humanitaire de l'est de la République Démocratique du Congo donne la parole à de jeunes reporters amateurs. Pour les aider à faire connaitre une crise oubliée des médias, Ligne 4 et l'Unicef France ont produit ce documentaire diffusé depuis le 12 mai par unicef.fr et LeMonde.fr qui leur donne la parole.

    Les vidéos de ces jeunes web-reporters portent, sur le conflit, un regard qui n'est pas celui des professionnels de l'information. Enfants, ils ont vécu le traumatisme de la fuite. Depuis quinze ans, ils n'ont jamais connu de vraie paix à Goma. Ils sont des "spect-acteurs", des témoins du dedans.

    L'ambition est de changer le point de vue habituel sur une crise africaine et d'utiliser les nouvelles technologies du web pour montrer, pour une fois, la dimension active et courageuse de l'Afrique, racontée par de jeunes Africains.

    Ils sont cinq jeunes Congolais de Goma, dans l'est de la République Démocratique du Congo (RDC), non loin de la frontière rwandaise. Gloria, Félicien, Kelvin, Jeannot et Junior. Lycéens ou étudiants, ils ont entre 17 et 25 ans et militent pour les droits des enfants.

    Depuis l'été 2008, équipés de caméras par l'Unicef, ils enquêtent sur les conséquences des guerres incessantes dans leur pays, qui ont fait plus de cinq millions de morts et une crise humanitaire qui a fait huit millions de sans-abris.Ils sont allés filmer dans les camps de déplacés qui jouxtent la ville de Goma.

    Un web documentaire pour donner la parole aux jeunes

    Le web doc "Témoins du dedans" présente les vidéos de 5 jeunes reporters amateurs.

    Pour découvrir en plein écran le regard de Félicien, Junior, Jeannot, Gloria et Kelvin, cliquez sur ce lien!

    Le contexte de ces reportages

    Leurs reportages s’inscrivent dans un contexte : celui du retour des personnes déplacées. En effet, avec le déroulement des premières élections démocratiques depuis 40 ans en RDC fin 2006, un retour progressif des déplacés internes dans le pays s’est mis en place. Selon OCHA (Organisme de coordination des actions humanitaires des Nations unies) jusqu’en octobre 2008, près de 1,5 millions de déplacés sont retournés chez eux spontanément. Toutefois les conditions de vie dans les zones de retour restaient très précaires et les besoins d’assistance au retour pour l’intégration et la relance communautaire demeuraient énormes.

    En novembre 2006, l’Unicef et ses partenaires ont lancé le PEAR (Programme Elargi d’Assistance aux Retours) en vue d’apporter une assistance de premier plan aux personnes retournées qui rentraient dans leurs villages d’origine et qui présentaient des critères de vulnérabilité. Le PEAR est géré par l’Unicef et ses partenaires dans 3 provinces à l’est du pays : Ituri, Nord Kivu et Sud Kivu. Au Katanga, le PEAR a été finalisé dès octobre 2008.

    En 2006, lors de son lancement, l’objectif du PEAR était d’évaluer la situation de près d’1 million de personnes déplacées-retournées, et de fournir à 500 000 d’entre elles une assistance en deux phases :

    • Le PEAR : une phase "humanitaire" de couverture des besoins essentiels (fourniture d’abris temporaires, de vêtements, de kits de cuisine, de kits de santé de base, de jerrycans, de couvertures, de savons, de matelas …) ;
    • Le PEAR + : une phase de réhabilitation et de reconstruction à long terme des services sociaux fondamentaux.

    Ainsi, jusqu’en 2008, 260 salles de classe ont été réhabilitées dans 45 écoles des 4 provinces dans lesquelles le programme est opérationnel. Pour chaque école, des latrines ont également été construites visant à améliorer les conditions sanitaires. En outre, 202 kits de récréation, 76.965 kits pour élèves et 1.943 kits pour enseignants ont été distribués au début de l’année scolaire.

    En février 2009, 76 abris d’urgence avaient été distribués ainsi que des biens non alimentaires pour 145.761 familles rentrées chez elles (soit environ 728.805 personnes).

    Le programme PEAR+ lancé en août 2008 par l’Unicef et ses partenaires a commencé la mise en œuvre de ses activités dans les zones pilotes que sont l’Ituri et la province du Sud Kivu.

    C’est dans le cadre de ce programme que s’inscrit le projet " Témoins du dedans", soutenu par l’Unicef France, et qui permet tout à la fois l’expression des jeunes (pour les cinq reporters du web doc) et la sensibilisation du grand public aux questions humanitaires qui sont en jeu dans cette région du monde.

    Un web documentaire pour donner la parole aux jeunes

    Le web doc "Témoins du dedans" présente les vidéos de 5 jeunes reporters amateurs.

    Pour découvrir en plein écran le regard de Félicien, Junior, Jeannot, Gloria et Kelvin, cliquez sur ce lien!



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    dimanche 30 mai 2010

    GEOPOLITIQUE: LA REGION DES GRANDS LACS/LA PREMIERE GUERRE MONDIALE AFRICAINE

    congo

    Site Officiel:www.cirgl.org

    Reportage vidéo: Depuis 1994, la province du Nord Kivu en République Démocratique du Congo a connu une instabilité constante. Si les raisons de cette instabilité ont pu varier, ce sont à chaque fois les populations civiles qui en ont pâti.

    Voir également:CONFLITS DANS LE MONDE: 6.8 MILLIONS DE DEPLACES EN PLUS...

    Plus de 2,1 millions de personnes déplacées sur fond de détérioration des conditions humanitaires

    La région des Grands Lacs a hérité du titre peu enviable de théâtre de la “première guerre mondiale africaine” quand, à la suite de la chute de la dictature de Mobutu, le vaste territoire du Zaïre (rebaptisé depuis République démocratique du Congo), riche en ressources minières, a suscité toutes les convoitises. Mais la crise qui se poursuit dans la région est en réalité une série de conflits interdépendants, impliquant virtuellement tous les pays de la région.

    En 2009, les combats entre les milices et les forces armées congolaises soutenues par l’ONU, de même que les attaques et la violence contre les civils, ont entraîné le déplacement de près d’un million de personnes dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). C’est ainsi que fin 2009, au total plus de 2,1 millions de personnes avaient été déplacées au Nord et au Sud-Kivu de même que dans la province Orientale. Nombre de personnes déplacées n’ont pas bénéficié de l’assistance des agences internationales dont l’accès à la région a été entravé par l’insécurité. Des dizaines de milliers de personnes déplacées ont cherché refuge dans des camps et des zones d’installation spontanées, la capacité d’accueil des populations résidentes ayant diminué.

    congo2

    Lire le Dossier:DOSSIER AFRIQUE: LES MAINS SALES OU LA RAISON D'ETAT...

    Depuis le milieu des années 90, des millions de Congolais ont fui leur maison pour échapper aux combats entre les groupes rebelles et le gouvernement dans le cadre d’un conflit complexe ayant aussi impliqué des États voisins. Le International Rescue Committee a estimé en janvier 2008 que le conflit avait coûté la vie à quelque 5,4 millions de personnes
    Les déplacements ont atteint leur plus haut niveau en 2003, les Nations Unies estimant alors que quelque 3,4 millions de personnes étaient déplacées, la plupart dans l’est de la RDC.

    Début 2010, le meurtre et le viol de civils se poursuivaient dans des proportions effroyables dans l’est de la RDC, et la protection des personnes déplacées et autres populations civiles dans la région restait une préoccupation urgente. Au regard de l’exploitation illégale des vastes ressources naturelles de la RDC par des membres de l’armée et des milices, des opérations militaires contre des groupes rebelles, et des attaques d’une extrême violence perpétrées contre les populations civiles, de même qu’en l’absence d’une armée disciplinée et intégrée, les perspectives d’amélioration de la situation restaient sombres.

    Lire la suite sur: http://www.internal-displacement.org/8025708F004CE90B/(httpEnvelopes)/41FBDE758BF3C6DBC12576D40036CF0E?OpenDocument&count=10000

    TEMOIGNAGE: Dungu : "Nous avons beaucoup souffert"

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    Crise humanitaire suite aux attaques des rebelles de la LRA dans les Uele en Province Orientale, RDC.

    Comme Suzanne, Rustic et Naco qui ont toutes été obligées de quitter leur village à cause des attaques meurtrieres de LRA pour se réfugier à Dungu, ou Papa Peleke qui a été enlevé avec quatre de ses petits-fils à Dungu, tous ont souffert de cette crise humanitaire qui sevit en Province Orientale depuis décembre 2007. A la date du 31 décembre 2009, les attaques de la LRA avaient déjà fait 1496 morts, 2471 enlevées dont 699 enfants, et 340 000 déplacés dans les districts de Haut et Bas Uele et en Ituri.

    Le témoignage de Dungu sur:

    http://www.rdc-humanitaire.net/?Dungu-Nous-avons-beaucoup-souffert

    congo3

    Plan d'Action Humanitaire 2010 : République Démocratique du Congo

    Source: United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA)

    Date: 30 Nov 2009

    PREFACE

    Le Plan d'action humanitaire (PAH) est le fruit d'une réflexion participative et structurée de l'ensemble des acteurs de la communauté humanitaire qui ont souhaité mettre en place une stratégie commune et fixer des objectifs spécifiques propres à la situation de chaque secteur d'activité et de chaque province de la République démocratique du Congo (RDC).

    Lire sur : http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/MUMA-7Y82P3?OpenDocument

    Le Pacte des Grands Lacs

    congo4Trois dirigeants signent le pacte du sommet des Grands Lacs. De gauche à droite : Bernard Makuza, Premier Ministre du Rwanda ; Joseph Kabila, Président de la RDC, et Pierre Nkurunziza, Président du Burundi

    Dans une région qui sort de la guerre, la coopération reste un défi

    Par Michael Fleshman

    Les efforts de consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs d’Afrique centrale, ravagée par la guerre, ont progressé fin 2006 avec l’adoption du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement de la région des Grands Lacs. Cet accord exhaustif a été signé le 15 décembre à Nairobi (Kenya) par les chefs d’Etat de 11 pays et finalisé après l’élection présidentielle organisée avec succès en République démocratique du Congo (RDC).

    La région a sombré dans un conflit armé généralisé à la suite du génocide rwandais de 1994 et du renversement en 1997 de la dictature de Mobutu Sese Seko en RDC, qui était alors le Zaïre. Lorsqu’en 2003, un gouvernement provisoire a pris le pouvoir en RDC dans le cadre d’un accord de paix appuyé par l’ONU, huit pays africains et une vingtaine de groupes rebelles indépendants étaient impliqués dans les combats. Parmi les protagonistes figuraient les forces armées rwandaises et ougandaises qui cherchaient à renverser le gouvernement de la RDC, des troupes angolaises, zimbabwéennes et namibiennes combattant aux côtés de l’armée du Gouvernement congolais, des troupes du Burundi luttant au Congo contre les forces rebelles de leur pays et des milices rwandaises antigouvernementales réfugiées dans l’Est du Congo, ainsi que des milices ethniques locales.

    (Voir encadré)

    Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs

    Afin de répondre à certains des défis spécifiques auxquels doivent faire face les pays de la région des Grands Lacs africains, l’Union Africaine et les Nations Unies ont lancé le processus de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs. Cet événément, qui reconnaît l’inter-connectivité des questions liées aux différentes populations, mais aussi aux problèmes sécuritaires et économiques de la région, et la nécessité d’y apporter des solutions régionales, aboutit à la signatures par 11 Etats du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs (Pacte des Grands Lacs).

    11 Etats de la Conférence Internationale surla Région
    des Grands Lacs


    Angola , Burundi, Central African Republic, Democratic Republic of Congo, Republic of Congo, Kenya, Rwanda, Sudan, Tanzania, Uganda, Zambia

    Le Pacte est entré en vigueur en juin 2008 et a été ratifié par les 11 Etats membres. Deux de ses dix protocoles traitent de la protection des déplacés internes : le Protocole sur la protection et l’assistance à apporter aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et le Protocole sur les droits de propriété des personnes de retour. Un troisième, le Protocole sur la prévention et la répression de la violence sexuelle contre les femmes et les enfants est également important pour les déplacés internes, vu le taux élevé de violence sexuelle en situations de conflit et post-conflit.

    Le Pacte est le premier instrument multilatéral au monde engageant les Etats membres à adopter et à mettre en œuvre les Principes directeurs sur le déplacement interne des Nations Unies. En plus de définir des mesures permettant de mieux protéger les déplacés internes suite à toutes les causes envisageables et dans toutes les phases de déplacement, le Pacte apporte des réponses tenant compte de l’expérience spécifique de la région des Grands Lacs, telles que des mesures visant à protéger les populations pastorales, les communautés d’accueil et les familles ayant des membres de différentes ethnies en leur sein. De plus, il renforce la base légale permettant aux déplacés internes de demander le respect de leurs droits, y compris les droits d’accéder à l’information, d’être consulté au sujet des décisions affectant leur vie, et d’y participer, et le droit à l’aide humanitaire.

    Documents officiels et autres références

    Les documents disponibles sur ce site ne représentent qu’une partie des nombreux protocoles produits par la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs. Pour plus d’information sur les protocoles, projets et programmes d’action, veuillez visiter le site de la Conférence.

    Déclaration de Dar-Es-Salaam sur la Paix, la Sécurité, la Democratie et le Developpement dans la Région des Grands Lacs
    Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs
    Protocole sur la protection et l’assistance à apporter aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays
    Protocole sur les droits de propriété des personnes de retour
    Protocole sur la prévention et la répression de la violence sexuelle contre les femmes et les enfants

    congo3Guide pour la société civile

    A la suite de l’entrée en vigueur en Juin 2008 du Pacte des Grands Lacs, IDMC et l’Initiative Internationale en faveur des Droits des Réfugiés (IRRI) ont publié le guide sur la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et les droits des personnes déplacées, afin orienter l’action des organisations œuvrant pour la protection des personnes déplacées dans la région.

    Le Pacte des Grands Lacs et les Droits des Personnes Déplacées: un Guide pour la Société Civile
    Communiqué de presse: La publication d’un nouveau guide vise à assister des millions de personnes déplacées dans la Région des Grands Lacs en Afrique (19 Septembre 2008)

    Convention de l'Union Africaine sur la protection et l'assistance aux déplacés internes en Afrique

    Les Etats membres de l’Union Africaine ont adopté en octobre 2009 la Convention de l'Union Africaine sur la protection et l'assistance aux déplacés internes en Afrique, connue sous le nom de Convention de Kampala. Cela veut dire que les 11 Etats membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs peuvent renforcer la protection des personnes déplacées internes en ratifiant la Convention. Pour plus de renseignements, voir …

    source: www.internal-displacement.org

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    jeudi 27 mai 2010

    DOSSIER AFRIQUE: LES MAINS SALES OU LA RAISON D'ETAT...

    L’Oncle Sam, fort affaibli par la crise irakienne, semblait s'apprêter à laisser le Grand Coq régler la question des Grands lacs. Couverture «le Soft» n°789 daté 19 mai 2004.

    REPORTAGE VIDEO: SUD SOUDAN, OUGANDA, RWANDA,RDC CONGO,30 ANS DE GUERRE...

    Préambule:

    Si Paul Kagamé avait dit «on nous a promis la guerre, nous n’avons pas le choix, nous ne pouvons que répondre».Joseph Kabila aurait certainement répondu «on nous a imposé la guerre, nous n’avons pas le choix, nous ne pouvons que répondre».

    En Afrique,un proverbe dit: "Quand les éléphants se battent c'est toujours l'herbe qui est écrasée..."

    Aujourd'hui toute la question est de savoir quand le combat va s'arrêter pour laisser le peuple vivre en paix. Le chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter deux chemins à la fois ...(autre proverbe)

    Peut être un élément de réponse en bas de page pour fin 2010 avec:

    Un Sommet Museveni Kagame-Kabila-à la Maison Blanche?:"Le président George W. Bush a "aidé" à mettre fin aux guerres interétatiques entre le Rwanda, le Congo et l'Ouganda en organisant des réunions individuelles et trilatérales avec ces dirigeants. Maintenant, M. Obama a besoin de galvaniser les efforts américains pour mettre fin à la violence des milices rwandaises et des groupes rebelles ougandais opérant encore au Congo " Jendayi Frazer,ancienne secrétaire d’État chargée des Affaires africaines au sein de l’administration Bush,septembre 2009, Wall Street Journal.

    DOSSIER AFRIQUE:1993-2010,17 ans de coups d'Etats dans la région des grands lacs...

    hilary_clinton

    Photo:B.Obama & H.Clinton

    par le Docteur Helmut Strizek:

    Le Docteur Strizek est revenu sur la question des frontières pour souligner le fait que Mme Clinton n'a pas visité le Rwanda lors de son périple africain. Mme Clinton avait au contraire insisté avant d`être prête à rencontrer Joseph Kabila à Goma que  Kagame rencontre Joseph Kabila à Goma. Cela a été un signal fort : c’était une façon de lui dire que les frontières du Congo sont intangibles.  Elle a même rédigé un article dans lequel elle reconnaît que les guerres au Congo ont fait plus de 5.000.000 de victimes. Strizek a pourtant émis de doutes pour savoir s'il s'agit déjà d'un changement définitif de la politique américaine en faveur le la paix dans la Région des Grands Lacs africains. On ne connaît pas encore l'analyse que fait le Pentagone des intérêts militaires dans la Région. Mais il n'est pas exclu qu'ils arrivent à la conclusion que la dictature de Kagame cause plus de problèmes que d'avantages sécuritaires.

    Un mot sur le Docteur Helmut Strizek et "la Balkanisation" du Congo:

    Le Dr. Helmut Strizek est consultant auprès du Gouvernement Allemand et témoins-expert au TPIRC. Cet expert allemand de la sous-région des Grands Lacs « a été exclu » du débat public sur les questions qu’il maîtrise à propos du génocide Rwandais, après avoir dit clairement que Museveni et Kagame bénéficient jusqu’à ce jour du soutien des Américains dans leur lutte contre « le terrorisme soudanais » et qu'il n’arrivait pas à comprendre que son pays, l’Allemagne, malgré un passé de génocide, puisse apporter son soutien à Paul Kagame dans ses aventures au cœur de l’Afrique.

    Photo:BilI Clinton & Paul Kagamé

    Le choix de Museveni et de Kagame à partir d'octobre 1993 par l'administration Clinton fut dicté par le souci de s’attaquer au terrorisme à partir du Soudan après le coup d’Etat d’Omar El-Béchir en 1989.

    Initialement, après la fin de la guerre froide au cours de laquelle Mobutu a joué un rôle important en faveur des intérêts occidentaux l'administration de Bush père en conformité avec Mitterrand voulaient se débarrasser des alliées désormais gênants. Le ministre des affaires étrangères américain James Baker a rendu visite à Mobutu le 24 mars 1990 à Kinshasa pour le remercier confidentiellement des services rendus mais qui ne seraient  plus nécessaires. Il fallait comme alliés des régimes plus démocratiques. Mobutu a compris et démissionné comme Président du parti d'état un mois plus tard. Mitterrand préférait une action plus spectaculaire avec son discours lors du Sommet Franco-africain à la Baule en juin 1990. La pression de démocratiser a produit des conférences nationales et tables rondes dans beaucoup de pays. Puisque les exilés Tutsi en Ouganda n'avaient pas de chance de gagner des élections ils ont entrepris une invasion à partir de l'Ouganda le 1er octobre 1990. Au début les américains n'ont pas soutenu la victoire complète du FPR. Ils ont longtemps opté pour un partage de pourvoir et de décharger Museveni des ces exilés devenus encombrants.  Mais après la débâcle de Mogadiscio  le  3 octobre 1993, Clinton a décidé de retirer tous les soldats Américains de l'Afrique considérée sans importance économique et politique. Cette décision a provoqué une réaction de la part des milieux politiques et militaires Américains que avaient en vue les intérêts sécuritaires que le Soudan représente dans la stratégie américaines en Proche orient.

    Photo: Museveni & GW.Bush

    Les USA avaient donc besoin des gens capables de se battre contre Omar El-Béchir, le cas échéant. Museveni accepte le marché et sollicite que ses alliés Américains l’aident à se décharger des problèmes liés à la présence des Tutsi Rwandais en Ouganda et  de « le libérer » des exigences démocratiques dans son propre pays (et au Congo). Pourquoi ?

    Pour les USA, l'Ouganda représentait un rempart contre le Soudan et il fallait accepter ses conditions. Concernant le Rwanda, il fallait laisser tomber les Accords d'Arusha et permettre au FPR de prendre le pouvoir à Kigali même au prix de l'assassinat du Président Habyarimana (s'il n'était pas prêt à démissionner) et établir un régime pro-américain qui ferait la liaison entre l'Ouganda et la province Orientale pour approvisionner les rebelles du Soudan du sud, ce que Mobutu a toujours permis. Mobutu aussi fut "libéré" de la pression démocratique exercée par Tshisekedi. Tout d'un coup Mobutu apparaît de nouveau sur la scène internationale parce qu'il était prêt à recevoir les réfugiés Hutu prévisibles pendant la conquête du pouvoir par le FPR. Mais quand on a appris la gravité de sa maladie en 1996 il fallait le remplacer et éviter l'arrivée au pouvoir du nationaliste Tshisekedi peu susceptible de jouer le jeu anti-Khartoum. Museveni dénichera Laurent-Désiré Kabila et en fera son allié (avec Kagame) pour poursuivre les Hutu réfugiés au Congo et les exterminer. Cette extermination des Hutu (et autres réfugiés Tutsi) fut justifié par la "menace génocidaire"  que les réfugiés Hutu représentaient pour la dictature de Kagame qui fut justifié par la thèse de l’arrêt du génocide initié par les Hutu. La guerre du Congo était donc présentée au monde comme une mesure pour enlever cette menace et consolider la dictature (dite anti-génocidaire) de Kagame.

    L’avancée de Kagame sur le sol congolais répondait aussi à un vieux rêve : s’aliéner les deux Kivus, terres toujours enviées par ses aïeux. La guerre de l’AFDL aurait pu prendre fin après la chute de deux Kivus si les Américains n'avaient pas voulu mettre en place Laurent-Désiré Kabila à Kinshasa. Ses alliés l’aideront à assouvir son ambition jusqu’au jour où il décidera de se débarrasser d’eux. Face au refus de ses alliés FPR de retourner chez eux, une guerre éclatera (le 02/08/1998) et les Américains viendront à leur secours pour éviter le pire.

    Kabila Thisekedi.jpg Photo du président Joseph Kabila, avec au second plan son ancien chef de la Maison militaire, le général Damas Kabulo, accusé de tentative d'empoisonnement sur sa personne. La programmation de l’élimination du Président congolais remonte à la veille des négociations de Sun City. Le scénario ressemble fort au plan rwandais de l’élimination du Président Juvénal Habyarimana du Rwanda...

    Après la mort de Laurent-Désiré Kabila, Kagame obtiendra de ses alliés Américains et Européens - l’intervention de l’Eufor au Congo est à situer dans ce contexte - que le Congo soit dirigé pour « un jeune Rwandais inoffensif » en la personne de « Joseph Kabila ». Ceci permettrait au Rwanda de faire main basse sur les richesses du Congo et d’être sûr que le danger pour la lutte contre son pouvoir dictatorial ne viendrait pas de la RD Congo.

    Photo : P.Kagamé & G.W.Bush

    L'administration Bush junior était prête à accepter ce "marché passé" mais refusait d'honorer la promesse de Madeleine Albright de céder les Kivu au Rwanda.  Lors de la visite de  Kagame et de Joseph Kabila à Washington  fin janvier 2001 le nouveau ministre des affaires étrangères américain Colin Powell leur a signifié que les frontières du Congo ne devaient souffrir d’aucune modification. Quand Kagame et Nkunda voulaient mettre en cause cette détermination vers la fin de l'administration Bush, la ministre des Affaire étrangères Condoleezza Rice leur a donné une leçon. En décembre 2008, ils ont dû arrêter l'avancée de leurs soldats juste avant de prendre Goma. Mme Rice a seulement fait savoir  qu'elle avait téléphoné à Kagame!

    Texte tiré de l’hypothèse du Docteur Strizek,sur le choix de Museveni et Kagame par les USA. Résumé de sa conférence tenue à Mönchengladbach (lu et corrigé par lui-même) le 16/01/2010

    2010: Vers un Sommet Museveni Kagame-Kabila-à la Maison Blanche ?

    Photo:Obama,Kabila,Kagamé

    L'ex-haut diplomate Jendayi Fraser, a exhorté le président Obama de tenir un sommet trilatéral avec le Rwanda, l'Ouganda et la RD Congo en 2010.

    Parmi ce que l'ex-secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines propose, elle demande «quatre étapes simples ... pour traduire la rhétorique de l'amour dans les politiques», sur cette région en proie aux conflits et exorte le Président Obama a tenir un sommet à la Maison Blanche avec les dirigeants des trois pays pour mettre fin à la guerre au Congo.

    Les rebelles rwandais des FDLR sont accusés de saccager l'Est de la RDC ainsi que l'Ouganda rebelles de la LRA dans le nord-est. Les deux pays ont été autorisés a rechercher leurs rebelles, mais les opérations se sont terminée avec des résultats mitigés.

    Les relations entre les trois gouvernements demeurent fragiles, malgrès l'amélioration après plus de 10 ans de guerre qui a laissé des millions de réfugiés et de morts. Rwanda et l'Ouganda ont déjà échangé des ambassadeurs avec la RDC, mais les différents restent profonds et l' inflexibilité des uns et des autres laisse à penser que le conflit dans l'Est de la RDC ne va pas se terminer  bientôt.

    "Le président George W. Bush a aidé à mettre fin aux guerres interétatiques entre le Rwanda, le Congo et l'Ouganda en organisant des réunions individuelles et trilatérales avec ces dirigeants. Maintenant, M. Obama a besoin de galvaniser les efforts américains pour mettre fin à la violence des milices rwandaises et des groupes rebelles ougandais opérant encore au Congo ".

    «Le ministère de la Défense en particulier, doit donner une formation réellement disciplinée aux soldats congolais pour être capable de protéger les citoyens congolais et défendre le territoire."

    Jendayi Fraser affirme «qu'Il s'agit de promouvoir les intérêts fondamentaux de l'Amérique: promouvoir la croissance économique et le développement, la lutte contre le terrorisme, et promouvoir le bien-régie pour un monde stable".

    Elle souhaite également que le gouvernement des États-Unis place l'Erythrée sur la liste des Etats soutenant le terrorisme en raison de son soutien présumé au groupe militant somalien Al Shabaab. Elle est également opposé à l'extension des préférences commerciales prévues dans l'African Growth and Opportunity Act (AGOA) à tous les pays en développement. Elle appelle également à une halte au transfert du siège de l'AFRICOM controversée de l'Allemagne vers le Libéria.

    «Ces quatre étapes, plus que toute messages d'amour, serons le signe d'un engagement réel que les intérêts mutuels des Etats-Unis et l'Afrique restent solide sous l'administration Obama, at-elle fait remarquer.

    Source: ARI / RNA

    A suivre...

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    mardi 25 mai 2010

    25 MAI 2010 : JOURNEE MONDIALE DE L'AFRIQUE

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    Vidéo:Land ok Anaka,par Geoffrey Oryema,auteur, compositeur et interprète. Geffrey Oryema vie en France depuis 30 ans, il est le fils d'un ancien chef de la police ougandaise et ministre, assassiné par le dictateur Idi Amin Dada en 1977. La chanson "Land of Anaka "est extraite de l'album « Exile » .Cet album est un magnifique chant de la terre africaine, une ode poétique et inspirée, dédiée aux racines des hommes. Land of Anaka fait référence à Anaka, son village d'origine, dans la pays Acholi (Nord de l'Ouganda).

    La journée mondiale de l'Afrique célèbre l'anniversaire de la signature des accords de l'OUA (Organisation de l'Unité Africaine), le 25 mai 1963. C'est l'occasion pour chaque pays d'organiser des événements dans le but de favoriser le rapprochement entre les peuples africains. Cette journée (déclarée fériée sur l'ensemble des états membres de l'OUA) est aujourd'hui devenue une tradition fortement enracinée dans l'ensemble des pays africains, et elle représente le symbole du combat de tout le continent africain pour la libération, le développement et le progrès économique. Un continent en mutation profonde L'Afrique est considérée à juste titre comme le berceau de l'humanité, à l'origine d'un grand nombre de peuples, de langues, de religions et de traditions.

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    Ce tableau ne peut pas occulter les tristes records battus par le continent Africain : Le PIB par habitant est le plus bas du monde et l'évolution actuelle ne corrige en rien le chiffre malgré les extraordinaires ressources naturelles dont regorge le continent Africain. L'endettement des pays reste très lourd faute d'un développement économique harmonieux. La pénurie d'eau potable demeure un sujet de préoccupation et ses conséquences sur la santé des populations sont importantes. Le SIDA quant à lui fait de réels ravages et le continent africain présente le plus fort taux de séropositivité au monde.

    AFRIQUE/DERNIERS ARTICLES:

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    WORDPRESS:

    AFRIQUE: LE SAHARA OCCIDENTAL par Hervé Cheuzeville & RAPPORT ADHOC 2009

    24 mai 2010 08:45

    Après être longtemps demeuré un pays déshérité et oublié de tous, la Guinée Équatoriale est devenue, ces dernières années, un nouvel eldorado pour les grandes compagnies pétrolières, depuis la découverte d’immenses réserves d’ « excrément du diable », pour reprendre ici l’heureuse expression de Béchir ben Yahmed. Ailleurs en Afrique, l’Espagne s’était contentée d’imposer sa domination sur le nord du Maroc, aux côtés de la France qui contrôlait le reste du pays...

    AFRIQUE/LIBERTES: DEMOBILISATION DE 800 ENFANTS-SOLDATS AU TCHAD

    12 mai 2010 08:45

    ... deux parties. Kadogo: enfants des guerres d’Afrique centrale voir également le site: http://...dont est victime la Corse, comme l'Afrique. PEINTURE: Joëlle Gellert Une artiste engagée......

    AFRIQUE/TCHAD:IL SAUVE DES ENFANTS

    11 mai 2010 15:38

    ... qui se bat avec son équipe contre la malnutrition dans le désert, au Tchad. Témoignage Il sauve des enfants... Publié le vendredi ... sous contrôle dans cette région vulnérable du Tchad. Quelques 2 millions de Tchadiens pâtissent ...

    AFRIQUE/CINQUANTENAIRE DES INDEPENDANCES ET "FIN..?" DE L'ESCLAVAGE en afrique.

    11 mai 2010 15:36

    ... est patent… La surexploitation des richesses de l’Afrique et en générale des ressources de la terre nous concerne tous…...portant son enfant sur son biceps et tenant sa femme par la taille, « une Afrique sortant des entrailles de la terre, quittant l...

    CINQUANTENAIRE DES INDEPENDANCES: BORDEAUX AFRIQUE 2010

    30 avr. 2010 12:50

    .... -   En 2010, la municipalité célébre l’Afrique dans le cadre du cinquantenaire des indépendances africaines. Pour Alain ..., porté par le Centre d’Etudes d’Afrique Noire. Et aussi : - 22 au 27 mars...

    ENVIRONNEMENT:CITES DU 13 AU 25 MARS 2010/DOHA/QATAR

    22 mars 2010 13:35

    ... débat mondial au long cours sur l’éléphant d’Afrique met en balance les avantages que les recettes générées par les ... d’assouplir le contrôle du commerce international des éléphants d’Afrique. Comprendre la CITES Des milliers d’espèces de la...

    LIVRES:

    LIVRE: LE TEMPS DE L'AFRIQUE par Jean Michel Severino & Olivier Ray

    29 avr. 2010 12:30

    ... d’années. Interrogé sur les raisons de son immigration en Afrique du Sud, il nous a raconté son périple. Le départ... de découvrir ce livre, et de rejoindre les discussions sur l’Afrique au XXIème siècle qui accompagneront le cinquantenaire des indépendances...

    AFRIQUE/ROMAN:KATIBA de Jean-Christophe Rufin

    10 mai 2010 09:24

    ... aussi une liste des lieux et des situations qui ont nourri Katiba. Son poste d'ambassadeur au Sénégal et en Gambie lui... interrogatoires musclés, écoutes sauvages, détentions arbitraires… Dans Katiba, une agence fait du renseignement pour le compte de pays ...

    CINEMA:

    AFRIQUE/CINEMA:NOTHING BY THE TRUTH (Une vérité Sud-Africaine)de John Kani

    12 mai 2010 08:28

    ...le poste de bibliothécaire en chef de la prestigieuse bibliothèque nationale d’Afrique du Sud. Il pensait pourtant son temps venu avec l’... de pouvoir ouvrir la première bibliothèque nationale d’Afrique du Sud créée par un noir qu’il dirigera lui-même.

    CANNES 2010: "DES HOMMES ET DES DIEUX" de Xavier Beauvois 

    CANNES 2010:"L'HOMME QUI CRIE" de Mahamat Saleh Haroun

    Geoffrey Oryema, est un musicien, auteur-compositeur et chanteur de rock/world music, né le 16 avril 1953 à Soroti, en Ouganda. Il s'est réfugié en France en 1977 pour fuir la dictature d'Amin Dada après l'accident de son père Ministre, soupçonné de cacher un assassinat par le pouvoir ougandais. Il s'établit à Lillebonne (Seine-Maritime) en 1989, puis se marie à une Française peu après et obtient la nationalité française.

    Il a enregistré son premier album Exile en 1990, produit par Brian Eno, et édité par le label Real World par Peter Gabriel. Il s'accompagne pour créer sa musique de divers instruments typiquement africains, dont la kora, la nang et le lukeme, mais ne dédaigne pas non plus la guitare électrique et les instruments rock. Le guitariste français Jean-Pierre Alarcen l'accompagne longtemps, puis est rejoint par Dominique Gastrein (claviers), Patrick Buchmann (batterie, percussions, chant), Loy Ehrlich (claviers) et Nicolas Fiszman (basse). S'ensuivent de nombreux concerts à travers le monde (USA, Japon, Brésil, Europe) dans le cadre des festivals W.O.M.A.D. avec Peter Gabriel, Midnight Oil Arrested Development. Il se produit notamment à Woodstock 94 qui célébrait les 25 ans du mythique festival. Depuis 2006 il est accompagné sur scène et en studio par son fils Oceng Oryema (batterie, percussions) et par Chaek Sylla (guitares,sampler,chant).

    Il chante en anglais, en acholi, en kiganda et en français. Dès ce premier album, il a rapidement connu un succès international avec Ye Ye Ye (générique de l'émission de France 2, Le Cercle de minuit) ou encore Land of Anaka, co-écrit avec Brian Eno et dont Peter Gabriel assure les chœurs. La presse française et internationale l'a souvent dépeint comme un « Leonard Cohen africain ».

    Il s'affirme de plus en plus comme un artiste africain assumant ses influences rock, créateur et artiste à part entière et très apprécié sur la scène musicale internationale comme Lokua Kanza ou Richard Bona.

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    lundi 24 mai 2010

    AFRIQUE: LE SAHARA OCCIDENTAL par Hervé Cheuzeville & RAPPORT ADHOC 2009

    Vidéo :ONU 2008 & Conseil des Droits de l'Homme 2009/ La question du Sahara Occidental/ Intervention Algérie,Maroc,Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié des Peuples,ISMUN,ONG Fondation France Liberté...

    UN CONFLIT INTERMINABLE ET OUBLIE: LE SAHARA OCCIDENTAL

    par Hervé Cheuzeville:

    L’Espagne n’a jamais été très présente, en Afrique, contrairement à son voisin portugais. En Afrique subsaharienne, sa seule possession était la Guinée Équatoriale, colonie constituée d’une petite île dans le golfe de Guinée et d’un morceau de territoire continental coincé entre le Gabon et le Cameroun.

    Après être longtemps demeuré un pays déshérité et oublié de tous, la Guinée Équatoriale est devenue, ces dernières années, un nouvel eldorado pour les grandes compagnies pétrolières, depuis la découverte d’immenses réserves d’ « excrément du diable », pour reprendre ici l’heureuse expression de Béchir ben Yahmed. Ailleurs en Afrique, l’Espagne s’était contentée d’imposer sa domination sur le nord du Maroc, aux côtés de la France qui contrôlait le reste du pays. Des reliquats de cette présence espagnole sur la rive sud de la Méditerranée  existent encore : les enclaves de Ceuta et de Melilla sont toujours des villes espagnoles, au grand dam du royaume chérifien.  Depuis des siècles, l’Espagne possède également l’archipel des Canaries, province espagnole. 

    Cependant, l’Espagne avait un autre territoire, sur le continent africain : le Rio del Oro, aujourd’hui connu sous le nom de Sahara Occidental. Ce vaste territoire grand comme la moitié de la France (266 000 km2), était passé sous le contrôle de Madrid en 1884. Il constitue depuis 35 années un épineux contentieux international, dans lequel tous les voisins se sont trouvés impliqués. Aujourd’hui encore, il est la principale pomme de discorde entre les deux frères ennemis du Maghreb, le Maroc et l’Algérie, et il demeure le plus ancien conflit d’Afrique. Pour le comprendre, il convient de faire un petit retour en arrière.

    Dans les années 60, époque des « mouvements de libération » en Afrique comme ailleurs, le Front POLISARIO (acronyme espagnol signifiant « Front Pour la Libération de la Saghiat el Hamra et du Rio del Oro »), vit le jour,  créé avec l’appui bienveillant de l’Algérie nouvellement indépendante. Il revendiquait l’indépendance de ce territoire espagnol.

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    Depuis l’indépendance du Maroc en 1956, Rabat l’a toujours revendiqué. Mohamed V, puis son fils et successeur Hassan II, rêvait de reconstituer l’ancien empire marocain précolonial et, à ce titre, contestait l’existence de la Mauritanie, devenue indépendante en 1960. Selon Rabat, ce pays, tout comme le Sahara Occidental, faisait partie du royaume chérifien historique. Quant à l’Espagne, encore sous la dictature franquiste, elle semblait se satisfaire du statut quo, qu’elle aurait souhaité voir se perpétuer. On ne songea pas à demander leur avis aux 70 000 habitants (selon le dernier recensement espagnol) de ce territoire désertique mais riche en phosphates.

    L’année 1975 fut une année tournant. La Cour de Justice Internationale, saisie par Rabat, reconnut les liens historiques entre les populations du Sahara Occidental et du Maroc. C’est la longue agonie du vieux dictateur espagnol, en octobre et novembre 1975, qui fit monter les enchères entre les différents protagonistes. Le 6 novembre, le roi Hassan II, après avoir chauffé à blanc le sentiment national de ses sujets vis-à-vis de l’ « Alsace-Lorraine » marocaine, lança sa « marche verte » vers la frontière du Sahara Occidental. Des dizaines de milliers de Marocains brandissant leur drapeau et le portrait de leur souverain parvinrent à franchir la frontière internationale et à pénétrer dans le territoire.

    Pour calmer le jeu, le gouvernement espagnol proposa l’ouverture de négociations. Le 14 novembre suivant, après la mort de Franco, des accords furent signés à Madrid entre l’Espagne, le Maroc et… la Mauritanie. Ces accords prévoyaient un rapide retrait de l’administration et de l’armée espagnole et un partage du Sahara Occidental entre le Maroc et la Mauritanie : les deux tiers nord deviendraient marocains tandis que la Mauritanie annexerait le tiers sud, qui comprenait le port de Dakhla. Le président mauritanien, Mokhtar Ould Daddah, vit en cet arrangement l’occasion, non seulement d’agrandir son territoire à peu de frais (croyait-il) mais aussi de mettre fin aux revendications marocaines sur son propre pays. Cet accord devait pourtant lui coûter très cher  et il finit par lui faire perdre le pouvoir.

    Le Front Polisario engagea aussitôt la lutte armée contre les nouveaux occupants. Il attendit le retrait du dernier soldat espagnol pour proclamer à Bir Lahlou, le 27 février 1976, la République Arabe Saharaouie Démocratique. Le nouvel État fut reconnu par l’Algérie et par un nombre croissant de pays africains et du camp « socialiste ». L’année 1976 fut marquée par de très violents combats entre l’armée marocaine et le Front Polisario, en particulier lors de la sanglante bataille d’Amgala.

    Pendant ce temps, la tension entre le Maroc et l’Algérie allait croissant, les deux pays massant des troupes des deux côtés de leur frontière commune, qui fut fermée. On était au bord de la guerre. Le Front Polisario décida de concentrer ses attaques contre le maillon faible, c’est-à-dire contre la Mauritanie. Il parvint même à lancer une audacieuse attaque sur Nouakchott, la capitale. Les exportations de phosphate du pays déclinèrent, du fait des attaques répétées contre le chemin de fer qui reliait les mines au port de Nouadhibou. Parallèlement, le pays dut augmenter considérablement le budget de son armée, qui, jusqu’en 1975, était de taille réduite et sous équipée. La Mauritanie, pays fragile, fut rapidement déstabilisée et ruinée économiquement. Les militaires montèrent en puissance et finirent par renverser le président Ould Daddah en 1978.  Ils ne se sont jamais vraiment éloignés du pouvoir depuis lors, malgré plusieurs révolutions de palais. Le nouveau régime décida de renoncer au Sahara Occidental et il s’en retira en 1979, après avoir négocié avec le Front Polisario.

    La nature ayant horreur du vide, le Maroc s’empressa d’envahir l’ancienne zone mauritanienne et la totalité de l’ancienne colonie espagnole devint marocaine. Une guerre faite d’attaques sanglantes contre les positions marocaines continua durant de longues années. Les forces saharaouies  étaient très mobiles et elles avaient pour elles une excellente connaissance du terrain. De plus, lorsqu’elles étaient poursuivies, elles pouvaient facilement se mettre à l’abri en territoire algérien, où elles disposaient de bases arrières. Dans les années 80, le gouvernement marocain se mit à édifier une série de murs défensifs qui lui permirent de garder le contrôle du Sahara « utile », là où se trouvaient les villes et les mines de phosphate. Depuis, le royaume chérifien exerce un contrôle effectif sur environ 80% du territoire, tandis que le Polisario impose son autorité sur les 20% restants ainsi que sur les camps de réfugiés, situés autour de la ville de Tindouf, dans le Sahara algérien.

    En 1985, la majorité des États membres de l’Organisation de l’Unité Africaine décida d’admettre la République Arabe Saharaouie Démocratique en son sein. En réaction, le Maroc claqua la porte de l’organisation continentale, dont il était pourtant l’un des membres fondateurs. Il ne l’a toujours pas réintégrée.

    Depuis 1991, un cessez-le-feu est entré en vigueur. L’ONU a envoyé des casques bleus dans le cadre d’une opération baptisée « MINURSO ». Les différentes médiations effectuées par des envoyés spéciaux du Secrétaire Général des Nations Unies ont toutes échoué, chacun des deux camps restant campé sur ses positions : le Polisario s’en tient à un référendum d’autodétermination et à l’indépendance, tandis que le Maroc se déclare prêt à octroyer à « sa » province saharienne un statut d’autonomie interne.

    Le référendum semble bien difficile à organiser. Qui pourrait y participer ? Les 70 000 habitants recensés par les Espagnols ainsi que leurs descendants ? Le Polisario conteste ce chiffre et exige que tous les réfugiés des camps de la région de Tindouf puissent voter. Mais le Maroc affirme que nombre de ces réfugiés sont en fait des Sahariens originaires de Mauritanie, du Mali ou d’Algérie, et il souhaiterait aussi que les habitants actuels du Sahara Occidental puissent participer à un tel référendum, ce qui inclurait ceux venus du Maroc depuis 1975 ainsi que leurs descendants. Il convient de se souvenir que le territoire disputé est en grande partie désertique et que sa population est essentiellement nomade et qu’elle a toujours fait fi des frontières, qui ne semblent exister que sur les cartes. Dans un tel contexte, déterminer de manière impartiale que tel habitant en est authentiquement originaire et que tel autre est Marocain ou Mauritanien ou Malien ou Algérien semble être un défi quasi insurmontable.

    La position de l’ONU semble avoir quelque peu évolué au fil des ans. Peter van Walsun, l’envoyé spécial du Secrétaire Général a ainsi déclaré qu’un « Sahara Occidental indépendant ne semblait pas être un objectif atteignable ». Cette déclaration a provoqué l’ire du Polisario, qui a accusé les Nations-Unies d’épouser la position marocaine.

    Du côté du mouvement rebelle, cependant, on note une certaine fatigue, depuis quelque temps. Après 35 années de lutte, plusieurs dirigeants historiques du mouvement ont fait défection et ont rejoint le Maroc, où ils ont été bien accueillis par l’actuel souverain, Mohamed VI. Des centaines de Saharaouis ont aussi quitté les camps de Tindouf pour rentrer au pays, en zone contrôlée par le royaume chérifien. Le mouvement indépendantiste a également été l’objet d’attaques quant à son respect des droits de l’Homme. On a cité le cas de prisonniers de guerre marocains, détenus en toute illégalité en territoire algérien depuis plus de trente ans. La répression de toute vue dissidente au sein du Polisario a également été évoquée. Le Front semble ne pas avoir su évoluer avec son temps en demeurant un mouvement monolithique, à l’instar des mouvements de libération d’obédience marxiste léniniste des années 60.

    La fin de la rivalité Est-Ouest aurait dû permettre un règlement rapide de cette question héritée de la guerre froide. L’Algérie indépendante a bénéficié de la part du lion au Sahara. Le pouvoir colonial l’avait en effet avantagé aux dépends de la Tunisie et du Maroc qui n’étaient que des « protectorats ». Le Maroc – et la Tunisie - ont certainement raison d’estimer qu’ils ont été spoliés d’une grande partie de leurs territoires sahariens lors du découpage colonial. Cependant, on ne refait pas l’histoire et, au nom de l’ « intangibilité » des frontières héritées du colonialisme, il conviendrait de trouver un moyen de consulter la population du Sahara Occidental sur son destin et de permettre aux véritables réfugiés Saharaouis de quitter les camps d’Algérie et de rentrer chez eux. Il y a urgence : il semble que « al Qaïda »  soit en train de tirer parti de la confusion régnant dans ces confins désertiques pour s’y installer et tenter de déstabiliser tous les États de la région. 

    Quand on constate la difficulté – et le temps – mis à résoudre une question somme toute relativement simple, comment s'étonner que le conflit israëlo-palestinien soit aussi inextricable? Le Maroc et l’Algérie ne font-ils pas tous deux partie du Maghreb ? Leur peuples et leur dirigeants ne sont-ils pas tous musulmans, tout comme les Saharaouis ? Au Sahara Occidental comme en Israël-Palestine, deux revendications « légitimes » et inconciliables s’affrontent. Dans les deux cas, des populations civiles ont dû abandonner leurs terres ancestrales pour aller s’entasser dans des camps. Malheureusement, le sort des réfugiés saharaouis ne semblent guère attirer l’attention des « bien pensants » de France et d’ailleurs, contrairement à ceux de Palestine.

    © Hervé Cheuzeville (16.05.10)

    Un mot sur l'auteur:

    Hervé Cheuzeville oeuvre dans l’humanitaire depuis plus de trente ans et depuis 1989, vit en Afrique, et plus particulièrement au Soudan, au Malawi, en République Démocratique du Congo et en Ouganda. Durant ces nombreuses missions humanitaires, Hervé Cheuzeville a rédigé des chroniques sur son vécu qui ont fait l’objet d’édition.

    En 2003, son premier livre "KADAGO, enfants des guerres d'Afriques Centrale", publiée aux éditions l'Harmattan, relate son expérience avec les enfants victime de la guerre, tels que les enfants soldats. En 2006, son second livre paru chez Persée Edition, "Chroniques africaines de guerres et d'espérance", est une série de chroniques rédigée sur le terrain entre 2003 et 2006.

    Actuellement, Hervé Cheuzeville prépare son troisième livre, intitulé "Nouvelles chroniques d'un ailleurs pas si lointain", où il sera question, en grande partie, du Malawi, mais également du Prix Nobel de la Paix remis cette année à Barack Obama, ou encore de la désinformation dont est victime la Corse, comme l'Afrique.


    Rapport 2009 des parlementaires européens sur le Sahara occidental

    Vidéo:Le dessous des cartes.

    Rapport sur le Sahara occidental rédigé par Une délégation de parlementaires européens suite à des visites dans la région et rendu public par le journal espagnol EL PAÏS:

    Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental

    Rapport de M. Ioannis Kasoulides, Président de la Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental, co-signé par M. Carlos Iturgaiz, Président de la Délégation pour les Relations avec les Pays du Maghreb, pour la partie concernant la mission conjointe des deux Délégations à Rabat et à Laâyoune

    Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental
    Rapport
    de M. Ioannis Kasoulides, Président de la Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental,
    co-signé par M. Carlos Iturgaiz, Président de la Délégation pour les Relations avec les Pays du Maghreb, pour la partie concernant la mission conjointe des deux Délégations à Rabat et à Laâyoune Maroc

     version modifiée discutée le 17 mars par la délégation PE-Maghreb

    1. Le mandat de la Délégation

    Suite à la répression des manifestations à Laâyoune de mai 2005, la Délégation adhoc pour le Sahara occidental a été mise en place et mandatée par la Conférence des Présidents d'enquêter sur la situation des droits de l'homme dans la région, mandat réitéré par la Conférence des Présidents le 23 octobre 2008.

    La Délégation ad-hoc a effectué un premier voyage à Tindouf du 15 au 18 septembre 2006. Son projet de voyage à Rabat et à Laâyoune, en revanche, s'est réalisé seulement les 26 et 27 janvier 2009. Une visite du Président Pöttering au en mai 2008 a finalement permis de surmonter le différend autour de la composition de la Délégation qui avait bloqué la mission auparavant. Il a ainsi été convenu d'une mission conjointe composée de deux membres de la Délégation ad-hoc pour le Sahara occidental et de trois membres de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb.

    Conformément à son mandat, la Délégation s'abstient de tout jugement concernant la question du statut politique du Sahara occidental. L'objectif de sa mission étant purement humanitaire, elle considère que les droits de l'homme de la population sahraouie méritent un respect sans entraves, et ce indépendamment de la persistance du problème politique. Par le biais d'un dialogue constructif avec les autorités elle entend ainsi aider au mieux la population sahraouie et à améliorer le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la région.

    sahara

    2. Statut du Sahara occidental

    Le Sahara occidental est inscrit depuis 1963 sur la liste onusienne des territoires non autonomes qui restent à décoloniser. Conformément au droit international, le statut de territoire non autonome ne cesse que par l'exercice du droit à l'autodétermination. La situation des droits de l'homme des Sahraouis est intrinsèquement liée à l'impossibilité, jusqu'à ce jour, de résoudre cette question de l'exercice de l'autodétermination du peuple du Sahara occidental.

    Depuis la création de la Délégation ad hoc en 2005, la question du Sahara occidental s'est vu insuffler une certaine dynamique. Le 11 avril 2007, le Maroc a soumis au Conseil de Sécurité des Nations-unies une proposition d'autonomie sous souveraineté marocaine. Le 10 avril 2007, le Front Polisario, avait transmis sa proposition précisant qu'une autonomie ne pourrait être acceptée que par voie référendaire et proposant de négocier des garanties politiques, économiques et sécuritaires pour populations marocaines résidant au Sahara occidental au cas où le référendum d'autodétermination déboucherait sur l'indépendance. Dans sa résolution 1754 du 30 avril 2007, le Conseil de Sécurité prend acte des propositions du Maroc et du Front Polisario qui ont constitué la base de quatre rounds de négociations à Manhasset (USA) sous l’égide de l’ONU et en présence de représentants mauritaniens et algériens. Dans ses résolutions 1783 du 31 octobre 2007 et 1813 du 30 avril 2008, il encourage les parties à poursuivre résolument leurs négociations.

    3. Visite à Tindouf

    Une composante de la délégation ad hoc pour le Sahara occidental s'est rendue à Alger ainsi qu'à Tindouf à la mi-septembre 2006, ce qui lui a permis de visiter, sur le sol Algérien, les camps sous contrôle du Front Polisario, lequel s’est montré d'une extrême disponibilité: des rencontres ont en effet eu lieu avec le Président de la RASD, M. Abdelaziz, M. Abdelkader Taleb Omar, Premier Ministre, M. Salek Baba Hasna, Ministre de la Coopération, le Président du Croissant-Rouge Sahraoui, M. Bulubeini Yahia et les diverses composantes de la vie associative et de la société civile, très présente dans les camps (notamment les associations Equité et Justice ainsi qu' Afapredesa). En revanche, les autorités algériennes n'ont pas donné suite aux demandes de réunions avec la Délégation lors de son séjour à Alger; cette journée a toutefois été mise à profit par l'organisation d'un échange de vues approfondi avec les principaux acteurs de la communauté internationale impliqués d'un point de vue humanitaire dans le conflit sahraoui (Haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations-unies, Programme Alimentaire Mondial et les services opérationnels relevant d'ECHO).

    L'assistance internationale a en effet débuté, envers les quatre camps de Tindouf, en 1976, à l'arrivée des premiers réfugiés. Ce n'est que relativement récemment, depuis 2005, que le HCR a étendu ses activités à la protection des réfugiés et est devenu, graduellement, également impliqué dans le développement de mesures propres à rétablir la confiance entre les parties, telles que préconisées par les Nations-unies.
    C'est ainsi que le HCR se charge de la promotion des contacts entre les familles sahraouies séparées entre les territoires sous administration marocaine et les camps de Tindouf: des lignes téléphoniques directes ont donc été établies, quoique en quantité insuffisante. Les années récentes ont également vu l'organisation de séminaires sur des sujets non controversés (environnement, folklore…).

    Vidéo & Diaporama:Sahara Occidental

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