dimanche 3 juillet 2011
ECHO D'AFRIQUE: UNE OMBRE PLANE SUR LES MONTS NOUBA...

N'oublions pas le peuple Nouba!
Le 9 juillet, le Sud Soudan sera indépendant. Temps de réjouissance pour les Sud-Soudanais, après deux terribles guerres qui durèrent respectivement 16 et 22 années. Cependant, l’indépendance du Sud-Soudan risque d’avoir un effet pervers : celui d’aggraver la situation des minorités ethniques et religieuse dans ce qui restera du Soudan. Avec la sécession du Sud à majorité chrétienne, les non Musulmans du reste du Soudan vont se retrouver encore plus minoritaires, encore plus isolés, face à une dictature militaro-islamiste au pouvoir à Khartoum depuis le 30 juin 1989 (22 ans!)
Je pense en particulier (mais pas seulement) au peuple Nouba. Ce peuple vit dans une zone montagneuse du Sud-Kordofan, une région située au sud de ce qui restera du Soudan après le 9 juillet. Ce peuple a une histoire peu ordinaire : il est constitué des débris de tribus africaines qui, venus de régions différentes d’Afrique, avaient trouvé refuge dans ces montagnes pour échapper aux chasseurs d’esclaves arabes. C’est pourquoi les Noubas parlent une multitude de dialectes d’origines fort différentes. Certains ont gardé leur religion traditionnelle, tandis que d’autres ont adopté (parfois de manière superficielle) le Christianisme ou l’Islam. Ces Monts Noubas sont entourés de populations entièrement arabisées et islamisées. Vivant à l’écart du monde moderne, les Noubas ont acquis une certaine notoriété dans les années 60 grâce aux photos de Leni Riefsenthal, la cinéaste d’Hitler qui passa de l’exaltation cinématographique des athlètes aryens (Les Dieux du Stade, 1936) à celle, photographique cette fois, des athlètes noubas.

Pendant la deuxième guerre du Sud-Soudan (1983-2005), les Noubas se sont majoritairement ralliés à l’Armée de Libération des Peuples du Soudan (SPLA) dans la lutte contre le régime de Khartoum. Ils ont payé très cher ce choix, et ils n’ont malheureusement pas fini de le payer. L’armée du dictateur Omar Hassan al-Béchir les a impitoyablement réprimés, se livrant à un véritable nettoyage ethnique dans les Monts Noubas, loin des caméras des grands médias internationaux. Je devais d’ailleurs décrire ces évènements dans mon premier livre, paru en 2003: « Kadogo, enfants des guerres d’Afrique Centrale » (L’Harmattan). Même les Noubas musulmans ne furent pas épargnés par la soldatesque d’al Béchir, leurs pratiques religieuses n’étant sans doute pas assez orthodoxes aux yeux des islamistes au pouvoir à Khartoum. Nombre de mosquées (et d’églises) furent ainsi brûlées par l’armée du régime, et la population massivement déplacée dans des camps en dehors des Monts Noubas, afin de la garder sous contrôle.
En janvier 2005, la SPLA et le régime d’al Béchir ont signé un accord de paix à Nairobi. Conformément à cet accord, un référendum a été organisé dans la partie sud du Soudan en janvier 2011. Les Noubas n’ont pas pu y participer, puisque les Monts Noubas ne sont pas situés, tant géographiquement qu’administrativement, au Sud. Les Sud-Soudanais ont massivement voté pour l’indépendance, et cette dernière deviendra effective le 9 juillet. Le destin des Noubas semble donc scellé : ils vont rester « Soudanais » et vont continuer à faire face à la politique sectaire et brutale des autorités de Khartoum. Voici le contenu d’une dépêche de l’agence Fides du 16 juin dernier :
Les combats se poursuivent à Kadugli, la capitale du Sud Kordofan, à la frontière entre le nord et le Sud Soudan, entre l’armée du nord et celle du sud. « Sur les Monts Nuba, les écoles sont fermées et les enseignants ont été évacués » déclare à l’Agence Fides Sœur Carmen, une missionnaire combonienne mexicaine qui œuvre dans la zone. Les Monts Nuba font partie du Sud Kordofan. « Les hôpitaux continuent à être opérationnels. Dans l’un d’entre eux, géré par les missionnaires, ont été hospitalisés 85 militaires blessés lors des affrontements à Kadugli. Il faut plus de personnel pour faire face à l’urgence » ajoute la missionnaire.
« De jour, la population fuit sur les hauteurs qui entourent les villages pour revenir dans leurs maisons le soir. De nuit en effet, il n’y a pas de bombardements parce que les avions de Khartoum ne disposent pas de systèmes de visée nocturne » déclare Sœur Carmen, qui a assisté personnellement à un bombardement effectué par les avions de Khartoum. « Voici deux jours, alors que j’accompagnais un certain nombre de personnes dans la zone de Kauda – raconte Sœur Carmen – j’ai assisté personnellement à un bombardement aérien. J’ai vu des avions de combat s’approcher rapidement et, après une rapide reconnaissance, revenir à basse altitude pour lancer les bombes et faire feu avec les armes du bord. Nous nous sommes jetés à terre alors qu’autour de nous les bombes explosaient. Cela a été terrible ».
Une jeune Nouba de Korongo transportant sur sa tête un pot de bière locale. Les scarifications de sa poitrine sont obtenues en incisant la chair et en mêlant à la plaie de la cendre de bois. Soudan, Kordofan, 1949_http://jacqver.pagesperso-orange.fr/texte/noubas/noubas.htm
Sœur Carmen conclut en indiquant la question que lui pose continuellement la population locale : « Mais où est la communauté internationale ? » Selon un communiqué envoyé à Fides par la Caritas internationalis, plus de 60.000 personnes ont été contraintes à fuir les combats au Sud Kordofan alors que la situation humanitaire est grave du fait du manque de nourriture, d’eau et de médicaments. (L.M.) (Agence Fides 16/06/2011)
Il est à craindre que cette guerre secrète – mais néanmoins meurtrière - contre le peuple Nouba se poursuive et s’aggrave après le 9 juillet, à l’abri des regards de la communauté internationale. Il est donc urgent de sensibiliser cette dernière au sort de cette minorité, afin qu’elle puisse être protégée des exactions du régime militaro-islamiste de Khartoum.
Hervé Cheuzeville
(auteur de trois livres: « Kadogo, Enfants des guerres d’Afrique centrale », L’Harmattan, 2003; « Chroniques africaines de guerre et d’espérance », Éditions Persée, 2006; « Chroniques d’un ailleurs pas si lointain – Réflexions d’un humanitaire engagé », Éditions Persée, 2010).
crédit photos: LES NOUBA DE KAU/Edition du Chêne:Cliquez sur le lien ci-dessous
http://www.autourdumonde.biz/soudan/13962-les-nouba-de-kau-9782842770389.html
mardi 10 août 2010
BOTSWANA/COUPE DU MONDE DE L'INDIFFERENCE(2): LA MORT POUR UNE POIGNEE DE DIAMANTS...
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mercredi 21 juillet 2010
FRANCE/STOP A LA BURQA INCONSCIENTE: LA FRANCE DOIT DEFENDRE SON HERITAGE CULTUREL par Elisabeth Badinter.

La liberté guidant le peuple/Delacroix/1830
Préambule:
par Elisabeth Badinter
"Les femmes sont instrumentalisées pour être l’étendard bien visible de l’offensive intégriste(...)"
"Ce que j’en ai dit correspond à ce que j’ai entendu en dire M. Boubakeur et d’autres hautes autorités religieuses musulmanes, à savoir que le port de la burqa n’est pas un commandement religieux mais une tradition et qu’un travail pédagogique s’impose pour le faire savoir.(...)"
"J’ai d’ailleurs fondé un grand espoir sur ces déclarations, considérant que si les autorités religieuses musulmanes les plus qualifiées prenaient les choses en mains, tout allait s’arranger.(...)
"Parce que nous avons été tétanisés à l’idée que nous risquions d’être intolérants, nous avons alors toléré l’intolérable.(...)"
"Le libéralisme compris comme un droit infini à la liberté d’expression, tel qu’il existe en Angleterre ou aux États-Unis, où l’on peut défiler en arborant des insignes nazis, et bien non, ne vaut pas en France même si je suis de celles et de ceux qui n’aiment pas que l’on étouffe la liberté d’expression – ce qui m’a poussée à signer la pétition « Liberté pour l'Histoire », lancée par Pierre Nora – et même si je pense que l’on doit pouvoir dire des choses y compris lorsqu’elles ne sont pas politiquement correctes.(...)
"Le libéralisme compris comme un droit infini à la liberté d’expression, tel qu’il existe en Angleterre ou aux États-Unis, où l’on peut défiler en arborant des insignes nazis, et bien non, ne vaut pas en France même si je suis de celles et de ceux qui n’aiment pas que l’on étouffe la liberté d’expression – ce qui m’a poussée à signer la pétition « Liberté pour l'Histoire », lancée par Pierre Nora – et même si je pense que l’on doit pouvoir dire des choses y compris lorsqu’elles ne sont pas politiquement correctes.(...)" "Si, maintenant, nous acceptons de revenir sur nos principes parce qu’il s’agit d’un vêtement ou parce que l’on feint de croire qu’il s’agit d’une liberté religieuse ou parce que l’on est très relativiste et que l’on considère que toutes les traditions sont respectables, si, donc, nous cédons sur ce point, c’en est fini, car, d’une certaine façon, la liberté d’habillement proclame en creux la liberté des droits(...)
"N’y aurait-il que très peu de femmes contraintes par leurs proches ou par des religieux radicaux qu’il faudrait leur porter secours. C’est à elles qu’il faut penser, et qu’il faut donner les moyens légaux de se libérer.(...)"
"je suis profondément convaincue que nous devons nous plier aux us et coutumes du pays dans lequel nous vivons. On peut certes les faire évoluer, mais cela doit être collectivement et dans le respect du triptyque républicain."
Gerard Rancinan et sa série “Les métamorphoses”, ici inspiré de “La liberté guidant le peuple” de Delacroix.www.rancinan.com
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Assemblée nationale | |
Extrait de la commission à l'Assemblée Nationale pour débattre sur l'opportunité d'établir une loi d'interdiction du port de la burqua en France ./ Contribution d'Elisabeth Badinter/ Décembre 2009
M. le président André Gerin.
Nous avons le plaisir de recevoir Mme Élisabeth Badinter, écrivain et philosophe, que je remercie de sa présence parmi nous. Vous avez, Madame, contribué de manière originale au débat sur la condition des femmes et le féminisme. (…)
Mme Élisabeth Badinter.
Je commencerai par rappeler un souvenir qui nous est sans doute commun : le choc ressenti la première fois que nous avons vu à la télévision, il y a à peine dix ans, les femmes fantômes d’Afghanistan. L’image de ces femmes enfermées dans leur burqa, un mot qui nous était à l’époque inconnu, est à tout jamais liée aux talibans, à la lapidation, à l’interdiction de l’école pour les fillettes, en bref à la pire condition féminine du globe – et, en ce domaine, la concurrence est féroce. Je n’aurais pas été plus choquée si j’avais vu des hommes promener leur femme en laisse.
Qui pouvait penser alors que des femmes oseraient revendiquer de se promener dans cette tenue dans les villes françaises ou que des hommes pourraient contraindre des femmes à la porter ? Franchement, personne. Qui pouvait penser alors que nous serions réunis aujourd’hui en nous demandant : que faire ? Quel que soit le nombre de femmes – 300 ou 3 000 – qui dissimulent leur visage en France , force est de constater qu’il n’y en avait pas une seule il y a quelques années, et le nombre ne fait rien à l’affaire. N’y en aurait-il qu’une qu’il faudrait se poser la question des principes ainsi remis en cause. Or, il s’agit précisément des idéaux du triptyque républicain : le port du voile intégral piétine littéralement les principes de liberté, d’égalité et de fraternité.
Je ne m’appesantirai pas sur le principe bafoué de l’égalité des sexes, évoqué de nombreuses fois en tous lieux. À mes yeux, il n’est pas négociable, mais j’observe qu’il existe de l’égalité des sexes deux appréhensions opposées. L’une, la nôtre, celle des démocraties, est celle que l’on retrouve dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et que l’on peut résumer en quatre mots : mêmes droits, mêmes devoirs. Ici, la notion abstraite d’humanité l’emporte sur les différences biologiques, notamment sur la différence sexuelle. Puis il y a l’autre, celle des obscurantistes, celle aussi dont ont usé certains démocrates sincères, les naturalistes. Pour eux, droits et devoirs diffèrent selon les sexes ; les sexes sont égaux dans leurs différences. C’est le modèle de la complémentarité des sexes, où l’un est ce que l’autre n’est pas. L’idée fédératrice d’une humanité commune, d’une citoyenneté abstraite, n’a plus cours. Nos droits et nos devoirs sont différents, mais ils seraient équivalents. C’est une conception que j’ai toujours combattue, y compris quand c’était à l’avantage des femmes, par exemple lors du débat sur la parité.
S’agissant du principe de liberté auquel font appel certaines femmes qui portent le voile intégral, je souligne qu’à côté des « revendicatrices » qui s’expriment volontiers dans les médias, il y a toutes les autres, les soumises, les bâillonnées, celles que l’on ne pourra jamais entendre et en tout cas jamais entendre se plaindre. Autant dire que, déjà, les dés sont pipés : comme seules les premières s’expriment, on oublie les autres, on fait comme si elles n’existaient pas. J’ai même entendu dire au cours d’un débat que s’il en existe, de ces femmes opprimées, « elles n’ont qu’à s’adresser aux services sociaux ». La belle blague ! Comme si elles pouvaient effectivement aller se plaindre aux services sociaux – qui, d’ailleurs, n’en pourraient mais ! N’y aurait-il que très peu de femmes contraintes par leurs proches ou par des religieux radicaux qu’il faudrait leur porter secours. C’est à elles qu’il faut penser, et qu’il faut donner les moyens légaux de se libérer.
Venons-en aux « revendicatrices », qui en appellent à deux de nos libertés démocratiques : la liberté de se vêtir comme on le souhaite et la liberté de conscience. Personne ne songe à les empêcher de mettre les vêtements qu’elles veulent où elles veulent. Mais le visage n’est pas le corps et il n’y a pas, dans la civilisation occidentale, de vêtement du visage. Par ailleurs, la liberté qu’elles invoquent pour elles est complètement bafouée dans les banlieues pour celles qui sont nos sœurs, nos filles, et qui veulent vivre comme tout le monde. Vous le savez fort bien, de trop nombreuses jeunes filles sont interdites, en France , de robe et de jupe. Que fait-on pour elles ? Que fait-on pour que soit respectée, pour ce qui les concerne, la liberté de se vêtir comme elles l’entendent ? Ces jeunes filles sont déjà soumises à de multiples pressions de la part de leur environnement familial et social visant à ce qu’elles cachent leur corps sous des survêtements informes, sous peine d’être traitées de « putes » et pour éviter des agressions physiques.
Même si, à mes yeux, il y a une différence entre voile, niqab et burqa, comment ne pas comprendre que la multiplication du nombre de jeunes filles qui portent le voile a un impact croissant sur celles qui ne veulent pas le porter, et pour lesquelles le refus devient de plus en plus difficile ? Je me suis trouvée un jour avec Sihem Habchi, que vous venez d’entendre, au collège Françoise-Dolto, à Paris, là où avait été tourné le film Entre les murs, pour y engager un dialogue avec les collégiens, après que le film La journée de la jupe leur eut été projeté. Une poignée seulement des collégiennes présentes portait une jupe. Alors que, me tournant vers l’une des autres, d’origine maghrébine, je lui faisais valoir qu’elle pourrait en faire autant, j’ai entendu une réponse qui m’a épouvantée : « Les Françaises le peuvent, mais pas les Arabes ». Assis à ses côtés, un adolescent âgé sans doute de 14 ans a ajouté : « Chez nous, on met le voile, pas la jupe »…
Si, donc, on laisse le voile intégral se banaliser, il deviendra peu à peu, inévitablement, l’uniforme de la suprême pureté que l’on réclamera des jeunes filles et, à son tour, il gagnera progressivement des adeptes au sein des milieux les plus traditionnels où, évidemment, les jeunes filles ignorent leurs droits. Pour dire les choses brutalement, on prend la voie du : « la burqa, c’est mieux que le voile » – et alors il sera toujours plus difficile aux jeunes filles concernées de dire « non » au voile et de lui préférer la jupe. Or, si nous avons une liberté de se vêtir à défendre, c’est celle-là.
Au passage, à ceux qui disent que c’est à la loi du 15 mars 2004 « encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics » que l’on devrait la démultiplication des femmes voilées dans l’espace public, je leur dis qu’ils se trompent. Dans tous les États d’Europe on observe l’augmentation massive du port du voile alors même que ces pays ignorent la loi de 2004 et, dans les pays du Maghreb, on est frappé de voir chaque année des femmes voilées en nombre toujours plus grand – et de plus en plus rigoureusement voilées.
Les femmes sont instrumentalisées pour être l’étendard bien visible de l’offensive intégriste, des intégristes en tous points hostiles aux principes démocratiques de l’Occident et en particulier à l’égalité des sexes. Face à cela, devons-vous détourner le regard, mettre un mouchoir sur les principes chèrement acquis qui fondent notre « vivre ensemble » ?
Je rappellerai ensuite que, contrairement à ce qui se passe dans les pays anglo-saxons, la liberté de conscience et d’expression n’est pas complète en France . Nous combattons les idéologies destructrices que sont, par exemple, le nazisme, le racisme, l’antisémitisme. Nous combattons toutes les idéologies qui portent atteinte à la dignité humaine. Nous luttons contre les sectes qui, elles aussi, en appellent à la liberté de conscience, car nous considérons précisément qu’elles embrigadent les esprits, lesquels en perdent leur liberté de penser. D’ailleurs, tous ceux qui parviennent à s’arracher aux griffes des sectes reconnaissent ensuite qu’en leur sein ils n’avaient plus de volonté propre.
Or, le port du voile intégral est l’étendard des salafistes, considérés comme une secte offensive par la plupart des musulmans. Pourquoi ferions-nous une exception pour cette secte-là, qui prône une servitude volontaire conduisant à une sorte d’auto-mutilation civile par invisibilité sociale ? On aurait tort de comparer les femmes revêtues du voile intégral aux nonnes cloîtrées d’antan, car si ces religieuses étaient recluses et invisibles aux autres, les femmes dont nous parlons aujourd’hui sont souvent mariées, parfois mères de famille, et elles entendent s’imposer dans l’espace public sans identité, sans corps, sans peau, bref en ayant pris soin d’effacer tous les signes de l’humanité.
Je tiens enfin à souligner combien le port du voile intégral est contraire au principe de fraternité – ce principe fondamental auquel on a si peu souvent l’occasion de se référer – et, au-delà, au principe de civilité, du rapport à l’autre. Porter le voile intégral, c’est refuser absolument d’entrer en contact avec autrui ou, plus exactement, refuser la réciprocité : la femme ainsi vêtue s’arroge le droit de me voir mais me refuse le droit de la voir. Outre la violence symbolique de cette non réciprocité, je ne peux m’empêcher d’y voir l’expression d’une contradiction pathologique : d’une part, on refuse de montrer son visage au prétexte que l’on ne veut pas être l’objet de regards impurs – incidemment, c’est avoir une singulière vision des hommes que de penser que tout homme regardant une femme ne pense qu’à la violer –, d’autre part, on se livre à une véritable exhibition de soi, tout le monde fixant cet objet non identifié. En suscitant ainsi la curiosité, on attire des regards que l’on n’attirait peut-être pas quand on allait à visage dé couvert – bref, on devient un objet de fantasme.
Dans cette possibilité d’être regardée sans être vue et de regarder l’autre sans qu’il puisse vous voir, je perçois la satisfaction d’une triple jouissance perverse : la jouissance de la toute-puissance sur l’autre, la jouissance de l’exhibitionnisme et la jouissance du voyeurisme. Aussi, quand j’entends certaines femmes expliquer qu’ainsi vêtues elles se sentent mieux et qu’elles se sentent protégées – mais de quoi ? –, je veux bien les croire, mais je pense qu’il s’agit de femmes très malades et je ne crois pas que nous ayons à nous déterminer en fonction de leur pathologie.
En conclusion, il nous faut choisir entre deux libertés invoquées : doit-on respecter la liberté de se couvrir le visage en considérant que le voile intégral est un vêtement comme un autre, ou devons-nous au contraire protéger la liberté des plus faibles, celles qui n’ont pas le droit à la parole et qui, de facto, n’ont déjà plus le droit de se vêtir comme elles l’entendent ? Pour ma part, je ne vois pas dans le voile intégral un vêtement comme un autre et je considère que son port marque une rupture du pacte social, un refus d’intégration et un refus du dialogue et de la démocratie.
Enfin, si l’on ne fait rien, on abandonnera à leur sort toutes celles qui ne rêvent que de vivre comme tout le monde mais qui sont de plus en plus pressées de se soumettre au pouvoir religieux ou, pire encore, aux traditions. Nous avons toujours trop attendu pour lutter contre des pratiques traditionnelles insupportables, telles la polygamie ou l’excision. Nous devons rompre avec cette attitude relativiste, paresseuse et bien-pensante selon laquelle toutes les traditions sont respectables, alors qu’elles ne sont pas toutes respectables. Comme Descartes, mon maître, je suis profondément convaincue que nous devons nous plier aux us et coutumes du pays dans lequel nous vivons. On peut certes les faire évoluer, mais cela doit être collectivement et dans le respect du triptyque républicain.
M. le président André Gerin. Je vous remercie, Madame, pour ces propos percutants, par lesquels vous avez mis en lumière un défi de civilisation et d’humanité.
M. Jean Glavany. Je m’associe à ces remerciements. J’ai été particulièrement frappé par la partie de votre exposé traitant du visage, de la visibilité et de la non-réciprocité et je souhaite que notre mission se penche assidûment sur ces questions qui ont, outre leur contenu philosophique, des aspects sociaux et juridiques.
J’ai été tout aussi intéressé par l’insistance avec laquelle vous appelez à combattre ouvertement l’idéologie talibane, comme nous luttons ouvertement contre les autres idéologies qui nient la dignité humaine. À cet égard, il serait particulièrement utile que notre président fasse diffuser aux membres de la mission les documents distribués par les talibans après leur arrivée au pouvoir en Afghanistan, dans lesquels ils indiquaient quels seraient désormais les droits et les devoirs des femmes. La lecture de ces écrits édifiants justifie à elle seule l’obligation de combattre ouvertement cette idéologie, comme vous nous y avez incités.
M. Lionnel Luca. Vous considérez donc, Madame, que le voile intégral n’est pas un vêtement. C’est un point de vue d’un intérêt tout particulier au moment où le commissaire à la diversité et à l'égalité des chances s’autorise à dire que notre mission serait sans utilité et propre à semer la confusion, au motif que chacun a le droit de se vêtir comme il l’entend. J’ai aussi retenu de vos propos l’arrogance profondément inégalitaire qu’il y a à se donner le droit de voir sans être vue.
Ces questions nous ramènent à la première des auditions que nous avons tenues, au cours de laquelle il nous a été dit que le Coran ne prescrit pas le port du voile intégral et qu’il s’agit d’une tradition pachtoune antérieure à l’islam. Quant au niqab, c’est, nous a-t-on expliqué, une invention des salafistes, d’une secte donc, comme vous l’avez justement relevé, qui prétend en revenir aux sources de l’islam, dans une version intégriste. Pourriez-vous préciser ce que vous entendez quand vous dites à ce sujet que le port du voile intégral est « l’étendard des salafistes ? »
M. Jacques Myard. On imagine effectivement mal Jeanne Hachette conduire des guerriers revêtue d’un voile intégral. Le problème est que nous parlons de deux civilisations qui n’ont pas le même rapport au corps. Alors que la statuaire gréco-romaine égrène une série de nus, hommes et femmes, dans l’autre optique on cache le corps, quel qu’il soit. Pourriez-vous nous dire quelles conséquences cela emporte en matière d’égalité des sexes ?
M. Christian Bataille. Je vous remercie, Madame, d’avoir brillamment défini ce qu’est le voile intégral et souligné qu’il ne s’agit pas d’un vêtement comme un autre, contrairement à ce qu’avancent certains en insistant sur le fait qu’après tout chacun est libre de se vêtir comme il l’entend. Vous avez démontré que la burqa porte des valeurs contraires à celles qui fondent notre république, héritière des Lumières. Mais vous n’avez rien dit du « libéralisme civique ». Pourtant, le problème se pose, et Mme Sihem Habchi, que nous avons entendue ce matin, a stigmatisé devant nous le laisser-faire des autorités britanniques qui ont laissé se développer le port du voile intégral. Face à l’agression que les extrémistes salafistes vont faire subir à nos sociétés, cette approche n’est-elle pas dépassée ?
Mme Élisabeth Badinter. N’étant pas une spécialiste de l’islam, je n’ai pas qualité pour traiter rigoureusement de ses rapports avec le salafisme. Ce que j’en ai dit correspond à ce que j’ai entendu en dire M. Boubakeur et d’autres hautes autorités religieuses musulmanes, à savoir que le port de la burqa n’est pas un commandement religieux mais une tradition et qu’un travail pédagogique s’impose pour le faire savoir. J’ai d’ailleurs fondé un grand espoir sur ces déclarations, considérant que si les autorités religieuses musulmanes les plus qualifiées prenaient les choses en mains, tout allait s’arranger. J’ignore où elles en sont exactement, mais j’ai le sentiment que les choses sont difficiles et que, dans le même temps, de nombreux blogs d’ici et d’ailleurs s’attachent à enraciner l’idée que l’on serait en train de stigmatiser la communauté musulmane.
S’agissant du rapport au corps, les conceptions sont en effet différentes mais nous n’avons pas à nous laisser imposer une conception qui n’est pas la nôtre. Or aujourd’hui déjà, en France , des jeunes filles n’ont plus vraiment la liberté de se vêtir comme elles le veulent et, peu à peu, toutes leurs libertés sont grignotées les unes après les autres : elles doivent se cacher pour aller consulter au Planning familial ; prendre la pilule leur est pratiquement impossible sauf à cacher la plaquette dans l’escalier…
Si, maintenant, nous acceptons de revenir sur nos principes parce qu’il s’agit d’un vêtement ou parce que l’on feint de croire qu’il s’agit d’une liberté religieuse ou parce que l’on est très relativiste et que l’on considère que toutes les traditions sont respectables, si, donc, nous cédons sur ce point, c’en est fini, car, d’une certaine façon, la liberté d’habillement proclame en creux la liberté des droits : le droit à une sexualité libre, le droit de ne pas être vierge quand on arrive au mariage et de n’avoir de comptes à rendre à personne… Toute une série de droits est attachée à la liberté du corps, et je ne vois pas au nom de quoi des traditions de l’Est devraient s’imposer à l’Ouest. D’autre part, à supposer que j’aille en Arabie saoudite, je serais obligée de mettre un voile – ce pourquoi je n’irai jamais. Mais si je m’y rendais, je me conformerais naturellement, aux coutumes de l’islam radical des wahhabites – c’est la moindre des politesses.
Le libéralisme compris comme un droit infini à la liberté d’expression, tel qu’il existe en Angleterre ou aux États-Unis, où l’on peut défiler en arborant des insignes nazis, et bien non, ne vaut pas en France même si je suis de celles et de ceux qui n’aiment pas que l’on étouffe la liberté d’expression – ce qui m’a poussée à signer la pétition « Liberté pour l'Histoire », lancée par Pierre Nora – et même si je pense que l’on doit pouvoir dire des choses y compris lorsqu’elles ne sont pas politiquement correctes. Cela étant, contrairement à la France , ni le Royaume-Uni ni les États-Unis n’ont été occupés. Notre histoire est différente et je considère que l’on doit poser des limites – les plus larges possibles – à la liberté d’expression, pour éviter que les esprits les moins critiques ne succombent à des idéologies indignes. Le plus important est de faire ce que nous pouvons pour ne pas laisser se répandre des poisons terribles. Or, il faut être sourd et aveugle pour ne pas se rendre compte qu’une offensive est en cours et que l’on veut voir si nous allons céder.
Au risque de vous fâcher, Monsieur Glavany, car vous étiez aux affaires à l’époque, je rappellerai qu’à l’automne 1989 paraissait le manifeste Profs, ne capitulons pas, un appel cosigné par cinq intellectuels, dont j’étais. Pourquoi ? Parce que M. Lionel Jospin, alors ministre de l’Éducation nationale, avait déclaré que les chefs d’établissement devaient établir un dialogue avec les parents et les jeunes concernés pour les convaincre de renoncer au port de signes religieux ; mais il ajoutait que si ces discussions échouaient, les enfants devaient être accueillis dans les établissements publics. Il y eut – vous vous en souvenez sans doute – un grand débat national à ce sujet.
Vingt ans plus tard, j’ai la faiblesse de croire que, si le phénomène n’est pas exactement le même, nous recommençons la même chose qu’à l’époque et surtout que si nous avions dit alors fermement à trois jeunes filles manipulées par des intégristes « nous n’accepterons jamais ça », tout ce serait arrêté. Je n’aimerais donc pas que les réactions soient les mêmes qu’il y a deux décennies même si elles sont louables car motivées par l’idée de tolérance. Mais, parce que nous avons été tétanisés à l’idée que nous risquions d’être intolérants, nous avons alors toléré l’intolérable.
Si nous avions fait nôtre la conception anglaise, les jeunes filles seraient entrées voilées en masse dans les établissements d’enseignement et il n’y aurait quasiment plus aujourd’hui dans les banlieues que des jeunes filles portant des signes religieux. Cela étant, quinze années se sont écoulées entre 1989 et 2004 ; nous avons attendu trop longtemps pour adopter une loi mettant les choses au clair à ce sujet. Je ne suis ni juriste ni politique, et mon propos n’est pas de faire une analogie avec une loi relative au port de la burqa. Ce qui me tient à cœur, c’est que les plus hautes autorités politiques rappellent à l’ensemble du peuple français que non, nous ne voulons pas de cela.
Mme George Pau-Langevin. L’élévation de vos propos suscite l’admiration. Vous avez souligné à juste titre que l’on ne saurait assimiler cette pathologie ou cette idéologie sectaire à l’islam ; nous en sommes convaincus, et il me paraît que nous devrions axer nos travaux sur la pathologie dans le rapport à autrui que vous avez si bien décrite.
Vous avez évoqué votre visite dans un collège du 20e arrondissement de Paris. À ce sujet, plusieurs questions se posent. Ce qui nous inquiète est de ne pas savoir comment lutter efficacement contre des comportements et une idéologie sectaires qui se répandent parmi des jeunes qui ont grandi en France et qui, comme tels, ont eu accès à l’enseignement des valeurs issues des Lumières. Quand, selon vous, des dysfonctionnements se sont-ils produits dans la transmission des valeurs républicaines ? Comment faire pour rectifier le tir et éviter que des jeunes gens ne soient séduits par une idéologie rétrograde ?
Élue du 20e arrondissement, je ne pense pas que les conceptions des collégiens du collège Françoise-Dolto soient réductibles aux phrases que vous avez citées. Mais ce collège, comme d’autres de l’arrondissement, se sont transformés en établissements d’exclusion. Certaines familles ont décidé de scolariser leurs enfants ailleurs et les collégiens qui demeurent entre eux se sentent relégués. N’y a-t-il pas quelque chose à faire à ce sujet aussi ?
Enfin, quelles sont les différences entre la conception de la pudeur en France au XIXe siècle – époque à laquelle les femmes sortaient très couvert es – et les exigences actuelles de l’islam à ce sujet ?
M. Pierre Cardo. J’ai beaucoup apprécié, Madame Badinter, une bonne partie de vos analyses. Ma conviction est que l’on assiste à un combat contre les valeurs de l’Occident, la méthode choisie à cette fin étant d’utiliser l’islam, en en déformant probablement les principes. Je partage sans réserve l’appréciation que vous portez sur l’inégalité dans le rapport à autrui induite par le port de la burqa et je pense, comme mes collègues, que là devra être notre angle d’approche. Pour autant, cette question ne représente que le sommet de l’iceberg. Après que nous l’aurons réglée, si nous y parvenons, quelles autres lignes de conduite devrons-nous adopter pour venir en aide à toutes ces femmes qui, comme vous l’avez souligné, ne s’expriment pas et qui sont dans l’incapacité complète de s’adresser aux services sociaux ou à la police ? Au-delà du port du voile intégral, quel devrait être, selon vous, le rôle du politique ? Comment s’attaquer au problème de fond ?
Mme Sandrine Mazetier. Après avoir, dans votre remarquable exposé, insisté sur l’irréfragable triptyque républicain, vous avez utilement rappelé, Madame, qu’il existe deux conceptions de l’égalité et que nous ne devons pas transiger. La nôtre, qui institue l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes par indifférence aux sexes, doit être préservée. L’autre, qui sépare hommes et femmes en deux ensembles égaux mais irrémédiablement différents, si elle est récusée, doit l’être en tous temps et en tous lieux.
Vous avez aussi expliqué que la burqa n’a pas de lien particulier avec l’islam. Cela étant, toutes les religions n’ont-elles pas un problème avec le rapport au corps, en ce siècle encore ? Toutes les religions n’oppriment-elles pas les corps, ne les cachent-elles pas ? Que penser, par exemple, de la vague d’incitation à la préservation de la virginité jusqu’au mariage aux États-Unis ? En d’autres termes, le soin mis avec raison à ne pas stigmatiser l’islam n’a-t-il pas pour conséquence une grande bienveillance à l’égard des religions dans leur ensemble, alors que toutes entretiennent de difficiles relations au corps, singulièrement au corps des femmes ?
Enfin, le mouvement de retour à la pudeur, à la décence, n’est-il pas à mettre en relation, en France , avec le rejet contemporain des idées de mai 1968, qui étaient aussi celles de la liberté des corps ?
Mme Arlette Grosskost. Votre exposé, Madame Badinter, était particulièrement intéressant. La République, c’est la pluralité et la fraternité. Mais la République est une et indivisible. Or je crains que la question qui nous occupe ne traduise en réalité le fait qu’une identité musulmane entend s’imposer à l’identité française. Disant cela, je ne stigmatise pas l’islam mais une interprétation très particulière du droit à la différence qui donnerait le droit à la contrainte. Le vrai problème est là. Comment, alors, aller plus loin ? On parle d’enseigner le fait religieux à l’école, ce qui me semble une excellente chose car cela augmentera la tolérance, le respect mutuel et la connaissance d’autrui. Mais ne doit-on pas, parallèlement, inscrire dans les programmes scolaires le rappel des principes républicains et en finir ainsi avec un certain laxisme à cet égard ?
Mme Élisabeth Badinter. La maîtrise de leur corps par les femmes implique aussi la liberté de se vêtir – et de se dévêtir – comme elles l’entendent. C’est en France un acquis récent, qui a conduit à jeter momentanément par-dessus les moulins l’idée de pudeur. Je comprends que cela puisse choquer, mais je pense que l’on est près d’assister à un retour de balancier et à des comportements plus équilibrés. Cela étant, l’argument de la pudeur est incompréhensible pour ce qui concerne le visage, car point n’est besoin d’être vêtue comme une Afghane ou comme une Saoudienne pour avoir une tenue correcte. Aussi, je ne pense pas qu’il soit bon d’invoquer la pudeur pour justifier le recours au voile intégral, car on peut être parfaitement pudique sans aller jusque là.
S’agissant des orientations politiques souhaitables pour ce qui concerne les femmes qui ne peuvent s’exprimer, le travail à faire est considérable car les personnes qui vivent en France ou qui souhaitent s’y installer entendent des autorités deux discours différents. Je vous donnerai un exemple de cette situation. J’ai une profonde admiration pour la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) qui accomplit un travail remarquable, mais j’ai exprimé mon profond désaccord avec l’un de ses avis. Des femmes étaient arrivées en France qui portaient une burqa et qui devaient, pour faciliter leur intégration, suivre des cours de français. Le professeur leur a demandé d’enlever voile et grillage pendant les cours car, pour enseigner une langue, il faut voir les mouvements de la bouche de l’élève.
Elles ont refusé de se dévoiler et ont déposé un recours pour discrimination. Or, si la HALDE a été d’avis qu’il fallait enlever le voile pour apprendre le français, elle n’a nulle part mentionné qu’en France on doit retirer son voile parce que, dans notre pays, l’on montre son visage ! Que des institutions et des associations très respectables tiennent des discours différents complique beaucoup les choses. Peut-être faudrait-il un débat national beaucoup plus large, qui permettrait de définir précisément ce que nous souhaitons. S’il est établi publiquement qu’en France certains principes ne sont pas négociables, cela sera su par tous ceux qui sont en France et par ceux qui veulent s’y installer.
Je me suis entendu dire que refuser aux femmes entièrement voilées le droit de sortir dans l’espace public, c’est les confiner chez elles. Elles seront alors confinées chez elles, et c’est tout ! D’ailleurs, elles seront bien obligées d’en sortir pour aller faire les courses ! Au nom de quoi devrions-nous accepter de piétiner nos principes pour quelques personnes ? Déjà, certaines mairies ont consenti à instaurer des horaires de piscine différents pour les deux sexes, au mépris de la mixité. Quand de tels signaux sont donnés, pourquoi se priverait-on d’essayer de contraindre de nouvelles mairies à accepter ce que d’autres ont déjà accepté ? Et c’est ainsi que, de fil en aiguille…
Nous pâtissons d’une idéologie venue des pays anglo-saxons et qui se voulait à la pointe de la tolérance : le différentialisme, que j’ai toujours combattu, y compris lorsqu’il s’agissait du féminisme. Le reliquat de cette idéologie constitue un obstacle à un discours clair et unifié. Peut-être faut-il parler à ces gens qui ont une autre conception des libertés, très respectable en ce qu’elle traduit un souci de tolérance et non une volonté d’oppression mais qui empêche la définition d’une position commune. Un débat national plus vaste est donc nécessaire entre démocrates pour se mettre d’accord sur le minimum commun que nous entendons faire respecter quoi qu’il arrive.
Oui, les trois religions monothéistes ont toutes été misogynes – ainsi ai-je eu l’occasion de rappeler il y a peu que, dans les années 1950, le Vatican était terriblement hostile à l’accouchement sans douleur. Orthodoxes juifs, intégristes musulmans et intégristes catholiques sont globalement hostiles au corps de la femme, à sa libération, à la maîtrise de leur corps par les femmes. Pour eux, le corps des femmes appartient aux hommes, car c’est par là que sont faits leurs fils… Depuis vingt ans, toutes les religions se durcissent et l’on assiste, pour des raisons identitaires, à un mouvement général vers l’orthodoxie au mieux, l’intégrisme au pire. Or la liberté des femmes passe évidemment d’abord par la maîtrise de leur corps, et les religieux n’aiment pas cela.
Il est tout à fait souhaitable que l’école enseigne nos valeurs. Mais, vous le savez, ce n’est plus possible dans certaines écoles. Dans celles-là mêmes où il est indispensable de transmettre les principes essentiels du vivre ensemble et de la plus grande tolérance réciproque, il est déjà très difficile sinon impossible aux professeurs de se faire entendre quand ils évoquent ces thèmes. Des collègues enseignant dans certaines banlieues m’ont dit qu’ils ne peuvent plus enseigner ce que fut la Shoah car on ne les croit pas ; on prétend devant eux que c’est de la blague !
Je vous parais sans doute un peu découragée, mais cela ne signifie pas qu’il faut baisser les bras, et plus nous serons nombreux mieux ce sera. J’observe d’ailleurs que, depuis que vous avez eu l’idée formidable et saluée par tous de constituer cette mission d’information, les gens réfléchissent à la question, et que les voix qui s’élèvent pour dire « non, on n’est pas d’accord pour cela » ont de l’effet sur des jeunes femmes qui pourraient être tentées par des mouvements radicaux. Cet effet, direz-vous, ne peut être mesuré. C’est vrai, mais le fait qu’à vous tous vous incarniez une représentation de la France est un premier pas, important, sur la voie qui s’impose, celle de la pédagogie.
M. le président André Gerin. Madame, je vous remercie pour ces propos éclairants.
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vendredi 9 juillet 2010
FRANCE/DROITS DE L'HOMME: POLITIQUE DE LA TERRE BRULEE...

VidéoReportage: Conférence de presse conjointe entre Médecins du Monde, le Secours catholique et la Fondation Abbé-Pierre sur la situation d'un camp de Roms sur le quai de Saint-Ouen en fin 2009.
Le show du kärcher à Saint-Denis
08 Juillet 2010 Par Les invités de Mediapart
Edition : Les invités de Mediapart
Sébastien Thiery, docteur en science politique, témoigne de la violence de l'évacuation par la police, mardi 6 juillet à Saint-Denis, du plus ancien campement rom d'Ile-de-France.
La politique barbare en démonstration à Saint-Denis ce mardi 6 juillet.
Avant le 6 juillet...© Julien Beller
Après le 6 juillet...© Julien Beller
Avant le 6 juillet...© Julien Beller
Après le 6 juillet...© Julien Beller
Mardi 6 juillet 2010, 6h du matin, CRS et pelleteuses débarquent sous l'A86, à quelques encablures du Stade de France. Ici est installé le Hanul, campement de Roms vieux de dix ans, le plus ancien d'Ile-de-France. Quelques improbables barricades ne dissuadent guère les machines de faire leur travail. Les habitations sont détruites, et d'innombrables affaires disparaissent dans la fatras. Certains Roms parmi les 200 qui habitaient là contemplent la scène, bras ballants, colère rentrée.
En 2003, la mairie dirigée par Patrick Braouezec signe une convention d'occupation afin que le confort le plus élémentaire puisse s'envisager. Les ordures sont ramassées, des sanitaires chimiques installés. En janvier 2010, des toilettes sèches sont mises en place par les architectes de No Mad's Land avec le concours des associations Naturalo et Parada, et le soutien financier de la Fondation Abbé Pierre. 23 enfants sont scolarisés. La vie continue de s'installer promettant que sur ce terrain vague prenne corps un morceau de ville bientôt ramifié au tissu urbain environnant.
Le terrain n'est pas propriété de la Ville, mais de trois organismes, dont GDF qui porte plainte en février 2010 pour occupation illégale. Une expulsion est alors prononcée, mais jamais notifiée par écrit aux habitants empêchant ceux-ci d'entreprendre quelque recours que ce soit. Les autorités assurent aujourd'hui qu'une expulsion a été prononcée en octobre 2007. La Voix des Rroms et Parada, associations soutenant le campement, n'ont pas connaissance de cette décision. Auprès des médias, la Préfecture justifie néanmoins l'intervention de mardi matin en invoquant ces deux décisions. Le Hanul semblait le campement le plus protégé d'entre tous. Un symbole, celui d'une vie possible en France pour les nombreux enfants qui y sont nés, comme pour leurs parents, d'origine roumaine donc Européens.
Le 19 avril 2010, Christian Lambert est nommé préfet du département de la Seine Saint-Denis. Ancien directeur de cabinet du préfet de police de Paris, il fut directeur du Raid entre 2002 et 2004. Ce «grand flic» est l'artisan de l'arrestation d'Yvan Colona. Sa nouvelle mission, dictée par Nicolas Sarkozy, est claire comme de l'eau de roche: produire aux yeux de l'électorat le spectacle du grand nettoyage. L'échéance de 2012 approche, la majorité n'est pas vaillante, le show du kärcher peut faire son petit effet. Depuis sa nomination, les campements disparaissent du paysage dionysien, ainsi que toute habitation dite «informelle». La destruction du Hanul vaut avertissement pour tous ces corps en trop, excroissances dangereuses en zones dites «sensibles»: aucune chance d'échapper aux opérations en cours. Qu'il s'agisse d'être humains semble accessoire.
Les familles qui vivaient là sont aujourd'hui désarmées. La Mairie demeure aux abonnés absents, malgré un rassemblement mardi matin devant l'Hôtel de Ville. Certains sont réfugiés sous le chapiteau Raj'ganawak qui, à Saint-Denis, accueille depuis 10 ans des évènements culturels. Pour ceux-ci comme pour tous les autres, des solutions pour les nuits à venir doivent être trouvées. Tout redevient impossible, y compris le plus nécessaire: offrir un toit à ses enfants. C'est que l'heure des vacances scolaires a sonné, permettant aux autorités de (laisser) croire que l'intervention de mardi matin n'est pas inhumaine.
Sébastien Thiery, Docteur en science politique
mercredi 9 juin 2010
AFRIQUE DU SUD 2010 : VERS LE CAP DE "GRANDE ESPERANCE..."
Vidéo Reportage:Le Cap de Grande Espérance(Allemagne, 2010, 44mn)Toutes les Vidéos sur le Mondial en cliquant sur ARTE dans l'Ecrans
La fin de l'apartheid n'a pas encore instauré l'égalité des chances....
Préambule:
Si le nouvel État connaît un taux de croissance remarquable, le pouvoir économique reste pour l'essentiel aux mains de la minorité blanche. La moitié de la population vit dans la pauvreté( 34% des Sud Africains vivant avec moins de 2 dollars par jour dont 28.7% dans des bidons villes en zone urbaine) , même si l'arrivée au pouvoir de l'ANC a vu émerger timidement une classe moyenne noire. Le programme du Black Economic Empowerment, censé venir en aide aux plus démunis, n'a pas été à la hauteur de ses promesses, notamment parce qu'il a largement favorisé la corruption, mais il a cependant permis à certains de réussir. Herman et Connie Mashaba ont réussi par exemple dans la production viticole qui est pourtant à 99 % aux mains des Blancs. À l'inverse, des Blancs se trouvent maintenant sur la voie de la paupérisation.Les traumatismes sont un problème de santé publique important en Afrique du Sud. Les déterminants socioéconomiques de la violence, dont un grand nombre sont un héritage des politiques d’apartheid, doivent être pris en compte pour réduire les inégalités au sein de la société et établir une cohésion communautaire. Des interventions multisectorielles pour faire baisser la fréquence des traumatismes dus au trafic routier s’imposent aussi (Les accidents de la route sont particulièrement fréquents en Afrique du Sud, où ils causent en moyenne 16.000 morts par an soit 14 fois plus qu'en France pour 30% de populations en moins et un territoire)
Toutes les informations statistiques sur :http://www.statistiques-mondiales.com/afrique_du_sud.htm
Les hommes pour les droits des femmes
Des initiatives sud-africaines contre la violence sexuelle et les inégalités entre les sexes
Par Stephanie Urdang
Johannesburg
"Les femmes ont peur de nous..." Bafana Khumalo Des groupes de la société civile sud-africaine tentent de modifier les attitudes des hommes à l’égard des femmes, et de les mobiliser dans la lutte contre la violence à leur encontre.
“One Man Can”Les premières initiatives destinées à sensibiliser les hommes ont été menées en coopération avec les organisations féminines. L’Agisanang Domestic Abuse Prevention and Training (ADAPT) a ainsi mis au point un programme de sensibilisation des hommes à la violence domestique. Le programme proposait entre autres des sketches improvisés dans les gargotes des “townships” et des manifestations d’hommes. Le président de l’époque, Nelson Mandela, a assisté à l’un de ces spectacles. Au fil des ans, de plus en plus de groupes d’hommes se sont formés pour étudier spécifiquement les rôles, responsabilités, attitudes et comportements masculins. Cette tendance a entraîné une action plus globale. Des agences gouvernementales ont lancé leurs propres campagnes. Des organisations de la société civile se sont mobilisées, en lançant notamment des programmes comme Fathers Speak Out et en créant le réseau Men as Partners et le Forum des hommes d’Afrique du Sud. Des fédérations de syndicats et des groupes confessionnels ont mis au point des programmes consacrés à l’égalité des sexes et au VIH. Parmi leurs activités figurent la tenue d’ateliers de formation, la mise en scène de spectacles, l’organisation de débats informels dans les tavernes, l’exécution de peintures murales illustrant les différents aspects du programme et le lancement d’initiatives qui mobilisent les membres des communautés. Mais l’ambition de Sonke Gender Justice est de dépasser les ateliers de formation et petites réunions en faveur d’une mobilisation plus large des hommes et des femmes dans le cadre de campagnes d’envergure. L’objectif est de sensibiliser un plus grand nombre d’organisations et de communautés et de mener une action au niveau national. La campagne “One Man Can” (Ce qu’un seul homme peut faire) illustre cette approche globale. Financée par des donateurs comme l’UNICEF, l’Organisation internationale pour les migrations, des fondations privées et des organismes gouvernementaux, cette campagne a été lancée dans les neuf provinces du pays et est progressivement mise en place dans les pays voisins. Elle a pour objectif de faire participer les hommes et les garçons à la lutte contre la violence domestique et sexuelle et d’encourager l’établissement de rapports sains et équitables et de respect mutuel entre les sexes. La mobilisation de la société civile favorise les changements au sein des familles et des communautés et incite les autorités à se montrer plus actives.
Bafana Khumalo Témoignage: Lorsqu’un vieil homme leva la main pour prendre la parole au cours de la troisième journée d’un atelier sur la parité des sexes organisé à Hoedspruit, une communauté rurale du nord de l’Afrique du Sud, Bafana Khumalo sentit le découragement l’envahir. Animateur de cet atelier qui s’adressait surtout aux hommes, il avait déjà abordé les questions de la virilité et du rôle de l’inégalité des sexes dans la montée en flèche des taux de HIV en Afrique du Sud. |
Bafana Khumalo craignait que l’intervenant affirme que l’égalité entre les hommes et les femmes était une notion contraire à la culture africaine et que l’autonomisation des femmes était un facteur de conflits familiaux. Les aînés étant très respectés dans les communautés rurales, il savait que l’intervenant avait les moyens de faire échouer l’atelier.
“A mon retour à la maison hier, j’ai appelé mes fils et ma femme et je leur ai dit ce qu’on faisait dans cet atelier”, a dit le vieil homme. Il a expliqué à ses enfants que les choses devaient changer à la maison, qu’il n’était plus acceptable que leur mère qui rentre fatiguée de sa journée de travail soit obligée de faire la cuisine, le ménage, de laver la vaisselle et tout ranger elle-même. Ce n’était tout simplement pas juste.
Dorénavant, leur a-t-il intimé, ils devront mettre la main à la pâte. “Il vous faudra commencer à ranger les affaires et préparer le dîner de manière qu’à son retour à la maison votre mère puisse constater qu’on l’a tous aidée. Je suis trop vieux pour apprendre à faire la cuisine, mais je suis disposé à faire la vaisselle”, a-t-il ajouté.
L’adhésion de ce participant à l’un des principaux messages de l’atelier, à savoir que l’image de l’homme n’est pas inaltérable, mais façonnée par la société, et donc sujette à changement, a été un moment important pour Bafana Khumalo. Les conventions sociales assimilent la virilité à “la domination et l’agressivité, la conquête sexuelle et l’intrépidité”, souligne-t-il. Les normes sociales définissent par ailleurs les rôles attribués aux hommes et aux femmes. Pour modifier ces relations, il est impératif d’examiner toutes les facettes de l’inégalité entre les sexes.

Une femme sud-africaine dont la fille a été violée et est morte du sida.
“C’est à ce moment-là que j’ai compris qu’on avançait, a-t-il confié à Afrique Renouveau. Cette situation s’est produite dans toutes les régions où nous avons lancé notre programme.”
De tels ateliers contribuent en effet à modifier les attitudes. Des études menées par le réseau Men as Partners (MAP) d’Afrique du Sud indiquent que 71 % des hommes qui y participent estiment que les femmes devraient avoir les mêmes droits que les hommes, contre 25 % seulement pour l’ensemble de la population masculine. Interrogés sur la question de savoir s’il était normal de battre leur femme de temps à autre, 82 % des participants aux ateliers ont répondu par la négative et 38 % de non-participants par la positive.
“Besoin d’être différents”
Bafana Khumalo est le codirecteur de Sonke Gender Justice, une organisation non gouvernementale créée en 2006. Celle-ci s’attaque à deux fléaux majeurs en Afrique du Sud : la violence contre les femmes et les taux très élevés de VIH. M. Khumalo a milité dans la lutte contre l’apartheid et, une fois ce régime renversé, a rempli des fonctions diverses dans l’Eglise luthérienne et a notamment été pasteur. Mais il a réalisé que sa véritable vocation était de mobiliser les hommes pour mettre fin à la violence contre les femmes. Il a organisé des ateliers à cette fin qu’il a souvent animés en compagnie du codirecteur et cofondateur de Sonke, Dean Peacock. Celui-ci était rentré en Afrique du Sud après avoir passé plus d’une dizaine d’années à militer dans les rangs des mouvements pour les hommes aux Etats-Unis.
Sonke Homme Justice: http://www.genderjustice.org.za/.
M. Khumalo se dit frappé par l’empresse-ment avec lequel les hommes de ses ateliers abordent les questions liées à la violence contre les femmes et leur rôle dans cette violence. “Ils ont exprimé le désir sincère d’être des hommes et des pères différents de ceux de la génération précédente.”
Des hommes protestent contre la violence à l’égard des femmes à Johannesburg (Afrique du Sud). Sur la banderole est écrit : “Protégez nos femmes et nos enfants.” |
Bafana Khumalo et Dean Peacock sont persuadés que l’autonomisation des femmes ne suffit pas à obtenir l’égalité entre les sexes, et affirment que le comportement et les attitudes des hommes sont les principaux facteurs à l’origine de la propagation du VIH et de la violence contre les femmes.
“Cette violence n’est pas simplement l’expression de sautes d’humeur ou de manque de sang-froid de la part des hommes, déclare Dean Peacock à Afrique Renouveau. De par leur éducation, les hommes ont intériorisé l’idée que virilité implique agressivité, domination sur les femmes et conquête sexuelle. Les hommes craignent souvent d’être rejetés par leurs amis et communautés s’ils ne sont pas de ‘vrais’ hommes, d’être jugés comme ‘faibles’ s’ils s’excusent, transigent ou partagent l’autorité. Plutôt que de chercher à régler les conflits, ils ont recours à la violence, pas seulement contre les femmes, mais aussi entre eux.”
Au-delà de l’autonomisation de la femme
Après la fin de l’apartheid en 1994, le nouveau gouvernement a fait de l’égalité entre les sexes un objectif prioritaire. La constitution de 1996 a été parmi les premières dans le monde à accorder une attention particulière à la protection et la promotion des droits de la femme et à l’égalité entre les sexes. Tout en affirmant l’égalité de tous les citoyens devant la loi et leur droit de bénéficier de la même protection et des mêmes avantages juridiques, la constitution a établi une commission sur l’égalité des sexes chargée de faire progresser la démocratie et les droits de l’homme pour tous les citoyens.
Six ans plus tard, l’une des membres de la commission, Sheila Meintjes, a fait remarquer que “sans la mobilisation des hommes comme partenaires, nos efforts risquent d’être voués à l’échec”. Cette affirmation inspire encore les militants dans ce domaine.
Bafana Khumalo et ses collègues de Sonke estiment que les progrès actuellement réalisés en faveur de l’égalité entre les sexes n’aboutiront pas si les hommes ne changent pas. “Les attitudes des hommes et la notion de virilité sont liées à notre héritage patriarcal”, explique-t-il. “Nous comprenons aujourd’hui que nos efforts visant à transformer les relations entre les sexes, entrepris au lendemain de l’avènement de notre démocratie il y a 13 ans, ont eu tendance à privilégier l’autonomisation de la femme.” La priorité accordée à la lutte contre l’oppression des femmes a donné à certains hommes l’impression d’être exclus.
Tout en réaffirmant l’importance de l’autonomisation des femmes, Bafana Khumalo ne manque pas de souligner un phénomène négatif : “Faire prendre conscience de ses droits à une femme qui vit dans une relation de maltraitance n’est pas toujours la chose à faire, explique-t-il. En effet, celle-ci rentrera chez elle plus lucide, prête à revendiquer ses droits. Son partenaire se sentira menacé et, par peur de l’inconnu, réagira de manière plus violente encore.”
Les violences sexuelles touchent tous les pays...
Viols, violence et VIH
De nombreuses études indiquent que l’Afrique du Sud est le pays qui compte le plus grand nombre de cas de viols signalés dans le monde. D’après une enquête menée par le Medical Research Council (MRC) d’Afrique du Sud auprès de 1 370 volontaires de sexe masculin vivant dans 70 villages, près d’un homme sur quatre s’était déjà livré à des violences sexuelles : 16, 3 % avaient violé une personne autre que leur partenaire ou participé à un viol collectif, alors que 8,4 % avaient fait subir des sévices sexuels à une partenaire intime.
D’autres études indiquent que la première expérience sexuelle de nombreuses adolescentes ou jeunes femmes a été non-consensuelle. C’est, d’après les recherches effectuées en 2004 par l’Université de Witwatersrand, le cas de près d’un tiers des femmes ayant eu des relations sexuelles. La même année, le MCR a rapporté qu’en Afrique du Sud une femme était tuée toutes les six heures par un partenaire intime - soit le taux officiel le plus élevé du monde.
Les chercheurs sud-africains ont également révélé en 2004 dans la prestigieuse revue médicale Lancet que les femmes qui avaient des partenaires masculins violents ou autoritaires risquaient davantage d’être séropositives, probablement car les hommes violents avaient plus souvent tendance à être porteurs du VIH et à imposer des pratiques sexuelles à risque à leurs partenaires.
La violence contre les femmes n’est certes pas l’apanage de l’Afrique du Sud, une femme sur trois étant victime de violences conjugales dans le monde.
Risque de violence pour les hommes
Il est donc impératif à son avis de prouver aux hommes qu’exercer sur les femmes moins de pouvoir présente également des avantages pour eux. “Nous aurons alors moins tendance à nous en servir de manière négative”, dit-il.
Mais les femmes ne sont pas les seules à souffrir de la violence, les hommes en subissent également les conséquences. Le National Injury Mortality Surveillance System de l’Afrique du Sud a ainsi rapporté qu’en 2003 il y avait eu dans le pays environ six fois plus d’hommes que de femmes victimes d’homicides (7 359 contre 1 197).
Rapport 2007: http://www.who.int/bulletin/volumes/85/9/06-037184-ab/fr/
Pour sa part, Dean Peacock estime qu’il s’agit aussi d’une forme de violence fondée sur le sexe. “Il n’est pas seulement question de la violence d’un homme contre une femme, dit-il. Il existe aussi une violence d’homme à homme, un autre moyen de réaffirmer la domination masculine. Si les hommes comprenaient qu’ils payent eux-mêmes un lourd tribut à cette violence, ils essaieraient de trouver d’autres moyens plus pacifiques pour exprimer leur virilité.”
L’idée que se font les hommes de leur virilité a d’autres incidences néfastes. Mike Matyeni, organisateur à Sonke Gender Justice qui ne cache pas sa séropositivité et a participé activement aux campagnes Treatment Action et Men as Partners, souligne les liens sous-jacents qui existent entre les attitudes culturelles et la transmission du VIH. La conception de la virilité de nombreux hommes les pousse à refuser d’utiliser un préservatif, dit-il à Afrique Renouveau. Ils estiment en effet que ce moyen contraceptif compromet leur sexualité et leur sentiment d’être un “homme”.
D’autres affirment que puisqu’ils ont versé une dot à la famille de la mariée, leur épouse n’a pas son mot à dire. Certains hommes refusent de se soumettre à un test de dépistage ou de se soigner, de peur de passer pour des “mauviettes” et d’être nargués par leurs amis. Bon nombre d’entre eux font appel aux guérisseurs traditionnels. D’autres estiment qu’il est gênant ou humiliant d’être soigné par les nombreuses femmes qui travaillent dans les centres de santé du pays. Ils ne se font donc pas soigner même lorsqu’il y a de fortes chances qu’ils soient séropositifs ou malades.
Prendre position
“Nous encourageons les hommes à s’exprimer sur ces questions, à prendre position, plutôt que de se contenter d’observer sans rien faire”, poursuit Bafana Khumalo. Lorsqu’un homme voit une femme battue par son fiancé ou son mari ou entend des cris derrière une porte fermée, il doit assumer ses responsabilités. “Les femmes ont peur de nous, elles ont peur d’entendre des pas qui les suivent dans la nuit. Il faut leur prouver que nous sommes attentifs à leurs préoccupations et que nous ne tolérons plus les comportements inacceptables des hommes à leur égard”, dit-il.
La campagne entend également faire comprendre que les hommes sont capables d’aimer passionnément, mais avec respect et sensibilité. La complexité et la diversité des messages de la campagne dépassent les déclarations d’intention, offrant des conseils sur la manière d’instaurer la confiance entre partenaires et avec les femmes en général. Les messages expliquent que la violence empêche les femmes de vivre pleinement et de se sentir en sécurité et que le respect mutuel repose sur le dialogue entre hommes et femmes, quelle que soit la nature de leurs rapports. Ce n’est qu’à cette condition que les hommes comprendront que “non, c’est non”, que l’utilisation du préservatif est importante, que la justice et le respect des droits sont essentiels sur le plan personnel et collectif, et que les autorités doivent s’acquitter davantage des obligations prévues dans la constitution.
En encourageant les hommes à s’impliquer directement dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes, la campagne les incite aussi à défendre leurs principes et à ne pas céder aux pressions exercées par leurs amis pour maltraiter les femmes ou les humilier. Il incombe aux hommes de briser le cycle de la violence.
Documentaire:Campagne de sensibilisation en Afrique du Sud
Sensibiliser amis et femmes
Les hommes qui ont modifié leurs attitudes et se sont impliqués dans la campagne rappellent souvent les limites de leur éducation. Zithulele Dlakavu, organisateur de “One Man Can” et acteur, écrivain et metteur en scène de spectacles éducatifs, se souvient de l’hostilité affichée par son meilleur ami vis-à-vis de son engagement. Très proche depuis l’adolescence, son ami n’arrivait pas à comprendre pourquoi Zithulele avait changé à ce point. “Tu n’est pas un homme”, lui a-t-il lancé.
Mais ce qui dérangeait Zithulele est que son ami battait sa fiancée. Il lui en a parlé et a réussi à le convaincre de ne plus le faire.
Mais ce ne sont pas seulement les hommes qui doivent changer. Les épouses ou fiancées se moquent souvent des hommes qui leur proposent de partager les tâches ménagères ou de prendre des décisions communes. Lors d’un débat qui s’est déroulé il y a trois ans à Soweto, un faubourg de Johannesburg, un groupe d’organisateurs évoquait les réactions des femmes à leur nouveau comportement. L’un d’eux, de retour d’un atelier, avait fait le ménage et préparé le dîner. Sa fiancée a cru que c’était une façon indirecte de lui faire savoir qu’il n’était pas content de la manière dont elle s’occupait de lui ou du foyer. Un autre a été vertement tancé par sa femme lorsqu’il lui a demandé de prendre une certaine décision. “Tu n’es plus capable de prendre des décisions, comme un vrai homme ?”, lui a-t-elle répliqué.
Un autre encore a entendu dans un minibus une jeune femme confier à son amie : “Je fais des bêtises, c’est normal qu’il me frappe. Comment saurais-je autrement qu’il m’aime ?” Lorsque le militant a tenté de lui expliquer que personne n’avait le droit de la battre, les deux femmes et d’autres hommes présents ont poussé de hauts cris.
Si Bafana Khumalo, comme d’autres militants, s’investit autant dans son travail, c’est parce qu’il espère voir un jour une société plus sûre, pas seulement pour sa femme et ses sœurs, mais pour sa fille aussi. “Je veux apporter ma pierre à l’établissement d’une société où je ne devrai plus me soucier d’avoir à protéger ma femme, où ma fille pourra marcher sans peur de se faire maltraiter, où elle pourra grandir en étant elle-même et vivre sa vie en conséquence. Je veux une société dans laquelle ma femme et ma fille pourront vivre sans de telles craintes.”

Article depuis: www.un.org
:Tout les reportages vidéos en direct sur http://videos.arte.tv/fr
jeudi 3 juin 2010
BOTSWANA/AFRIQUE DU SUD: LA COUPE DU MONDE DE L'INDIFFERENCE ET DU SUPERFLUE...
| Vidéo: The Things They Said by survivalinternational.org |

Les chasseurs bushmen victimes d’une politique arbitraire du gouvernement botswanais et des multinationales:
Préambule:
"Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, mais pas assez pour assouvir son avidité..." Gandhi
Les Bushmen représentent une population d’environ 100 000 personnes dispersées dans plusieurs Etats africains : le Botswana, la Namibie, l’Afrique du Sud et l’Angola où ils vivent depuis des dizaines de milliers d’années.

Les Bushmen de la réserve du Kalahari central, au Botswana, ont été contraints de quitter leur terre ancestrale au cours de plusieurs vagues d’expulsion forcée planifiées par le gouvernement botswanais.En 2006, ils gagnèrent un procès historique dans lequel la Haute Cour du Botswana jugea leur expulsion “illégale et anticonstitutionnelle”.
Leur expulsion de la Réserve du Kalahari, selon de nombreux observateurs, a été perpétrée pour laisser le champ libre aux futures exploitations minières de De Beers.
Les Bushmen, qui vivent dans l’une des régions les plus arides du monde sont contraints de parcourir une distance de 480 km aller-retour pour s’approvisionner en eau à l’extérieur de la réserve. Depuis le démantèlement du puits, un Bushman est déjà mort de soif.
1997-2010:Chronique d'une descente aux enfers sur fond de spéculation économique
Vidéo Reportage ARTE 1/4
"Nous voulons vivre sur notre terre et choisir notre propre mode de vie." "Maintenant il nous faut abandonner nos cimetières et nous en aller. Le gouvernement ne se pose aucune question en nous prenant nos terres ancestrales et en nous déportant ailleurs. Notre culture et notre vie sociale sont détruites, on ne leur témoigne aucun respect, il n'y a pas de démocratie pour nous.Une nation se doit d'etre dans une esprit dynamique pour tous personne ne doit abandonner ses racines mais les mettre en avant mais le gouvernement nous ordonnes d'abandonner notre culture ".Roy Sesana, Botswana.avril 2002.

© Pablo Blazquez
Le gisement de diamants situé dans la communauté bushman de Gope, au cœur de la réserve du Kalahari central, était dans un premier temps détenu par De Beers. Peu après la découverte de ce gisement, les autorités botswanaises avaient expulsé les Bushmen de leurs terres.
Les Bushmen, Survival et plusieurs autres ONG ont toujours été convaincus que l’expulsion des Bushmen était liée à la présence de diamants dans la réserve.
De Beers et le gouvernement botswanais ont constamment nié vouloir mener des activités d’exploitation minière dans la réserve. Ainsi, Akolang Tombale, secrétaire permanent du ministère des Mines, avait déclaré en 2002 qu’aucun gisement minier exploitable n’avait été découvert". La même année, Fleur de Villiers, porte-parole de De Beers avait pourtant qualifié le gisement de Gope de "sous-économique" et en 2005, Andrew Bone, le directeur des affaires publiques de la compagnie, l’avait estimé "non rentable".*
Remarque*: Après le rachat de De Beers en 2000, Clifford Elphick a siégé au comité exécutif de De Beers puis il a formé Gem Diamonds en Juillet 2005.
Peu après la victoire judiciaire historique des Bushmen en 2006, où la Haute Cour du Botswana avait confirmé qu’ils avaient été déplacés contre leur volonté, De Beers avait cédé le gisement de Gope à Gem Diamonds.
(voir le site:http://www.gemdiamonds.com/).
En 2007, ce dernier évaluait ce gisement à 2,4 milliards de dollars et annonçait son intention d’ouvrir la mine dans les plus brefs délais.
En 2009, le projet de l'exploitation de cette mine de diamants qui avait fait l’objet d’une vive polémique internationale parce qu’il avait provoqué le déplacement forcé d'une première vague des Bushmen du Kalahari avait finalement été abandonné en raison de la récession globale. Avec la crise Mondiale, la demande de diamants s’était effondrée et les mines botswanaises avaient cessé toute activité en février pour une durée de deux mois.
A titre indicatif,la Société Gem Diamonds fondée par Clifford Elphick en Juillet 2005 et cotée à la Bourse de Londres, a réalisé un bénéfice net de £25,4 millions en 2009.La Société possède en plus de sa mine de Gope au Botswana des mines en Angola, en République Démocratique du Congo, en République Centre Africaine au Lesotho et en Indonésie, 6 pays parmis les plus bas au classement mondial du sous développement et des Droits de l'Homme...

Moderator Chaim Evan-Zohar (left) with the DTC’s Varda Shine and Gem Diamond’s Clifford Elphick.
En 2010, avec le retour des investissements sans compter le faible niveau des ressources en diamants sur les sites internationaux, la relance de l'exploitation de la mine de Gope repose pour la seconde fois le "problème"de la présence des Bushmen sur leur territoire et la politique "expéditive" des autorités Botswanaises...

27 MAI 2010: L’armée et la police botswanaises envahissent la réserve des Bushmen.
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| L'armée et la police botswanaises ont envahi la réserve des Bushmen. © Stephen Corry/Survival |
Des camions transportant des soldats et des policiers ont pénétré dans la Réserve du Kalahari central le 27 Mai 2010. Survival estime qu’il s’agit d’une manœuvre d’intimidation visant à expulser les Bushmen, pour deux raisons :
1) Gem Diamonds veut ouvrir une mine de diamants sur leur terre;
2) La Haute Cour du Botswana doit juger un procès intenté par les Bushmen qui revendiquent la réinstallation de leur puits
Le procès doit avoir lieu à la Haute Cour du Botswana à Lobatse le 9 juin.
Lorsque le gouvernement avait expulsé les Bushmen de la Réserve du Kalahari central (CKGR) en 2002, il avait démantelé le puits, l’unique source d’eau des communautés bushmen de la Réserve.
En 2006, la haute Cour botswanaise jugeait que le gouvernement avait agit inconstitutionnellement en expulsant les Bushmen qui avaient donc le droit de retourner dans la réserve. Des centaines de Bushmen réintégrèrent leurs communautés après ce verdict.
Depuis lors, le gouvernement a arrêté plus de 50 Bushmen parce qu’ils chassaient pour nourrir leurs familles et a condamné leur puits, les privant ainsi de leur unique source d’eau.Dans l’impossibilité de retourner chez eux, des centaines de Bushmen sont toujours parqués dans de sinistres camps de relocalisation.
En dépit des nombreuses tentatives de négociation des Bushmen avec le gouvernement, ce dernier leur refuse toujours l’accès à leur puits.

En désespoir de cause, les Bushmen ont décidé de faire appel à la justice pour faire valoir leur droit fondamental à l’eau.
Vidéo Reportage ARTE 2/4
Dans le désert du Kalahari. C’est là que pousse le hoodia, une succulente (plante grasse) dont on extrait une substance qui coupe l’appétit, ce que les San savent depuis des siècles ; en raison de son effet, cette substance est désormais commercialisée dans les pays industrialisés comme produit amincissant.Pour le peuple indigène des Khomani San, lutter pour ses droits s’avère très difficile. On ne lui a pas demandé leur accord. De surcroît, c’est un institut de recherche sud-africain semi-étatique qui a fait breveter la substance coupe-faim du hoodia et a entrepris de la commercialiser. Seule la pression de la société civile internationale a permis finalement aux San de recevoir une part des recettes issues des licences. Mais ils n’ont pas – aujourd’hui pas plus qu’hier – de moyen légal de faire valoir leurs droits

James Anaya, rapporteur spécial des Nations-Unies sur les peuples indigènes, a également condamné le gouvernement pour son attitude envers les Bushmen, arguant qu’il ne respectait pas les ‘normes fondamentales des droits de l’homme’. Indiquant que les Bushmen de la réserve ‘sont confrontés à des conditions de vie déplorables et dangereuses en raison de leur manque d’accès à l’eau’, il a appelé le gouvernement à réinstaller les puits ‘de manière urgente et prioritaire’.

Jumanda Gakelebone, un porte-parole bushman de la réserve du Kalahari, a déclaré aujourd’hui : ‘La Haute Cour a confirmé que nous avions le droit de vivre sur la terre de nos ancêtres. Cela implique nécessairement de pouvoir boire notre eau. De nombreux Bushmen, en particulier les aînés et les enfants, souffrent du manque d’eau. Nous sommes révoltés de constater que les animaux et les touristes puissent boire notre eau à satiété alors que nous mourrons de soif. Nous prions pour que la Cour nous rende l’accès à notre eau’.
Lire un résumé des faits concernant le procès
Les Bushmen: Société solidaire en voie d'extinction...

La Réserve naturelle de gibier du Kalahari central est située au cœur du Botswana; elle avait été créée pour protéger le territoire ancestral des 5 000 Bushmen gana, gwi et tsila et de leurs voisins, les Bakgalagadi, ainsi que les animaux sauvages dont ils dépendent.
Vidéo Reportage ARTE 3/4
Au début des années 1980, on découvrit d’importants gisements de diamants dans la réserve. Peu de temps après, des représentants du gouvernement se rendirent dans la réserve et annoncèrent aux Bushmen qu’ils devaient partir en raison de la présence de ces gisements sur leur territoire.
Trois vagues d’expulsion eurent lieu en 1997, en 2002 et en 2005 au cours desquelles la plupart des Bushmen furent chassés de la réserve. Leurs huttes furent démantelées, leur école et leur poste de santé furent fermés, leurs sources d’eau détruites.
Vidéo Reportage ARTE 4/4
Ils vivent actuellement dans des camps de relocalisation situés en dehors de la réserve. Rarement autorisés à chasser, ils sont arrêtés et battus lorsqu’ils sont pris sur le fait et sont devenus dépendants des rations alimentaires distribuées par le gouvernement. Beaucoup d’entre eux sont confrontés à l’alcoolisme, l’ennui, la dépression et à des maladies telles que la tuberculose ou le SIDA.
S’ils ne retournent pas sur leurs terres ancestrales, leur culture et leur mode de vie uniques seront détruits et ils disparaîtront.

Ne faisant aucun cas du verdict de la Haute Cour rendu en 2006 qui leur permettait de retourner dans la réserve, le gouvernement s’efforce par tous les moyens de rendre leur retour difficile. Il a ainsi :
condamné leur unique source d’eau ;
refusé de leur délivrer des permis de chasse (malgré le verdict de la Haute Cour du Botswana qui avait jugé ce refus illégal) ;
arrêté plus de 50 Bushmen pour avoir chassé afin de nourrir leurs familles,
interdit aux Bushmen de rapatrier leurs troupeaux de chèvres dans la réserve.
Cette politique vise à intimider et terroriser les Bushmen afin qu’ils ne quittent pas les camps de relocalisation et à rendre la vie impossible à ceux qui ont choisi de retourner sur leur territoire ancestral.
Vidéo Reportage: Grand Ecran sur la vie des Bushmen.
Agissez maintenant pour aider les Bushmen
Écrivez une lettre brève et courtoise en vous inspirant du modèle sur le site de Survival ou écrivez librement.

lundi 3 mai 2010
LE CARNET DES DROITS DE L'HOMME par Thomas Hammarberg

Tous les jours, des enfants migrants arrivent en Europe, certains seuls, sans parent ni famille. Ces mineurs sont souvent traumatisés et extrêmement vulnérables. Il faut les traiter avec ménagement et respecter leurs droits.

Thomas Hammarberg,Commissaire aux Droits de l'Homme
Le Commissaire Hammarberg évoque la crise économique et l’extrémisme dans un discours à l’Assemblée
Dans une intervention devant l’Assemblée parlementaire, le 28 avril, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, a évoqué le spectre de la crise économique et la montée consécutive de l’extrémisme, des questions traitées dans son rapport annuel. Commentant ses conclusions publiées en 2009, il a déclaré : ''Bien entendu, certaines prêtent à controverse et peuvent parfois irriter certains lecteurs – et c’est très bien ainsi. Dans le domaine des droits de l’homme, on ne travaille pas honnêtement si l’on ne dit pas la vérité''. Le Commissaire a également évoqué l’incapacité de l’Union européenne à coordonner ses politiques en matière de migration et de droit d’asile, ainsi que la protection des enfants dans les communautés minoritaires. ''Quand j’ai plaidé pour que les pays européens riches ne renvoient pas les migrants roms au Kosovo, je pensais tout particulièrement aux enfants'', a-t-il souligné.
Ne renvoyons pas automatiquement les enfants migrant seuls !
La question est la suivante : quelles mesures concrètes les pouvoirs publics peuvent-ils prendre pour protéger le mieux possible ces enfants ?
Plusieurs gouvernements européens examinent actuellement une solution simple qui consiste à les renvoyer rapidement dans des centres d’accueil – sorte d’orphelinats – créés à cet effet dans leur pays d’origine.
Au Danemark, en Espagne, en Norvège, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Suède, les autorités étudieraient la possibilité de renvoyer des enfants dans des établissements de ce type en Afghanistan, en Irak et dans certains pays d’Afrique.
Avant d’adopter de telles mesures, il est indispensable de se demander qui sont les enfants qui migrent.
Ce sont en général des enfants qui ont une histoire particulièrement malheureuse. Certains fuient les persécutions ou la guerre. Beaucoup quittent leur pays pour ne pas être enrôlés de force dans des milices ou des groupes armés. D’autres fuient la pauvreté et la misère. Certains sont victimes de la traite, de l’exploitation et d’abus. Naturellement, ceux qui sont séparés de leur famille sont d’autant plus vulnérables.
Tous les Etats européens ont ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant, qui les oblige à accorder une protection et une aide spéciales à tout enfant privé de son milieu familial et à faire primer l’intérêt supérieur de l’enfant dans toute décision le concernant. Autrement dit, le contrôle de l’immigration ne devrait jamais l’emporter sur l’intérêt supérieur de l’enfant.
Des centres d’accueil dans des pays dévastés par la guerre
Les mineurs migrants sont avant tout des enfants qui ont les mêmes droits que les autres enfants. Pour des raisons évidentes, il est important que les Etats s’attachent à prendre des mesures durables pour ceux qui sont non accompagnés ou séparés de leur famille.
Plusieurs options devraient être examinées, y compris l’intégration dans le pays d’accueil, l’installation dans un pays tiers ou le retour et la réintégration dans le pays d’origine. Aucune décision ne devrait être prise sans une évaluation scrupuleuse de l’intérêt supérieur de l’enfant, notamment sous l’angle de sa sécurité et de sa protection.
Il existe certainement des cas où la meilleure solution pour l’enfant est le retour dans son environnement d’origine, surtout s’il peut être pris en charge dans un milieu familial attentionné. Il faut toutefois garder à l’esprit que les mineurs qui migrent partent souvent avec le soutien de leurs familles qui souhaitent les voir échapper à une situation difficile ou à de graves dangers.
Face à ces problèmes, rien ne sert d’envoyer les enfants dans des structures de prise en charge collectives dans leur pays d’origine. A terme, la création de tels centres dans des pays en proie au désordre ou à la guerre n’est pas vraiment une solution pour ces enfants – même si le pays qui les renvoie voit là une réponse rapide.
Le débat relatif à l’adoption d’un plan d’action sur les mineurs non accompagnés, qui a lieu actuellement au sein de l’Union européenne, est l’occasion de reconsidérer ces plans de retour et d’aider les Etats européens à trouver des solutions durables et adaptées. Pour ce faire, la recommandation du Conseil de l’Europe sur les migrants mineurs non accompagnés devrait servir de référence. Le Comité des Ministres recommande aux Etats d’adopter une approche globale et d’offrir aux enfants séparés de leur famille un vrai projet de vie.
Notre devoir est de protéger ces enfants
L’enfant migrant a droit à une protection, c’est là le point essentiel. Au lieu de décider automatiquement de renvoyer un mineur, il faudrait désigner au plus tôt un tuteur chargé de défendre ses intérêts. C’est en effet la meilleure protection contre toute forme d’abus de la part de trafiquants mais aussi d’éventuelles négligences de la part des autorités du pays d’accueil.
S’il est décidé que le retour de l’enfant est la solution qui respecte le mieux son intérêt à court et à long terme, il convient de faire le nécessaire pour retrouver ses parents ou d’autres membres de sa famille et d’élaborer un plan de réinsertion en coopération avec les structures locales de protection de l’enfance.
Au cours de mes missions, j’ai rencontré un certain nombre de mineurs non accompagnés qui ont réussi à se frayer un chemin en Europe ; la plupart avaient entre 15 et 18 ans. Leur problème était moins d’être séparés de leurs parents – même si c’est toujours difficile – que les menaces et les sombres perspectives dans leur pays d’origine. Des institutions de placement ne seraient pas une solution pour ces jeunes.
Nous avons une responsabilité envers ces enfants. Quelles que soient les difficultés d’intégration et d’adaptation qu’ils peuvent rencontrer ici en Europe, il est absurde de les renvoyer sans tenir compte des conséquences de ce geste. Une société humaine se doit de prendre leurs problèmes plus au sérieux.
Thomas Hammarberg

http://commissioner.cws.coe.int
samedi 1 mai 2010
PAPOUASIE OCCIDENTALE: "Entre oubli humanitaire,confiscation & endoctrinement..."
L'Evangile selon les papous
envoyé par vodeo. -
Les Hulis vivent dans une région très reculée de la Papousie-Nouvelle-Guinée. Dans les années 50, des missionnaires sont venus les évangéliser. Aujourd'hui encore, cette évangélisation continue. De vieux guerriers doivent se faire baptiser… En voir plus sur : http://www.vodeo.tv/2-63-1872-l-evangile-selon-les-papous.html?PARTID=9084
Le pillage de terres en Papouasie condamné aux Nations-Unies

depuis http://survivalfrance.org
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| Une femme korowai de Papouasie, territoire occupé par l'Indonésie depuis 1963. © Survival |
Depuis 25 ans Survival dénonce la brutalité de la police et de l'armée envers les Papous dont nombre d'entre eux ont été assassinés, arrêtés et torturés pour avoir milité. Survival a toujours fait pression sur le gouvernement indonésien pour qu’il reconnaisse le droit des peuples de Papouasie occidentale à posséder leurs propres terres et qu’il mette fin aux violations des droits de l'homme en Papouasie.
Le programme indonésien de confiscation de 1,6 millions d’hectares de terre destinés à l’agriculture à grande échelle en Papouasie a été condamné par l’organisation pan-indonésienne AMAN, le 23 avril dernier, à New York, au Forum permanent des Nations Unies sur les questions autochtones.
AMAN a condamné ‘les menaces actuelles et imminentes de violation des droits territoriaux des peuples indigènes en Indonésie, notamment à Bornéo, à Sulawesi, en Papouasie occidentale et à Sumatra’, avec une mention spéciale pour le nouveau projet gouvernemental, ‘Merauke Integrated Food and Energy Estate [MIFEE]’
‘MIFEE est conçu pour développer une production alimentaire intégrée couvrant l’agriculture, l’horticulture et l’élevage sur 1,6 millions d’hectares de forêts de plaines et de marais [mais] les zones affectées [constituent] le territoire Anim-ha, appartenant aux peuples indigènes de Malind’, affirme AMAN.
‘Ce type de programme économique à grande échelle en territoire indigène, qui n’a pas obtenu le consentement libre, préalable et informé des principaux intéressés, ne fera qu’aggraver la situation des droits de l’homme, conduisant à des expulsions forcées et autres violations des droits humains… Cette industrie aura des impacts majeurs sur leurs moyens d’existence en bouleversant l’écosystème et en menaçant leur souveraineté alimentaire.
‘Ce programme alimentaire est censé attirer 6,4 millions de travailleurs migrants à Merauke et en Papouasie… A Merauke, qui ne compte que 174 170 habitants, ce programme menacera gravement les peuples indigènes qui vivent dans ces régions et qui deviendront minoritaires, et pourra même conduire à leur extinction. C’est, si nous pouvons le dire, un génocide structurel et systématique.’
La déclaration d’AMAN se conclut par un certain nombre de requêtes, dont la visite, à Merauke (sud de la Papouasie), du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les peuples indigènes et l’ouverture d’une enquête sur MIFEE.
Depuis que la Papouasie a été occupée par l’Indonésie en 1963, les Papous ont subi une violente répression. Les violations continuelles des droits de l’homme par l’’armée indonésienne ont fait des milliers de morts parmi les Papous.

Guerriers Asmat en Papouasie
Comment vivent-ils ?
Mis à part le Brésil, l’île est l’endroit du monde où se trouve le plus grand nombre de populations non contactées.
Au total, les indigènes se répartissent en 312 ethnies environ.
La région centrale montagneuse de la Papouasie occidentale est l’habitat des populations des hautes terres qui élèvent des porcs domestiques et cultivent des patates douces; celles des basses terres vivent dans les régions côtières, marécageuses et impaludées, où elles chassent un gibier abondant et cueillent des végétaux sauvages.
Certaines langues indigènes sont apparentées entre elles mais d’autres sont complètement distinctes les unes des autres. Les populations papoues sont ethniquement différentes des Indonésiens qui contrôlent leur pays.
A quels problèmes sont-ils confrontés ?
Les Papous occidentaux ont grandement souffert de la violente occupation indonésienne depuis 1963.
L’armée indonésienne s’est rendue coupable de nombreuses violations des droits de l’homme, les militaires, racistes, considérant généralement les indigènes à peine plus que des animaux.
Les ressources naturelles du pays ont été exploitées pour le plus grand profit du gouvernement indonésien et des milieux d’affaires étrangers mais aux dépens des Papous et de leurs terres.
Quand les compagnies internationales sont arrivées en Papouasie occidentale, les militaires indonésiens les ont accompagnées pour ‘protéger’ les ‘projets vitaux’.
La présence de l’armée engendra immanquablement les violations des droits de l’homme tels que meurtres, arrestations arbitraires, viols et torture.
Les Papous qui s’opposent au gouvernement indonésien, aux militaires ou aux ‘projets vitaux’ sont encore plus exposés à ces violations.
h2. La campagne de Survival
Survival défend le droit des Papous de vivre en paix sur leur terre en faisant campagne pour leurs droits territoriaux et en dénonçant les violations des droits de l’homme dont ils sont victimes.
L’organisation soutient l’opposition papoue à tout projet destructeur de leur terre comme celui de la compagnie Scott Paper qui voulait installer des plantations de pâte à papier sur la terre des Auyu; le projet a été abandonné suite aux protestations internationales.
Survival appelle le gouvernement indonésien à entamer un dialogue avec les Papous afin que ceux-ci puissent décider de leur propre mode de vie et de leur avenir
A Propos...
La Papouasie Occidentale a été occupée militairement et annexée illégalement par l'Indonésie en 1963, 4 ans avant l'occupation de la Cisjordanie et de Gaza par Israël, 13 ans avant l'annexion du Sahara Occidental par le Maroc, 27 ans avant l'invasion du Koweit par l'Irak. Pourquoi est-ce que ces derniers cas ont fait l'objet de la réprobation internationale, alors que le premier semble être passé inaperçu?
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vendredi 9 avril 2010
ETATS-UNIS/RUSSIE:ACCORDS START III

START: le nouveau traité
14:24 09/04/2010
© RIA Novosti. Dmitri Astakhov
Les États-Unis et la Russie signent le traité START III

Une étape importante vers le désarmement nucléaire
Par Wikinews
Selon les estimations, chacune des deux superpuissances détient plus de 2 000 ogives. Mais dans les sept prochaines années, ils devront ramener leurs stocks respectifs à 1 500 unités. Plus de la moitié de leurs missiles, sous-marins et bombardiers tactiques devront également disparaître.
Le président américain Barack Obama et son homologue russe Dmitri Medvedev ont signé jeudi le nouveau traité START III visant à réduire de 25 à 30% l’armement nucléaire des deux pays dans les sept années à venir. Réunis à Prague, en République tchèque, les deux chefs d’États ont convenus de réduire les armes nucléaires de la Russie et des États-Unis, qui détiennent à eux seuls plus de 90% des armes nucléaires du monde.
Ce nouveau traité est l’aboutissement de difficiles négociations et remplace le traité START I signé en 1991 par le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev et le président américain George Bush peu avant l’effondrement du bloc soviétique.
À la chute de l’Union soviétique, c’est avec la Fédération de Russie que les États-Unis signèrent ensuite START II en 1993. START II fut ratifié par les États-Unis en 1996 et par la Russie en 2000, car le parlement russe a retardé la signature en signe de protestation contre les bombardements de l’OTAN sur la Yougoslavie. START II prévoyait une réduction des arsenaux stratégiques de deux tiers, au terme de laquelle chaque partie ne devait pas disposer de plus de 3 500 têtes nucléaires stratégiques, mais ce traité n’a jamais été appliqué, la Russie souhaitant d’abord que les américains maintiennent en vigueur le traité ABM.
Pour le président Medvedev, la signature de ce nouveau traité représente « une victoire pour le monde entier ». « Cela nous a permis d’accomplir ce qui, il y a seulement deux mois, apparaissait comme une « mission impossible ». En un laps de temps, nous avons élaboré un traité en bonne et du forme et l’avons signé », a-t-il déclaré
Pour le président Barack Obama, il ne s’agit que d’une première étape. « Ce traité prépare le terrain pour d’autres réductions de l’armement nucléaire et d’autres avancées. Nous espérons poursuivre les négociations avec la Russie afin de réduire les armes stratégiques et tactiques, y compris celles qui ne sont pas déployées ».
« Il s’agit aujourd’hui d’une étape importante pour la sécurité nucléaire, la non prolifération et les relations entre les États-Unis et la Russie », a-t-il déclaré à son tour.
Selon les estimations, chacune des deux superpuissances détient plus de 2 000 ogives. Mais dans les sept prochaines années, ils devront ramener leurs stocks respectifs à 1 500 unités. Plus de la moitié de leurs missiles, sous-marins et bombardiers tactiques devront également disparaître.
De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a salué comme « une étape importante » vers le désarmement nucléaire. M. Ban a également déclaré dans un communiqué de son service de presse qu’il « se félicite de la signature du nouveau traité START III, étape importante des efforts internationaux pour le désarmement nucléaire et pour parvenir à un monde débarrassé des armes atomiques ». « Ce remarquable accomplissement va aussi aider à créer une atmosphère positive pour la conférence de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) le mois prochain au siège de l’ONU » à New York, ajoute le texte.
En visite officielle en Autriche, M. Ban félicite les deux présidents pour leur sens des responsabilités et émet l’espoir que les deux pays continueront leurs efforts vers « l’élimination de toutes les armes nucléaires ».
DOSSIER START III:
Le nouveau Traité de réduction des armes stratégiques offensives (START) tient compte de la préoccupation de Moscou face à la mise en place d'un système américain de défense antimissile (ABM), a déclaré vendredi à RIA Novosti le chef d'état-major des Troupes de missiles stratégiques russes, le général Viktor Essine.
"La décision de la Russie de dénoncer le traité si le développement du système ABM prend des proportions susceptibles de menacer sa sécurité nationale, traduit au plus haut degré la préoccupation de Moscou face au déploiement éventuel d'un bouclier antimissile américain", affirmé M.Essine.
"Dans l'idéal, il aurait fallu négocier ces deux facteurs parallèlement. C'est précisément ainsi que les parties ont procédé autrefois lorsqu'elles ont conclu les traités précédents sur les armements stratégiques et les systèmes de défense antimissile", a-t-il rappelé.

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Cependant, estime le général, le bouclier antimissile actuel ne met pas en danger les potentialités de dissuasion russes, car les Etats-Unis ne possèdent que 30 silos de lancement d'intercepteurs de missiles balistiques: 26 en Alaska et quatre en Californie.
"Les anti-missiles Patriot et Aegis, que Washington envisage de déployer en Pologne et en Roumanie, ne peuvent intercepter que les missiles à courte et à moyenne portée. Ces derniers ne sont plus en service dans les forces armées russes", a conclu M.Essine
RIA Novosti
DOSSIER COMPLET SUR :http://fr.rian.ru/defense/20091204/185620891.html
dimanche 21 mars 2010
JOURNEE INTERNATIONALE CONTRE LE RACISME
STOP...
21 mars : Journée Internationale pour l'élimination de la discrimination raciale
La tolérance, le dialogue interculturel et le respect de la diversité sont plus indispensables que jamais dans un monde où les peuples sont plus interconnectés que jamais. Nous comptons sur les gouvernements, en particulier, pour qu'ils aient la volonté politique nécessaire et agissent résolument. Cette Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale est l'occasion pour chacun de nous de repenser au principe fondamental énoncé dans la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits l'homme, celui de l'égalité de tous les êtres humains, et le mettre en pratique.
La Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale est célébrée chaque année le 21 mars, pour commémorer ce jour de 1960 où, à Sharpeville (Afrique du Sud), la police a ouvert le feu et tué 69 personnes lors d’une manifestation pacifique contre les lois relatives aux laissez-passer imposées par l’apartheid. En proclamant la Journée internationale en 1966, l’Assemblée a engagé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour éliminer toutes les formes de discrimination raciale [résolution 2142 (XXI)].

Déclaration de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, le 21 mars 2004 (Malheureusement toujours d'actualité):
Le 21 mars 1960, une manifestation non violente de protestation contre la loi sur les laissez-passer - une des institutions les plus honnies de l'apartheid - eut lieu à Sharpville, en Afrique du Sud. Bilan : 69 morts parmi les manifestants. Le massacre de Sharpville fut un moment décisif dans la lutte contre l'apartheid. Il amena aussi l'Assemblée générale [des Nations unies] à instituer cette journée annuelle, dont l'objet est d'appeler l'attention sur la lutte contre le racisme, où qu'il se manifeste et quelle que soit l'époque.
Cette année est celle du dixième anniversaire du génocide rwandais, ce qui nous rappelle les horreurs que peut entraîner la haine ethnique et raciale. C'est aussi celle du bicentenaire de la révolution à Haïti, grâce à laquelle les peuples des Caraïbes et d'Amérique latine furent libérés de l'esclavage. Et 2004 est enfin, comme l'a décidé l'Assemblée générale, l'Année internationale de commémoration de la lutte contre l'esclavage et de son abolition. A travers ces trois événements, nous devons non seulement honorer la mémoire des victimes de tragédies passées, mais aussi manifester notre ferme volonté d'éviter que d'autres ne subissent un sort semblable à l'avenir.
Cela veut dire que nous devons mettre fin aux conséquences, qui persistent à ce jour, de l'esclavage et du commerce des esclaves. Ces injustices historiques sont parmi les causes de la pauvreté, du sous-développement, de la marginalisation, de l'exclusion sociale, des disparités économiques, de l'instabilité et de l'insécurité dont beaucoup souffrent aujourd'hui dans différentes parties du monde, en particulier dans les pays en développement. A la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée qui s'est tenue en 2001, les Etats ont reconnu que l'esclavage et le commerce de l'esclavage avaient été des tragédies effroyables pour l'humanité et figuraient parmi les principales causes du racisme. L'Organisation des Nations Unies demeure fermement déterminée à aider les peuples et les pays à surmonter cet héritage du passé, ainsi qu'à combattre les formes contemporaines de l'esclavage - comme le travail forcé, notamment à des fins d'exploitation sexuelle - qui continuent de peser sur notre conscience collective.
Le racisme est aussi une des racines du génocide. Les pratiques racistes, les idéologies racistes, et les discours déshumanisants qui nient la dignité et les droits de groupes entiers doivent être condamnés. Mais condamner ne suffit pas: nous devons aussi renforcer nos capacités d'alerte rapide et de prévention des génocides, des massacres, des nettoyages ethniques et des autres crimes du même genre et soutenir vraiment les efforts déployés pour que les coupables soient traduits en justice, notamment devant la Cour pénale internationale. Je compte nommer prochainement un conseiller spécial pour la prévention du génocide et faire d'autres propositions visant à renforcer notre action dans ce domaine.
Source: Nations unies, New York, 17 mars 2004.
CARTE DU MONDE DES CIVILISATIONS:

Un lien à lire: http://www.natureculture.org/wiki/index.php?title=Choc_des_civilisations à des sites ONU et du système des Nations Unies :

Liens
Nations Unies :
Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme
- Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale
- Comité pour l'élimination de la discrimination raciale
- Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale
- Racisme
- Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée
Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale (CyberSchoolBus)
Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée (2001 : Durban, Afrique du Sud)
Unesco
- Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale
- Lutte contre le racisme, la discrimination, la xénophobie
- Promouvoir la tolérance
RESSOURCES ADDITIONNELLES :
Les liens des ressources additionnelles qui figurent sur cette page ne sont fournis qu'à titre d'information. Ils n'engagent pas la responsabilité de l'Organisation et n'impliquent pas de reconnaissance officielle de sa part.
Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (Conseil de l'Europe)
Discrimination raciale (Human Rights Watch)
European Monitoring Centre on Racism and Xenophobia
Fédération internationale des ligues des droits de l'homme
International Movement against All Forms of Discrimination and Racism
Internet Centre Anti-Racism Europe
Minority Rights Group International
Réseau européen contre le racisme
Service d'Information antiracisme



















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